‹ Traitement de la tuberculose par la creosoteChapitre 5 sur 36 · M TRAITEMENT DE U TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

M TRAITEMENT DE U TUBERCULOSE

méfaction pendant ni après la piqûre. Cette rapide absorption par la peau est en général de très bon augure; on dirait que chez ces malades 1 huile est digérée au fur et à mesure qu'elle est introdu.le. Chez ces privilégiés, il est même permis de pousser l'injection avec rapidité. Il nous est arrivé de donner jusqu'à 40 grammes à l'heure, alors que 20 grammes est la dose que nous recommandons pour la majorité des cas. Ajoutons enfin que des piqûres même à très fortes doses ne s'accompagnent chez ces privilégiés ni de chaleur ni de rouoeur ni de la moindre douleur, on peut donc multiplier les injections, en faire tous les jours à doses increvables ; c'est ainsi qu'un de nos malades a pu prendre 4 kilogr. 200 gr. d'huile en 8a jours. Dans d'autres cas au contraire la peau se montre refractaire; et l'on est obligé de suspendre rapidement i jeetions, soit à cause de la douleur qu elles provoquent, soit à cause du manque d'absorption d'huile.

Étuda de la douleur provoquée par les piqûres.

Celte douleur est très variable suivant les individus; il est des malades qui éprouvent des dou- Zs telles qu'à la 5- ou 4« piqûre : on est force d ^ on e, Ce'te susceptibilité de la peao s'observe approximativement i fois sur 100 chez les hommes , .ail fois sur 10 chez les femmes, voire même

chez celles qui ne sont pas le moins du monde nerveuses. Chez les femmes nous conseillons donc de procéder toujours avec la plus grande prudence. La douleur est toujours plus vive dans les régions vierges de traitement; c'est ce qui fait que les premières piqûres sont toujours les plus douloureuses. Quand on revient aux régions piquées antérieurement, la douleur est toujours moindre et elle va ainsi en s'atténuant progressivement. Il est bien fâcheux que la puissance d'absorption de la peau suive en général une marche inverse. La douleur existe quelquefois dans le cours même de l'injection, mais alors elle est évitable, il suffit de diminuer la rapidité de l'écoulement huileux. Il est même assez curieux de voir comme elle cesse brusquement aussitôt qu'on diminue la pression, et rien n'est plus facile que de diminuer à volonté la pression en donnant issue à une certaine quantité de l'air comprimé qui sert de moteur. En somme la douleur pendant la piqûre est rare, en général peu intense et toujours supportable.

Il n'en est pas de même de celle qui suit la piqûre; elle est quelquefois très vive, avec irradiations dans une zone très éloignée; assez vive pour empêcher le sommeil, mais ces cas sont heureusement exceptionnels. Le plus souvent, quand elle existe, elle est comparable à celle que produirait un coup de bâton localisé au niveau de la région piquée, n'apparaissant que 4 ou 5 heures

après la piqûre, et durant 7 ou 8 heures. Plus souvent encore la douleur est insignifiante. Il arrive parfois que sur 10 piqûres, une seule sera douloureuse, sans que nous sachions pourquoi. Nous avons remarqué que quand il s'écoulait ne fût-ce qu'une goutte de sang après la piqûre les douleurs survenaient ordinairement, et non pas tardivement mais immédiatement elles vont alors crescendo pendant deux ou trois heures, puis disparaissent peu à peu.

Nous ne savons vraiment pas quel rapport peut exister entre l'apparition de la douleur immédiate et l'écoulement sanguin. D'ailleurs la douleur s'observe habituellement après les piqûres sanglantes quel que soit le médicament injecté; nous l'avons bien souvent vu à la suite des piqûres de morphine, il est probable que ces piqûres sanglantes sont dues à la perforation d'une veine traversée de part en part par l'aiguille. Les piqûres accompagnées d'écoulement sanguin sont donc désagréables à cause de la douleur qui les accompagne, mais elles ne sont pas plus dangereuses que les autres; elles n'indiquent certainement pas la pénétration directe du médicament dans une veine, pénétration dont nous étudierons ultérieurement les détails à propos des embolies. La quantité de sang qui s'écoule n'est le plus souvent que de deux ou trois gouttes; elle peut cependant atteindre jusqu'à 4 ou 5 grammes. Les piqûres sanglantes

s'observent en moyenne une fois sur 100 et avec la même fréquence, quel que soit le siège de la piqûre.

Les douleurs ne sont pas proportionnelles à la dose d'huile injectée; on les provoque parfois avec une injection de quelques grammes, alors que certains malades supportent des piqûres de 200 grammes sans la moindre douleur.

En résumé, vu leur peu d'intensité habituelle, leur peu de durée, leur rareté, elles ne constituent pas un obstacle sérieux à l'emploi de la méthode sous-cutanée ; mais nous conseillons d'avertir les malades de leur apparition possible et même probable au début du traitement; le plus souvent ils nous disent avec satisfaction qu'ils ont eu beaucoup moins mal que nous ne le leur avions fait craindre.

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