‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel: Méthode de ForlaniniChapitre 10 sur 51 · OBSERVATION I (DUE A L'OBLIGEANCE DE M. LE DOCTEUR PIÉRY · texte numérisé non relu

OBSERVATION I (DUE A L'OBLIGEANCE DE M. LE DOCTEUR PIÉRY

Phlisie galopante unilatérale. Cachexie, fièvre hectique ; gros foie. Pneumothorax artificiel. Pleurésie purutente

Mile M.…., 18 ans, sans profession.

Antécédents héréditaires : Mère vivante et bien portante. Père vivant, tousse depuis un an. Un frère, âgé de 16 ans, tousse tous les hivers.

Antécédents personnels : Convulsions à 4 ans. Coqueluche à 7 ans, rougeole à 8 ans. — La maladie actuelle a débuté

le 18 mai 1910 par un refroidissement. Vers le 7 juin, la malade présente des symptômes de fièvre typhoïde. Vers le 14 juillet, la malade commence à présenter des signes pulmonaires, qui vont en s'aggravant. Le 19 juillet la malade est vue par M. le docteur Collet, le 29 juillet par M. le docteur Mouisset, qui portent un très mauvais pronostic.

L'état de la malade continue à s'aggraver jusqu'au 15 août, où elle est vue par M. le le docteur Piéry.

Le 15 août : depuis un mois la courbe thermique est une courbe à grandes oscillations : 37-390 ; les maxima approchent 40° depuis deux jours. Sueurs, affaiblissement, anorexie, vomissements, diarrhée profuse.

A l'examen de l'appareil respiratoire, à droite : caverne au sommet, infiltration avec gargouillements à la région moyenne, ràles sous crépitants et craquements jusqu'à la base. À gauche, au sommet, râles sous-crépitants et craquements secs. l

Toux très fréquente, expectoration difficile ; la dyspnée est intense. Foie gros ; matité splénique de quatre travers de doigt. On fait le diagnostic de phtisie galopante et poussée de granulie ultime.

Le 25, à droite, première injection : 700 cc. Chute de température le soir (38°), Signes de pneumothorax en avant.

Le 30, deuxième injection : 900 ec. Signes de pneumothorax en arrière à la base. La fièvre oscille toujours entre J8° et 590,

Le 3 septembre, troisième injection : 800 ec. Pneumothorax généralisé, sauf au sommet droit, en arrière.

Le 8, la fièvre vespérale est tombée successivement à 38°4, 3803, 3109. 4° injection : 800 cc.

Le 12, la température demeure au-dessous de 38°. Pneumothorax total à droite ; à gauche, quelques râles souscrépitants, moins nombreux qu'avant le début du traitement. Examen des crachats : bacilles moniliformes, longs et courts.

Le 16, la température est remontée depuis deux jours à 3807 et 3901. En même temps, douleurs abdominales et vomissements. L'abdomen est tendu. Léger œdèeme des jambes.

Le 28 : depuis le 16, la température oscille au voisinage de 38°. 5° injection : 800 ce.

Le 20 octobre, la température est toujours à 38°. 6° injec- HG 28650 CE,

Le 21, la température monte à 3993 le matin pour retomber à 3707 le soir. Crachements de sang. Au poumon gauche, tous les signes stéthoscopiques ont disparu,

HO ER, 2() rt

Le 25 novembre : depuis trois semaines, la malade à eu de fréquentes petites hémoptysies. Température irrégulière entre 37°5-38°5 avec deux clochers à 3905 et 3909. Etat général stationnaire, pâleur et maigreur. L'appétit est bon, selles régulières, encore quelques vomissements.

Quintes de toux le soir ; expectoration rare. A l'auscultation, pas de changement à signaler.

Le 14 décembre, 7° injection : 800 cc. A signaler quelques râles sous-crépitants au sommet gauche en arrière. Pression terminale de 12 cm.

Le 15 : à la suite de l'injection, douleurs thoraciques à droite, et dyspnée. Pouls à 124 Toux et expectoration spumeuse. À l’auscultation, la sonorité thoracique descend jusqu'au rebord inférieur des fausses côtes. On soustrait 500 cc. d'azote. La pression intra-pleurale passe de + 13 à — 2.

A partir du 17, la malade prend tous les soirs un cachet de cryogénine.

Le 24, la malade a encore eu quelques suffocations ; état nauséeux.

Le 30, la température est toujours oscillante : 3705-39c. Etat général meilleur. A l'auscultation : pneumothorax à droite, disparition des râles à gauche.

L'expectoration a paru augmenter à la suite de chaque injection, elle a disparu actuellement. Gros foie et grosse rate.

Le 8 janvier, disparition de la toux et de l’expectoration. Température moins élevée au voisinage de 36°.

Le 27 : depuis le 13, la malade se plaint de ballonnement de l’abdomen. Dyspnée surtout intense depuis trois jours. La température est constamment au-dessous de 38°. A l’examen, abdomen ballonné, tympanique, dilatation des veines souscutanées, œdème des membres inférieurs. Foie gros.

Dyspnée intense, à l’auscultation, à droite matité de 2-3 travers de doigt à la base et succussion positive. La toux et les crachats ont reparu.

Le 1% février : depuis le 28, toux fréquente, abondante expectoration purulente. L'oppression a diminué. A la base droite, on constate de la matité sûr la moitié de la hauteur, avec ballottement et cbscurité respiratoire, succussion positive. Œdème des jambes. La température n’a pas dépassé 3802.

Le 3, thoracentèse, 1 litres } de liquide purulent.

Le 4, & injection : 1300 cc.

Le 20, 2 thoracentèse : 1 lit. 250 de pus ; 9% injection : 1500 ce. ; le 24, 3 thoracentèse : 1 litre de pus.

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Le 28, 4 thoracentèse ; 2 lit. 3/4 de pus. Pendant tout le mois de février, la température demeure presque toujours au-dessous de 380.

Le 26 mars, 5 thoracentèse : 2 lit. 3/4.

Le 6 avril, la température a oscillé habituellement entre 37° et 38° avec écarts à 35°2 et 39°, Expectoration toujours purulente, æœdème des membres inférieurs. L'appétit est bon, l’état général se maintient.

Le 11, 6° thoracentèse : 1 litre 1/4.

Le 12 avril, mort.

RÉSUMÉ. — Il convient de faire remarquer qu’il s’agissait d’un cas de phtisie galopante extrêmement grave, où un pronostic fatal à brève échéance avait été unanimement porté. L'établissement d’un pneumothorax artificiel amena cependant une amélioration très remarquable : chute de la température au voisinage de 38°, reprise de l'appétit, maintient de l’état général ; les lésions du poumon gauche ne progressent pas, la toux diminue.

Quatre mois après l’intervention, survint une pleurésie purulente dont le liquide n’a pu être malheureusement examiné au point de vue bactériologique. Dès ce moment, la cachexie fit de rapides progrès, et la malade succomba près de sept mois après la première injection.

Il faut signaler un léger accident de surcompression qui n'eut pas de suites graves.

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