DUE A L'OBLIGEANCE DE M. LE DOCTEUR PIÉRY
Tuberculose pulmonaire fibro-caséeuse bilatérale. — Ostéites tuberculeuses du bras et de la jambe dans l'enfance. -— Traitement par les corps immunisants de Carl Spengler, puis par le pneumothorax artificiel. — Pleurésie et phtisie laryngée intercurrentes.
Antécédents héréditaires. — Père et mère en bonne santé. Une sœur morte empoisonnée par des huîtres. Trois frères et sœurs bien portants.
Antécédents particuliers. — Ostéite du bras droit et de la jambe droite, opérée à trois ans et demi. Fièvre typhoïde à sept ans. Mariée à 16 ans. Un enfant né à 7 mois À et mort à 15 jours.
Tousse depuis plusieurs années, sans bronchite vraie (?). Voix voilée, également depuis plusieurs années.
L'affection actuelle a débuté ou en tout cas s’est nettement manifestée depuis huit mois.
Le 15 juillet 1910, état général médiocre avec pâleur accentuée, maigreur ; toux rauque, matutinale, avec expectoration peu marquée. Pas de sueurs nocturnes. Appétit conservé.
A l'examen des poumons : à gau£he, en arrière, râles souscrépitants, humides, sur presque toute la hauteur, avec craquements au sommet et à la région moyenne. En avant, au niveau des deux tiers supérieurs, nappe de râles sous-crépitants humides, plus nombreux à la région moyenne.
A droite, foyer de râles sous-crépitants humides, à la région moyenne du poumon, en arrière.
À la fin d'août, hémoptysies à diverses reprises à l'occasion des époques.
Le 24 octobre, la température est à 3707 ; pas de sueurs, le poids est de 45 kilos ; le pouls est à 120. A l'examen à droite, foyers de craquements humides dans la fosse sous-épineuse en arrière. À gauche, en arrière, infiltration sur toute la hauteur du poumon, principalement à la région moyenne ; en avant, craquements humides au sommet.
On commence le traitement par les IK de Spengler, qui durera jusqu'au 3 janvier (11 injections). Pendant toute cette période, l’état de la malade reste stationnaire ; petites hémoptysies au moment des règles ; la température ne dépasse que rarement 38°, le poids est toujours à 45 Kk.; le poumon droit est à peu près indemne, sauf un foyer de craquements humides, à la région moyenne. Le poumon gauche, au contraire, est totalement infiltré, on entend des craquements humides sur toute la hauteur. Les conditions paraissant favorables, on tente le pneumothorax artificiel.
Le 20 janvier 1911. — On injecte 400 cc, la pression monte à +10, on arrête, la malade disant être oppressée. Pas de médification des signes radioscopiques, mais petit souffle amphorique au lieu d'injection.
Le 23. — Deuxième injection: 800 cc. Vomissements dans la journée. Léger souffle amphorique dans la région axillaire.
Le 26. — Troisième injection : 450 cc. L'expectoration a augmenté. La température est au-dessous de 38°.
Le 29, — Quatrième injection : 700 cc. La malade se plaint de douleurs thoraciques à gauche qui persistent toute la journée.
Le 2 février. — A la suite de la dernière injection apparaît dans le tiers inférieur du poumon un scuffie amphorique, très net, avec bruit d’airain. La température atteint ces joursci 3801, 282. Cinquiemenniection 1100, cCP— EE
Le lendemain, on constate un léger emphysème sous-cutané sous la clavicule gauche. Le souffle amphorique se généralise ; le pneumothorax, à la radioscopie, se présente comme une poche gazeuse, en forme d’'équerre, étendue de la 4% côte au sinus.
Le 10 février, après deux nouvelles injections, le poumon est presque complètement décollé, son sommet est clair, sa région moyenne très sombre.
Du 10 au 27 février, on pratique six injections, variant de 600 cc. à 1400 cc. Le soir de deux injections, la fièvre monte
. à 3904, elle oscille d'habitude autour de 88°. Toux plus fréquente, appétit médiocre.
Le 1% mars, le poumons gauche apparaît décomprimé au sommet (retour des craquements). A droite, râles sous-crépitants dans la moitié supérieure, on fait des pointes de feu.
Le 22 mars 1911. — Radioscopie. Le sommet gauche est décomprimé, la fièvre vespérale atteint toujours 3805. Pas de modification des signes d'auscultation. P=+22 A l'examen laryngoscopique, on constate (Dr C. Ferran) du gonflement des aryténoïdes, des ulcérations de la région interaryténoïdienne, de la corde vocale droite et infiltration des bandes ventriculaires, le tout couvert d'un mucus blanchätre qui ressemble à du muguet. Ces lésions, très étendues, semblent justifier les poussées thermiques.
Le 28 mars, apparait de la dysphagie. A l'examen laryngoscopique, pratiqué par M. le professeur Collet, on constate : 1° énorme infiltration des aryténoïdes avec ulcérations superficielles ; 2° infiltration de la commissure postérieure figurant un bourgeon saillant ; 3° cordes ulcérées, mais peu visibles dans leurs détails, l'intérieur du larynx étant masqué par une épiglotte procidente et peu mobile. Ce peu de mobilité est peut-être attribuable à une infiltration profonde de la base de l’opercule, laquelle expliquerait la dysphagie prédominante pour les liquides.
Le docteur Piéry revoit la malade le 27 avril La température, depuis un mois, avoisine 39°. Vers le 7 avril a eu lieu une petite hémoplysie. La malade, depuis quinze jours, est légèrement jaune ; la dysphagie, très amendée par le traitement prescrit, a reparu depuis deux jours. Du côté des poumons, on entend encore des bruits au sommet gauche (sous-crépitants et gargouillement) ; à gauche également, tintement métallique et succussion hippocratique en position couchée.
Pendant les mois de mai et de juin, l'état de la malade reste sans modifications notables, la fièvre diminue un peu. En juin, après une réinsufflation (800 cc,) vomissements pendars huit à dix jours.
En juillet, la température remonte à 3806-3809 ; la laryngite s'aggrave.
Le {er août : injection de 450 cc. P= +20 ; deux jours après, vomissements bilieux et maux de tête. Amuaigrissement notable, cachexie.
Les jours suivants, persistance des vomissements et de la céphalée.
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Le 11 août, mort avec phénomènes de méningite nets,
depuis 6 à 8 jours (céphalée intense, vomissements, délire tranquille).
RÉSUMÉ : Cette observation est surtout intéressante par le développement d’une tuberculose laryngée. L’influence heureuse du pneumothorax artificiel sur les lésions laryngées n’a pas été observé ici; il est vrai que les lésions éatient bilatérales, et l’ensemencement du larynx par l’expectoration ou la voie circulatoire n’était pas totalement supprimé.