OBSERVATION X
Tuberculose pulmonaire à forme congestive. Hémoptysies répélées. Ulcération du sommet droit ; poussée congestive de la base droite. Pneumothorax artificiel.
Mile V.., 21 ans, employée, entre à l'Hôtel-Dieu, dans Île service de M. le docteur Lyonnet, le 25 avril 1911.
Antécédents héréditaires. — Père et mère bien portants. Une sœur atteinte d'hystérie. Un frère délicat. Elle même a eu la rougeole et la coqueluche dans l'enfance, anémie vers 17 ans. Depuis trois ans elle tousse tous les hivers ; depuis trois mois la toux est plus intense; amaigrissement, sueurs nocturnes, anorexie. Il y a un mois, hémoptysies répétées, pendant quatre jours.
Lé 16 mai 1911. — Malade pâle, maigre ; poids 45 kil. 300. Pas de fièvre. La malade dit aller mieux depuis son entrée à l'hôpital ; diminution des sueurs, appétit meilleur. Quintes de toux nocturnes, expectoration presque nulle contenant de très nombreux bacilles moniliformes longs. A l'examen, on trouve : au poumon droit, en arrière au sommet, submatité et foyer de râles sous-crépitants, avec quelques craquements secs, obscurité respiratoire à la base ; râles sous-crépitants fins et secs ; en avant, au sommet, râles sous-crépitants, obscurité respiratoire, expiration prolongée.
Au poumon gauche rien d'anormal à signaler, non plus qu'aux autres appareils.
Séro-diagnostic positif au 1/p. 18. Bauer négatif.
Le 27 mai. — Première injection, 700 cc. (les oscillations n'apparaissent qu'après le passage d’un peu d'azote).
Le 29, à la radioscopie (vue antérieure), le poumon apparaît déjà comme serti d'une bande de clarté. A l’auscultation, un peu d'obscurité respiratoire, mais les foyers de râles sont toujours perçus.
Le 30. — Deuxième injection : 900 cc; P=+3 Dans les crachats, nombreux moniliformes longs. Le scir de l'injection on injecte { cé. d'huile camplirée, le pouls étant petit.
Le 31. — A la radioscopie, le poumon est .complètement décollé sur toute la hauteur et presque complètement comprimé. A l'auscultation, souffle ampnorique, bruit d'airain,
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Le 10 juin. — Troisième injection : 1.000 ce., P = + 4. A la radioscopie, pneumothorax absolument total, diaphragme très abaissé, médiastin légèrement refoulé.
Depuis le début du traitement l'état de la malade est stationnaire. Le poids a baissé : le 24 mai, 45 kil. 100 ; le 9 juin, 43 kil. 390. Toux toujours fréquente. L'expectoration augmente après les injections (le 16 juin, pas de modification de Ja formule bactériologique). |
La température est constamment restée au-dessous de 380.
Le 26 juin, la malade rentre chez elle.
20 juillet. — A la radioscopie la décompression apparaît très accentués. La malade va mieux depuis un mois ; bon appétit, peu de toux, pas d'expectcration.
Quatrième injection : 1.500 ce. Au début, la pression était à — 1, à 1.000 cc. à 0 ; à 1.500 ec., encore à 0. A l’auscultation, pas de bruit d’airain, léger souffle broncho-amphorique.
Le 22, à la radioscopie, le poumon apparaît comprimé, malgré l'absence de pression terminale.
Le 7 septembre. — Depuis la dernière injection, la malade va bien, malgré un rhume il y a huit jours. Pas de fièvre. Bon appétit, pas d'expectoration. Le poids est de 42 kil. A la radioscopie, décompression manifeste, êt à l'auscultation.
Cinquième injection : 1.000 cc. La pression terminale est de — 2.
Le 17. — Sixième injection : 1.000 ce P = — 1.
Le 5 octobre. — La malade tousse davantage ; la radiosccpie révèle de la décompression.
Injection : 1.000 cc. ; la pression rasse de — 3 à + 1.
Le 21 octobre. — Injection de 900 ce. La pression est, au début, de — 4 et reste constamment négative.
Le 25. — Malade toujours apyrétique. Le poids est de 41 kil. L'expectoration contient de nombreux bacilles homogènes et moniliformes. s
Le 18 novembre. — La malade n'a pas de fièvre et pèse 42 kilos. Elle à pris froid, il y a quinze jours, et tousse un peu. À l’auscultation, le poumon gauche est normal ; à droite, les signes de pneumothorax persistent, succussion négative. On injecte 700 cc.
RÉSUMÉ : Au point de vue clinique, cette observation est moins favorable que les précédentes. Le poids, notamment, a diminué, L’expectoration bacillifère persiste. Cependant,
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la malade est apyrétique, l'appétit est bon. Le poumon suppléant est normal.
Au point de vue de la technique opératoire, il faut signaler la tendance de cette malade à se décomprimer rapidement, un intervalle d’un mois suffit. En revanche, la compression se fait rapidement ; dès la première injection, le poumon fut totalement décollé.
Les injections se sont faites constamment sous très faible, pression ; parfois même, après des injections de 1000 ce, la pression était de 0 ou de — 1.