‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel: Méthode de ForlaniniChapitre 20 sur 51 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Tuberculose unilatérale forme commune ; discordance entre les signes fonctionnels, légers, et les signes stéthoscopiques el radioscopiques (opacité très étendue). Pneumothorax artificiel.

Mme M.., 24 ans, professeur de musique, entre à l'Hôtel- Dieu le 15 mars 1911, dans le service de M. le docteur Lyonnet.

Antécédents : Père bien portant ; mère morte de tuberculose à 53 ans (était malade depuis l’âge de 30 ans). La malade elle-même a eu une pneumonie à l’âge de 5 ans, la rougeole, la coqueluche. La malade a toussé tous les hivers jusqu’à l'âge de 7 ans. À 17 ans, la malade se remet à tousser, elle fait un séjour aux Eaux Bonnes, qui l’améliore beaucoup. Rechute, en décembre 1909, époque à laqueile un médecin lui trouve, dit-elle, des frottements au Sommet. En mars 1910, la malade va assez bien pour se marier, mais en mai, elle se remet à tousser, présente un peu de fièvre (38°), des sueurs nocturnes ; cure hygiéno-diététique, Séjour à Hyères. Au mois de février 1911, pendant une dizaine de jours, poussée aiguë avec fièvre élevée (39°, 40c) qui la décide à entrer à l'hôpital.

Le 13 mars, au premier examen, la malade est toujours un peu fébrile (380). L'amaigrissement, longtemps insignifiant, est notable depuis la dernières poussée, le poids a passé de 49 kil. à 42 kil. 3. Les rachats, muco-purulents, contiennent

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de nombreux moniliformes longs,et quelques homogènes courts.

A l'examen, le poumon droit parait absolument normal. À gauche, on trouve, en avant, de la matité et quelques craquements. En arrière, matité, vibrations exagérées, sur presaue toute la hauteur, sauf à la base. A l’auscultation, respiration soufflante et craquements dans la fosse sous-épineuse (région hilaire).

A la radioscopie, le poumon gauche apparait Gpaque sur toute sa hauteur, la base et la partie externe de la région moyenne sont pourtant plus claires. A droite, rien d’anormal.

En somme, forme unilatérale. Rien à signaler aux autres appareils. On commence le traitement le 16 mars. Première injection 600 ce. P= +6 cm. On trouve facilement l’espace pleural ; le manomètre enregistre à la fois les mouvements respiratoires et les battements cardiaques. Le 21, deuxième injection 700 ce. Le 22, la température monte à 3802, l'expectoration passe de 15 et 20 gr. à 40 et 50 gr., bacilles peu nombreux homogènes courts. A l’auscultation et à la radioscopie signes de léger pneumothorax à la base.

Le 25, troisième injection, 750 cc. : P =+ 7. L'expectoration double le 27. Les jours suivants la température monte encore à 3802 ; à l’auscultation on entend, à la base seulement, un souffle amphorique ; au sommet, on entend encore des craquements humides.

Le 4 avril, quatrième injection, 700 ce., P=+9. La malade tousse beaucoup. Le 6, à l’auscultation, le souffle amphorique n'est encore bien perçu qu'à la base ; au sommet, souffle bronchique, pas de bruit d’airain. Sans radioscopie, on injecte 800 cc.; P= £21.

À la suite de cette injection éclatent des accidents de surcompression. Le scir même la malade se sent oppressée ; le lendemain, dyspnée, agitation, pâleur, pouls petit à 140. A Ia radioscopie, le pneumothorax est total, le cœur est dévié à droite.

Le 8, la malade va mieux, le pouls est encore à 140. A l’auscultation on entend encore au sommet quelques râles et du souffle bronchique. Les bruits du cœur s'entendent le long du bord droit du sternum. L'expectoration a diminué ; bacilles rares, surtout moniliformes.

Le 15 avril la malade quitte l'hôpital totalement comprimée ; elle a toujours un peu de fièvre (38°, 38°4) mais a repris du poids (43 k. 3). La toux et l’expectoration ont beaucoup diminué.

Le 11 mai, radioscopie et réinsufflation (900 cc., P= +6). La malade est totalement apyrétique depuis le 1 mai ; en ren-

Modes

trant chez elle, la malade a eu une syncope de quelques minutes ; les jours suivants, persistent de l'oppression, des douleurs, de la toux (surcompression probable).

Le 25 mai, la malade pèse 48 kil. 9 ; le 5 juillet, 44 kil. 3}

Le 20 juillet on revoit la malade, le poids est de 44 kilos, la température toujours normale, les forces reviennent, dit la malade.

Cinquième injection, 1.050 ce.

Le 31 août, la malade, toujours apyrétique, a un peu maigri (43 kil.) A l’auseultation, eu arrière, à la base, respiraticn normale, plus de bruit d’airain, obscurité au sommet et en avant.

Septième injection, 1.100 cc.

Le 30 septembre, la malade dit toujours bien aller, reprendre des formes, peu de toux, expectoration nulle. La température est normale, le poids stationnaire. Appétit bon.

Huüitième injection, 1.100 ec, P = + 18.

Le 21 octobre, légère expectoration dont l'examen bactériologique est négatif. Le 14 novembre, la malade rentre pour une réinsufflation. Elle va bien, mais le poids n’augmente päs (42 kil.). À la radioscopie la malade apparaît très décomprimée, On injecte 800 cc., P= +22.

RÉSUMÉ : Il s’agit d’une forme, restée longtemps stationnaire, mais devenue évolutive, et quelques jours avant l'injection, la température de la malade monte à 40°.

Au moment des premières injections, la malade était subfébrile, la température devint absolument normale, un mois après le début du traitement.

L’expectoration fut nettement influencée par la compression.

Il y eut deux fois des accidents de surcompression. Sur uonoofut gun jui uo ‘sanbido9S04}9]S SaUSIS So 10] LI encore nécessaire pour obtenir la compression; sans contrôle radioscopique, on injecta 800 cc et des accidents survinrent. L'absence ou la faible intensité d’un souffle amphorique ne doivent donc pas permettre de conclure à l’absence d'un pneumothorax; il faut radioscoper. A noter aussi que la pression terminale était très élevée (+ 21 cm),

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