CONCLUSIONS
1° La méthode de Forlanini n’est pas applicable indifféremment à tous les tuberculeux et à toutes les tuberculoses. Ses indications sont limitées. Le poumon suppléant doit être sain, ou ne présenter que de faibles lésions peu évolutives. Les adhérences pleurales, dont la présence et surtout la résistance ne peuvent être prévues, constituent une difficulté ou un obstacle à la réalisation du pneumothorax. La tuberculose laryngée n’est pas une contre-imdication. La méthode est surtout à conseiller dans les formes aiguës de la tuberculose pulmonaire (pneumonie caséeuse, broncho-pneumonie, phtisie galopante), dans la forme fibro-caséeuse commune évolutive, ainsi que dans la forme cavitaire localisée. L'emploi de la méthode devra être, autant que possible, précoce.
2° La plupart des accidents opératoires sont des accidents évitables. Les accidents de surcompression, l’emphysème sont faciles à prévenir. Les accidents nerveux relèvent de plusieurs causes : les réflexes pleuraux seront prévenus par la morphine en injection sous-cutanée: on évitera les accidents anaphylactiques par une compression
lente et progressive. L'embolie gazeuse est un accident rare, causé le plus souvent par la pénétration de l’aiguille dans les néoformations vasculaires des adhérences (impossibilité de sa reproduction expérimentale par piqûre du poumon): elle sera évitée par l'emploi d’une bonne technique.
3° A la méthode de l’incision préalable, on doit préférer la ponction directe, méthode plus simple. La poncetion directe ne comporte aucun risque d’embolie gazeuse, si l’on emploie un appareil semblable à celui que nous avons décrit, muni d’un manomètre indicateur constant des oscillations et de laspiration pleurales, et permettant d'aborder la plèvre le vide à la main (suppression de la seringue de Forlanini). Une aiguille mousse pourra être utilisée pour la première injection; l’aiguille sera toujours facile à déboucher. La compression du poumon doit être complète et continue, ce qui nécessite une surveillance attentive, et des examens radioscopiques fréquents.
4° Si l’on se conforme aux règles énoncées, le pneumothorax donne de très remarquables résultats thérapeutiques, précisément dans des cas où, à l’heure actuelle, la phtisiothérapie est complètement désarmée. L’amélioration fonctionnelle et générale est immédiate, les résultals éloignés sont très encourageants.
9° Les accidents éloignés sont la pleurésie séro-fibrineuse, dont la formule eytologique est variable, et qui ne réclame que des ponctions évacuatrices en cas d’accroissement trop accentué de la quantité de l’épanchement ; et la pleurésie purulente, accident plus sérieux, qu'il faudra traiter autant que possible par la thoracentèse avec gros {rocart,
6° L'action du pneumothorax relève d’un mécanisme complexe, où interviennent la mise au repos du poumon, la compression qui accole les parois des cavernes, le ralentissement des circulations sanguine et lymphatique, et, partant, du processus inflammatoire.
Vu Le Président de la Thèse, COLLET.
VE Pour le Doyen, E
L'Assesseur,