‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par les pulvérisations biiodo-mercuriques et technique des pulvérisationsChapitre 1 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il n'est pas d'affection qui nécessite plus que la tuberculose d'incessantes recherches. Sa curabihté n'est mise en doute par personne, et cependant il n'est pas de maladies qui fassent autant de victimes.

Depuis la découverte par Villemin de la virulence et de la contagiosité du tubercule, depuis la démonstration par Koch de sa nature microbienne, la science a multiplié ses efforts pour combattre cette redoutable affection. Tout en ne négligeant pas son traitement hygiénique et banal, elle s'est efforcée de lutter contre l'organisme infectieux et ses effets sur

l'économie. Sans se laisser décourager par l'énorme résistance du bacille de la tuberculose, de nombreux expérimentateurs ont essayé de comljatlre sa virulence en introduisant dans le sang des substances antiseptiques, telles que l'acide sulfhydrique, l'iode, l'eucalyptol, l'iodoforme, l'acide fluorhydrique. D'autres, par des injections pulmonaires intraparenchymateuses, ont cherché à conduire leur solution sur le siège même de la lésion. D'autres enfin se sont efforcés de transporter par les inhalations la substance médicamenteuse dans l'arbre pulmonaire.

Ce procédé, en apparence le plus logique, présente de grandes difficultés d'application ; d'une part, à cause de l'action irritante de la plupart des antiseptiques inhalés ; d'autre part, par suite des difficultés techniques de l'inhalation ellemême. Ce sont là les deux points sur lesquels nous avons fait porter nos recherches : l'expérimentation d'un produit facilement tolérable et microbicide à faible dose ; la construction d'un appareil inha-

lateur qui permette de pratiquer les pulvérisations dans des conditions scientifiques.

Dans le cours de nos recherches sur la valeur relative des divers antiseptiques, nous avons découvert que le biiodure de mercure était de tous le plus puissant. C'est donc sur lui que nous avons fait porter nos expériences. Les premiers résultats ont été tellement satisfaisants que nous avons cru devoir poursuivre ces études sur un grand nombre de sujets. Depuis plus d'un an nous avons, grâce à la bienveillance du D' Leven, soumis la plupart des tuberculeux de l'hôpital de Rothschild à des pulvérisations de biiodure de mercure.

Le milieu dans lequel se sont faites les expériences y était éminemment favorable, en ce sens qu'il s'y trouve toujours un nombre considérable de tuberculeux et que, d'autre part, les rechutes ou les accidents de leur affection les y ramènent presque toujours.

Tous les malades, quel que fut le degré de la maladie, ont été soumis à

cette médication, mais nous nous sommes fait un devoir de l'interrompre dès qu'elle ne produisait pas au bout de quelque temps de l'amélioration ou au moins un soulagement. Les malades n'ont pas ingéré pendant le cours de leur traitement des antiseptiques, tels que créosote, iodoforme, etc., mais nous ne les avons pas privés des réconfortants et de l'alimentation substantielle que nécessitait leur état.

Nous ne publierons que des observations prises à l'hôpital, quoique nous ayons un certain nombre de faits qui aient pour témoins des médecins autorisés.

Ce travail se divise en deux parties : la première est consacrée à la technique de la pulvérisation et à l'étude du pouvoir antiseptique de diverses substances chimiques . La seconde traite des effets physiologiques et thérapeutiques du traitement ainsi que de son mode d application.

Nous n'aurions pu amener ces recherches à bonne fm sans le généreux

concours de M"" la baronne Salomon de Rothschild à laquelle nous sommes redevables des subventions qui nous étaient nécessaires pour ces études.

La plupart des expériences ont été faites à l'hôpital de Rothschild dans le service de M. le D'' Leven, dont l'un de nous était le suppléant. Nous devons nos remerciements les plus sincères à M. Weill, le directeur de l'hôpital, pour le concours bienveillant qu'il n'a cessé de nous prêter.

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