‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par les pulvérisations biiodo-mercuriques et technique des pulvérisationsChapitre 11 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la pénétration dans le poumon des liquides médicamenteux.

Les liquides médicamenteux pulvérises pénètrent-ils dans la trachée, les bronches et les ramifications bronchiques ? telle est la question qui préoccupe avec raison de nombreux médecins ; les uns pensent que les liquides pulvérisés restent dans la bouche, le pharynx, et franchissent difficilement l'obstacle que leur oppose la structure compliquée de larynx, les autres, et de ce nombre on peut citer Demarquay et Gobley, ont démontré par lés réactions chimiques, que les liquides puWérisés pénétraient dans les globules pulmonaires.

La question de savoir si les gouttelettes plus ou moins grossières d'un spray mal formé arrivent jusqu'à la trachée, nous a fort peu préoccupés, il nous a paru beaucoup plus important

d'établir que le médicament y pénètre soit à l'état presque sec, soit dissout dans une molécule d'eau microscopique. ^

Les résultats constants de nos recherches nous ont amenés à des conclusions positives.

D'abord, quand on pénètre dans une salle où fonctionnent depuis quelque temps 4 à 3 pulvérisateurs lançant dans l'air un spray mercurique, l'on éprouve, si l'on n'est pas habitué à cette nature de spray, une sensation de chaleur dans le larynx, qui s'étend rapidement à la trachée et qui gagne plus tard les bronches, cette sensation de brûlure, plus vive au voisinage des cordes vocales, persiste pendant plusieurs heures après qu'on a quitté la salle où s'effectuent les pulvérisations.

Ce simple phénomène physiologique équivaut à une démonstration irrécusable de la pénétration du médicament; car, si on substitue à la solution mercurique de l'eau pm'e, le larynx et les bronclïes ne deviennent le siège d'aucune sensation spéciale.

D'autre part, l'analyse optique do l air démontre que l'atmosphère des salles où se pratiquent les pulvérisations sont remplies de particules excessivement tenues de biiodure, qui lloltentet s'échappent au gré des courants d'air par les

ouvertures des pièces comme les poussières que le balayage y met en suspension.

Puisqu'il n'est pas douteux que les poussières vulgaires (charbon, farine, etc.) entrent dans les voies respiratoires, il serait illogique de faire exception pour l'une d'entre elles ; le biiodure doit arriver également dans l'appareil pulmonaire parle jeu régulier de l'inspiration.

Nous avons fait, malgré l'évidence des considérations qui précèdent, plusieurs séries d'expériences que nous allons rapporter méthodiquement.

A. Calcul du poids total de la buée médicamenteuse introduite dans F économie. — Le dispositif que nous avons employé pour ce genre d'expériences a été le suivant :

En face d'un pulvérisateur à vapeur pouvant fonctionner sans variations d'aucune sorte, pendant plusieurs heures consécutives, nous avons placé, à 40 cent, dans le milieu du spray, un appareil composé d'une éprouvette à dessécher les gaz, pleine de chlorure de calcium, disposée horizontalement, de façon à présenter au jet de vapeur une ouverture béante de la grandeur environ de l'ouverture buccale. Cette éprouvette était refroidie pendant l'expérience, afin d'éviter réchauffement considérable du chlorure de cal-

ciiim, qui se produit au moment où ce sel se liquéfie sous l'action de la buée condensée; la tubulure latérale de cette éprouvette était reliée, au moyen d'un tube de caoutchouc, à un gros tube de verre également rempli de chlorure de calcium desséché, de façon à absorber jusqu'aux dernières traces d'humidité.

L'extrémité de ce tube était enfin en rapport direct avec une trompe aspirante débitant environ 3/4 de litre d'air à la seconde, ce qui correspond à peu près à la vitesse de l'air introduit dans le poumon par l'inspiration normale.

Au début de l'expérience, l'appareil était taré, puis après son exposition à l'action du spray, il était de nouveau pesé; la difi'érence de poids qu'il accusait représentait l'eau retenue par le chlorure de calcium.

Voici d'ailleurs les chiffres fournis par deux expériences :

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