‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par les pulvérisations biiodo-mercuriques et technique des pulvérisationsChapitre 10 sur 24 · Chlorate de soude · texte numérisé non relu

Chlorate de soude

Nous avons naturellement été conduit

employer la substance la plus fortement antiseptique ; ces essais ne datent pas d'aujourd'hui, dès l'année 1883, nous avons parle du pouvoir désinfectant remarquable du biiodure de mercure et de son application thérapeutique à la phtisie pulmonaire.

Le biiodure de mercure n'étant pas suffisamment soluble dans l'eau distillée, on doit pour obtenir des solutions parfaitement claires et stables dans leur composition, les dissoudre dans une eau chargée d'iodure de potassium.

La formide suivante nous paraît la plus recommandable pour les pulvérisations.

Biiodure de mercure 1

lodure de potassium 1

Eau distillée 1,000

Cette solution se conserve indéfiniment inaltérée. On doit se garder d'y ajouter d'autres substances médicinales, c{ui auraient pour but de calmer son action sur les bronches, telles que laudanum de Sydenham, le chlorhydrate de morphine, le chlorhydrate de cocaïne, car l'on verrait bientôt la solution se troubler et le mercure se précipiter au fond du vase sous forme insoluble, d'où il résulterait un appauvrissement considérable du titre de la solution, et môme la précipitation totale du principe microbicide.

Le biiodure de mercure, pourra-t-on objecter, mis au contact de l'iodure de potassium s'y combine instantanément pour former un iodomercurate de potassium dont les propriétés pbysiques difFèrent absolument du premier sel. Cela est exact ; le biiodure de mercure est un sel rouge peu soluble dans l'eau, tandis que l iodomercurate de potassium est un sel jaune vert, déliquescent, etc., n'est-il pas alors rationnel de penser que le nouveau sel a beaucoup perdu des qualités désinfectantes du premier?

D'abord, nous tenons à déclarer que les solutions qui ont servi à nos expériences ont toujours été obtenues avec l'iodure de potassium et que leur pouvoir microbicide a été calculé d'après le poids d'iodure mercurique mis en solution dans l'iodure alcalin, sans que nous nous soyions préoccupés des transformations que pouvait subir cette substance ; la chimie démontre qu'elle forme un iodo-mercurate, la micrographie démontre que cet iodo-mercurate est plus antiseptique qu'un poids égal de sublimé corrosif. Quant au léger excès d'iodure de sodium ou de potassium employé pour maintenir l'iodure hydrargirique à l'état potable, suivant l'expression des alchimistes, son pouvoir antiseptique peut être considéré comme nul, les

iod lires alcalins ne pouvant s'opposer victorieusement aux phénomènes de la putréfaction qu'à des doses massives ; celle que nous avons calculée pour l'iodure de potassium en particulier est de 14 pour 100.

En terminant ce chapitre, nous remarquerons que l'iodo-mercurate de potassium étant un sel déliquescent, il se dissout instantanément au contact de la moindre humidité, en un mot, qu'une fois parvenu dans l'arhre respiratoire à l'état sec, il entre rapidement en solution, tandis que l'iodoforme, l'acide salicyliqne, les essences de térébenthine, d'eucalyptus, restent longtemps à l'état de globules ou de molécules insolubles, et sont souvent rejetées en partie ou en totalité par les crachats comme les poussières atmosphériques appelées dans nos poumons par le phénomène de la respiration.

Si nous venons de parler de l'état sec de l'iodomercurate de sodium, c'était pour nous faciliter une simple comparaison. Ce sel peut être en effet desséché à l'étuve, mais sa grande avidité pour l'eau, est cause que dans les pulvérisations il n'arrive jamais à perdre complètement son eau, et que le microscope le montre toujours, sous la forme d'un globule liquide fin, ne pouvant déceler la présence d'iodo-mer-

curate cristallin, que sur des lames porte objets convenablement chauffées.

Le biiodiire de mercure pur très peu soluble comme nous venons de le dire convient bien moins que l'iodo-mercurate de potassium dans la pratique des pulvérisations.

Page 1