DEUXIÈME EXPÉRIENCE
Poids du système à dessécher 882 gr. »
Compteur, première lecture. o^O litres.
Compteur, deuxième lecture. 1.030 litres.
Différence 500 litres.
Poids du système après l'expérience 901 gr. 5
Différence 19 gr. 5
Moins la vapeur d'eau de l air saturé 6 gr. 3
Reste 14 gr- 2
D'où l'on déduit pour la quantité de spray absorbé par litre, le nombre 0 gr. 029, soit à peu près 0 gr. 03 centigr.
Donc un malade, placé à 0'^,A0 centimètres en face d'un jet de liquide pulvérisé absorbe très peu de liquide pulvérisé. Dans 5 minutes, à 20 inspirations par minute, c'est tout au plus si
cette quantité s'élève à 3 gr., ce qui représenterait en ne tenant pas compte de la concentration des globules d'un spray à ~„ 1 millig. 1/2 de biiodure de mercure.
Pour être complets dans notre description, nous devons ajouter que chacune de ces expépériences a duré 9 à 10 minutes, pendant lesquelles la quantité de spray lancée dans l'atmosphère, s'est élevée à 96 grammes.
La proportion entre le poids du spray absorbé et celui qui a été débité par le pulvérisateur se montre comme 1 est à 32. Dans ces conditions, il serait nous croyons illusoire de baser un traitement actif sur une si faible quantité de spray introduit dans le poumon, si on admettait que le poids du liquide absorbé est réellement une solution mercurique à gj^.
Si maintenant on répète les mêmes expériences à 80 cent, du pulvérisateur, le poids de liquide absorbé par les appareils dessicateurs, devient à peine égal à 13 ou 14 gr. par mètre cube; en déduisant de ce chifl're la vapeur d'eau atmosphérique, les éprouvettes n'accusent pas trace sensible d'absorption de spray. En eilet, à cette distance, dans les pulvérisations lines et bien conduites, le spray n'existe plus, les molécules liquides ont à peu près disparu, mais il reste le
brouillard presque invisible à l'œil, constitué par la substance solide médicamenteuse, et c'est là le point essentiel.
Ainsi, on n'a presque aucun intérêt à connaître quel est le poids de spray reçu dans la bouche ou les bronches, il varie manifestement avec la distance de la bouche du malade à l'appareil; le patient qui se placerait à 10 cent, de l'origine du jet, absorberait la moitié du liquide pulvérisé, dont la grande quantité accumulée dans la bouche, le forcerait à déglutir à tout instant, et son poumon ne recevrait presque rien du remède qui lui est destiné. A une plus grande distance, sa bouche cessera d'être ruisselante, et en revanche, ce ne sera pas plus l'estomac, mais les bronches qui recevront le topique.
Nous avons donc pensé qu'il était plus utile de connaître la quantité du médicament inspiré que la quantité du spray capable d'être absorbé à telle ou telle distance du pulvérisateur, cependant nous avons fait quelques expériences pour connaître le poids du liquide pulvérisé qui pouvait franchir l'isthme du gosier et le triangle glottique.
B. Calcul du poids de la buée médicamenteuse introduite datis la trachée artère. — A une trachée artificielle faite d'un tube de verre sur-
monté d'un orifice glottique, normalement Ijéant au moment des grandes inspirations, nous avons adapté un appareil de caoutchouc et de guttaperclia, simulant le pharynx et le conduit buccal, le tout disposé de façon à présenter la grandeur et les inclinaisons anatomiques qu'on observe chez l'homme.
L'eau condensée au-dessus des cordes vocales, était amenée par une rigole spéciale dans un récipient situé en contre-bas du larynx, de façon à prévenir la chute de cette eau dans le tube représentant la trachée ; enfin l'exti'émité inférieure de cette trachée s'engageait dans une éprouvette à chlorure de calcium munie comme dans les expériences précédentes, de tubes dessécheurs, mis en communication avec une trompe aspirante.
Première expérience. — Le système que nous venons de mentionner, placé à 40 cent, en face d'un bon pulvérisateur, on déterminait une aspiration de 3/4 de litre environ à la seconde ; et on ne tardait pas à remarquer dans la trachée de verre une condensation de vapeur et puis un ruissellement, qui se traduisait un peu plus tard par la formation de veines liquides amenant des gouttes d'eau sur le chlorure de calcium ; les li(|uides pulvérisés pénètrent donc
dans la trachée et les bronches ; comme on aurait pu nous objecter que ce liquide n'était autre que de la vapeur d'eau atmosphérique condensée, (vu la température froide 13" pendant laquelle l'expérience a été effectuée), le système fut placé à l'étuve à 37°, et nous vîmes de même apparaître quoique en moindre abondance, les stries liquides sur la paroi intérieure du tube. Le fait que nous signalons est d'ailleurs des plus accessoires, la pesée avant et après l'expérience des appareils devait nous indiquer avec précision le poids réel du liquide pulvérisé introduit.
Pesée iniliale des appareils dessiccaleurs . . 906 gr. 5 Compteur, première lecture. 1,860 libres. Compteur, deuxième lecture 3,060 litres.
Différence ■! ,200 litres.
Pesée finale des appareils dessiccaleurs. . . 1,014 gr. 5
Différence 18 gr. »
Si l'on déduit le poids des 1,200 Htres de vapeur d'eau à son maximum de tension à 13", soit environ 1 3 gr. 5, il reste comme poids de hquide pulvérisé entraîné par 1,200 litres d'air aspirés 5 gr. 5 ; ou par mètre cube 4 gr. 4.
Seco?2de expérience. — Un nouvel essai exécuté dans des conditions à peu près identiques, mais à 14", 5 de température ambiante, a accus(i l'entraînement dans les appareils desséchants.
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de 5 gi\ 4 de spray par métré cube, jioids de la vapeur atmospliérique déduite.
Nous devons à la vérité d'ajouter que l'eau arrêtée dans la bouche et le pharynx artificiel était trois à quatre fois plus élevée que celle qui avait pénétré dans la trachée, et qu'il s'introduit par conséquent à l'état aqueux dans le poumon une quantité peu élevée des liquides médicamenteux pulvérisés. Mais cette quantité est très sensible, et peut être évaluée environ à 0 gr. 003, par inspiration d'un litre de spray, presque un gramme par séance d'inhalation de 3 minutes, ce qui ne représenterait en tout cas qu'un demimilligramme de biiodure de mercure, si le spray n'était le siège d'aucune concentration. Mais il n'en est pas heureusement ainsi ; le biiodure de mercure est introduit dans les voies respiratoires à une dose bien plus élevée.
C. De la pénétration du composé médicamenteux dans le poumon. — Ces nouvelles expériences ont été conduites comme les premières, avec cette différence qu'à la pkce des appareils déjà mentionnés nous avons substitué un ballon de 570 c. m. c. de capacité, contenant 300 gr. d'eau distillée ; la trachée de verre venait effleurer le niveau du liquide à quelques millimètres. Nous avons agi auisi pour supprimer le barbotement
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et éviter la projection du liquide dans le tube réunissant le ballon à la trompe aspirante; ce tube de fort diamètre, renfermait de petits fragments de verre, de façon à retenir autant que possible les globules du spray ou les particules solides qui auraient pu s'échapper du ballon ; ce corps inerte, était là pour faire office de filtre grossier.
Dans une première séance, l'appareil pulvérisateur fonctionnant sans cesse à 40 cent, de distance de la bouche artificielle, on aspire 2730 litres, à raison de un litre à la seconde.
Dans une deuxième séance, il est aspiré 3,2o0 litres. Dans une troisième — ' 2,800 litres.
Soit au total 8,840 litres.
Dans l'intervalle des séances, il n'est pas touché au ballon, mais on fait écouler à l'extérieur le liquide accumulé dans le pharynx de gutta percha.
L'aspiration terminée, ce dernier est enlevé, et avec le bec effdé d'une pissette introduit par l'orifice glottique, on lave la trachée de verre à l'eau distillée ; le verre concassé du tube aspirateur est projeté dans le ballon et ce tube est également rincé à J'eau pure ; toutes les eaux de lavage étant réunies dans le ballon, ou