‹ TRAITEMENT DERMATOLOGIQUE DE L'ÉPITHÉLIOME CUTANÉ DE L'ANGLE INTERNE DE L'OEILChapitre 12 sur 27 · RAT EE · texte numérisé non relu

RAT EE

La technique générale du traitement dermatologique est des plus simples : décapage très soigneux des surfaces ulcérées à l’aide de pansements humides — de préférence à l'eau bouillie, parce qu’elle n'est jamais irritante. - TI faut absolument que l’uleération soit débarrassée de toute trace de croûte : c’est un point essentiel. Il faut ensuite persévérance dans l'application : on Pa dit bien souvent, à lésion chronique, traitement chronique ; il faut done savoir ne pas se lasser.

Il est parfois utile de mettre en œuvre un moyen adjuvant; nous voulons parler des injections hypodermiques de calomel. Ces injections exercent une action favorable sur la tumeur, qui semble subir un temps d'arrêt, mais celte action n'est pas durable. C'est pourquoi ces injections ne peuvent être employées que comme moyen accessoire, soit à titre préopératoire, lorsqu'on veut procéder à l’ablation, soit au cours du traitement dermatologique, lorsque l’ulcération, déja modifiée, ne demande plus qu'un effort de l'organisme pour évoluer vers la guérison. Il semble bien que ce soit dans ce sens qu'on puisse expliquer leur action dans l'observation VIT.

B. Les lopiques à rejeter. — Le topique idéal serait celui qui, peu ou pas douloureux, serait en même lLemps assez énergique pour détruire la totalité du tissu néoforiné, celui-là seulement, et respecterait les tissus sains. Malheureusement, ce médicament électif reste encore à trouver.

Nos efforts doivent done essayer de tourner la difficulté en nous adressant à des agents qui, ayant une électivité relative, détruiront peu de tissu sain ou bien créeront une réaction fibreuse assez intense pour amener uñe guérison, en quelque sorte naturelle, par étouffement des masses prolférantes.

Nous émettons l'opinion qu'on doit, en conséquence, rejeter tous les agents cicatrisants, parce qu'à notre avis, lorsqu'on obtient avec eux une cicatrice, on se trouve en face d’une dissimulation de la lésion plûs que d'une guérison. À la face profonde de cet épiderme temporaire, végètent des nodules nacrés. |

Il y a donc lieu de ne pas se fier à l’aristol, à la teinture de thuya, à celle de chélidoine, au sulfate de cuivre ammoniacal, ete. Si ces agents sont peu efficaces, d’autres, comme les caustiqnes faibles, sont néfastes et doivent être mis de côté; tels sont : les sels argentiques, les acides phénique, salicylique, pyrogallique, lactique, ete.

Il en est de même pour les acides trop énergiques qui, eux, causent des destructions trop étendues, dont l'action ne peut être convenablement dirigée el qui ont, en outre, quelques-uns du moins, Pinconvénient d’être horriblement douloureux. Citons les principaux : acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, le nitrate acide de mercure, etc. Il en est de même pour la potasse caustique et autres bases aussi énergiques. Un peu moins douloureuses; peut-être, que les acides, elles détruisent aussi bien le tissu sain que le lissu malade, et leur application, impossible à limiter, est suivie d’une réaction inflammatoire aiguë qui laisse après elle des cicatrices plus défectueuses que celles imputables au bistouri.

Une exception semble devoir être faite pour l'acide chromique au cinquième ou au dixième qui peut rendre quelques services.

Le chlorure de zinc, vanté autrefois, outre l’inconvévénient d'être très douloureux et essentiellement dépourvu d'action élective, produit une escarre sèche toujours très étendue. On n’a pas à redouter l'hémorragie, mais l'imperméabilité même de l’escarre rend inutile

SP: CIE l'application de nouveaux badigeonnages ; e’est,en somme, un caustique de surface à rejeter.

C. Les lopiques dits électifs. — 1” La résorcine. — En 1892, Unna préconisait la résorcine comme curatrice des uleus rodens de date récente. D'autres l’ont expérimentée depuis, avec des alternatives de succès et d'insuecès. La question a été reprise en 1902 par Piccardi, qui attribue la plupart des échecs à des fautes de technique. Pour lui, la pommade à employer doit voir son titre élevé successivement de 25 à 50 pour 100.A ce titre, la résorcine serait caustique, tout autant que l’arsenic, tout en étant moins irritante ; le contraire nous paraîil plus exact, car nous tenons la résorcine pour fort irritante et très peu caustique. Elle conserverait ses propriétés kératoplastiques, excitant la prolifération de lépithélum nor- mal des bords de lulcère et la transformation cornée des couches superficielles du corps de Malpighi. Nous n'avons aucune expérience personnelle nous permettant de discuter les dires de l’auteur.

2 Le chlorate de potasse. — Le professeur Bergeron a fait défendre par son élève Euthyboule (Th. de Paris, 18771, il y a déjà plus de 25 ans, la médication, sntus el exlra, par le chlorate de potasse. Il a été, depuis, l’objet de nombreuses expériences : sans nier sa valeur, il ne paraît pas mériter plus de faveur que la résorcine, puisque, comme elle, il agit surtout comme cicatrisant. En tous cas, il faut qu'il soit bien peu pénétrant, puisqu'il échoue complètement dans les formes papillaires recouvertes de gaines épidermiques épaisses. Il faut encore, dit son défenseur, que l’épithéliome franchement ulcéré n'offre pas un fond trop anfractueux ét qu'il ne pénètre

pas trop profondément: c'est avouer que son action est toute de surface.

Peut-être, maintenant que Cerny et Trunecek ont ouvert la voie pour l'acide arsénieux, obliendrait-on une action pius pénétrante, el partant plus énergique, en employant une solution alcoolique saturée, la pénétration du chlorate de potasse étant facilitée par la présence de l'alcool.

3° L'acide acétique. — L'acide acétique mérite mieux qu'une simple mention et présente des qualités qu'il convient de signaler. Lorsqu'il est employé tout à fait pur, c'est-à-dire cristallisable, il offre une causticité égale à celle de lPacide arsénieux, mais aurait sur lui plusieurs avantages. Infiniment moins douloureux, il ne produit pas d'escarre et peut alors aboutir à la guérison sans cicairice:

Cette absence d’escarre permettrait au caustique de continuer son action à chaque application nouvelle. Son action serait presque élective, en ce sens que, fixant la cellule puis dissolvant le protoplasma et même le noyau, il agirait de préférence sur les tissus en évolution qui sont moins résistants. Bien entendu, ici comme ailleurs, ne pas faire Le traitement à demi ou avec une solution diluée qui amènerait au contraire une activité plus grande de la tumeur.

Nous n'avons pas d'observation personnelle de l'action de cet agent. Maisles cas de Dieu et de De Wecker se rapportant à des ulcus de l'angle interne,sont assez carac-

téristiques.

* 4 Le caustique de Landolfi. — A croire Van Brunn, le caustique de Landolf ferait merveille. Ce caustique, composé à parties égales de chlorure de brome, de zine, d’or

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