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brale interne ayant détruit le bord libre des paupières supérieure et inférieure sur une courte distance.
Ulcération un peu croûtelleuse, peu saignante, à bords plats, à fond grisàtre induré, un peu bourgeonnante à sa partie supérieure, bourgeons qui envahissent la conjonctive palpébrale. Rougeur de la conjonctive palpébrale et oculaire à la partie interne.
La cornée présente une ulcération légère à la partie inféroexterne.
Traitement. — Pansement lacrymal, cautérisation au galvano-cautère, badigeonnage au bleu de méthylène.
3 février. — Excision d’une petite partie du rebord palpébro-conjonctival.
Le 6. - A dater de ce jour, va trois fois par semaine à la radiothérapie.
Le 2%. —— Excision d'un petit bourgeon exubérant à la partie la plus externe de l’ulcération sur la portion palpébrale : ulcération très améliorée.
2 mars. — Nouvelle cautérisation.
Le 19. -- Exeat. [Il y a eu en tout 15 séances de radiothérapie. L’ulcération siégeant à la paupière supérieure est cicatrisée et remplacée par un tissu dur et fibreux.
22 mai. — La malade rentre pour une tuméfaction au niveau de l'angle interne O D. La fistuie qu’elle portait s’est fermée il y a un mois et il s’est formé à ce niveau une tuméfaction qui se vidait au début par les points lacrymaux et a persisté ensuite sans pouvoir se vider.
O D. — Tuméfaction de la grosseur d’un pois blanchâtre, tendue, entourée d'une zone rougeûtre, il y a du larmoiement. :
O G. — Au niveau de l'angle interne, induration en plaque siégeant surtout sur le rebord de la paupière supérieure avec
200 |; DES quelques croûtes brunâtres ne saignant pas lorsqu'on les enlève.
26 mai. — Incision de la dacryocystite O D et évacuation du pus. Cautérisation avec l’azotate d'argent et lavage au protargol. Massage.
Le 30. — Anesthésie chloroformique. Ablation de la tumeur 0 G. Suture de l’angle interne. je
13 juin. — Guérison par première intention. Exeat.
Examen histologique de la tumeur (1). — Sitôt après l’opéralion, la pièce a été fixée au liquide de Müller, fréquemment changé surtout pendant les premiers jours. Au bout de quinze jours, la pièce, bien lavée à l'eau, a été déshydratée par les alcools successifs et incluse à la paraffine.
Mise en coupe, elle a été colorée à l'hématéine el à l'éosine ou bien à la safranine et au picro-indigo carmin,
La pièce observée comprend toute l'épaisseur de la paupière, depuis la surface cutanée jusqu'à la conjonetive palpébrale, réduite à un mince lambeau de peu détendue, à cause de la manière dont a été faite l’ablation.
Il renferme le tissu normal de la paupière en dedans des glandes de Meibomius, c'est-à-dire une lame fibreuse qui forme la charpente de la paupière, puis du muscle strié appartenant à l'orbiculaire et une partie de l'épithélium cutané, très fin, qui recouvre la région.
Tout le tissu fibreux ou musculaire qui occupe une grande partie des coupes est parfaitement sain et normal, sans infiltration leucocytaire exagérée, sauf au niveau de l’épithélium de la conjonctive palpébrale. En ce point, on aperçoit une assez grande quantité de leucocytes qui envahissent en partie l'épi-
(4) Dû à l'obligeance de M. le professeur Vialleton auquel nous sommes heureux d'adresser nos bien vifs remerciements,
ANG Te Les thélium et dont quelques-uns tombent dans le cul-de-sac conjonctival. L'épithélium conjonctival est sur quelques points de la pièce fortement épaissi. L'épithélium cutané est très mince et présente des couches cornées très peu épaisses et fortement desquamantes : il porte quelques poils follets.
La tumeur occupe la plus grande partie des coupes, où elle a la forme d’un petit nodule lenticulaire, dont le fond arrive jusqu’au niveau des fibres superficielles de l’orbiculaire, qui ont été enlevées au cours de l'opération. Elle est constituée, sur la coupe, par une infinité de cordons épithéliaux, ramifiés dans tous les sens, et présentant çà et là des nodosités arrondies, soit sur le trajet des cordons, soit à leurs points d’anastomose, soit enfin latéralement aux cordons, simulant de petits lobules qui y seraient appendus. — Entre ces cordons se trouve du tissu conjonctif jeune, c’est-à-dire avec une trame fibreuse peu développée et qui renferme des vaisseaux sanguins. — Les cordons épithéliaux et leurs renflements sont formés de cellules épithéliales nettement reconnaissables, polyédriques, avec un grand axe placé généralement suivant celui des cordons et un noyau fortement coloré, ovoïde, dont le grand diamètre est aussi orienté parallèlement à l’axe des cordons.
Au niveau des renflements ou nodules l’arrangement des cellules change un peu et se groupe en général autour du centre dunodule. Quelquefois, ily a deux ou trois rangées de cellules, concentriques autour de ce centre, mais jamais dans les nombreuses coupes examinées (environ 300),des’globes cornés vrais n'ont pu être aperçus.Par conséquent, cette tumeur rentre tout à fait dans le type «les épithéliomas tubulés. En quelques points de la surface, 1lest facile de voir des relations entre les cordons du néoplasme et l'épithélium cutané. On peut saisir tous les passages, entre les couches profondes, de l’épi-
thélium cutané et les cordons les plus superficiels de la tumeur.
Est-ce bien là l'origine première du néoplasme ? On ne peut l'affirmer, car il s ‘agit d’une récidive et si la tumeur actuelle a des connexions évidentes avec l'épithélium cutané, il est parfaitement possible que celle qui l’a précédée, en ait eu avec d’autres points : glandes sudoripares ou sébacées.
Sur la plus grande partie de son étendue, la tumeur était recouverte par un épiderme lisse et brillant qu’on retrouve sur les coupes: il s’agit d'un épithélium cutané qui se continue du reste avec l’épithélium ambiant.
Sur la partie saine, l’épithélium cutané a la structure habituelle; toutefois, il est très mince et les couches superficielles offrent quelques particularités intéressantes. Sa couche granuleuse n'est pas parfaitement continue ni bien nette, les grains d'éléidine sont peu abondants et se colorent mal. Les cellules superficielles forment des couches cornées peu épaisses et fortement desquamantes. Au niveau du passage entre la peau saine et celle qui recouvre la tumeur, l'épithélium cutané offre quelques détails de structure intéressants.
Sa partie muqueuse représentant le corps muqueux de Malpighi, s’épaissit énormément et contribue ainsi à former une sorte de bourrelet qui était appréciable chez la malade. Au niveau de ce bourrelet les cellules du corps muqueux de Malpighi deviennent énormes et forment une masse épaisse qui soulève au devant d’elle les couches superficielles de l'épiderme. Beaucoup de ces cellules se sont allongées et ont pris un aspect fusiforme. À leur surface courent de longs tilaments unitifs parallèles à leur grand axe et qui s'étendent sur toutes les cellules, les reliant entre elles d’une manière solide. Toute cette masse épithéliale offre un aspect singulier, qui rappelle celui des grandes cellules épithéliales, à longs filaments unitifs, que l’on trouve dans le modèle épidermique du sabot du
NT: re
fœtus de veau. Cette couche doit posséder une certaine dureté qu'elle transmet au bourrelet où on la rencontre.
En d’autres points de ce même bourrelet les cellules du corps muqueux de Malpighi, également très nombreuses, ont subi une dissociation complète qui les met en liberté, et elles ne sont conservées dans Îles coupes que sur les points où un revêtement formé par les couches superficielles cornées Îles maintient en place,
Les filaments unitifs manquent sur les cellules dissociées et on voit seulement quelques grains fortement colorés en rouge par l’éosine.On voit par là qu’au niveau du passage entre l'épithélium sain et celui qui recouvre la tumeur, l'évolution épithéliale est profondément modifiée et offre des aspects très différents de ceux qu'on rencontre d'habitude dans les mêmes points.
En résumé, la masse lenticulaire formée par la tumeur dont les principaux caractères viennent d’être analysés, montre d'une façon indiscutable qu'il s’agit bien d'un épithélioma tubulé.