‹ TRAITEMENT DERMATOLOGIQUE DE L'ÉPITHÉLIOME CUTANÉ DE L'ANGLE INTERNE DE L'OEILChapitre 17 sur 27 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

de M. le professeur Truc, parce que O. D. était très larmoyant.

Etat actuel. — En plus du larmoiement le malade ne présente que le petit bouton rouge d'aspect dacryocystique. Le malade subit un cathétérisme des voies lacrymales avec ouverture et curettage du sac. La plaie est cicatrisée vers fin février.

L'œil étant de nouveau larmoyant, on engage le malade à meltre chez lui chaque jour quelques gouttes de protargol. Après quelques jours de ce traitement, six au dire du malade, apparaît au niveau de l’ancienne cicatrice une ulcération qui suppure légèrement. La cicatrice se trouve bientôt envahie en totalité.

Cette plaie, qui gagne en dimensions et prend un caractère serpigineux, respecte la muqueuse, mais ne présente à aucun moment de point cicatrisé.

L'ulcération détruit ainsi la plus grande partie de la paupière inférieure, s’arrêtant en dehors à environ À centimètre de l’angle externe, tandis qu'en dedans elle détruit Loute ta portion cutanée de l’angle interne, mordant sur la paupière supérieure et enlevant à ce niveau toute la face latérale du nez qui est en un point dénudé jusqu'à l'os.

Ainsi constitué, l’ulcère présente à considérer des bords durs, surélevés avec bourrelet caractéristique et base indurée. Pas d’inflammation aréolaire : la plaie ne saigne pas facilement et n'aurait jamais présenté d'hémorragie.

A ce moment-là, c'est-à-dire vers le milieu da mois de mai, on fait des applications quotidiennes de bleu de méthyle pendant environ un mois et demi. Sous l'influence de ce topique, l'état reste stationnaire, la cicatrisation n'apparaît pas mais il est très manifeste que le processus ulcératif est arrêté.

A fin juin, dans le but d'activer la cicatrisation, la plaie est fortement cautérisée au galvano-cautère dans toute son éten-

NÉE due. Cette cautérisation est suivie pendant 24 heures d'un abondant suintement louche. Peu après, l’ulcère prend Paspect d'une plaie de bonne nature et la cicatrisalion apparait dans le cours du mois de juillet.

Malgré cette amélioration l'œil pleure toujours et on note une conjonetivite assez intense. En août à quinze jours d'intervalle, on fait au lieu d'élection deux injections hypodermiques de calomel.

A la suite de la première injection, l’inflammation cède vite et presque complètement ; il semble aussi que la cicatrisation s'en trouve activée,

En octobre, tout était terminé, mais il restait une large perte de substance découvrant toute la partie inférieure et interne du globe. Pour éviter des complications oculaires, M. le professeur Truc procède, en mars 1902, à une opération autoplastique à lambeau externe qui reconstitue la paupière inférieure et la commissure interne d’une manière très salisfaisante.

On a pu songer ici à une dacryocystite fongueuse, puis à une gomme; il s’agit bien d'un épithélioma et lamélioration a été obtenue avant les deux injections de calomel.

OBsERvATION VIII

(Inédite. — Service de M. le professeur Truc.)

E... (Antoine), 33 ans, employé de chemin de fer.

Entre dans le service le 16 décembre 1902 pour une tumeur ulcérée de l’angle interne de l’œil droit.

Antécédents personnels. — Blennorrhagie élant au régiment, pas detraces de syphilis, boutons d'acné rosacée au dos.

Antécédents oculaires. — Bonne vue antérieure, pas de

Prancue Ill

La cicatrice étant parfaite el le résulalt fort remarquable, nous regrettons de n'avoir pu nous procurer une photographie de son état actuel.

Le malade revu il ÿ a trois mois à peine, par M. le professeur Truc, ne présentait pas trace de récidive : la guérison paraît définitive.

RC MT ne 4 r | ”

lunettes ; n'a Jamais été malade des yeux, sauf un peu de larmoiement de O. D.

Début. — 11 y a un mois environ, le sujet aurait reçu dans l'angle interne de l'œil uue petite escarhille. Larmoiement et douleur disparurent au bout de deux ou trois jours. Puis survient dans l'angle interne un petit bouton rouge inflammatoire. Il y à huit jours environ, l’ulcération apparait, creusant en profondeur, et la surface se recouvre de pus sanieux.

Etat actuel. — O. G. normal.

O. D. Dans la région de l’angle interne de l'œil, empiétant sur la commissure et sur la portion interne des deux paupières supérieure el inférieure, existe une ulcération de forme arrondie. Ses dimensions égalent celles d'une pièce de 20 centimes, la surface, sanieuse, est rougeâtre, les bords, taillés à pic, non décollés, ont leurs parties voisines rougeâtres, légèrement indurées.

La, caroncule lacrymale et les voies lacrymales sont indemnes. La pression au niveau de la tumeur ne fait sourdre aucune mucosité, mais une sanie peu abondante s’accumule au fond de l’entonnoir creusé par l’ulcération.

Les parties avoisinantes sont peu modifiées : œdème de la paupière supérieure, rougeur et induration de l'angle interne de l'œil.

On peut penser aux lésions suivantes :

Inflammation du sac lacrymal avec péricystite : il n'y a pas de sécrétion muco -purulente et il.y a intégrité des voies lacrymales.

Epithélioma de l'angle interne : mais l'évolution en trois semaines est bien rapide et le sujet bien jeune.

Chancre de la commissure : cela répond bien à l’évolution rapide aux bords indurés, aux lésions symétriques. Mais où trouver la contagion ?

Un lupus : il est rare en cette région, les caractères de

l'ulcération sont différents, il s'étend en surface et a les bords décollés. ;

Une gomme : mais on ne trouve pas trace de syphilis antérieure, le siège est en d’autres points de la paupière.

En somme, l'hypothèse acceptable est celle d’une gomme, bien que l'origine de la contagion reste inexpliquée et surtout qu'il n’y ait pas de ganglions, ou bien d’an épithélioma.

On constate finalement qu'il s’agit d’un épithélioma à marche

très rapide.

6 janvier 1903. — Cautérisation au fer rouge de la surface ulcérée, applications quotidiennes de bleu de méthylène.

14 janvier. — Le malade sort et doit revenir dans une dizaine

de jours. L’ulcère, qui n'intéresse que la peau et qui à toujours respecté la muqueuse conjonctivale, est irrégulièrement arrondi. [l a les dimensions de la moitié d’une pièce de 50 centimes, les bords sont légèrement surélevés, l’induration tend à disparaître, le fond est tapissé de bourgeons de bonne nature tendant vers la cicatrisation.

AT février. — Après une améiioralion progressive pendant près d’un mois,.le malade rentre avec une aggravation qu'il attribue à un coup de froid.

L’ulcère à gagné en profondeur et en étendue, a doublé ou à peu prês de dimension et entoure l'angle interne de l'œil.

22 février. — Cautérisation au galvano -cautère : la plaie semble entrer en bonne voie.

Dans la suite, la cicatrisation s’accentue et la guérison est bientôt complète.

L'examen histologique a été fait et a confirmé la nature épithéliale de la tumeur.

sn PES

RS es

OBSERvVATION IX

(Inédite. — Service de M. le professeur Truc).

Epithélioma récidivé de l'angle interne OG.

Adèle L..., 67 ans, Pignan (Hérault).

Entre pour une ulcération siégeant au niveau de l’anglé interne 0 G, le 18 janvier 1904.

Antécédents héréditaires. — Nuls.

Antécédents personnels. — La malade a eu cinq grossesses qui se sont terminées par deux avorlements et trois enfants vivants mais morts en bas âge.

Antécédents oculaires. — La malade a eu mal aux yeux vers l’âge de cinq ans. Depuis elle se plaint parfois de faiblesse de la vue. Il y a trois ans, rougeur et œdème de la région lacrymale, O D ayant disparu complètement. La malade a constaté, il y a trois ans, un petit bouton au niveau de la commissure interne des paupières, bouton de la grosseur d'une lentille ,assez dur. Depuis,une ulcération indolore y a fait place s'accompagnant de rougeur et de larmoiement oculaires.

Depuis six mois environ, la malade a ressenti des douleurs et des cuissons au niveau de l'angle interne; ces douleurs, qui ont augmenté sensiblement depuis dix-huit jours, siègent maintenant en parlie au niveau de l’ulcération, en partie au niveau de l'œil.

Etat actuel. — O D normal.

VOD — 0,4 NO 0,5 fistule lacrymale.

O G. Ulcération siégeant au niveau de la commissure palpé-

Page 1