GÉNÉRALITÉS
La peau de l'angle interne de l'œil ne se distingue que par son extrême délicatesse et nous offrira, par conséquent, la structure normale du tégument externe.
Une question se pose d’abord : c’est celle de la diversité des épithéliomas, qui a donné lieu à de nombreuses classifications.
Les unes sont basées sur les rapports des cellules et des masses cellulaires avec le stroma, dans lequel elles sont plongées, tandis que les autres ont pour point de départ les éléments divers aux dépens desquels peuvent prendre naissance les épithéliomas, ou encore les types cliniques constitués par les différences d'évolutions.
On a cru longtemps que le point de départ pouvait in. fluer sur la bénignité ou la malignité, sur la rapidité ou la lenteur de la marche. On sait aujourd'hui qu'il n’en est rien et que le même type adulte peut aussi bien naître
ee
d'une glande sébacée ou sudoripare que des papilles dermiques ou de l'épiderme lui même. C'est ce que Darier définit bien lorsqu'il qualifie les épithéliomes « des tumeurs résultant d'une prolifération des tissus épithéliaux de la peau, c'est-à-dire des éléments de l’épiderme, des glandes et des follicules pileux. »
Ce qu'il importe de ne pas oublier, c'est que la bénignité parait être en rapport avec le développement et la densité du stroma fibreux.
Les formes histologiques présentent donc des aspects variables : la plus répandue est l'épithéliome pavimenteux lobulé, qui présente à considérer des lobules emplis de cellules ayant conservé la faculté d'évoluer épidermiquement; leur réunion en couches semblables aux squames d’un oignon constitue le globe épidermique, toujours privé de vaisseaux. Les cellules du centre sont cornées et aplaties, tandis qu'elles arrivent à être complètement cylindriques à la périphérie et à y être verticalement implantées.
La variété perlée, de Ranvier, représente une forme très bénigne; analogue à la précédente, elle en diffère par l'état stationnaire de l'évolution épidermique.
D'autres fois, le néaplasme est dit pavimenteux tubulé: c'est le polyadénome de Broca, ainsi appelé paree qu'il naît presque toujours aux dépens des glandes sudoripares. Schématiquement on trouve dans un stroma fibreux — susceptible de dégénérescence muqueuse — des cylindres anastomosés entre eux, remplis de cellules petites, égales, à bords dentelés. Elles ne subissent pas l'évolution épidermique et offrent par cela même une gravité moindre que les formes précédentes. On comprend, en effet, qu'après destruction de toutes les glandes de la peau on voit se produire une cicatrisation centrale: c’est le rodent