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HISTORIQUE

Pendant longtemps, les accidents cardiaques représenaient un empêchement au traitement chirurgical de l’hyperthyroïdie. En 1927, P. Harvier et M. Baréty écrivaient dans leur traité de pathologie médicale et de thérapeutique appliquée : « Les formes cachectiques ou accompaunées d'insuffisance cardiaque, constituent des contre-indicalions au traitement, opératoire ».

En 1930, Gilbert Dreyfus conseillait de retarder lintervention dans les cas d’asys'olie trop marquée.

En janvier 1935, J. Ch. Blooch et Azivisatos admettaient encore que lasystolie représentait une contre-indication formelle à l'intervention. |

Cependant, moins ‘d’un an après, les publications françaises montraient un changement radical d’opimion, revirement préparé, il est vrai, par les travaux américains, précurseurs en la matière. |

A. Travaux américains :

En 1924, Baumgartner et Dunhill publièrent respectivement onze cas et dix-huit cas d’arythmie complète basedowienne sans asystolie, guéris par thyroïdectomie. |

En 1927, Lahey observe chez 95 pour 100 de ses malades,

LME 4 LEE da disparition des troubles cardiaques trois ans et demi après l’opération.

Puis Crile note 65 pour 100 de succès dans les mêmes conditions.

B. En France :

Les travaux de Cotte et Bonnamour, de Gallavardin, de Gaté, de Bérard, de Welti, échelonnés de 1925 à 1931, préparèrent lopinion médicale à l'intervention opératoire, même quand il existe de graves troubles cardiaques.

Puis brusquement dans la deuxième moitié de l’année * 1935. de nombreux cas de guérison sont publiés : 2

1°) Stévenin et Bons publient trois cas d’asystolie base-. dowienne ayant bénéficié de la thyroïdectomie.

2°) Hubert, Petit-Dutaillis, Dreyfus en publièrent à leur tour un cas. ;

3°) Puis prend place la belle observation de Lemaire et Patel, particulièrement démonstrative, puisqu'elle réalise toute la gamme des interventions qu’il est possible de tenter chez un hyperthyroïdien.

Elle concerne un homme de 34 ans dont la maladie de Basedow débute en mai 1934 et prend en quelques semaines une allufe de haute gravité, à laquelle le traitement iodé ne procure que de partielles et temporaires rémissions. En février 1935, s’installe rapidement une asystolie alarmante dont les signes persistent et s’accroissent malgré les différentes médica'ions tonicardiaques instituées. Aussi l'intervention est-elle décidée : le 23 mai, deux pédicules artériels sont liés et sectionnés, puis un troisième le 1er : juin. Une légère maïs transitoire amélioration survient. Le 10 jun, 100 grammes de tissu thyroïdien sont extirpés. Une nouvelle amélioration se manifeste, puis la défaillance cardiaque S’aggrave à nouveau. Le 8 juillet, l’exérèse de tout le tissu thyroïdien restant, soit 20 grammes en tout, est pratiquée, en respectant, bien entendu, les parathyroï-

des et les récurrents. En dépit d’une crise tachycardique avec dyspnée, agitation, délire, alarmante mais sans lendemain, la guérison se produit et en trois semaines, les œdèmes, lhépatomégalie et l’hydrothorax disparaissent. Le cœur reste encore hypertrophié, mais le tracé électrocardiographique est d'aspect normal. Deux mois après, la guérison s est maintenue totale.

® Voiià donc un malade qui a subi en six semaines tous les lypes d'intervention préconisés contre les thyréotoxicoses et chez qui, en quelques jours, survient la guérison, que n'avaient pu provoquer ni le traitement médical, ni la thyroïdectomie subtotale.

- 4°) M. Labbé, Uhri, Sylvain Blondin, Ménétrel publient un cas de maladie de Basedow traitée par radiothérapie et qui a cependant présenté une nouvelle poussée avec insuffisance cardiaque et tâchyarythmie, rebelle à la digitaline. La thyroïdectomie presque totale, faite en un temps, a permis la guérison.

5°) Wel!i présente 24 malades opérés en pleiné défaillance cardiaque et sans mortalité. Sur vingt cas suivis, seize fois les accidents cardiaques ont régressé. Ces excellents résultats ont nécessite une bonne préparation, une anesthésie locale et une résection large, en plusieurs ie mps, ne laissant. qu’une étroite bande à la partie postérieure de chaque lobe thyroïdien.

6°) Guy Laroche publie également un cas heureux.

7°) Labhé, Boulin, Petit-Dutaillis, Uhri et An‘onelli en relatent deux autres chez qui la thyroïdectomie fut pratiquée avec succès en plusieurs temps.

&°) A cette longue liste, nous ajoutons nos deux ob:ervations également démonstratives, à la fois de la bénignité : relative de l'intervention et des résultats heureux que seule : elle peut obtenir.

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