OBSERVATION II
Adéniles tuberculeuses multiples du cou. Exlirpalion à gauche, injections modificatrices à droite (obs.: communiquée par M Beurnier, chirurgien des hôpitaux),
S... âgée de9 ans, est soignée à l'hôpital de Moisselles pour des adénites tuberculeuses multiples du cou. A gauche elle a eu deux ganglions isolés et mobiles, qui se sont ramollis, dans la région sous-maxillaire. Le D° Ménard a pratiqué l’ablation de ces deux ganglions il y a un an à Berck-sur-Mer ; l'opération a été facile et n’a été suivie d'aucun accident. Aujourd’hui, il ne reste qu'une cicatrice légèrement violacée, mobile sur les parties sous-jacentes, nullement surélevée et non douloureuse, de plu*, elle ne tend pas à s’élargir, et il est à présumer qu'elle deviendra de moins en moins apparente. Elle mesure enviroa 4 centimètres de longueur sur un millimètre environ de largeur.
Du côté droit, la malade présente une masse ganglionnaire du volume d’une demi-orange occupant la région sous-maxillaire et la région parotidienne, s'étendant en avant jusqu’à la région sous-hvoïdienne ; en arrière jusqu’à la région mastoïdienne et ayant envahi en haut et en avant le ganglion préauriculaire. Cette masse était, au moment où nous vimes pour la première fois la malade, uniformément dure, de consistance égalé partout et nullement mamelonnée ; aucune distinction n’était possible entre les ganglions qui la formaient et qui étaient reliés entre eux par de la péria-
dénite, de sorte que la tumeur ne formait qu’une masse unique. La peau était partout violacée et adhérente ; de plus, la tumeur m'était nullement mobile et était complètement adhérente dans la profondeur. Pas de réaction générale; l'enfant paraît jouir d’une bonne santé, on ne relève sur elle que les traces d'anciennes scarifications qui lui out été pratiquées à Beck-sur-Mer il y a deux ans pour des ulcérations tube-culeuses de la face, qui ont aujourd'hui complètement disparu.
M. Beurnier, chirurgien de l'hôpital de Moisselles, repousse l’extirpation de cette énorme masse, parce qu'elle ne pourrait être faite sans intéresser forcément les gros vaisseaux du cou; de plus, il pense que la cicatrice obtenue serait nécessairement énorme et pourrait devenir très défectueuse. Il se borne à instituer un traitement médico-chirurgical ; outre le traitement général, il pratique deux fois par semaine dans la tumeur des injections de naphtol camphré. Au bout de six semaines . de ce traitement, la masse a diminué d’un tiers, et la pariadénite s’est notablement résolue, de sorte que la tumeur présente à la surface des saillies constituées par les ganglions et séparées par des dépressions. À ce moment les injections locales sont remplacées par des injections de gaïacol faites dans diverses régions (cuisses, lombes, etc.\. Sous cette influence la tumeur a encore diminué, et elle n’est plus aujourd’hui que la moitié de ce qu’elle était. De plus, si l’on se décide maintenant à une intervention, le foyer npératoire sera aseptique, l'intervention beaucoup plus limitée et plus facile, d'autant plus que la tumeur commence à présenter une certaine mobilité sur les parties profondes. On peut donc espérer pouvoir intervenir utilement d'ici à