‹ Traitement des affections articulaires par l'électricitéChapitre 1 sur 18 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Il est toute une classe d'arthropatliies qui sera laissée en dehors de cette étude. C'est une des plus intéressantes en raison des désordres tropliiques et fonctionnels qui l'accompagnent; je veux parler delà coxalgie. Bien que les résultats que j'ai obtenus jusqu'ici soient des plus encourageantS;, je sens trop la nécessité d'être bien armé, pour ne pas remettre à une date ultérieure un débat aussi grave.

Je tiens aussi à préciser en dehors de toute idée classique, et en quelque sorte uniquement pour les^besoins de ma cause, les affections que je laisse à l'écart sous la dénomination coxalgie. Ce sont les arthropathiesde la hanche, qui comprennent au nombre de leurs signes pathognomoniques les symptômes caractéristiques de la tumeuï blanche, et qui sont en outre accompagnées [d'allongement ou de raccourcissement du membre.'' La raison de

cette réserve est qu'au nombre de mes observalions, le lecteur en trouvera qui se rapportent à des affections dont la classification pourrait être discutée et qui devraient même être rangées parmi les coxalgies, si l'on adoptait certaines définitions anciennes ou même récentes. Pour mieux préciser ma pensée, j'ajoute que j'ai laissé à l'écart les cas que tout chirurgien sans hésitation comme sans discussion, eût classés parmi les coxalgies.

L'histoire du traitement des atfections articulaires par l'électricité se résume à bien peu de chose, si l'on ne considère que la bibliographie française.

Aussi n'est-ce que pour mémoire que je rappelle les indications fournies par Tripier en quelques lignes dans son Electrologie médicale, celles que l'on trouve dans Onimus, et la courte mention que lui consacre Bardet dans son Traité élémentaire d'électricité médicale. Si l'on ajoute à ce qui précède quelques essais de traitement du rhumatisme articulaire chronique primitif généralisé ou pro gressif, faits par Chéron et publiés dans la Gazette des hôpitaux, et l'étude rapide faite par A. Joffroy du traitement de certaines arthropathies par l'électricité [Arch. gén. de méd., nov. 1881), on a, je crois, la nomenclature complète des travaux antérieurs.

Les Allemands, qui beaucoup plus que nous se sont occupés et s'occupent encore des applications de l'électricité à la thérapeutique, ont fait des tentatives plus sérieuses dans cette voie, ainsi qu'en témoigne le passage de son Traité d' électrothérapie que lui consacre Erb. Toutelois Remak est celui qui a le plus étudié les applications de Télectricité au traitement des affections articulaires. On peut malheureusement lui reprocher de ne pas avoir demandé à la faradisation tous les services qu'elle peut

rendre, et de s'être servi presque exclusivement des courants continus. Il y a eu là de sa part un semblant de parti pris sur lequel j'aurai à revenir.

Les appareils ayant, à mon avis, une part d'influence beaucoup plus importante qu'on ne le pense généralement dans les résultats obtenus^ j'ai cru utile de fournir l'indication de ceux dont je me suis servi.

Pour le mode faradique, j'ai employé des boîtes d'induction de Gaiffe ou de Chardin moyens modèles. Je considère les petits appareils comme insuffisants dans la pratique courante, et je ne saurais trop engager mes confrères à ne pas se rebuter en face d'un insuccès obtenu avec leur seul secours. J'ai fait ajouter aux deux bobines que possède normalement l'appareil portatif à chariot de Gaiffe, deux autres bobines numies de fils intermédiaires, de manière à obtenir une combinaison de quatre fils de différents diamètres. J'ai même fait récemment ajouter deux nouveaux diamètres, l'un en haut, et l'autre en bas de l'échelle, mais je me hâte d'ajouter que l'extra-courant, un gros fil, et un fil fin bien maniés suffisent à la pratique courante.

Quoi qu'il en soit, pour l'intelligence de cette étude, je donne ici les signes correspondants aux différents diamètres de fils que j'ai employés couramment.

Diamètre, 12/10°'°'

Loi

igueur,

37°'50 environ.

Les fils dont j'ai fait le plus fréquent usage sont Flet F ^ combinés avec l'extra-courant, dont je ne saurais trop recommander l'emploi.

Je me suis servi comme appareils à courants continus^

indistinctement de ceux de Gaiffe ou de Chardin, munis d'une boussole d'intensité divisée en milliampères, d'un collecteur prenant les éléments un par un (Chardin) ou deux par deux (Gaiffe). J'ajoute que 20 à 24 éléments Chardin au bisulfate de mercure ou 24 à 28 éléments Gaiffe sont suffisants pour répondre, sinon toujours, du moins presque toujours aux indications de la thérapeutique articulaire.

En dehors de ces deux modes d'électricité, j'ai employé également le mode statique, et je me suis servi à cet usage d'une machine Carré moyen modèle. Ces instruments sont du reste ceux dont je me sers pour Félectrothérapie courante. Je m'efforcerai de leur assigner quelques indications spéciales, mais je dois déclarer dès maintenant que ce n'est que bien rarement que j'ai pu en surprendre quelques-unes. Le mode continu et le mode induit voient le plus souvent leurs effets se coudoyer. L'électricité statique peut leur suppléer dans certains cas. Quelquefois un mode activera la guérison qui se faisait attendre avec un autre. L'un d'eux pourra même agir alors que les autres étaient restés sans effet, mais sansqu'il soit possible dans le plus grand nombre de cas de trouver la raison de ces différences d'action. En somme, les trois modes se prêtent un mutuel appui très fréquemment et, d'une manière générale, je crois qu'il est possible d'affirmer que les résultats les plus prompts et les plus complets sont obtenus par le mode induit et le mode continu combinés.

Sauf une ou deux exceptions, j'ai toujours fait les applications électrothérapiques ou je les ai fait faire sous ma direction immédiate et sous ma surveillance, mais presque toutes ont été faites par moi-même.

Je ne puis laisser passer cette occasion sans engager mes confrères à agir ainsi, s'ils ne veulent éprouver des décep-

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lions de tous genres. Il n'est pas besoin de réfl«3chir longtemps, du reste, pour comprendre que les mille nuances, les mille ressources que présente Félectrothérapie ne sauraient se réduire à une formule toujours la même qu'un malade peut appliquer impunément avec deux plaques ou deux tampons sur un point désigné. De même il n'est pas besoin d'insister beaucoup pour faire comprendre que dans une multitude de cas l'autorité du médecin est indispensable pour faire accepter par le malade des applications cuisantes de courants continus s'élevant à une intensité de 35 à 40 m. a. ou une action énergique du mode faradique.

Je dois ajouter que souvent j'ai fait appel, concurremment avec l'électro thérapie, à diverses ressources, telles que les lotions, les frictions, les bains, etc., mais, sauf une ou deux exceptions, j'ai à dessein éliminé de mes observations tous les cas où j'ai employé le massage ou l'hydrothérapie en même temps que l'électricité, afin de ne laisser planer aucun soupçon sur la valeur des résultats, bien que dans le plus grand nombre des cas éliminés, la meilleure part du succès revienne assurément à l'électricité. Enfin, je me suis parfois aidé de l'immobilité des articles et d'une médication appropriée.

Telles sont les indications générales qu'il m'a paru utile de fournir, avant d'aborder l'étude particulière des diverses variétés d'arthropathies.

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