AFFECTIONS SUBAIGUES OU CHRONIQUES
La durée du traitement est généralement proportionnelle à l'âge de la maladie, mais cette règle souffre de nombreuses exceptions, ainsi qu'en témoignent plusieurs observations, entre autres la dixième observation de Remak et la curieuse observation XXÏ.
Il est plus exact de dire (ce qui se conçoit à priorï), qu'elle est en rapport avec l'altération des tissus, combinée avec la nature du terrain à modifier.
L'électricité produit fréquemment des métastases, et semble susceptible dans certains cas de réveiller la diathèse arthritique endormie ou latente.
Elle peut exercer son action salutaire sur toutes les ar- Ihropathies subaiguës ou chroniques, sans en excepter la tumeur blanche.
Des réserves cependant doivent être faites en ce qui concerne l'hydarthrose. Celle-ci semble rebelle à l'action des divers modes électriques, et la guérison ne paraît possible, qu'à la faveur d'un processus inflammatoire.
En outre la marche du rhumatisme articulaire progressif (rhumatisme noueux) ne serait que peu modifiée par l'électricité. Il en est de même de l'arthrite sénile.
Certaines formes rhumatismales dans lesquelles les artliropatliies sont en quelque sorte effacées parla prédominance de symptômes myéliques auxquels elles sont liées, paraissent susceptibles de rétrograder, voire même de guérir sous l'influence de l'électricité (Obs. XXXIV et XXXV).
L'électricité statique, dans ce dernier cas, est nettement indiquée.
Les exsudais, les épanchements, l'iiypertropliie fibreuse périarticulaire, sont plus particulièrement justiciables du mode galvanique.
De son côté, le mode faradique est indiqué d'une manière spéciale contre les altérations du périoste et des os.
L'électricité a une action remarquable sur les paralysies, ou les parésies dominées par un état artliropathique.
La même conclusion s'applique aux contractures liées aux aiHhrites. — Les courants continus ont dans ce dernier cas une action en quelque sorte spécifique.
Les courants continus ou faradiques interviennent activement dans des réductions brusques ou progressives, manuelles ou mécaniques des pseudo-ankyloses.
Elle les rend inofîensives, lorsqu'il s'agit de petites articulations, sert à maintenir l'étendue obtenue des mouvements, et dans tous les cas est un adjuimnt des plus précieux.
Localement l'électricité agit comme anti-plilogistique en établissant un drainage circulatoire des vaisseaux sanguins et lymphatiques, lequel a son origine dans l'excitation des vaso-moteurs.
Elle agit en notre par action cataly tique ?
Elle peut encore agir par révulsion (courants continus principalement), et par réflexe au moyen d'une impression particulière, produite sur les extrémités nerveuses.
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Elle a onlin Iros probablcmenl une action conforme à l'hypollièse exposée plus bas.
Par des applications exclusivement locales, l'électricité peut déterminer des efîels généraux (rétablissement de l'appétit, restauration des forces, etc.).
Ces effets sont sans doute la conséquence de la grande difTusion dynamique des courants.
On peut affirmer dès maintenant que l'électricité modifie d'une manière salutaire les diathèses (goutteuse, rhumatismale;, scrofuleuse), mais [des recherches ultérieures, faites méthodiquement avec un traitement général allié au traitement local, sont nécessaires pour déterminer les limites de cette action.
Les signes pathognomoniques de la diathèse arthritique, qui doit englober synthétiquement la goutte, le rhumatisme etleurs affections collatérales (gravelle, diabète, etc.) sont liés à un vice de nutrition, autrement dit à une menutrition .
Cette ménutritiori est connexe à une altération des fonctions nerveuses, et en dernière analyse la neuropathogénie est celle qui cadre le mieux avec l'étiologie du rhumatisme et de la goutte, et qui fournit la meilleure interprétation de leur évolution.
La pathogénie de ces affections fournit une indication précise de l'emploi de l'électricité^ de même qu'elle fournit une explication de son action antidiathésique.
L'hypothèse qui semble la plus plausible pour expliquer l'action ultime de l'électricité, consiste à admettre :
1° Que l'énergie nerveuse (fluide nerveux) n'est qu'une transformation de l'énergie électrique accomplie à la faveur de la substance nerveuse formant réactif et accumulateur ;
2° Que cette transformation est régie par un état de tension en quelque sorte électro-physiologique ;
3° Que par suite l'électricité aurait le privilège de restituer au système nerveux ses propriétés transformatrices perdues ou détériorées, grâce à une excitation toute naturelle, qu'il a cessé de trouver dans la tension électrophysiologique.
N. B. Si le médecin ne veut pas éprouver de sérieux mécomptes, et tient à ne pas compromettre la guérison de ses malades (pour ne pas dire plus), il devra faire lui-même les applications électrothérapiques, ou tout au moins les surveiller attentivement.
C'est une condition sine quel non de succès !
PARIS. — IMP. es. ROUCilEK ET C'^, 1, RUE CASSETTE.
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(Sept., 1886, 20,000)