‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 10 sur 33 · BOUTON DES PAYS · texte numérisé non relu

BOUTON DES PAYS

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si on l’enlève, on trouve une petite ulcération à bords dentelés ou arrondis, taillés à pic, à fond sanieux, renfermant un liquide séro-purulent peu abondant. L’affection continuant à évoluer, les bords de l’ulcération s’infiltrent, deviennent œdémateux, se soulèvent; au pourtour, la peau est rosée ou terreuse et parsemée de petitspoints jaunâtres, 8 à 12 en moyenne, ressemblant à-des grains de milium ou à des petits éléments de favus qui évoluent comme l’élevure primitive, s’ulcèrent, peuvent se réunir entre eux ou à l’ulcération primitive, formant ainsi une surface ulcérée plus ou moins considérable qui peut s’étendre irrégulièrement soit par la périphérie, soit par l’adjonction des ulcéra.tions voisines, pouvant atteindre les dimensions d’une pièce de 2 francs, parfois même davantage, 8 à 10 centimètres.

Ainsi constituée, l’ulcération reste le plus souvent à nu, son fond se déterge et présente des petites granulations irrégulières, des pertuis purulents, caractéristiques (Leloir et Vidal); parfois cependant une croûte se reproduit, sèche, résistante, et tombe de nouveau. L’affection persiste à cette période d’état pendant trois à cinq mois, puis le fond végète, se recouvre de bourgeons charnus, durs, papillomateux, typiques, qui comblent la plaie, et la cicatrice apparaît lentement, débutant par le centre, saillante, puis s’affaissant, d’abord violacée, puis brunâtre, terreuse, jaunâtre, ou blanche au centre, entourée d’un cercle brun, puis enfin lisse et blanche, irrégulière et indélébile, mais jamais chéloïdienne (Bousquet); parfois, quand le bouton a occupé longtemps la face et quand l’ulcération a été très profonde, on observe des pertes de substance, des rétractions vicieuses. La périphérie de

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l’ulcération infiltrée au début et violacée s’affaisse également et passe par les mêmes colorations que la cicatrice; elle est souvent le siège d’une desquamation lamelleuse plus ou moins abondante. Telle est l’évolution ordinaire du bouton de Biskra, qui présente cependant quelques variétés basées sur la prédominance de tel ou tel des caractères objectifs. (Formes ulcéreuse, papillomateuse, papulo-crustacée, cohérente ou confluente, abortive, squameuse.)

Les complications sont rai’es; parfois cependant on observe de la lymphangite, de l’adénite, de l’érysipèle ou de la phlébite; la durée varie de trois mois à un an, six à sept mois en moyenne. Le bouton est rarement unique; généralement il y en a deux, trois, quatre, quelquefois même trente, quarante et plus; cette multiplicité est due à ce que le bouton de Biskra est contagieux, inoculable et auto-inoculable (Lavekan, Heyden- REicH, Webbh, etc.).

L’agent pathogène, le microbe spécifique dont l’existence est certaine, n’est pas encore absolument connu, malgré les recherches de Duclaux et Heydenreich, Bonnet et Deperet, Chantemesse, Leloir, etc. B existe probablement dans l’eau, et pénètre dans la peau exulcérée quand on se lave ou quand on se baigne; l’inoculation peut encore se faire par des insectes, mouches ou moustiques : en résumé, elle peut provenir des sources les plus variées encore insuffisamment étudiées, telles que vêtements, objets souillés, déchets de lésions cutanées que le sujet peut emporter avec lui loin des endroits où le bouton des pays chauds est endémique, ce qui explique, sans qu’il soit besoin d’invoquer une incubation, comment l’affection peut survenir sur des individus un certain temps après leur

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