‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 21 sur 33 · ÉLÉPHANTIASIS DES · texte numérisé non relu

ÉLÉPHANTIASIS DES

plus haut sur le rôle pathogénétique de la filaire du sang.

Traitement. — Il n’existe pas de traitement interne de Téléphantiasis; mais, comme il est le résultat d’une série d’alîections causales, il importe de combattre ces affections par tous les moyens appropriés. En outre, on prescrira une hygiène sévère et des mesures prophylactiques susceptibles de diminuer notablement le nombre des éléphantiasis, surtout quand elles sont pratiquées dès les premières crises : alimentation réconfortante, propreté absolue, toniques, sulfate de quinine. Éviter les refroidissements, surtout le soir. Porter de la flanelle. Quitter, sic’est possible, les pays où règne Téléphantiasis endémique. Protéger la région atteinte contre toutes les causes d’irritation, et asepsie absolue de cette région. Éviter autant que possible la station debout prolongée, •es fatigues, etc.

Quand Téléphantiasis est constitué, il convient de traiter : 1° les accès éléphantiasiques; 2° les lésions hypertrophiques.

1“ Les accès éléphantiasiques exigent d’abord le repos au lit absolu, le membre un peu élevé et protégé par un cerceau. On prescrira en outre les antiphlogistiques si les phénomènes inflammatoires sont très marqués, les purgatifs ou les vomitifs si les voies digestives sont fort embarrassées, le sulfate de quinine ou les autres antipyrétiques, selon les caractères de la lièvre, le salicylate de soude, enfin, si les douleurs sont vives; on recouvrira le membre de cataplasmes de fécule tièdes arrosés d’eau blanche ou d’alcool, faits avec de Teau boriquée et fréquemment renouvelés ou bien de compresses de tarlatane imprégnées d’eau boriquée ou d’alcool camphré, ou d’eau blanche, ou d’eau de son, ou

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d’une solution de salicylate de soude à 23 0/00, etc. Quelques auteurs recommandent encore des applications d’onguent mercuriel belladone, ou des badigeonnages avec du collodion en dépassant les limites des lésions.

2“ Traitement de l’éléphantiasis confirme, en dehors des crises. — De très nombreux moyens ont été indiqués. Nous signalerons les plus employés et par ordre d’importance :

1“ Compression. — Le moyen le plus efficace et par lequel on doit toujours commencer est incontestablement la compression méthodique et régulière à l’aide d’une bande de llanelle, ou mieux, 'de caoutchouc élastique, appliquée sur une couche d’ouate épaisse régulièrement disposée, et maintenue par une bande de toile : il faut éviter absolument en effet d’appliquer le caoutchouc sur la peau même, dans la crainte de provoquer des inflammations parfois sérieuses.

La compression doit être assez grande, mais pas trop; la bande sera enlevée tous les matins et appliquée plus ou moins serrée, selon la tolérance du malade. Il est inutile d’ajouter que la compression devra avoir été précédée de la mise en état du membre, c’est-à-dire que les lésions préexistantes, eczéma, dermolymphangite, ulcères variqueux auront été soignés par les moyens appropriés, que le malade devra garder le repos au lit, la jambe posée sur un coussin. En même temps que la compression on aura recours au massage, qui, pratiqué avec soin et régulièrement, active les fonctions de la peau et contribue notablement à l’amélioration, ainsi qu’aux bains sulfureux, et surtout aux douches sulfureuses chaudes.

2» Électrisation. —Elle peut être employée soit seule.

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soit préférence associée à la compression, et d’après Silva Araujo, Moncorvo, Beard, etc., donnerait des résultats surprenants ;

Qn doit employer les courants continus, la faradisation et l’électrolyse (Voir Électricité), qui agissent en ramollissant les tissus hypertrophiés, eh favorisant la résorption de ces tissus ainsi ramollis, et en modifiant d’une façon très salutaire l’innervation des régions atteintes. Quand on emploie l’électricité galvanique, on doit mettre le pôle positif sur les tissus sains, à une certaine distance, et le pôle négatif sur les parties malades. La durée de la séance varie entre cinq et trente minutes.

3“ Procédés chirurgicaux applicables seulement dans les cas tout à fait exceptionnels, et souvent dangereux, et ne mettant pas à l’abri des récidives.

a) Compression digitale de l'artère principale.

b) Ligature de l’artère principale (Carnoghan, de New-York).

c) Ablation de la partie malade. — N’est applicable que dans les éléphantiasis localisés (grandes lèvres, petites lèvres, scrotum, prépuce), etc. L’amputation du membre est en effet aussi grave que possible.

d) Scarifications linéaires, ignipimcture, incisions plus ou moins profondes. — Ces différents procédés peuvent être mis en usage dans les éléphantiasis peu irritables, débutant, ayant une évolution lente et particulièrement siégeant aux organes génitaux, au scrotum. Mais il faut savoir qu’ils peuvent provoquer des poussées de lymphangite, de pseudo-érysipèle ou môme d’érysipèle, et que, ne s’attaquant pas à la cause même de l’éléphantiasis, ils peuvent tout au plus produire une amélioration passagère.

4» Vésicatoires. Caustiques. — Ne doivent jamais être prescrits, car ils sont inutiles et dangereux.

En résumé, il faut savoir que le traitement de l’éléphantiasis est des plus ingrats, en raison de la maladie elle-même, et aussi de l’indocilité, de l’état social, misérable le plus souvent, des malades qui ne se mettent pas suffisamment.à l’abri des causes productrices de crises éléphantiasiques, lesquelles, avons-nous dit, sont le plus souvent suivies d’une aggravation de" la lésion. Tant que le membre aura conservé des dimensions relativement raisonnables, l’hygiène, la propreté, la compression ouatée et élastique modérée, le massage, les douches de vapeur, l’électrisation bien pratiquée, la médication tonique, le traitement de la syphilis ou de la scrofulo-tuherculose quand le sujet en présentera des manifestations, l’iodure de potassium, le bromure de potassium, l’arsenic, les alcalins, suivant les indications générales fournies par le malade, rendront l’affection relativement très supportable.

Malheureusement, on ne peut espérer une guérison radicale, à moins qde la doctrine nouvelle relative à la parasitologie de l’éléphantiasis ne soit confirmée et que l’on trouve des moyens de protection active contre l’envahissement du streptocoque pathogène.

Emplâtres. — Les emplâtres prennent une place de plus en plus grande dans la pratique courante. Leur composition a été profondément modifiée. Leurs excipients ont été changés et on y a incorporé les médicaments les plus divers. Préparés autrefois exclusivement avec de l’emplâtre simple ou de 1 emplâtre diachylon, ils se conservaient mal. Aujourd’hui, Unna et Beiersdorff, à Hambourg; MM. Vigier, Ûavaillès, Portes, etc., en France, les préparent ayec des masses

ENGELURES

emplastiques constituées par de la giitta-percha, de la gomme élastique, de la vaseline, de la lanoline dans lesquelles on incorpore le médicament en très forte proportion et qu’on étend sur des tissus très souples, mousselines, soies, batistes, toile caoutchoutée fine perforée, etc. On obtient ainsi une très grande variété d’emplâtres très actifs, qui se conservent longtemps et ne provoquent pas d’irritation. (Voir Épithèmes.)

Engelures. — Erythème pernio, gelures. — Les engelures sont trop connues pour qu’il y ait lieu de les décrire; on devrait logiquement les ranger dans le cadre de l’érythème multiforme, dont elles constituent une variété (érythème multiforme à frigore, érythémateux, papuleux, bulleux, etc.). Pratiquement nous les diviserons en engelures érythémateuses simples non ulcérées et engelures ulcérées. Quant à la congélation avec eschares qui peut envahir des membres entiers, elle ressort du domaine de la chirurgie.

Nous n’insisterons pas sur les localisations des engelures (mains, pieds, joues, nez, oreilles, où elles peuvent simuler le lupus érythémateux), sur leurs complications (douleur, prurit considérable, eczéma, lymphangite, escharifleation, cicatrices et déformations), enfin sur leur étiologie (froid, froid humide, influence très grande mais non constante du tempérament lymphatique, fréquence plus grande pendant la seconde enfance, l’adolescence et la vieillesse). Nous nous étendrons beaucoup plus sur le traitement si ingrat des engelures. Il comprend trois indications : 1“ traitement général; 2“ traitement local; 3“ prophylaxie.

Traitement général. — Les toniques, quinquina, fer, huile de foie de morue, les sirops antiscorhutique,

ENGELURES

iodo-tannique, d’iodure de fer, les préparations sulfureuses, les hypophosphites, la kola, les inhalations d’oxygène, les bains de mer joints à l’exercice, la gymnastique, la marche, en un mot une hygiène appropriée ont pour but de modifier la constitution du sujet. On a en outre un peu empiriquement conseillé le sulfate de quinine h doses faibles, mais prolongées (E. Besnier) même quand le malade ne présente pas de symptômes d’impaludisme, et particulièrement dans les engelures à forme asphyxique du nez et des oreilles, ainsi que les pilules suivantes (L. Brocq) :

Sulfate do quinine.

„ ‘ aâ S centigrammes.

Ergotino.. ) °

Poudre de feuilles de digitale. 5 milligrammes.

Extrait de belladone. l milligramme

pour une pilule.

Deux à quatre par jour suivant l’âge du sujet.

2“ Traitement loc.al. — Les remèdes populaires ou scientifiques préconisés contre les engelures sont innombrables. Nous n’avons pas la prétention de les énumérer tous; d’ailleurs, il n’en existe malheureusement aucun qui ait une action réellement efficace dans tous les cas; le plus souvent ils ne sont que des calmants; il est donc nécessaire de les changer fréquemment.

Quand les engelures ne sont pas ulcérées, il faut soir et matin laver les régions atteintes avec de l’eau très chaude, ou bien les décoctions de feuilles de noyer ou de céleri, ou de feuilles d’eucalyptus, 5 gi’ammes pour 1 litre d’eau (E. Besnier).

Ces lotions faites, on essuie, puis on applique une des pommades, un des liquides ou collodions suivants ;

A. Pommades.

192 ' ENGELURES

KAPOSI

Camphre en poudre... 1 gramme.

Craie blanche. 40 grammes.

Huile de lin'. 80 —

Baume du Pérou. IS^SO.

Alun calciné. 2gr,S0.

Axongo.:. IS grammes.

Pommade rosat. 2 —

lodure de potassium. 1 —

Laudanum de Rousseau. Ig'jSO.

Térébenthine............ )

Cire jaune.... ââ 40 grammes.

Pétrole.■ !

Nitrate d'argent.. 0gr,40

Pommade rosat. 40 grammes.

Sozoiodol. 2 grammes.

Onguent simple .. 20 —

N. B. — L’onguent simple a la formule suivante

Cire blanche. S grammes.

Axonge benzoïnée.. Tg^SO

Huile d’amande douce.. Igr.SO

La lanoline est un excellent excipient.

Pommades avec :

BHOCQ

Acide phénique......

Onguent de plomb...

Huile d’amande douce....

Essence de lavande..___

4 gramme, ââ 20 grammes.

XX gouttes.

ENGELUBBS 193

(pour les engelur(

Beurre de cacao.

Huile d’amande douce.

Acide citrique.

Précipité blanc...

Teinture de musc

du nez). •

..... 40 grammes.

..... Ogr.SO

. Ogi-,30

.... X. gouttes.

Lanoline..... 40 grammes.

Sous-borate de soude.'..... 10 ■ .—

Lanoline. 40 grammes.

Sous-acétate de plomb. 3 à 10 —

B. Lotions. — Alcool camphré, eau de Cologne, extrait de Saturne à 1/10, suc de citron, solution de nitrate d’argent à 1/130, baume du Pérou à 1/3, lait virginal, solution de créoline à 1/100.

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