BROCQ
Alcool camphré... 50 grammes.
Alcoolat de Fioravanti. 23 —
Teinture de cantharides. 2 à S —
E. BESNIER
.. 30 grammes.
. Ogr.lO.
On a conseillé encore la neige, la levure de bière, l’urine! etc., etc.
Après avoir appliqué ces divers liquides, il convient de saupoudrer avec de l’amidon ou mieux avec la poudre suivante :
Salicylate de bismuth.. 10 grammes.
Amidon. ... 90 —
Mêlez.
G. Collodions. — Collodion simple. Collodion renfermant 1 /20 d’iodoforme, 1 /iO d’iode metalloïdique (Billuoth), 1/40 d’acide salycilique, etc.
Quand les engelures sont ulcérées, il faut les envelopper dans des compresses imprégnées de décoction de feuilles de noyer ou d’eucalyptus, et les panser fréquemment avec du vin aromatique, de l’alcool camphré, delà liqueur de Van Swieten, une solution faible de chlorure de chaux, de la liqueur de Labarraque, delà pyrothonide, ou avec une des pommades suivantes : onguent styrax, onguent canet, liniment oléo-calcaire renfermant 1 à 2 0/0 d’acide phénique.
Pommades avec :
Glycérine.
Eau de roses, Tannin.
Axonge...
Lycopode.
Tannin...
ââ Ogr.SO
ENGELTJEES
Cire jaune.. IS grammes.
Huile de lin. 30 —
Teinture de benjoin.. 8 —
Glycérine.. 14 —
Essence de lavande... q. s.
Acide borique. 1 gramme.
Chlorhydrate de morphine ou de
Oxyde de zinc. 1 gramme.
Lanoline ou vaseline pure... IS grammes.
DEVEBGIE
Axonge.. 30 grammes.
Créosote... 8 gouttes.
Sous-acétate de plomb. 8 —
Laudanum de Sydenham. 10 —
KNÆRLZBR
Opium.. S grammes.
Camphre. 2 g', SO c.
Carbonate d’ammoniaque... S grammes.
Acétate de plomb...... 10 —
Axonge. 60 —
On peut encore employer avec avantage l’emplâtre de Vigo, l’emplâtre à l’oxyde de zinc d’ünna, l’emplâtre rouge de Vidal ; quand il y a tendance à la végétation de la plaie, Kaposi recommande de cautériser légèrement avec le nitrate d’argent.
Prophylaxie. — Il est très difficile de prévenir les engelures ; néanmoins les sujets prédisposés devront, en outre des indications que nous avons données au traitement général, prendre, dès le commencement de l’hiver et même un peu avant, des précautions très grandes contre le froid. Ils porteront des vêtements chauds, des gants et des chaussures larges et bien faites ; ils auront soin d’interposer entre les orteils des fragments de coton hydrophile renouvelés chaque
ÉPITHÉLIOME
jour; ils éviteront les brusques changements de température, la chaleur vive des cheminées, les chaufferettes ; enfin ils devront soir et matin tremper leurs mains dans l’eau aussi chaude que possible ou dans la décoction chaude de feuilles de noyer, puis faire une application légère de teinture d’iode, ou mieux, frictionner activement les régions prédisposées avec de
l’alcool camphré, et saupoudrer ensuite avec: poudre d’amidon, 90 partiés ; salicylate de bismuth, 10 parties. Nous avons vu plusieurs fois les engelures ne plus se reproduire après une ou plusieurs saisons de bains de mer suivies de maniluves et pédiluves prolongés et répétés d’eau saturée de sel marin.
Éphélides. — (Voir Pigment.)
Éphidrose. — (Voir Sueur et Sudoripares.)
Épilation. — (Voir Favus et Tricliophytie.)
Épiphytes. — (Voir Parasites.)
Épithéliome. —Cancer épithélial. — Cancroïdé. — Cancer des ramoneurs. — Cancer cellulaire plat. — Noli me tangere. — Chancre malin. — Ulcus rodens. — Ulcère chancreux. — Cancer cutané. — Cancer faux. — Rodent ulcer, etc.
Nous ne traiterons ici un peu longuement, en raison de l’importance pratique de la question, que l’épithéliomatose cutanée, éliminant celle des muqueuses.
Cliniquement nous distinguerons deux variétés : l’une superficielle, qui comprend de nombreuses formes sans doute distinctes; l’autre plus rare, profonde, c’est-à-dire débutant par la couche profonde de la peau. Entre ces deux variétés se placent des variétés mixtes, quand les lésions s’étendent de la superficie vers la profondeur ou réciproquement.
10 Epithéliome superficiel. — Il renferme des formes
ÊPITHÉLIOME
nombreuses ; avec E. Besnier nous distinguerons deux formes principales ;
A. L’épitkéliome perlé. — B. L’épithéliome multiforme.
A. h’épithéliome perlé est la forme le plus fréquemment observée ; il apparaît généralement sur une peau primitivement saine, mais un peu sèche en raison de l’âge du sujet, qui a le plus souvent atteint la cinquantaine, sous forme d’une petite élevure, granuleuse, dure, superficielle, ayant le volume d’une forte tête d’épingle, rosée, brillante, perlée ; elle a, au début, une évolution des plus lentes, s’étend par ses bords. D’abord isolée, elle se réunit à d’autres éléments semblables, et finit par constituer une très petite plaque arrondie, très légèrement surélevée. Ainsi constituée, elle ne tarde pas à s’excorier, à se crevasser spontanément ou à la suite de grattage, et à se recouvrir d’une croûtelle brunâtre. Elle peut demeurer ainsi à l’état stationnaire pendant fort longtemps, plusieurs années parfois, puis la croûte se détache et l’ulcération apparaît irrégulière, à bords peu mobiles, taillés à pic, à fond rougeâtre finement granuleux, crevassé, sécrétant une sérosité visqueuse, peu abondante, qui en se desséchant le recouvre comme d’un vernis (Kaposi). Mais à la périphérie de l’ulcération on retrouve généralement une ou plusieurs des granulations perlées, blanches, lisses, nacrées, fines, caractéristiques de cette forme d’épithéliome que l’on peut aisément énucléer à l’aide d’une petite curette (corpuscules, globes cancroïdaux, globes nacrés, globes épidermiques deLebert, etc.).
Très souvent, au centre de l’ulcération apparaît un noyau cicatriciel qui peut gagner l’un des bords, constituant alors une bride cicatricielle rendant l’ulcéra-
ÉPITHÉLIO:
tion irrégulière, allongée ; comme de son côté elle peut s'étendre par l’un de ses bords pendant que la cicatrice l’envahit, il en résulte dans certains cas une plaie serpigineuse, présentant des parties en activité, d’autres bridées, cicatricielles, rétractées, etc.
D’autres fois, l’épithéliome s’étend par la périphérie {Éjnth. excentrique), ou bien il gagne, en profondeur {Épith. rongeant, ulcérant, rodent ulcer des Anglais), ou bien enfin il reste superficiel, mais s’étend en éventail, en demi-cercles, en anneaux autour du foyer central cicatrisé. (Epithéliome perlé plan, syphiloïde, lupoïde, etc.)
L’épithéliome superficiel est généralement hénin, ne détermine aucune altération de l’état général, aucun engorgement ganglionnaire, et n’a d’autre effet que la destruction de la peau, des cartilages sous-jacents, les cicatrices et les rétractions des parties atteintes. Mais, quand il gagne en profondeur, le pronostic est beaucoup plus sérieux.
B. Épitîiéliome superficiel multiforme. — Au lieu de débuter par les perles caractéristiques qui viennent d’être décrites, l’épithéliome peut présenter divers modes de début très variés.
Souvent sur un bouton, une verrue, un poireau, un simple papillome, une excroissance, spontanément, ou à la suite d’une irritation quelconque apparaît une excoriation centrale qui se recouvre d’une croûte ; puis l’élément papillomateux augmente de volume, de consistance, devient douloureux, saignant facilement, l’ulcération s’agrandit, et l’ulcère cancroïdal (ulcère chancreux des anciens auteurs) est constitué, présentant les symptômes indiqués plus haut (Eqnthéliome papillaire, Épithéliome verruqueux).
ÉPITHÉLIOME
D’autres fois, l’épithéliome débute par Vacné sébacée concrète ; cette forme s’observe surtout chez les sujets âgés, à la face, et se caractérise par des croûtes jaunâtres, épaisses, adhérentes, grasses, séborrhéiques, ‘tantôt uniques, le plus souvent multiples, quatre, cinq et plus ; quand'-on arrache ces croûtes, il se produit une hémorragie légère ; on constate, en outre, que ces croûtes pénètrent dans les orifices folliculaires dilatés. Une nouvelle croûte se produit épaisse, et lentement la lésion s’étale, progresse, ou bien cicatrise en un point et apparaît en un autre ; puis les bords s’étendent, deviennent nettement perlés, et l’ulcération revêt tous les caractères de l’ulcère c:incroïdal. (Épith. acnéique, séborrhéique).
D’autres fois enfin, la lésion initiale est semblable à une hyperkératose simple {Épith. hxjperkératosique), à une desquamation épidermique pityriasique ou psoriasique {Épith. papyracé), aune fissure, une rhagade {Épith. rhagadique), à une plaque d’eczéma (Epith. eczématdide, comme dans la xnaladie de Paget. Voir ce mot), etc., etc.
2° Épithéliome profond. — On désigne ainsi l’épithéliome q.ui débute par des petites nodosités dures plus ou moins volumineuses, disséminées dans la profondeur de la peau, évoluant assez rapidement et gagnant la superficie au niveau de laquelle elles s’ulcèrent. Il est très rare, occupe surtout les muqueuses, et est du domaine de la chirurgie.
Bien moins rares sont les épithéliomes mixtes, c’est-àdire ceux qui deviennent si rapidement profonds que leur première période de superficialité a pour ainsi dire passé inaperçue. A cette forme appartiennent les épithéliomes térébnmts, phagédéniques, mutilants, à
ÉPITHÉLIOME
évolution parfois extrêmement maligne et rapide.
Les différents types d’épithéliomes qui viennent d’être indiqués peuvent se développer et persister souvent isolément; On peut également les trouver réunis ou combinés sur le même sujet. Leur siège de prédilection est la face (nez, parties avoisinantes du nez, paupières, lèvre supérieure, front, surtout). Après la face, les régions les plus atteintes sont les parties génitales, gland, verge, grandes lèvres, vulve (Épithéliomatose vulvaire. Vulvite épithéliale, Cancroïde du gland, etc.), puis le mamelon (Voir Maladie de Pag et), l’ombilic, les membres supérieurs et inférieurs. Il est très fréquent sur les muqueuses.
Les causes véritables de l’épithéliome sont inconnues. Depuis ces dernières années, on tend à admettre la nature parasitaire du cancer mais la question est loin d’être résolue. Les conditions d’apparition de l’épithéliome sont mieux connues.
Cette affection s’observe presque toujours, mais non constamment, après quarante ans ; elle est plus fréquente chez l’homme que chez la femme ; quelquefois elle est héréditaire ; si le cancer, est une affection parasitaire, l’hérédité alors s’exerce dans les mêmes conditions que pour la tuberculose par exemple.
Un certain nombre de lésions cutanées, telles que les verrues, les papillomes, les cicatrices, les ulcérations, le lupus, la syphilis, l’acné, le psoriasis, l’eczéma chronique, les nævi, etc., créent pour ainsi dire un terrain favorable à l’implantation, à l’inoculation de l’épithéliome, sans que l’on soit autorisé à dire qu’elles subissent la transformation, la dégénérescence épithéliale. De même, les irritations cutanées, répétées et variées, professionnelles, médicamenteuses ou autres
épith'éliomb
(cancer des ramoneurs), ainsi que lés traumatismes, jouent le rôle de cause adjuvante, et favorisent le développement de l’épithéliome.
Traitement (des épithéliomes superficiels qui, seuls, intéressent les dermatologistes). — Quand un épithéliome superficiel est traité dès le début, à temps, il })eut être aisément détruit; mais il faut alors agir activement, énergiquement , et ne pas se contenter d’employer des agents banals d’irritation, sans discernement, car ils ont le plus souvent pour résultat d’activer le processus épithéliomateux. —Les épithéliomes graves sont dus le plus souvent à la pusillanimité des malades, à la temporisation du médecin, ou à un traitement inopportun.
Les épithéliomes superficiels de la face du type séborrhéique, acnéique, si fréquents chez les sujets âgés, seront traités dès le début par des applications de savon mou de potasse le soir; le matin, on lave avec du coton imprégné d’alcool saturé d’acide borique, d’éther ou de chloroforme. Puis on applique pour la journée un fragment d’emplâtre de Vigo. Quand les taches, les croûtes, ont disparu, pour éviter leur réapparition, il faut recommander au malade les plus grands soins de propreté de la peau du visage, les savonnages quotidiens à l’eau chaude suffisent généralement (E, Besnier et Doyon).
Quand les éléments épithéliomateux superficiels sont nettement caractérisés, mais n’ont pas encore pris un développement considérable, il faut procéder à leur destruction par l’un des trois procédés suivants :
Cautérisation chimique. — Cautérisation ignée. — Rugination.
l" Cautérisation chimique. — Un très grand nombre de caustiques ont été préconisés contre le-s épithéliomes
ÉPITHÉLIOME
superficiels. Mais il. sera généralement-préférable de ne les appliquer qu’après une cautérisation, ignée ou une rugination (voir ci-dessous) et après avoir fait tomberles croûtesàl’aided’un cataplasme, d’uneonction grasse ou d’une pulvérisation. Les uns sont anodins. Ce sont tous ceux employés contre les verrues (voir ce mot) : Vinaigre, acide acétique cristallisant, teinture de thuya occidentalis au dixième, acide lactique (Arnozan), phénique, pyrogallique, chlorhydrique, etc.
Les autres sont plus efficaces : citons en première ligne la pâte du frère Corne ou le mélange deManec, qui ont à peu près la môme formule, à savoir :
Acide arsénieux.. 2 parties.
Sulfure de mercure (cinabre). 6 —
Éponge calcinée. 12 —
Pulvérisez, puis délayez dans l’eau jusqu’à consistance de pâte. On applique cette pâte sur l’épithé- .liome préalablement décapé, puis on recouvre d’une petite boulette de coton hydrophile, maintenue fixée par du collodion élastique ; on attend la chute et la cicatrisation spontanées qui surviennent en général au bout d’un espace de temps qui varie entre dix jours et trois ou quatre semaines. E. Besnier recommande de n’employer ce caustique excellent que dans le cas d’un épithéliome superficiel peu étendu et non ulcéré.
Les autres caustiques dont on peut préconiser l’emploi sont les suivants : la pâte de Vienne, le chlorure de zinc déliquescent en pâte ou en crayon, la potasse caustique en pâte, le bromure de potassium, le nitrate de plomb en poudre, le nitrate acide de mercure, l’acide nitrique, le chlorate de potasse en poudre ou en solution (L. Brocq), le jéquirity, l’éthylate de soude, la pyoktanine en poudre, les emplâtres à l’acide pyro-
ÉPITHÉMOME
gallique au dixième, ou mieux,à larésorcine (excellent d’après C. Bqeck et Unna), etc. Kaposi recommande encore la pâte suivante, qui ne doit être appliquée que sur des surfaces très restreintes :
Créo,sote... ... 20 grammes.
Arsenic blanc . OgfiSO.
Opium pur... Ogr.lS.
Tous ces divers caustiques peuvent être utilisés dans les épithéliomes ulcérés. Comme ils sont fort douloureux, il est bon de faire au préalable un badigeonnage avec une solution de chlorhydrate de cocaïne au quinzième, qui calme momentanément seulement la douleur ; ils pourront également être employés, mais à doses moins fortes, après une cautérisation énergique au thermo ou au galvano-cautère.
2° Cautérisation ignée. — Elle constitue le meilleur mode d.e traitement dans les épithéliomes superficiels perlés, légèrement papillomateux, verruqueux, acnéiques, hyperkératosiques, etc. Elle doit être pratiquée largement en plusieurs séances quand les éléments sont multiples et étendus; il faut avoir soin de bien tendre la peau de façon à voir tous les petits éléments perlés isolés autour de la plaque principale et les cautériser afin de ne pas les voir devenir le siège d’un foyer de repullulation. On se servira du thermo-cautère ou mieux de, l’électro-cautère en suivant exactement toutes les lignes que nous avons tracées à l’article « Lupus » (voir ce mot). Après la cautérisation, si l’épithéliome n’est pas étendu, il suffit de laisser la croûte se former ; le plus souvent, il est préférable de pratiquer un pansement avec une poudre antiseptique ou légèrement caustique (sous-nitrate de bismuth, aris-
épithêliom:
toi, dermatol excellent), et de recouvrir avec un fragment d’emplâtre de Vigo ou à l’aristol, ou à la résorcine faible, ou à la résorcine et à l’acide salicylique ou au salol, ou même dans les cas simples avec l’emplâtre de plomb. L. Brocq recommande d’avoir soin de volatiliser complètement l’élément épithéliomateux, puis de le recouvrir de chlorate de potasse finement porphyrisé. Pendant deux ou trois jours, on. lave la plaie avec de l’ouate hydrophile imbibée d’une solution concentrée de chlorate de potasse, on la recouvre d’une couche assez épaisse de chlorate, puis d’un peu d’ouate sèche, et on recouvre le tout d’une préparation imperméable quelconque collant à la peau, le taffetas de Marinier, par exemple; quatre ou cinq jours après, on se contente de laver soir et matin la plaie avec de l’eau phéniquée et on recouvre la plaie d’aristol, d’ouate sèche et de taffetas. Le chlorate de potasse, il faut le savoir, est toujours assez douloureux.
3“ Rugination. — Préconisée par Besnier, Vidal, Kaposi, etc., elle donne de très bons résultats. Il faut, avec la curette tranchante, racler tous les tissus malades, toujours très friables dans l’épithéliome. On s’arrête quand on sent de la résistance indiquant que l’instrument atteint les tissus sains, ou quand l’hémorragie, facile d’ailleurs à arrêter avec un peu de compression et d’ouate hydrophile, est trop abondante ; le raclage terminé et l’hémorragie arrêtée, E. Besnier recommande de pratiquer au fond de la plaie une cautérisation électro-caustique entamant légèrement les tissus résistants; puis on panse la plaie suivant le mode indiqué plus haut (aristol, dermatol, chlorate dépotasse en poudre ou en solution, iodol, salol, iodoforme, etc.).
II est quelquefois nécessaire, quand l’épithéliome est
ÉPIZOAIEES
très étendu, dé pratiquer plusieurs séances de rugination. Pour cette petite opération qui demande à être faite avec le plus grand soin, le médecin devra prendre toutes les précautions aseptiques et antiseptiques d’usage (propreté absolue des instruments, asepsie de l’opérateur et de ses aides. Nettoyage antiseptique préalable de la plaie et de la région avoisinante, etc.).
Tels sont les différents modes de traitement des épithéliomes superficiels. Le médecin devra être guidé dans son choix par l’âge, l’étendue, la période, le siège de la lésion; il sera nécessaire, dans bien des cas, de varier ou d’associer ces divers traitements. Quand l’épithéliome sera trop ancien, bourgeonnant, végétant, étendu, profond, quand il occupera des régions où les moyens indiqués ne seront pas praticables, il faudra en pratiquer l’extirpation chirurgicale.
Épithèmes antiseptiques. — {Emplâtres caoutchoutés.) — Les épithèmes ou topiques sont des tissus ou sparadraps médicamenteux perfectionnés et préparés pour remplacer les emplâtres, mousselines, emplâtres de Unna, les.pommades, les onguents, etc., dans le traitement des maladies de la peau. — La substance médicamenteuse introduite dans une masse formée dé gutta-percha, de caoutchouc, de vaseline et de lanoline est coulée sur un tissu souple, léger et préalablement aseptisé au moyen de l’acide borique et de la résorcine.
Ces topiques se conservent très bien, on a adopté le dosage à iO 0/0 du médicament actif. Ils sont actuellement très souvent prescrits, car ils peuvent renfermer les agents médicamenteux les plus utiles en dermatologie.
Épizoaires. — (Voir Parasites.)
ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES
Éruptions artificielles. — Dermites artificielles. — Affections cutanées artificielles. — Érythèmes toxiques ou toxidermiques.
On désigne sous ce nom toutes les éruptions produites par les agents extérieurs chimiques, physiques,, médicamenteux, végétaux, animaux, etc., mis en contact avec la peau {Éruptions artificielles de cause externe ou Dermatites traumatiques), ou absorbés {Éruptions artificielles de cause interne ou provoquées indirectes ou pathogénétiques de Bazin. — Dermatites toxiques). Le nombre des agents extérieurs susceptibles de produire ces éruptions est considérable ; d’autre part, ces éruptions elles-mêmes sont extrêmement variées; en outre, le même agent peut produire des lésions très diverses suivant sa quantité, son mode d’emploi, et surtout la prédisposition individuelle héréditaire ou non. C’est ainsi qu’on peutobserver des lésions érythémateuses ou urticariennes, ou papuleuses, ou vésiculeuses, ou bulleuses, ou hémorragiques, des ulcérations, des abcès, des lésions gangreneuses, etc., etc., soit isolées, soit associées, ayant une évolution souvent très variable, parfois très légères, parfois extrêmement intenses. Le traitement de ces lésions comprend deux indications capitales :
Rechercher la cause et la supprimer. — Aussi indiquerons-nous rapidement les différents agents susceptibles de provoquer le plus souvent les dermites artificielles.
2o Traiter la lésion cutanée. — Pour cela, il faudra employer le traitement local de l’affection qui a la plus grande analogie avec l’éruption provoquée.
1“ Les éruptions artificielles de cause externe ou dermatites traumatiques ou provoquées directes de Bazin
ÉBUPTIONS AETIBIOIELLKS
sont excessivement fréquentes. Nous ne signalerons que les plus importantes, à savoir celles qui sont produites par la chaleur, le soleil, le froid, les parasites animaux (Voir Parasites), les parasites végétaux (/«rMS, trichophytie, pityriasis versicolore, erythrasma), les liquides et sécrétions organiques (urine, sueur (Voir /mpeWÿo), matières fécales, pus), les animaux (mouches, guêpes, abeilles, frelons, chenilles, fourmis, cousins, "scorpions, cantharides, etc., etc.), les végétaux (le nombre en est considérable), un grand nombre d’agents irritants organiques et inorganiques (graisses rances ou impures, les acides caustiques et irritants, les agents médicamenteux, huile de croton, huile de cade, acide phénique, salol, chloral, chloroforme, ammoniaque, iode, chlore, brome, arsenic, quinquina, arnica, mercure, iodoforme, pétrole, ammoniaque, chaux, soude, aniline, nitrate d’argent, etc., etc.), enfin les très nombreuses éruptions professionnelles (éruption des fileurs et varouleurs de lin, des épiciers, des plumassières, des boulangers, maçons, cimentiers, plâtriers, ébénistes, chimistes, teinturiers, imprimeurs, blanchisseurs, mégissiers, fourreurs, graveurs, pâtissiers, verriers, raffineurs, etc., etc.).
2“ Les éruptions artificielles de cause interne, ou provoquées indirectes, ou pathogénétiques, par ingesta de Bazin. — Dermatites toxiques *.
Elles sont provoquées soit par les aliments, soit par les agents médicamenteux.
Substances alimentaires. — Coquillages (huîtres, moules), crustacés (homards, langoustes, crabes,
1. Voir la très intéressante et très complète monographie de Pr. Morrow, sur les éruptions artificielles (Drug Eruptions), New-
ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES
écrevisses), poissons de mer, fromages fermentés, charcuterie salée, viandes salées, gibiers, conserves, champignons, fraises, et autres fruits, melons, liqueurs, alcools, café, thé, etc., etc.
2o Agents médicamenteux. — Acide benzoïque (Erythème, macules, papules). — Borate de soude (Érythème, dermite eczématique). — Acide phénique (Macules érythémateuses, urticaire). — Acide salicylique,salicylate de soude (Érythème,urticaire, éi’ythrodermie exfoliante, vésicules, bulles, pustules, etc,). — Aconit (Érythème, vésicules). — Antimoine, Tartrate d'antimoine et de potasse (Érythème, urticaire). — Antipijrine (Érythème très étendu, urticaire, éruption essentiellement polymorphe). -- Argent, nitrate d’argent (Teinte bronzée de la peau et des muqueuses, argyrie). — Arsenic (voir plus loin). — Atropine, belladone (Erythème scarlatiniforme). Bromures (voir plus loin). — Cannabis indica, haschisch (Éruption papuleuse ou vésiculeuse). — Cantharides (Éruption papuleuse, érythème). — Chloral (Érythème parfois intense, scarlatiniforme, éruption papuleuse, ou vésiculeuse, urticaire). — Cinchonine, gwmrâe (Éruptions polymorphes, érythème, urticaire, éruption scarlatiniforme, papules, vésicules, bulles). — Copahu, cubèbe, santal, térébenthine (Érythème, éruption rubéoliforme, scarlatiniforme, urticaire). — Digitale (Éruptions polymorphes). — Fer (Acné, purpura). — Goudron (Érythème, urticaire, acné), — Huile de foie de morue (Érythème, urticaire, acné). — lodures (voir plus loin). — lodoforme (Eruptions polymorphes, parfois intenses, aiguës, fébriles, urticaire, érythème papuleux, etc.). — Jusquiame (Érythème, urticaire). — Mercure (voir plus loin). — Noix vomique (Érythème, prurit). — Opium,
ERUPTIONS ARTIFICIELLE
morphine (Eruptions polymorphes). — Phosphore (Érythème, bulles), — Plomb (Érythème). — Soufre (Érythème, papules, dermites eczématiques). — Sulfonal (Érythème, urticaire).
Tels sont les nombreux agents extérieurs susceptibles de provoquer des éruptions artificielles. Nous n’avons signalé que celles observées le plus fréquemment ; il importe de savoir en outre que certains d’entre eux appliqués sur la peau ne produisent pas une action purement locale ; ils occasionnent parfois une éruption qui peut s’étendre bien au delà des points d’application, et même se généraliser, soit par suite de grattage et de transport en une autre région du principe toxidermique, soit par suite d absorption par la voie cutanée ou pulmonaire.
De plus, aucune de ces éruptions n’est pathognomonique ; toutes, quelle qu’en soit la cause, sont essentiellement complexes, polymorphes, variables de siège, d’intensité, de forme, suivant la durée d’application ou d’absorption, la quantité, la qualité de l’agent irritant, et surtout la susceptibilité individuelle, l’idiosyncrasie du sujet (voir Pathogénie de l’érythème). C’est ainsi par exemple que le même agent médicamenteux absorbé ou appliqué sur la peau peut produire des effets très variés.
L’arsenic et ses composés peuvent produire des éruptions érythémateuses, scarlatiniformes, rubéoliformes, papuleuses, vésiculeuses, pustuleuses, bulleuses, urticariennes, érysipélatoïdes, purpuriques, ecchyinosiques, ulcératives, gangreneuses, furonculeuses, enfin des hyperkératoses, des kératodermies et des pigmentations (taches arsenicales) ressemblant à celles de la maladie d’Addison survenant à la suite de l’usage longtemps prolongé de l’arsenic; en outre, les ouvriers qui manient
ÊBTJPÏIONS -AETIFICIELLES
l’arsenic sont exposés aux éruptions érythémateuses, vésiculeuses, acnéiques, aux ulcérations grisâtres fongueuses des mains, aux folliculites pilaires, etc.
Tous les iodures provoquent également des lésions cutanées très variées, érythémateuses, ditfuses, ou en plaques, très rarement généralisées: papuleuses, urticariennes,purpuriques(pwrpwra indique), vésiculeuses, eczématiformes, papulo-pustuleuses (acné iodo-potassique très fréquente), anthracoïdes (acnéanthracoideiodopotassique de E. Besnier), pemphigoïdes, bulleuses, ulcéreuses, ulcéro-végétantes (Hallopeau), tubéreuses, nodulaires, polymorphes
Les bromures provoquent des éruptions analogues à celles des iodures ; les plus fréquentes sont les éruptions papulo-pustuleuses (acné bromique). — Assez souvent les éruptions bromiques sont vésiculeuses, bulleuses, ulcéreuses, surélevées végétantes, papillomateuses.
Le mercure et ses composés agissant seulement sur le tégument sous forme de pommades, de solutions de sublimé, de fumigations, de bains, ou administrés à l’intérieur, provoquent fréquemment des éruptions tantôt légères, passagères, tantôt fort graves (Hydrargyrie, légère, fébrile ou maligne).
Dans les formes légères, l’éruption est érythémateuse, ou papuleuse, ou vésiculeuse et tantôt reste limitée, tantôt s’étend et se généralise. Dans les formes fébriles et malignes, il se produit une éruption scarlatinoïde ou érysipélatoïde, se généralisant rapidement, accompagnée d’une fièvre plus ou moins intense, suivie d’une desquamation par larges lambeaux épidermiques, et
P, DE Molênes, Action de l’iodure de potassium à très hautes doses sur l’organisme, inAarchives générales de médecine, juin 1889.
ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES - 211
quelquefois des abcès, des furoncles, des adénites, des ulcérations, des plaques gangreneuses, et des phénomènes généraux très graves pouvant aboutirà la mort. Parfois l’éruption simule presque complètement l’érythème scarlatiniforme (voir ce mot).
Traitement. — Il consiste d’abord, avons-nous dit, dans la recherche de la cause et sa suppression. Malheureusement, s’il est facile de cesser l’application d’un agent irritant, il n’est pas aussi aisé de favoriser l’élimination du produit absorbé qui a provoqué l’éruption. Beaucoup de médicaments en effet ne s’éliminent que très lentement ; de plus, ainsi que l’a très bien indiqué M. le Dr E. Besnier, le médicament absorbé met parfois simplement en jeu la prédisposition individuelle à l’éruption, laquelle continue à évoluer alors que le médicainent est éliminé, n’ayant dans quelques cas été pris qu’à une dose extrêmement modérée. C’est ainsi qu’on a vu des dermatites, des érythèmes scarlatiniformes, des urticaires, des prurits persister fort longtemps après que la cause occasionnelle avait cessé d’agir. Enfin parfois les lésions cutanées sont tellement accentuées, que leur guérison demande un temps très long, alors même que l’agent irritant est éliminé.
Quant aux éruptions professionnelles, on comprend que leur guérison soit des plus difficiles, les malades ne pouvant, dans la majorité des cas, changer de profession. Quoiqu’il en soit, il fautd’abord favoriser l’élimination du produit nocif, et pour cela prescrire des purgatifs, des vomitifs, ou des diurétiques, surveiller le bon fonctionnement des reins et de l’estomac, et conseiller, quand ils existent, les agents médicamenteux susceptibles de neutraliser l’action des produits irritants. Mais sur ce dernier point les indica-
212 BBÜPTIONS AETIPIOIELLBS
lions sont assez peu précises, car on est très peu fixé sur l’efficacité de ces soi-disant antidotes. On a recommandé de combattre faction des iodures par l’arsenic, l’atropine, les alcalins, du bromure par l’arsenic et le sulfure de carbone, de la quinine par le sulfure de calcium, êtc. Il nous semble préférable de recommander aux malades de diluer pour ainsi dire le médicament absorbé en buvant beaucoup de liquide, particulièrement de l’eau alcaline de Vais ou de Vichy, et surtout du lait pur ou coupé d'eau de Vichy ; on risque en effet, en prescrivant un autre médicament, de provoquer une nouvelle éruption, certains sujets étant extrêmement sensibles à l’action de tous les agents médicamenteux.
Le traitement de la lésion cutanée varie suivant chaque modalité clinique, suivant l’étendue, le siège, l’intensité, la cause de l’éruption. (Voit Érythème polymorphe, acné, eczéma, érythème scarlatiniforme, dermatites, urticaire, ecthyma, furoncle, ulcère, prurit, herpès, lichen, intertrigo, impétigo, parasites, favus, trichophytie, etc., etc.).
D’une façon générale, il faudra éviter les médicaments irritants (mercure, acide phénique, etc.), prescrire des dosesmodérées, employer de préférence les moyens calmants, les émollients, les agents antiprurigineux, les bains, les lotions, les pulvérisations, les cataplasmes, les enveloppements humides, les glycérolésàla glycérine neutre, le Uniment oléo-calcaire, etc., on proscrira les pommades à base d’axonge susceptibles de rancir. Les poudres sèches rendront souvent de grands services et devront être appliquées largement. Si les dermites sont franchement eczématiques, il faudra éviter autant que possible tous les pansements humides. S’il existe des
ÊBYTHÊMES
ulcérations torpides, n’ayant pas de tendance à la cicatrisation, on pourra pratiquer quelques pointes dq feu électro-caustiques. Si l’éruption artificielle est produite par un acide, on emploiera de préférence des agents médicamenteux alcalins ; si elle est due à des basesj on prescrira des lotions ou des pommades renfermant une légère quantité d’un acide quelconque. — Enfin, quand un mode de traitement n’aura pas donné rapidement de bons résultats, on en essayera un autre, les éruptions artificielles étant aussi variables dans leurs symptômes que dans leur évolution.
Érythèmes. — La classe des Érythèmes, c’est-àdire des affections dans lesquelles on observe la rougeur de la peau, l’hyperhémie cutanée passagère ou permanente, comprend une série de dermatoses dont on pourrait, à sa volonté, étendre ou rétrécir le cadre ; car il est impossible actuellement, en raison de la diversité de leur nature, de leurs symptômes, de leur évolution, de les maintenir dans des limites précises. C’est ainsi qu’on adécrit plus particulièrement les provoqués ou pathogénétiques de Bazin (Voir Éruptions artificielles) et les Érythèmes dits de cause interne. Ceuxci constituent à vrai dire les e'rî/t/ïèmrsproprement dits, groupe clinique des plus importants au point de vue nosologique et nosographique, qui fut pour ainsi dire créé par l’École de Vienne sous le nom à’Érythème exsudatif multiforme de Hébra ou Érythème polymorphe. Mais à côté de l’érythème multiforme de Hébra tel que nous le concevons en France avec ses formes légères et graves, il existe d’autres dermatoses décrites également sous le nom d’érythèmes qui trouvent leur place ici : ce sont les érythèmes rubéoloïdes et scarlatinoïdes, et les érythèmes scarlatiniformes que E. Besnier et Doyon
ÉRYTHÈMES
ont réunis sous le nom A’Érythèmespseudo-pyrétiques ou pijrétoïdes.
Ne pouvant insister davantage sur la discussion si ardue de la classification des angionévroses, des hyperhémies, des érythèmes, nous resterons sur le terrain clinique. Tous les érythèmes que nous allons décrire présentent d’ailleurs des conditions étiologiques et pathogéniques générales qui ont été fort bien indiquées par Ë. Besnier et Doyon*.
« Tous les individus ne sont pas égaux devant les érythèmes, à la manière, par exemple, dont ils le sont, à bien peu de chose près, devant les pyrexies érythémateuses ; cette inégalité se manifeste non seulement par la production de Térythème, mais encore par sa répétition chez un même sujet, ce qui suffirait à montrer combien est peu fondée l’assimilation tentée des érythèmes aux pyrexies. C’est seulement en raison de cette prédisposition individuelle constitutionnelle ou acquise, constante ou accidentelle, souvent produite par un état protopathique, qu’agissent un grand nombre de causes auxquelles on a coutume de rapporter beaucoup d’érythèmes...
« Quant à l'élément pathogénique propre, l’agent provocateur immédiat de l’angionévrose érythématogène, il est dépourvu de toute unité, de toute spécificité. D’ordre et de nature variables dans des proportions fort étendues, il peut être tout extrinsèque, venir du dehors et agir exclusivement sur la surface périphérique; naître du dedans ou y être introduit par toutes les voies de pénétration normales pathologiques, traumatiques.
1. Notes do la traduction française de la 3“ édition de Pathologie et Traitement des maladies de la peau par Kaposi; 2® édition française, 1891, tome I, p. 379.
ÉEYTHBMES
L’action d’un irritant sur la peau, l’ingestion de certains aliments ou médicaments, la résorption de toutes les substances septiques, toutes les inoculations virulentes, les proliférations microbiennes, les mille adultérations du sang autogènes ou autres peuvent concourir au même résultat, provoquer des érythèmes identiques.
« Le rôle des causes banales (refroidissements, surmenage, excès fonctionnels, émotions, choc moral, etc.), consiste plutôt à provoquer l’explosion de la maladie ou à déterminer le lieu où l’économie cède, lieu de moindre résistance, qu’à la créer à proprement parler : cette maladie existe déjà en puissance, ou la prédisposition est constituée quand la cause banale intervient. »
Nous décrirons seulement :
A. Érythème polymorphe.
M. Érythème noueux, qui n’est qu’une variété de l’érythème polymorphe.
B. Érythèmes rubéoloïdes et scarlatino'ides.