‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 33 sur 33 · IS · texte numérisé non relu

IS

grammes.

J. ANDEER

Axonge fraîche.

Oxyde de zinc..

Résorcine.

grammes.

Mais parmi tous ces corps gras c’est à la glycérine neutre ou au glycérolé d’amidon pur ou renfermant 1 gramme pour 30 d’acide tartrique ou salicylique qu’il faut donner la préférence. Voici la formule du glycérolé d’amidon :

Amidon pulvérisé. dO grammes.

Glycérine neutre. ISO —

Mélangez les deux substances, faites-les chauffer dans Une capsule de porcelaine à une chaleur ménagée enremuant avec une spatule jusqu’à ce que la masse soit prise en gelée {Codex).

Quand on emploie la,glycérine, il faut surtout pendant l’hiver recommander au malade de s’envelopper de vêtements de laine afin d’éviter le refroidissement qu’entraînent toujours les applications glycérinées. Il est bon également que le malade porte la nuit une chemise de flanelle longue qu’il ne changera que quand elle sera trop imprégnée du corps gras.

Le traitement externe de l’ichthyose peut donc se résumer ainsi : au début, bains quotidiens, puis tous les deux jours, et application tous les soirs et au sortir du bain d’un corps gras. Au bout de quelques semaines, il suffit d’un bain par semaine et d’une onction grasse tous les soirs ; enfin, quand la peau est devenue souple

)HTHYOSE

et lisse, deux ou trois bains par mois et deux ou trois applications de glycérolé d’amidon par semaine sont suffisants, mais nécessaires. De la sorte, l’état obtenu reste satisfaisant.

Dans les cas intenses, le traitement doit être continué plus longtemps et à la glycérine simple peuvent être substitués tous les corps gras renfermant les substances qui ont une action manifeste sur la couche cornée de l’épiderme :1e soufre (UNNA),le naphtol 5 0/0 (Kaposi), l’ichthyol, l’acide salicylique).

Si les productions épidermiques sont saillantes et très volumineuses et résistent aux applications grasses actives, il faut les racler avec une curette et recouvrir les points raclés d’épithèmes à l’huile de foie de morue, à l’ichthyol ou à l’acide salicylique.

Traitement interne. — La plupart des auteurs le passent sous silence ; nous pensons cependant qu’en présence d’une affection aussi tenace et aussi pénible que l’ichthyose il y a nécessité d’employer tous les moyens susceptibles de rendre à l’épiderme les matières grasses et Teau qui lui font défaut.

C’est pourquoi nous conseillons l’huile de foie de morue à haute dose, une alimentation très chargée en corps gras, ainsi que la pilocarpine et le jaborandi, qui ont pour but de provoquer un certain degré d’hyperidrose, et Varsenic en raison de son action sur l’épiderme. Il convient également de régulariser la fonction cutanée par l’exercice, le massage, là gymnastique, l'hydrothérapie, et de soigner Fétat général du sujet par les moyens appropriés.

Ichthyose fœtale ou intra-utérine. — {Ichthyose congénitale. — Kératome malin généralisé intra-utérin.) — Affection ou plutôt monstruosité des

IMPÉTIGO

plus rares, peu connue, caractérisée par un épaississement, une dureté considérable de l’épiderme qui est fissuré profondément, des déformations du nez, des yeux, des oreilles, des fissures crâniennes, etc., qui font que le plus souvent l’enfant n’est pas viable. (Voir Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, art. de G. Thibierge.)

Idradénites, isdradénomes. — (Voir Cystadénomes.)

Ignis sacer. — (Voir Zona.)

Impétigo. — L’impétigo existait autrefois comme maladie indépendante de la peau depuis la définition de Willan qui avait créé de nombreuses variétés aujourd’hui déclassées pour la plupart {impetigines figuratæ, sparsæ, scabidœ) qui ne sont que des formes inflammatoires et très croûteuses de l’eczéma en foyer.

L’impétigo vrai, tel que nous le concevons aujourd’hui, semble être plutôt l’affection décrite par Willan sous le nom de porrigo favosa, qu’il ne faut pas confondre avec le favus, appelé porrigo lupinosa dans la terminologie de Willan.

De même que l’impétigo rodens, l’impétigo acnéiforme, l’impétigo herpétiforme (voir plus loin ce mot)

ne serapportentnullementàl’impétigo véritable. Celui-ci

fut même complètement abandonné par Rayer, Hébra et l’école de Vienne, qui pendant longtemps déclassèrent l’impétigo et ne décrivirent que l’eczéma impétigineux. Mais dans ces dernières années on a réagi contre l’habitude prise par les médecins de donner le qualificatif à'impétigineux aux affections qui présentaient des croûtes épaisses, purulentes,etc., et de les rattacher toutes ou presque toutes à Veczéma.

L’inoculabilité et l’auto-inoculabilité des vésico-pus-

IMPÉTIGO

tules ayant etc démontrées par de très nombreuses expérimentations, on en a conclu qu’il existait une maladie pustuleuse indépendante provoquée par le staphylococcus aureus et albus pour les uns, par la série très multipliée des éléments bactériens qui existent dans toutes les suppurations quelle qu’en soit l’origine pour les autres (E. Besnieb). Quelques auteurs ont proposé de donner à cette affection le nom d'impétigo contagiosa pour la distinguer de l'impétigo vrai.

Mais alors comment comprendre l’impétigo véritable ? En réalité, et dans l’état actuel de nos connaissances, l’impétigo sans autre qualification est une affection fréquente, caractérisée par une éruption de vésicopustules superficielles de volume très variable, se développant sur une base enflammée, évoluant très rapidement inoculables et auto-inoculables, dont le contenu jaunâtre, doré, épais, se sèche rapidement, constituant des croûtes plus ou moins épaisses, caractéristiques, ressemblant à du miel (mélitagre d’Alibert), jaunâtres, verdâtres, brunâtres, se détachant facilement, mais se reproduisant très vite. Ces vésico-pustules ont, avonsnous dit, un volume très variable. Tantôt elles sont très petites, miliaires, tantôt leur grosseur égale celle d’un grain de chènevis, d’une lentille, quelquefois même elles s’étalent constituant de véritables petites bulles qui peuvent même être ombiliquées {Impétigo contagiosa de T. Fox, Bockhart, Piffard, Ch. Eloy, etc.). Elles sont réunies en petits groupes plus ou moins nombreux, ou bien forment de vastes placards épais {impétigo conferta). Elles évoluent par poussées successives, s’accompagnent quelquefois de fièvre légère, de malaise, d’embarras gastrique, de courbature, parfois aussi d’engorgement des vaisseaux et ganglions lymphatiques ;

leur durée est très variable.: généralement elle n’excède pas dix à douzejours. Quand les croûtes sont détachées, il persiste le plus souvent une certaine rougeur plus ou moins accentuée des téguments.

L’impétigo s’observe sur toutes les parties du corps et même sur la muqueuse buccale ; il occupe de préférence la face, le cou, le cuir chevelu ; il provoque parfois un prurit modéré avec lésions de grattage transformées en impétigo par auto-inoculation : il n’est pas très rare d’observer en même temps des placards d’eczéma sur lesquels existent des vésico-pustules d'impétigo. Le diagnostic est alors assez difficile, mais l’existence d’éléments isolés permet de différencier les deux affections.

L’impétigo est une affection fréquente de l’enfance et de l’adolescence. Il survient alors chez les enfants blonds, lymphatiques, ayant des poux, ou la gale, ou bien à la suite de troubles digestifs ; mais on peut l’observer également chez l’adulte, particulièrement après les excès de boisson (impétigo a potu), les émotions morales vives, la suppression des règles, etc. ; ce qui domine la pathogénie de cette affection, c’est la contagiosité et l’auto-inoculabilité. La contamnation peut provenir non seulement d’un autre sujet atteint d’impétigo, mais encore d’un foyer de suppuration quelconque que le sujet se sera autoinoculé, car il faut admettre que, si l’impétigo peut être purement staphylococcique (Bockart), il peut également, dans la majorité des cas, être le résultat d’une infection mixte provenant d’un agent bactérien [pyogène quelconque, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

Aussi est-on autorisé à penser que l’impétigo, en réalité, n’est pas une dermatose définie, mais un

IMPÉTIGO

ensemble symptomatique bien net dû à des agents extérieurs variables : cette contagiosité de l’impétigo se traduit par l’existence fréquemment constatée de petites épidémies de famille, d’école, de maison : elle nécessite l’adoption de mesures prophylactiques qui dominent le traitement d’ailleurs très simple de l’impétigo. Tout sujet atteint d’impétigo soumis à une enquête rigoureuse ou bien porte sur lui-môine un foyer de suppuration qui a été le point de départ de l’impétigo, ou bien a dans son entourage des personnes atteintes de lésions suppuratives ou de pustules d’impétigo. Il faut donc d’abord sinon isoler le sujet malade, du moins appliquer sur toutes ses lésions un pansement occlusif rigoureusement antiseptique, de façon à supprimer l’auto-inoculation, et la contagiosité. La propreté la plus absolue du tégument est indispensable ; les objets de vêtement et de toilette ayant appartenu au sujet atteint d’impétigo seront soigneusement désinfectés. Enfin, si dans une école plusieurs sujets sont atteints d’impétigo, on devra les renvoyer, ce qui n’a pas grande importance, la durée de l’affection étant généralement très courte.

Le traitement local comprend deux médications : 1“ obtenir la dessiccation des vésico-pustules et la chute des croûtes; 2“ guérir les placards d’impétigo, en usant de préférence de pansements occlusifs destinés à détruire le foyer de suppuration et à l’oblitérer, empêchant ainsi les inoculations. Pour obtenir la dessiccation des vésico-pustules et la chute des croûtes, pour calmer l’irritation vive du début, on conseillera les fomentations émollientes tièdes,' les pulvérisations de vapeur tiède, d’eau boriquée, des lavages à l’eau de camomille chaude, ou de sureau,. ou bien encore boriquée, des

IMPÉTIGO

cataplasmes de fécule de pomme de terre faits avec de l’eau boriquée, tièdes, et ne restant appliqués que deux heures environ, etc. Quelques auteurs préfèrent ramollir les croûtes à l’aide de corps gras tels que huile d’amande douce, huile de foie de morue, huile légèrement salolée, huile d'olive horiquée, vaseline horiquée, etc.

Quand les croûtes sont détachées, et quand l’irritation cutanée est calmée, on laverales parties malades avec une solution émolliente légèrement antiseptique, telle que infusion de fleurs de tilleul, ou de mélilot, ou de sureau additionnée desublimé (1 p. 1000) ou d’acide phénique ou d’acide borique, ou de borax (1 à 2 grammes pour 300 grammes d’eau) ou de sulfate de zinc, (1 p. 100), ou d’alun. Puis on appliquera deux fois par jour une des pommades suivantes, ou mieux, un des emplâtres suivants, en ayant soin de faire précéder chaque application d’un lavage.

Pommade à l’oxyde de zinc additionnée d’acide borique ou salicylique en faibles quantités, vaseline boriquée à 1/10 oul/lS, pommade avec (Dubreuilh).

Vaseline. gO grammes.

Axonge. gO —

Oxyde de zinc.. 20

Acide salicylique... 2

Acétate de plomb cristallisé i gramme.

Pommade au calomel à 1/30, au protonitrate de mercure 1/30 (Rayer), au tannin, vaseline phéniquée. Pommade au salol, à l’aristol, au dermatol, etc.

Dans les cas d’impétigo tenace et tolérant l’huile de cade rend de très bons services. Vidal prescrivait la préparation suivante :

:pétigo

Huile de cade.de 1 à 3 grammes.

Oxyde jaune d’hydrargyreOgr.oO à i gramme.

Cèrat sans eau. 20 grammes.

On peut également conseiller dans ces cas le glycérolé cadique plus ou moins fort (voir Psoriasis pour les formules), la pommade au précipité jaune à 1/20 et même 1/15 (Brocq), la pommade au naphtol à 1/25 ou 1/20, la cautérisation à la teinture d’iode, au nitrate d’argent en solution au dixième, etc. A ces différents moyens nous préférons soit les pommades épaisses à base de lanoline qui s’appliquent exactement et constituent une couche protectrice efficace ; exemple :

Lanoline.

Axonge.

Huile d’olive..

Oxyde de zinc.

Essence de menthe ou

(On fait une pâte bien homogène à laquelle on ajoute un médicament actif tel que acide borique ou phénique, ou salicylique, calomel, naphtol, salol, etc.) Soit plutôt les emplâtres, les épithèmes, tels qu’on les fabrique aujourd’hui et renfermant l’agent thérapeutique que l’on veut employer (emplâtres, épithème antiseptique à l’oxyde de zinc, à l’acide borique ou salicylique, à l’ichthyol, salol, ou naphtol, à la résorcine, à l’huile de foie de morue, à l’huile'de cade, au calomel, au précipité blanc, au minium et cinabre (emplâtre rouge de Vidal), au mercure (formule de Vigo, etc.). Employés avec prudence, ces emplâtres sont généralementbiensupportés; ils réunissent toutes les conditions requises pour le traitement de l’impétigo, — occlu-

deWmter- (

296 IMPÉTIGO HEBPÉTIPOBME

sion, propreté, application facile, emploi de médicaments actifs à doses tolérées.

Quand les croûtes sont tombées, et quand les vésicopustules ont disparu, la peau reste assez souvent rouge, délicate, s’excoriant facilement ; il faudra la protéger du contact de l’air vif par des applications de poudre d’amidon, ou d’oxyde de zinc, ou de talc. Au traitement local doit être associé un traitement général. Aux lympathiques on conseillera l’huile de foie de morue à haute dose, le vin iodo-tannique, le sirop antiscorbutique additionné ou non de teinture d’iode, le vin ou les pilules d’iodure de fer, les amers, le phosphate de chaux, l’arsenic, l’arséniate de fer, l’eau de la Bourboule, etc. En outre, l’impétigo s’accompagnant assez souvent de malaise, de fièvre, de dyspepsie, etc., on prescrira un purgatif qu’il sera bon de renouveler au bout de quelques jours, un régime approprié à l’état général et des boissons rafraîchissantes et diurétiques; chez les enfants très jeunes l’alimentation devra être sévèrement surveillée : dans quelques cas, chez l’adulte on tirera sérieusement profit de l’antisepsie gastrointestinale (salol, naphtol, benzo-naphtol, salicylate de bismuth en cachets).

Impétigo herpétiforme. — Sous ce nom, Hébra (1872), Kaposi et l’école de Vienne décrivent une dermatose pustuleuse des plus rares, liée le plus souvent, mais non constamment, à la grossesse, bien distincte de l’herpès gestationis (voir Dermatites) et se terminant souvent par la mort. Les caractères principaux de cette affection peu connue et très discutable en tant qu’affection spéciale sont les suivants (Dubreuilh, Annales de Dermat. et de Sijph., 1892, page 3S3 et suiv.) : L’éruption est constituée au début par

IMPÉTIGO HEBPÉTIFOEME

des pustules ayant le volume d’une tête d’épingle ou d’un grain de chènevis, très superficielles et renfermant un pus épais blanc ou jaunâtre : ces pustules forment des groupes composés d’abord de deux ou trois éléments qui se multiplient rapidement ; bientôt les groupes ont deux, trois et quatre centimètres de diamètre, sont arrondis, ovalaires et siègent sur une peau rouge, enflammée, qui leur constitue une aréole rouge, caractéristique.

Puis le centre du groupe se dessèche et se recouvre d’une croûte mince, brune, entourée elle-même d’un nouvel anneau pustuleux. Ainsi constituée, la lésion se répare à son centre par la chute de la croûte, mais s'étend excentriquement; de nouvelles pustules apparaissent très rapprochées, mais distinctes, très nombreuses, au centre, moins abondantes à la périphérie, de sorte qu’autour de la croûte centrale qui sèche et va disparaître existe une zone circulaire érythémateuse criblée de pustulettes qui elles-mêmes ne tarderont pas à se recouvrir de croûtes minces : enfin celles-ci tombent, et la peau, d’un rouge foncé, livide est recouverte d’un épiderme mince et s’exfoliant par lambeaux plus ou moins grands, ou bien suintant, eczémateux, revêtu d’un enduit pulpeux, fétide, grisâtre, quelquefois même papillomateux, végétant, quand l’éruption occupe les plis inguinaux, axillaires, sous-mammaires, cervicaux, interfessiers, abdominaux, etc.

Les plaques éruptives peuvent être isolées et très nombreuses, ou confluentes, et atteignent alors une étendue très considérable : le plus souvent il existe en même temps de très nombreux petits groupes isolés disséminés sur les membres et de très grands placards irréguliers occupant surtout les plis et le tronc.

298 IMPÉTIGO HERPÉTIFOBME

L’éruption en effet peut envahir tout le tégument, avec siège de prédilection sur le tronc et dans les plis, ainsi que les muqueuses, et particulièrement la muqueuse bucco-linguo-pharyngée. Les ongles également dans quelques cas peuvent être atteints ; les pustules situées surtout à la racine des ongles simulent des tournioles et provoquent le décollement et la chute de l’ongle.

Les lésions peuvent guérir soit dans le cours de la maladie, alors que l’éruption continue à évoluer ailleurs, soit quand la dermatose guérit complètement. Mais c’est l’exception ; le plus souvent l’éruption qui procède par poussées successives durant un ou plusieurs jours s’accompagne d’une altération plus ou moins profonde de l’état général, — frissons, fièvre irrégulière intermittente avec rémissions plus ou moins longues, abattement, prostration, anorexie, langue chargée ou sèche, diarrhée, vomissements, douleurs musculaires, albuminurie, délire, mort dans lecollapsus.

Sur vingt-quatre cas, Kaposi en a vu onze terminés par la guérison et treize parla mort ; cette terminaison fatale survient dès la première attaque, ou dans le cours d’une nouvelle, ou enfin dans une grossesse ultérieure.

L’impétigo herpétiforme s’observe dans la grande majorité des cas dans le cours de la grossesse à une époque très variable ; l’accouchement est le plus souvent prématuré : après l’accouchement, l’affection peut se terminer par la mort ou la guérison, Mais, quelle qu ensoit l’issue, elle ne se terminejamais avant l’accouchement; une première atteinte pendant une grossesse prédispose beaucoup à une récidive lors de chaque grossesse. Aussi les auteurs viennois attribuent-ils pour la plupart la maladie à une pyohémie d’origine

IMPÉTIGO HEEPÉTIFOEME

utérine ; d’autres en font une affection névropathique (?). L’étiologie et la pathogénie sont des plus obscures, aussi bien pour les cas observés chez les femmes enceintes que pour ceux constatés en dehors de la grossesse.

L’impétigo herpétiforme ainsi conçu constitue-t-il une maladie distincte, une entité dermatologique? 11 est permis d’en douter, en effet, les caractères objectifs, révolution, la terminaison, les conditions étiologiques mêmes, présentent parfois de telles dissemblances qu’il semble plus admissible que l’impétigo herpétiforme de Hébra ne soit au point de vue nosologique qu’une variété du grand groupe des dermatites polymorphes d’ordre septicémique encore à l’étude. Aussi M. E. Besnier préfère t-il provisoirement le terme de dermatite •pustuleuse circmée et excentrique.

Le TRAITEMENT est malheureusement le plus souvent impuissant à enrayer cette si grave affection. Il doit être purement symptomatique variant au jour le jour suivant les indications et les complications. 11 faut soutenir l’état général par tous les moyens appropriés et donner la médication antithermique à dose tolérée. Comme traitement local, on conseillera les applications émollientes, les pansements avec des pommades à l’oxyde de zinc, à l’acide phénique faible, à l’acide borique, ou mieux, avec des poudres sèches. L’étendue des lésions, le mauvais état des reins s’opposeront à l’emploi d’agents thérapeutiques trop énergiques. On prescrira surtout des grands bains tièdes simples ou alcalins et particulièrement quand ce sera possible le bain permanent (Hébra, Kaposi).

Intertrigo {Érythème intertrigo. — Intertrigo parasitaire marginé).

INTEBTEIGO

L intertrigo est une affection assez fréquente des plis (face interne et supérieure des cuisses, pli sous-mammaire, pli de l’aisselle, plis abdominaux, pli interfessier, etc.), qui s’observe surtout chez les personnes grasses, arthritiqui'S, hyperidrosiques, qui ne prennent pas des soins de propreté suffisants, ou font abus pour leurs lavages de l’eau froide, et survient de préférence l’été ou au printemps lors des premières chaleurs, Elle est caractérisée par une rougeur plus ou moins vive, plus ou moins diffuse, rougeur eczématique simulant l’eczéma séborrhéique, par un prurit, une cuisson parfois intenses, et un suintement jaunâtre, épais, fétide; quelquefois les lésions plus accentuées sont celles de 1 eczéma aigu; il peut même survenir des petits ahcès, des furoncles, des folliculites.

L’intertrigo est une dermite provoquée par l’altération des sécrétions graisseuses, sudorales, des produits epidermiques, ou le plus souvent par des parasites (microsporon d’Eischtedt, trichophyton, etc.); mais alors, ainsi que pour le pityriasis versicolore, il faut admettre une influence certaine du terrain (arthritisme, séborrhée, dyspepsie, obésité, etc.), sur la germination du parasite. (Pour l’intertrigo des enfants, voir Eczéma.) Thaitbment. — Il comporte trois indications :

A. Traitement prophylactique. — Propreté et asepsie absolues des régions exposées. Lavages fréquents à 1 eau bouillie chaude, au savon et avec des linges aseptiques plutôt qu’avec des éponges indésinfectables (E. Besnier). Le linge de corps, et particulièrement les vêtements de flanelle, ainsi que les suspensoirs, corsets et bandages herniaires, devront toujours être tenus dans un état de propreté extrême, et fréquemment désinfectés.

INTERTEIGO

B. Traitement général. — H s’adresse à la constitution du sujet (arthritisme, lymphatisme), aux troubles gastro-intestinaux concomitants (antisepsie gastrointestinale et traitement de la dyspepsie, régime) — enfin à l’hyperidrose, — atropine — agaric — tannin, phosphate dechaux, etc. (VoirSueur (troubles de la sécrétion de la sueur).

Traitement local. — Q\ia.nd\'irritation cutanée est très vive, il faut la calmer à l’aide d’applications émollientes telles que cataplasmes de fécule de pomme de t.erre tièdes faits avec de l’eau boriquée et ne demeurant en place que deuxh eures,lotions alcalines faibles et chaudes, poudres inertes, etc. Il faut avoir soin de bien écarter les surfaces en contact et recommander le repos au lit.

Quand l'irritation est modérée et quand il n’y a pas d’épaississement trop marqué des téguments, on conseillera les différents procédés employés dans le traitement de la trichophytie des parties glabres (voir ce mot). On peut également employer les traitements suivants :

Lavages renouvelés deux fois par jour, le soir et le matin, avec une solution astringente ou antiseptique faible et chaude (feuilles de noyer, mélilot, eau blanche, alun, alcool camphré, acide thymique, acide phénique, tannin, ichthyol, etc.). Après le lavage, on saupoudre largement les parties malades avec une poudre non fermentescible.

Oxyde de zinc et talc pulvérisé ââ 45 grammes et salicylate de bismuth 10 grammes, — ou bien :

DROCQ

Oléate de zinc..

Kaolin finement pulvérisé.

Acide salicylique.

Camphre pulvérisé.

2S grammes 7S — i 1 gramme.

IXODE

On peut encore employer les poudres de tan, de lycopode, de quinquina, etc., puis on applique entre les parties malades un morceau de toile très fine.

Quand il y a un épaississement marqué du derme, de la dermite chronique, lichenoïde, il faudra agir plus activement, et après les lavages susindiqués appliquer l’un des corps gras suivants : pommade à l’oxyde de zinc, à l’acide borique, au calomel 1/30, au naphtol (5 0/0), au menthol (quand la démangeaison est très vive), à l’ichthyol, à Vhuile de cade (1/15, 1/10).

Pommade avec :

BROOQ

Oxyde jaune d’hydrargyre de Os^SO à i gramme.

Huile de cade vraie.de 1 gr. à S grammes.

Vaseline.,... 20 grammes.

Ces pommades peuvent être remplacées par des emplâtres fins renfermant les médicaments susindiqués, qui ont l’avantage de mieux isoler les parties malades.

Quand on prescrit les pommades, on peut en outre conseiller de saupoudrer par-dessus le corps gras avec l’une des poudres indiquées plus haut. Les pansements doivent être renouvelés souvent ; la pommade ne sera appliquée que le soir; le matin après le lavage, on ne mettra que la poudre choisie.

Iode. Iodisme. — (Voir Éruptions artificielles.)

Iris (Herpès). — (Voir Érythème polymorphe.)

Ixode. — (Voir Parasites.)

Kéloïde. — (Voir Chéloïde.)

Kératome. — Kératome malin généralisé intrautérin. (Voir Jchthyose fœtale, intra-utérine, congénitale.)

Kératoses. Kératodermies. — On désigne avec Lebert sous le nom Kératoses toutes les affections cutanées qui se manifestent par un développement plus ou moins considérable de la couche épidermique. On peut les diviser en deux groupes principaux.

A. Kératoses sans hypertrophie papillaire; — Kératoses pures (Kaposi). Elles comprennent les cors, l’œilde-perdrix, les durillons, les callosités, la Kératodermie symétrique des extrémités. (Voir ces mots.)

B. Kératoses avec hypertrophie papillaire. Elles comprennent les cornes cutanées, les végétations, les verrues, l’ichthyose (voir ces mots), enfin la Kératose pilaire ou Xérodermie pilairé. Nous ne traiterons ici que : 1» la Kératodermie symétrique des extrémités; 2» la Kératose pilaire.

1» Kératodermie symétrique des extrémités ou Kératodermie PALMAIRE ET PLANTAIRE. — A côté de l’epaississement simple de l’épiderme de la paume des mains, dû soit aux irritations prolongées professionnelles ou

304 KÉRATOSES

autres, qui constituent les callosités, soit à certaines affections (syphilis, eczéma, psoriasis, lichen, pityriasis rubra pilaire), il convient de placer une Kératodermie ‘•ymelitfjue essentielle qui, selon la description classique de E. Besnier, renferme les quatre types suivants, bien distincts de Tichthyose, à savoir :

a) Kératodermie symétrique des extrémités congénitale et héréditaire, simple, non instable.

b) Kératodermie commune, symétrique des extrémités, se développant dans la seconde enfance, avec prédominance des lésions aux points de pression, mais indépendamment de tout travail professionnel ; permanente, mais avec exacerbations et poussées lors de l’apparition des premiers froids. Les lésions kératosiques sont constituées par des ikts cornés, par l’hypertrophie des lignes papillaires normales dont les séries sont interrompues par les érosions et fissures de cause externe : dans les intervalles, la peau est normale et se sépare des parties malades par une zone érythémateuse de S à 6 millimètres.

Ces îlots occupent surtout la face palmaire de tous les doigts au-devant de l’extrémité inférieure et antérieure des métacarpiens, au sommet de l’éminence thénar et tout le long du bord cubital de la face palmaire : les mouvements sont difficiles et douloureux à cause de l’épaisseur du revêtement corné et des fissures. Mômes lésions aux pieds, mais un peu moins accentuées, rendant la marche pénible; il n’existe pas de douleurs spontanées. La sécrétion sudorale est à peu près normale; quelquefois les orifices des glandes sudoripares sont légèrement dilatés. Les ongles sont incarnés et les phalangettes légèrement aplaties latéralement.

KÉRATOSES

c) Kératodermie stjmétrique des extrémités en foijers isolés et multiples, présentant les mêmes caractères que ceux décrits ci-dessus, mais souvent plus développés, avec épaississement corné parfois considérable, formant des traînées dures, épaisses, occasionnant des rétractions fort pénibles survenant chez les adultes en dehors de toute proportion avec le degré des pressions.

Ces deux variétés s’observent le plus souvent chez des sujets nerveux, impressionnables. Elles sont parfois très prurigineuses et très manifestement héréditaires ; elles sont très probablement d’origine trophbnévrotique, en rapport avec une névrose centrale. Azua les a observées dans deux cas, au nez et aux oreilles.

d) Kératodermie accidentelle des extrémités. — Survenant à tout âge sous l’influence de pressions inusitées, particulièrement chez les sujets qui se livrent à des travaux manuels rudes, n’en ayant pas l’habitude. Elle est partielle et curable et ne se confond pas avec les callosités proprement dites (E. Besnier).

Traitement. — Le traitement de ces kératodermies est des plus ingrats. Elles récidivent en effet dans la plupart des cas. On devra tenter de modifier l’état nerveux du sujet {Hydrothérapie tiède. Bromures. Arsenic à doses prolongées comme dans le psoriasis. Pointes de feu sur la colonne vertébrale. Séton {?).

Localement il convient d’abord de ramollir et d’éliminer les couches épidermiques avant d’employer les agents modificateurs. Pour cela, on emploiera les bains prolongés, les cataplasmes variés, le gant de caoutchouc en toile fine, les emplâtres de savon mou, les emplâtres à l’huile de foie de morue, etc. Les couches épidermiques ainsi ramollies sont détachées à l’aide d’une curette, d’un grattoir, d’une spatule; quand les

KÉEATOSES

ongles sont très atteints, on les ramollit également et on les enlève.

Puis on cherche à modifier l’épiderme, de façon à éviter la reproduction de l’amas corné qui constitue la kératose. On peut essayer tous les agents médicamenteux employés dans le traitement du psoriasis. En raison de la localisation des lésions, on donnera la préférence aux pommades épaisses à base de lanoline, aux onguents ou aux emplâtres mousselines tels qu’on les prescrit en Allemagne, mais surtout aux préparations emplastiques caoutchoutées qui, s’appliquant très aisément, peuvent demeurer fort longtemps en place et réunissent deux des conditions essentielles dans le traitement des kératodermies, à savoir l’occlusion et l’application d’un médicament actif. On pourra en effet faire usage des emplâtres caoutchoutés suivants ; E. à l’acide salicylique. —: E. à l’acide salicylique et à la créosote. — B. à l’acide pyrogallique. — E. à l’ichthyol et à la résorcine. — E. à l’huile de foie de morue. — E. à l’huile de cade. — E. mercuriel (formule de Vigo, etc.).

Dans les cas intenses, on pourra prescrire un emplâtre renfermant parties égales de résorcine, d’acide salicylique, d’acide pyrogallique et de créosote. S’il se produit une irritation vive, on ordonnera un emplâtre émollient, tel que l’emplâtre à l’oxyde de zinc ou à l’acide borique, ou phéniqué.

Ces emplâtres devront rester en place vingt-quatre, quarante-huit heures même, si c’est possible. Chaque fois que le malade les retirera, il devra laver les régions malades avec de l’eau chaude et un savon médicamenteux renfermant le même agent que l’emplâtre employé. On fabrique aujourd’hui en effet des savons qui renfer-

KÉRATOSE!

ment à peu près tous les médicaments employés en dermatologie, et qui complètent pour ainsi dire le traitement.

2° Kératose pilaire ou folliculaire (Brogq). Xérodermie pilaire (E. Besnier), érythémateuse ou congestive progressive. Ichthyose rouge. Dystrophie ou Cacotrophie des Follicules (T. Fox). Folliculitis rubra (Er. Wilson). Ichthyose ansérine des scrofuleux (Lemoine). Ulérythème ophryogène (Taenzer et Unna). Lichen pilaire (Vidal). (Voir mémoire de L. Brocq dans les Annales de Dermatologie, 1890, nos 2, 3.)

Cette affection s’observe très fréquemment chez des sujets jeunes, lymphatiques, à peau sèche, au niveau de la région postéro-externe des bras, des avant-bras, des cuisses et des jambes, ainsi qu’au niveau des régions trochantériennes, fessières, iliaques, à la face enfin, aux points que nous indiquerons plus loin. Elle est caractérisée par un état rugueux, râpeux, de la peau qui conserve sa couleur normale, ou le plus souvent est grise, terne, sèche, pityriasique, ou enfin rosée, rouge, manifestement érythémateuse : un examen attentif permet de constater l’existence de très nombreux petits points saillants, miliaires, durs, acuminés, présentant à leur sommet une petite squame d’apparence ichthyosique, très visible ou n’apparaissant qu’à la suite du grattage; au centre de cette petite saillie existe un point noir dû à un poil enroulé, ou cassé, enveloppé dans le petit globe corné siégeant dans l’infundibulum pilaire dilaté, qui constitue la lésion caractéristique de la kératose pilaire. Quand la lésion est plus accentuée, elle aboutit à une destruction du follicule caractérisée par une petite dépression atrophique, blanche, cicatricielle. De sorte qu’entre les ilôts de

KÉRATOi

petites saillies rugueuses en activité existent des petits îlots blancs, cicatriciels, typiques. Tels sont les principaux caractères de la kératose ou xérodermie pilaire. Mais ils présentent des modifications assez importantes selon l’âge, l’étendue, le siège des lésions.

Cliniquement on peut avec E. Besnier distinguer trois variétés ; .

fo La Xérodermie ou Kératose pilaire, simple, commune, érythémateuse, qui occupe les régions susindiquées, s’accompagne généralement d’une coloration rosée, rouge, générale ou par plaques plus ou moins étendues, de la peau des régions atteintes, et présente une intensité très variable (formes légères, atténuées, moyennes ou intenses de L. Brocq). Dans les cas intenses seuls les plis des grandes articulations, les aisselles, les régions thoracique antérieure, lombaire, pubienne, palmaire et plantaire sont indemnes.

2» L’Ichthyose avec Kératose pilaire. — Les deux dermatoses s’observent en même temps sur le même sujet, soit par simple coïncidence, soit plutôt parce que toutes deux, qui sont des dyskératoses, ont sans doute une origine voisine, sinon commune.

3» Kératose, xérodermie érythémateuse, progressive, cicatricielle, dépilante, du visage et des régions velues (Ulérythème ophryogène de Taënzer).

Les lésions sont constituées par les mêmes éléments que ceux de la kératose commune; mais ils sont plus petits, d’abord isolés, puis rapidement augmentent de nombre et deviennent pour ainsi dire confluents, formant des plaques d’abord rosées, puis rouges, caractéristiques, plus ou moins étendues, irrégulières i| un examen attentif permet de constater qu’elles sont constituées par un semis abondant de petits éléments kéra-

KÉRATOSES

tosiques pilaires rosés, centrés ou non par un poil altéré, reposant sur un fond rouge bistre ou vif disparaissant sous la pression du doigt. Ces plaques sont en outre parsemées de très fines dilatations vasculaires, de très petites télangiectasies qui leur donnent un aspect tout à fait typique, et surtout, quand les lésions existent depuis un certain temps, d’un grand nombre de petits îlots blancs, décolorés, atrophiques, légèrement déprimés et nettement cicatriciels qui sont dus à l’inflammation leiTte du follicule aboutissant à sa destruction, et à l’alopécie cicatricielle définitive de ces petites taches.

Ce qui explique la différence d’aspect des lésions kératosiques de la face, c’est l’abondance très grande du système pileux de cette, l’égion. Les lésions en effet présentent les lieux de prédilection suivants (L.Brogq) :

1° Le front de chaque, côté symétriquement.

2" Les sourcils, qui sont atteints tantôt dans leur tiers interne et au niveau de la région intersourcilière, tantôt et plus souvent dans leur tiers externe qui est fortement dépilé, tantôt enfin dans leur totalité.

3» Parties latérales des joues, angle de la mâchoire, région préauriculaire (siège très fréquent de la maladie).

Les lésions du cuir chevelu ne sont pas si rares qu’on le déclare généralement; elles peuvent être la cause de plaques alopéciques ambiguës, d’un diagnostic difficile, parfois même étendues, généralement irrégulières; mais dans ces cas, on observe le plus souvent sur les plaques ou à la périphérie des éléments kératosiques nets; en outre, les cheveux sont secs, cassants, parfois atrophiés, athrepsiés, déformés, tordus; l’existence d’un état séborrhéique accentué concomitant est la règle.

KÉRATOSES

La kératose pilaire apparaît généralement vers l’âge •de 3 à g ans, quelquefois un peu plus tard; elle débute par les membres et. le tronc: puis la face est envahie, et les lésions de cette région augmentent souvent d’intensité vers la.puberté; elle évolue ensuite très lentement pendant l’âge adulte, tantôt prenant une extension très grande et provoquant des dénudations très étendues, une dilformité réelle, tantôt au contraire restant localisée, et pour ainsi dire à l’état d’ébauche, ne gênant en rien le malade. Le plus souvent, elle va en s atténuant de plus en plus pour disparaître plus ou moins complètement dans la vieillesse (Bbocq).

Elle s’observe plus souvent chez les femmes que chez les hommes; elle est l’une des manifestations à peu près constantes du lymphatisme, et comme telle, semble être fréquemqient héréditaire. La kératose pilaire des membres est des plus fréquentes, celle de la face l’est moins.

Thaitement. — Bien que, chez les jeunes filles, elle entraîne un état spécial des bras plus que disgracieux, elle n est pas considérée par beaucoup de personnes comme une maladie, et le médecin n’est généralement appelé à la traiter que dans les cas intenses, et quand le visage est atteint. Cependant le traitement institué activement dès le début, peut réellement mettre obstacle à l’apparition des lésions qui, plus tard, ne seront plus curables.

Iraitement interne. — Il s’adresse surtout à l’état lymphatique du sujet. On préconisera donc Yhuile de foie de morue, qui devra être donnée à dose aussi élevée que le permettra la tolérance individuelle. Pendant la saison chaude, on la remplacera par l’arsenic, sous forme de liqueur de Fowler, ou de solution d’arseniate

kératoses

de soude. On pourra également prescrire le sirop d iodure de fer, les autres préparations martiales bien tolérées par l’estomac, le sirop iodo-tannique, les préparations de kola, de quinquina, le phosphore, l’iode, lesiodures,riodoforme, etc., enfin un régime alimentaire tonique, réconfortant.

Lesinjections sous-cutanées de pilocarpine donneront de bons résultats dans les cas intenses de kératose pilaire.

Formule :

Faire dissoudre. Une seringue de Pravaz chaque jour. ■

Tbaitement externe. — Au début, quand les lésions sont peu accentuées, les bains un peu prolongés avec frictions au savon ponce, ou au savon à l’acide salicyhque ou au savon sulfureux, les douches tièdes pulvérisées, puis les applications d’huile de foie de morue (bien mal supportées à cause uniquement de l’odeurj, d’huile salolée faihle (1/100 - I/ISO), de glycérolé d’amidon pur ou additionné d’acide salicylique ou tartrique 1/20 (Brocq), de pommade à l’axonge benzoïnée et au calomel, de vaseline boriquée, etc., suffiront généralement pour enrayer l’évolution de la kératose et rendre l’affection parfaitement supportable-.

Mais quand les lésions seront beaucoup plus développées, quand il y aura des plaques grenues érythémateuses avec cicatrices et alopécie, le traitement devra être beaucoup plus énergique. Il variera suivant le siège des lésions.

La kératose pilaire du corps sera traitée de

KÉRATOSES

la façon suivante : Bains fréquents et prolongés, simples, d’amidon, de gélatine ou de glycérine; savonnages avec les savons ponce, mou de potasse, au goudron ponciné, au naphtol, au naphtol soufré, à l’ichthyol, à l’acide salicylique, à la résorcine, à la créoliiie, au soufre, etc. Puis onctions avec l’huile de foie de morue, ou salolée, ou l’huile de cade, ou avec les glycérolés d’amidon à l’acide tartrique ou salicylique, ou enfin avec les pommades à hase de résorcine, d’acide salicylique, d’ichthyol, de soufre, de naphtol, d’acide pyrogallique. Quand les lésions sont localisées sur quelques points peu étendus du corps, on préférera les emplâtres aux pommades. Mais.il faut avoir soin de modifier les agents médicamenteux ou leurs doses quand il se produira une irritation trop vive ; les peaux kératosiques, en effet, sont parfois très sensibles à l’action des médicaments. Le traitement devra être prolongé un certain temps après la guérison apparente (Voir traitement de l’Ichthyose).

La kératose pilaire de la face nécessite un traitement pjus délicat. On pourra employer les différents procédés que nous venons de signaler, en donnant la préférence aux emplâtres qui peuvent être appliqués exactement sur les plaques malades, particulièrement les emplâtres ou épithèmes à la résorcine, à l’acide salicylique et au soufre. On conseillera également l’emploi des pâtes desquamatives, en suivant exactement les indications que nous avons données avec détail à propos du traitement de l’acné rosée (Voir ce mot), c’est-à-dire qu’il faut les laisser en place de quinze à trente minutes environ suivant la tolérance individuelle, et calmer ensuite l’irritation produite à l’aide d’émollients variés.L.Brocqpréconisesurtoutles emplâ-

très de savon noir ; dans l’intervalle des applications de savon noir, quand la peau est trop irritée, il emploie une pommade renfermant un vingtième d’acide salicylique et d’acide tartrique : il a essayé sans résultat satisfaisant les applications de compresses imbibées d’une solution forte de chlorhydrate d’ammoniaque recommandées par E. Vidal.

Quand il existe de fines télangiectasies abondantes, on aura recours aux scarifications linéaires quadrillées, faites avec le plus grand soin pour éviter les cicatrices fort désagréables, surtout au visage.

La kératose pilaire du cuir chevelu sera traitée comme la séborrhée intense du cuir chevelu (Voir ce mot). On fera en outre des lavages savonneux fréquents, avec les savons au naphtol ou à la résorcine, ou à l’ichthyol, ou au goudron, et des applications de corps gras, lanoline et axonge de préférence, renfermant les différents agents médicamenteux employés dans le traitement de la séborrhée (soufre, résorcine, ichthyol, acide salicylique, calomel, naphtol, etc.) Les lavages avec une solution d’hyposulfite de'soude à S ou 10 0/0 et l’application d’une solution à 50 0/0 d’acide lactique donnent parfois de bons résultats, associés aux onctions grasses. Enfin, dans les cas où les saillies pilaires centrées d’un poil ou d’un tronçon de poil sont rebelles à tout traitement, on pourra, quand les lésions occuperont une surface très restreinte, les cautériser avec l’aiguille électrocaustique fine ou employer le traitement de l’hypertrichose (destruction dubulbe pileux central avec l’aiguille électrolytique). (Voir Poils.)

Kerion Celsi. — (Voir Trichophytie.)

Kummerfeld (Eau de). — La composition de

EAU DE KUMMERFELD

cette eau, très employée en Allemagne dans le traitement de l’acné, est la suivante :

Alcool camphré. 2 grammes

Alcool de lavande. 2

Lait de soufre... 1 gramme

Eau de Cologne.. 4 grammes

Eau distillée .... !. 6 —

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