C. Acné chéloïdienne
K. Acné pilaire de Bazin^ ou atrophique. — Acné mrioliforme des auteurs allemands. — A. rodens de Leloir et Vidal. — A. à cicatrices déprimées de E. Besnier et Boyon. — A. frontale ou nécrotique de Cæsar Bœck. — Impétigo rodens de Devergie. — Ülérythème acnéiforme d'Unna. — Sous ces nombreuses dénominations, on comprend une variété d’acné à marche lente, procédant]par poussées successives, extrêmement récidivante, s’accompagnant de nécrose des tissus et laissant après elle des cicatrices caractéristiques ressemblant à s’y. méprendre à celles des pustules vario-
ACNÉ
liques. En raison de la difficulté du diagnostic de cette affection encore à l’étude, nous croyons devoir la décrire avec quelques détails.
« Les éléments éruptifs, bien décrits par E. Besnier, débutent par une petite saillie rosée du pourtour de l'orifice d’un follicule pilo-sébacé au centre de laquelle une petite pustule éphémère traversée ou non par un poil apparaît, s’ombilique rapidement et se couronne, caractère typique, d’une petite croûtelle jaunâtre impétiginiforme un peu enfoncée et recouvrant une ulcération à bords taillés à pic, laquelle sera rapidement et souvent avant la chute de la croûte remplacée par une cicatrice déprimée indélébile rouge d’abord et pâlissant avec le temps. » Ces éléments ont le volume d’un grain de millet ou d’un gros pois. Ils peuvent exister sur le même sujet à tous les degrés de développement. L’acné pilaire est circonscrite ou diffuse ; elle peut être, dans quelques cas graves, serpigineuse, confluente, laissant après elle de vastes surfaces criblées de cicatrices, simulant tout à fait les syphilides tuberculo-pustuleuses : elle occupe surtout le nez, les joues, la barbe, le long des branches montantes du maxillaire, les tempes, le front, la frontière du cuir chevelu, mais elle peut envahir d’autres régions, le .cuir chevelu, surtout sa région fronto-pariétale, les régions sternale et dorsale, les membres (Pick), lacavité delà conque, le centre des joues (lieu d’élection de Vulérythème acnéiforme de ünna). Cette affection, d'après Leloir et Vidal, serait caractérisée anatomiquement par une périfolliculite pilo-sébacée nécrobiotique profonde ; Bazin en fait une manifestation de l’arthritisme. Elle survient à tout âge, mais généralement entre vingt-cinq et quarante ans. Les récidives, les rechutes, sont très fréquentes ; elles surviennent
ACNÉ
souvent alternativement avec des troubles gastro-intestinaux ou hépatiques.
Les caractères objectifs, l’évolution de l’acne pilaire, semblent indiquer que c’est une affection parasitaire dont la recherche de l’élément spécifique encore inconnu doit être poursuivie activement.
Le traitement qui donne les meilleurs résultats est en effet le traitement antiseptique.
Il faut d’abord faire tomber les croûtes à l’aide de cataplasmes, de douches de vapeur ou mieux de pulvérisations d’eau phéniquée ou sublimée 1/2000 chaude, puis appliquer de l’emplâtre de Vigo ou une pommade au calomel à 1 /30. Cependant les préparations soufrées, ichthyolées, résorcinées, etc., en un mot tous les traitements de l’acné inflammatoire (Voir ce mot), y compris le traitement chirurgical dans les cas sérieux (cautérisations ponctuées galvaniques, rugination) enrayent cette affection à processus destructif, pourvu, comme . le dit très bien E. Besnier, qu’ils s’opposent à la germination locale des bacilles pyogènes. Mais, ajoute cet auteur, il faut pour éviter les rechutes et les récidives modifier le terrain par le régime, l’hygiène et le traitement général appropriés au sujet (Voir Traitement général de VA. inflammatoire)..
L’iodure de potassium à la dose de 1 à 4 grammes a donné quelques succès; nous croyons qu’il y avait erreur de diagnostic et qu’on avait pris .des syphilides tuberculo-pustuleuses pour des éléments d’acné pilaire à cicatrices déprimées.
B. Acné pilaire cicatricielle dépilante d’E. Besnier et Boyon. — Acné décalvante de Lailler et Mèlchior Robert. — Sycosis chronique, prolongé, permanent des anciens auteurs. - Folliculites et périfolliculites agminées des-
ACNÉ
tructives du follicule pileux L. Brocq. — Variété des follicul t de régions velues de Quinquaud. — Ulérythème sycosiforme de Unna. —Ges nombreuses dénominations montrent que l’accord n’est pas encore fait sur cette affection. Dans quel cadre nosologique convient-il de la classer, quels en sont la nature, la symptomatologie précise, le traitement? Autant de questions encore en suspens. Nous croyons toutefois avec E. Besnier qu’il convient de traiter brièvement ici, entre l’acné pilaire proprement dite et l’acné chéloïdienne, avec lesquelles elle affecte des rapports étroits, cette affection localisée au visage et au cou, et au cuir chevelu (pseudo-pelades), occupant particulièrement sur la face la région de la barbe le long des branches montantes du maxillaire, d’où elle peut gagner la région temporale du'cuir chevelu, caractérisée par des plaques rouges irrégulières disséminées suivies de petites pustules très superficielles occupant la base de poils, sortes d’abcès miliaires se réunissant et formant des croûtelles qui donnent à la lésion une apparence eczématique. L’affection évolue très lentement, insidieusement, excentriquement, avec des alternatives d’amélioration et d’aggravation, puis s’arrête. Il ne persiste plus qu’une légère desquamation pityriasique, farineuse, mais on remarque alors que les poils n’existent plus sur la surface atteinte qui bientôt devient nettement cicatricielle. Si la lésion a été très développée, on constate sur lès régions pilaires de la face et du cou et sur le cuir chevelu des îlots d’alopécie définitive, cicatriciels, rouges ou rosés ou blancs, déprimés quelquefois, chélotdiens, caractéristiques.
Dans cette affection, dont la nature et les causes sont inconnues, on n’a pas constaté de parasites ; toutefois, « sa marche de la superficie vers la profondeur, son
ACNÉ
insidiosité, ses repullulations, sa résistance aux moyens de traitement, portent à penser à une origine extrinsèque, microbienne, mais aucune donnée précise n’existe encore ; ses relations avec un état pathologique général n’apparaissent pas davantage ; aucun traitement interne n’est indiqué a (E. Besnibr).
Traitement local. — Pulvérisations chaudes sulfureuses ou hydrargyriques ; puis lotions de sublimé à 1/1000 ou 1/500, puis pommades mercurielles, au calor mel, au précipité jaune, au turbith minéral. Emplâtres, épithèmes (Voir ces mots) au mercure, à l’acide phénique, au calomel, à la résorcine, à l’acide salicylique. Emplâtre de Vigo. Pommades et pâtes soufrées. (Voir Acné inflammatoire.) Quinquaud fait badigeonner tous les dix jours les régions malades et avoisinantes avec de la teinture d’iode et lotiouner tous les matins avec la solution suivante :
Biiodure d’hydrargyre. Ogr, lo
Bichlorure d’hydrargyre. 1 gramme.
Alcool à 90“.... 60 —
Eau.... SOO —
Pour l’usage externe.
Quelques auteurs conseillent de raser et de pratiquer l’épilation périphérique! Les scarifications linéaires ou électro-caustiques ne donnent pas de résultats; elles ne peuvent servir qu’à réparer les cicatrices vicieuses quand elles existent ou à modérer l’infiltration du derme. Avec ces différents traitements, on peut enrayer l’affection, mais l’alopécie produite demeure irrémédiable.
G. Acné chéloïdienne (hkih-LEA) ou chéloïdique {BAzm, Vérité). — Chéloïde acnéique de la nuque et sycosis
ACNÉ
chéloUien (E. Bksnier et Doîon), — Sycosis frambœsia (Hébra).
Cette affection occupe presque essentiellement la nuque au niveau de la racine des cheveux, mais quelquefois aussi les régions pilaires de la face et du cou chez l’homme : elle est constituée par de petites nodosités d’abord isolées, puis agglomérées, saillantes, rouges ou violacées formant des saillies en forme de bandes qui occupent la région supérieure de la nuque, le long de la racine des cheveux, parallèlement au col des vêtements.
En s’étendant, ces lésions forment des tumeurs plus ou moins volumineuses, dures, rougeâtres, parfois assez douloureuses.
Au centre des éléments constitutifs on observe des poils tantôt uniques, plus souvent multiples, raides, gros, altérés, sortant d’un orifice commun comme un pinceau (Brocq) ; aussi E. Besnier range-t-il cette variété d’acné dans les acnés pilaires. Fort souvent le malade atteint d’acné chéloïdienne présente d’autres manifestations d’acné inflammatoire disséminée sur la face ou le tronc. Les causes de cette affection qui anatomiquement n’est autré qu’une péri folliculite sébacéo-pilaire à tendance chéloïdienne (Leloir, Vidal, Dobreuilh) sont peu connues. On a invoqué les causes générales banales des acnés inflammatoires auxquelles il convient d’ajouter une prédisposition chéloïdienne essentiellement individuelle. Peut-on avec G. Marcani invoquer une action microbienne spéciale? Cette question nécessite de nouvelles investigations.
L’acné ch éloïdienne aune évolution très lente, progressive et récidive fréquemment. Le pronostic doit toujours être très réservé, le traitement étant des plus ingrats.
ACNÉ
Il faut d’abord supprimer toutes les causes d’irritation delà région soit par les vêtements, soit par les agents médicamenteux intempestifs, et pratiquer une antisepsie complète, mais en ayant soin d’éviter les antiseptiques trop irritants. Nous conseillons les pulvérisations ou les lavages fréquents avec de l’eau bouillie ou boriquée ou une solution de sublimé à 1/2000.
Les topiques généralement employés sont les suivants : badigeonnages et instillations de teinture d’iode (L. Brogq) ; emplâtres, épithèmes résorcinés à 10 ou 20 0/0 (E. Besnier) ; nous pensons qu’il ne faut les employer qu’avec une grande prudence, la résorcine étant un agent très infidèle, et souvent irritant : nous donnons la préférence aux épithèmes à l’ichthyol, ou à l’oxyde de zinc et à l’acide borique (ââ 10 0/0) ou simplement à l’emplâtre de Vigo qui doivent être continués avec une grande persévérance. Ces épithèmes agissent par les médicaments qu’ils renferment et par la compression qu’ils exercent, surtout quand les éléments sont volumineux, compression que certains auteurs pratiquent avec le caoutchouc ou avec un compresseur à vis monté sur épaulettes.
L. Brocq recommande l’alcool à 96® saturé d’acide borique; après avoir vidé les pustules, on les lave avec l’alcool boriqué pur; puis on applique sur les éléments, suivant leur degré d’inflammation soit de la ouate hydrophile imbibée d’alcool boriqué pur ou coupé d’eau, soit des cataplasmes de fécule de pomme de terre arrosés d’alcool boriqué, et on recouvre avec du taffetas gommé. Les scarifications quadrillées profondes suivant la méthode de Vidal ou ignées (E. Besnier) pratiquées commedansla chéloïde (Voir ce mot) calment les douleurs et atténuent l’affection sans la guérir.
ACTINOMYCOSE ■
L’électrolyse ne semble pas donner de meilleurs résultats. Les cautérisations avec la pâte de Canquoin sont très douloureuses. La rugination' en masse avec de larges curettes après anesthésie par l’éther ou le chlorure d’éthyle a donné de bons résultats entre les mains exercées de M. E. Besnier; mais elle ne doit être employée que lorsque les autres moyens ont échou.é. En résumé, ces différents procédés thérapeutiques peuvent être employés, mais il est bon de les alterner.
Acnitis. — (Voir Folliclis, Folliculites.)
Acrodynie. — Érythème épidémique (Alibkht).
Phlegmasie gastro-cutanée aiguë multiforme. , ,
Il n’y a pas plus de raison de traiter l’acrodynie dans ce livre que d’y indiquer le traitement de toutes les maladies générales qui comptent parmi leurs symptômes des manifestations cutanées érythémateuses. D’ailleurs, la nature, la cause de l’acrodynie sont encore à l’étude; son existence même en tant qu’affection spéciale est très discutable.
Actinomycose. — Affection connue depuis peu, rare en France, plus fréquente en Allemagne, due à la présence d’un parasite végétal nommé actinomyces, caractérisé par des grains du volume d’une tête d’épingle opaques, jaunâtres, nageant dans du pus ou dans du sang, s’écrasant facilement sous la lamelle de verre quand on les examine au microscope. On trouvera la description précise de ce parasite et de ceux qui ont avec lui les plus grandes analogies, tels que les cladothrix, dans les articles spéciaux (article Actinomycose du Nouveau Traité rfe méifecîHe, Roger, 1891. Observations de Darier, Legrain, Doyen in Ann. de Dermat., 1891. Thèse de Roussel, Paris, 1891, et de Ed. Cart, 1890).
ACTIHOMYCOSE
Fréquente chez les animaux, les bovidés en particulier, l’actinomycose s’observe très rarement chez l’homme; elle est due alors le plus souvent à la contagion ou à une inoculation directe par l’intermédiaire des épis de graminées, ou d’autres corps durs ; quelquefois cependant l’origine de la contagion ou de l’infection reste obscure.
Elle se caractérise par des foyers purulents ou sanguinolents pouvant occuper tous les tissus, tous les organes.
La peau est atteinte tantôt primitivement, plus souvent secondairement, une tumeur actinomycosique profonde gagnant le tégument, y produisant une tumeur dure, irrégulière, puis rouge fluctuante qui finit par s’ulcérer et donner issue à un liquide épais, fétide, sanguinolent ou purulent. C’est l’examen microscopique de ce liquide qui seul permet de poser un diagnostic ferme, mais encore faut-il, pour faire cet examen, y être conduit par des particularités telles que l’absence de tuberculose, de syphilis, d’adénopathie, la profession du malade (bouchers surtout), l’état grumeleux fétide du pus, l’absence de fièvre; car il n’existe pas, à vrai dire, de signes objectifs pathognomoniques, alors même que l’actinomycose atteint primitivement la peau (joues, nez, doigts, mains, nuque, occiput, etc.), où elle se manifeste au début par des tumeurs d’abord petites, dures, arrondies, qui en quelques semaines, parfois plus vite, se ramollissent, deviennent rouges, s’ulcèrent, laissent échapper le pus que nous avons décrit, et présentent des bords déchiquetés, décollés, violacés, simulant plus particulièrement certaines formes de scrofulotuberculose ulcérative.
Cette affection, qui n’altère généralement que très peu
ACTINOMYCOSE
l’état général, qui évolue lentement, insidieusement, a un pronostic très favorable quand le diagnostic a été établi. Il faut, pour obtenir un bon résultat, ouvrir largement toutes les collections, authermoouau galvanocautère, nettoyer avec soin la cavité, ruginer, cureter toutes les fongosités et les trajets fistuleux en ne craignant pas d’enlever du tissu sain, puis laver la plaie avec une solution antiseptique énergique, ou même fréquemment avec de l’eau très chaude (Legrain) et la remplir de gaze iodoformée ou salolée, enfin favoriser la cicatrisation de la plaie par tous les moyens appropriés. A. Rafîer préconise les injections répétées au centre même des régions tuméfiées avec une seringue de Pravaz renfermant 1 à 3 grammes d’une solution à 5 0/0 d’acide phénique dans la gélatine, ou de violet de méthyle. LeD" Gautier (Revue internationale d’Électrothérapie, 2« année, n»® 8-10) a dans un cas relaté par Darier obtenu un très bon résultat grâce au traitement électrochimique qui, quoique compliqué et nécessitant l’emploi du chloroforme, ménage les tissus plus qu’une intervention chirurgicale et donne une bonne cicatrice. Il repose sur la décomposition d’une solution d’iodurede potassium au dixième en corps naissants, iode et potasse, par le courant de la pile. Pour l’obtenir, il implante deux aiguilles de platine dans les nodules de la tumeur, et avec une seringue il injecte toutes les minutes,pendant les vingt minutes que dure l’opération, quelques gouttes de la solution indurée. Les deux aiguilles sont reliées aux deux pôles de la batterie. Trois à quatre séances faites soüs le chloroforme à huit jours d’intervalle, avec une intensité de 50 milliampères, ont suffi. (Annales de Dermatologie et de Syphil., 1891, page 149.) Thomassen, d’Utrecht, a obtenu avec l’iodure de potas-
ADÉNOMES'
sium (7 à 8 grammes par jour pendant quinze à vingt jours) des résultats surprenants dans l’actinomycose bovine. On peut donc l’essayer contre les manifestations de l’actinomycose humaine.
Addison (maladie d’). — (Consulter les différents traités de médecine. Voir aussi Pigment.)
Adénomes. — La question des adénomes est encore à l’étude, qu’il s’agisse des adénomes sébacés ou des adénomes des glandes sudoripares.
I. Adénomes sébacés. — Ce sont des tumeurs malignes ou bénignes, simples ou ulcérées, ayant pour siège anatomique l’un des éléments du système sébacé. On peut actuellement en distinguer deux variétés.
^ Adénomes sébacés canerdidaux, acné sébacée
partielle, acné sénile, acné cancrdidale.
L’acné sébacée sèche aiguë particulièrement fréquente après cinquante ans (acné sénile) et occupant surtout le visage peut, quand elle est négligée ou irritée, servir de terrain de culture à des microorganismes pathogènes (E. Besnibr). Une prolifération épithéliale atypique se produit, et des petits cancroïdes apparaissent, d’abord bénins superficiels, faciles à détruire, mais qui, mal surveillés ou négligés, deviennent perforants, rongeants, fongueux, véritables épithéliomes inalins (Bes- NiEE P. Audouard). Pour enrayer cette dégénérescence épithéliale, il faut combattre cette acné sébacée partielle par les moyens appropriés; mais, si elle est constituée, il faut agir plus énergiquement et détruire la lésion par le thermo ou l’électro-cautère ou la rugination. Il faut, en effet, se bien garder de les considérer comme des noli me tangere. (Voir pour plus de détails Traitement des épithéliomes superficiels.)
B. Adénomes sébacés bénine affection des plus
ADÉNOMES
rares, dont il existe deux espèces assez voisines cliniquement, mais non histologiquement.
1» Adénomes sébacés proprement dits de Balzer et • Ménétrier, caractérisés par des petites tumeurs arrondies, non congénitales, ayant le volume d’une tête d’épingle, d’une lentille, d’un pois, non pédiculées, indolentes, pâles, très peu vasculaires, occupant surtout le front, le sillon naso-génien, la base du nez; anatomiquement, ce sont des épithéliadénomes lobulés, sébacés bénins
2“ Adénomes sébacés congénitaux [de J. J. Pringle {The British Journ. of Dermat., 1890, page 1), Nævi vasculaires verruqueux de Darier {Bulletin de la Société française de Dermat., 1890, p. 217). — Affection bénigne, congénitale ou du moins s’observant dans les premiers temps de la vie, un peu plus fréquente chez la femme, subissant souvent une aggravation au moment de la puberté, puis restant stationnaire ou disparaissant lentement en laissant des cicatrices atrophiques susceptibles de disparaître plus tard, elle est caractérisée par de petites papules solides, indolentes, fei'mes, jaunâtres ou rougeâtres, analogues à des grains de sagou, ayant le volume d’une tête d’épingle ou d’un gros pois ; les éléments sont sillonnés d’innombrables dilatations capillaires très ténues et de fines télangiectasies [étoilées qui dépassent leurs limites en tout sens. En outre, un fin réseau capillaire forme une limite^circulaire autour des plus gros éléments. Tous occupent to'/ace (particulièrement les côtés du nez, les sillons naso-géniens, le pourtour de la bouche) et affectentJune disposition grossièrement symétrique. Les sujets affectés sont généralement d’une intelligence au-dessous de^[la moyenne, et présentent d’autres lésions nævoïdes, ou dégénéra-
ainhum
tives telles que verrues, molluscum, nævi vrais, troubles de la pigmentation et de la fonction sébacée. Anatomiquement, ce sont des 'hématangiomes verruqueux (J. Darier) avec hypertrophie des glandes sébacées (Pringle).
Le traitement est le même, qu’il s’agisse des adénomes sébacés de Balzer ou de ceux de Pringle. Il est d’ailleurs peu connu en raison de la rareté de ces affections. Les différents procédés opératoires (incisions, scarifications, raclage, destruction, électro ou galvanocaustique) sont applicables. L’ablation faite, on doit panser la petite plaie avec de l’iodoforme, du salol, de l’aristol, de l’emplâtre de Vigo, mais il importe de savoir que les récidives in loco ne sont pas rares.
IL Adénomes des glandes sudoripares. — Affection excessivement rare, décrite récemment par E. Perry {Atlas internat, des maladies rares de la peau, 3® livraison, 1890), à évolution très lente, caractérisée par des groupes de papules pâles, indolores, non ulcérées, laissant écouler par la piqûre avec une aiguille une petite quantité de liquide clair, occupant les lèvres, le sillon naso-génien, les joues, le front, la racine du nez, le cuir chevelu. Histologiquement la lésion consiste en une augmentation considérable de volume des glandes sudoripares, les glandes sébacées restant sâines. L’auteur n’indique aucun traitement de cette rarissime affection, qu’il importe de ne pas confondre avec les idradénomes éruptifs de Darier et Jacquet (Voir ce mot). La rugination et la cautérisation à l’électro-cautère nous semblent les meilleurs procédés à employer.
Aïnhum. — Maladie spéciale des orteils, exclusive à la race noire, propre à l’adulte, jamais congénitale.
ALOPÉCIE
L’orteil, particulièrement le cinquième, présente à sa base une constriction annulaire, dure, sorte de durillon qui peu à peu, insidieusement, augmente, se pédiculise, et au bout de trois, cinq à dix ans finit par produire une chute de cet orteil épaissi, hypertrophié, bosselé, laissant ou non une ulcération plus ou moins longue à cicatriser. Cette affection, qui diffère essentiellement des amputations congénitales, spontanées, et de la sclérodactylie annulaire, est passible du traitement suivant (da Silva Lima) : Dès le début, incision à angle droit de l’anneau sclérosé qui étrangle l’orteil ; plus tard, il n’y a plus qu’à pratiquer l’amputation de l’orteil.
Albinisme. — (Voir Pigment.)
Alep (Bouton d’). — (Voir Bouton.)
Algidité progressive. - (Voir Sc/érme.)
Alopécie. — h'alopécie est la chute partielle ou totale, lente ou rapide, des cheveux ou des poils; quand elle est définitive, elle constitue la calvitie. Il n’existe pas un traitement de l’alopécie; car les variétés d’alopécie sont aussi nombreuses que les causes qui peuvent lui donner naissance. Il existe un grand nombre de classifications défectueuses des alopécies. Nous empruntons à L. Brocq le tableau d’ensemble suivant qui nous a paru le plus complet et le plus logique. (Traitement des maladies de la peau, édition, 1892, p. 66-67.)
D’ENSEMBLE DES ALOPÉCIES
lLOPÉCIE
ALOPÉCIE
Par ce tableau, on juge de la complexité du problème thérapeutique à résoudre; c’est en effet la notion de la cause qui doit dicter la marche à suivre. Nous ne traiterons dans ce chapitre que les alopécies congénitale sénile, syphilitique, des maladies générales aiguës, enfin Y alopécie prématurée idiopathique (furfuracée de Kaposi, pityriasique de Pohl Picus). Les alopécies symptomatiques des dermatoses seront passibles du même traitement que la dermatose provocatrice (eczéma, psoriasis, acné, pemphigus, séborrhée, kératose pilaire, sycosis, trichophytie, favus, etc., etc. Voir tous ces mots).
Pour l’alopécie en aire et les alopécies cicatricielles innommées de E. Besnier, voir Pelades et Folliculites.
Enfin, pour l’hygiène générale delà chevelure, nous renvoyons le lecteur à l’article' Poî7s.
A. Alopécie congénitale. — Affection très rare, parfois totale (atrichie), plus souvent partielle, généralement passagère (pseudo-alopécie), très rarement définitive; héréditaire dans quelques cas. Certains enfants viennent au monde avec un système pilaire insuffisant (oligotrichie), mais qui se développera vers la deuxième ou la troisième année. Le traitement ne doit être commencé qu’à cet âge ; il consiste en frictions actives le soir avec des pommades, huiles, solutions très légèrement excitantes (alcool camphré, baume deFioravanti, pommade au turbith minéral 1/30, acide lactique à 1/8,1/4, etc.), yQïv Traitement de la pelade, qu’on doit appliquer très atténué et avec une extrême prudence, en raison de l’âge du malade.
B. Alopécie sénile. — D’autant plus marquée que l’âge est plus avancé, elle survient généralement vers vingt-cinq ou trente ans {alopécie præsénile). Plus commune chez l’homme, elle débute par le vertex, gagne
ALOPÉCIE
les tempes et le front ; la peau du cuir chevelu dénudé devient lisse, luisante, atrophiée, comme tendue sur les os du crâne. Elle est incurable; toutefois, pour la retarder, on devra employer les moyens indiqués plus loin à VsLTiïcXe Alopécie prématurée idiopathique.
G. Alopécie syphilitique. — Deux variétés : 1“ L’une, de beaucoup la plus fréquente, survient dans la période secondaire delà syphilis, deux, trois, quatre mois après le chancre, quelquefois même plus tôt. Son intensité est variable; à peine appréciable dans quelques cas, formant dans d’autres cas plus nombreux des clairières disséminées dans tout le cuir chevelu, elle est parfois considérable, véritable defluvium capnllorum sans lésion apparente du cuir chevelu. Les cheveux deviennent secs, ternes, viennent à la plus légère traction; les sourcils, surtout dans leur moitié externe, et toutes les régions pilaires sont plus ou moins atteints par la chute.
Traitement. — 1“ Général : traitement énergique de la syphilis.
2° Local. — E. Besnier. 1“ Couper les cheveux ras ; 2° savonner tous les matins à l’eau chaude, et mettre la pommade suivante ;
Soufre précipité. 5 —
Acide salicylique. 2 gr, .SO
3“ Le soir frictionner avec une brosse douce imbibée de la solution suivante :
Aicoolat de romarin. tOO grammes.
Teinture de cantharides. tO —
Acide saiicyiique. d gramme.
Ch. Mauriac. Mettre soir et matin la pommade suivante ;
Moelle de bœuf...
Sulfate de quinine Turbith minéral..
. 30 grammes,
ââ 0 gr, SO
Tous les deux jours lotionner avec la solution suivante :
Eau distillée..
Carbonate de soude.
Borax.
. 300 grammes,
ââ 1 gramme.
Nous conseillons encore, quand l’alopécie est très marquée, de :
1“ Couper les cheveux;
2“ Appliquer tous les soirs la pommade suivante :
Axonge benzoïnée.. 40 grammes.
Calomel à la vapeur. ” . 2 —
3“ Lotionner tous les matins avec la solution suivante :
j ââ 125 grammes.
Bichlorure d’hydrargyre.. 0 gr, 50
Teinture de benjoin.. q. s.
M. pour l’usage externe.
4°,Savonner la tête tous les huit jours (eau chaude et savon blanc de Marseille).
Chez la femme, il est inutile de couper les cheveux, car, ainsi que le fait observer le professeur Fournier, l’alopécie syphilitique secondaire guérit le plus souvent grâce au seul traitement interne.
2o L’alopécie syphilitique est due à des lésions ulcéreuses tertiaires du cuir chevelu. Elle est alors cicatricielle et définitive.
ALOPÉCIE
D. Alopécie de la convalescence des maladies aiguës, DBS cachexies, DES SUITES DE COUCHES. — Cette Variété d’alopécie n’est pas rare. On l’observe surtout après la scarlatine, la variole, la rougeole, la fièvre typhoïde etl’influenza, etc., après l’accouchement, ou bien chez les phtisiques, les sujets épuisés par une suppuration prolongée, par des fatigues, l’hahitation dans les pays chauds, etc., etc. Habituellement passagère et disparaissant par Faction de simples soins d’hygiène ou d’applications excitantes, elle peut se compliquer de séborrhée, ou persister si elle survient chez un sujet cachectique.
Traitement. — Soigner l’état général ; médication tonique active en rapport avec la pyrexie causale : démêler avec le plus grand soin la chevelure, qui souvent a été négligée pendant tout le cours de la maladie. — Nettoyer le cuir chevelu avec de l’eau chaude et du savon de bonne qualité (savon blanc amygdalin réduit en poudre), essuyer et bien sécher le cuir chevelu et les cheveux avec des linges chauds. On peut encore frictionner lé cuir chevelu avec un jaune d’œuf étendu d’eau, puis lotionner avec de l’eau chaude et bien essuyer la tête.
Ces simples soins hygiéniques peuvent suffire, mais le plus souvent il sera nécessaire de faire des applications excitantes. Il en existe un nombre considérable à base de rhum, d’alcool camphré, d’alcoolat de Pioravanti, de tannin, de sulfate de quinine, de chloral, de soufre, de teinture de cantharides, de teinture de capsicum, de jaborandi, etc., etc. Il faut donner la préférence aux pommades, quand les cheveux sont secs, cassants, ternes, aux lotions dans les cas contraires. Le mieux, à notre avis, est d’alterner les lotions et les
ALOPÉCIE
pommades, c’est-à-dire de mettre le soir un corps gras, et de lotionner le matin, ou inversement.
Nous conseillerons les préparations suivantes : Pommades :
Moelle de bœuf.
Huile de ricin..
Acide gallique .
60 grammes.
E. BESNIER
Acide salicylique.
Baume du Pérou.
Résorcine. .
Soufre précipité..
Lanoline.... ■
Vaseline..
Pommade dite de ;
DDPDYTREN
ââ 0 gr, SO.
) â i gramme S à fO grammes.
Moelle de bœuf.
Extrait de quinquina préparé
Teinture de cantharides. i
Jus de citron.• 1
Huile do cèdre.■ •..
Huile de bergamote.
. 75 grammes.
ââ 5 —
j ââ X gouttes.
Moelle de bœuf.
Huile d’amandes douces ...,
Sulfate de quinine.
Baume du Pérou.
Lotions :
20 grammes.
1 gramme.