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des prodromes fébriles, une période d’éruption et une durée moyenne de quelques mois à un an.
L’éruption est caractérisée par des papules, des pustules, des tubercules, des tumeurs enfin simulant des mûres, des fraises ou framboises, plus ou moins volumineuses , pouvant atteindre dans quelques cas le volume d’un œuf de pigeon (Verruga du Pérou), croûteuses, parfois très hémorragiques, ayant souvent l’apparence du rupia, fongueuses, occupant au début le pourtour des orifices naturels, puis se généralisant et pouvant envahir les muqueuses, persistant pendant des mois, se terminant généralement par résolution avec ou sans cicatrices, suivant que les tumeurs se sont ou non ulcéréès, mais d’autres fois par hémorragies graves et répétées, pouvant entraîner une anémie intense, un état cachectique grave et la mort.
Cette maladie, quenousn’avonsjamaisobservéedans nos climats, diffère absolument de la lèpre, de la syphilis, du mycosis fongoïde et du bouton d’Orient. (Pour plus de détails, consulter le Traité pratique des maladies des pays chauds par Roux, tome III, pages 309 et suivantes.)
Le TRAITEMENT est Celui de toutes les affections endémiques et contagieuses, à savoir : bonne hygiène, soins minutieux de propreté, habitation dans un endroit bien aéré, sobriété, alimentation saine, etc. Gomme traitement interne, on a conseillé Tiodure de potassium, le soufre, le sulfate de quinine, Tiodoforme (1 gramme par jour en pilules), et les nombreux sudorifiques employés dans les pays tropicaux et juxta-tropicaux.
Localement on devra panser les tumeurs ulcérées avec les antiseptiques variés (acide phénique, iodoforme.
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iodol, aristol, dermatol, bichlorure d’hydrargyre, etc.), et recouvrir les éléments non ulcérés d’emplâtre de Vigo, ou à l’acide phénique, au calomel, à l’acide salicylique, à l’ichthyol, à la résorcine, etc.
Piédra. — (Voir Trichomychose noueuse ou nodulaire.)
Pigmentation (anomalies de la). — Elles sont des plus nombreuses, des plus variées, des plus complexes. Il existe en effet tantôt une diminution ou même une disparition du pigment. Achromie (voir ce mot), tantôt une distribution irrégulière du pigment. Dyschromie, qui comprend des états pathologiques très variés, tel que le vitiligo (voir ce mot), la syphilide pigmentaire, etc., tantôt enfin un excès de production du pigment, Hîjperchromie ou hypertrophie pigmentaire que seule nous devons traiter ici. Les hypertrophies pigmentaires sont congénitales (Nœvi pigmentaires, voir ce mot) ou acquises. Ces dernières sont extrêmement nombreuses et comprennent une foule de lésions des plus disparates parmi lesquelles nous retiendrons les éphélides, le lentigo, lechloasma qui constituent les hyperchromies acquises dites idiopathiques ou spontanées et les Mélanodermies, les taches pigmentaires qu’on observe tantôt dans un certain nombre de maladies générales (maladie d’Addison, chlorose, affections du foie; tuberculose, syphilis, lèpre,;diabète, cachexie, etc.), tantôt à la suite de certaines affections chroniques de la peau (eczéma, pemphigus, lèpre, dermatite, lichens et surtout affections prurigineuses, gale, Phthiriase, prurigo, urticaire), tantôt à la suite des applications irritantes ou des compressions prolongées de la peau (thapsia, vésicatoires, sinapismes, teinture d’iode, huile de cade, acide pyrogallique, acide chrysopha-
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nique, nitrate d’argent, traumatismes, pression prolonge'e produite par ceintures, jarretières, corsets, bandages herniaires, action prolongée du froid et de la chaleur et particulièrement de la, chaleur solaire), tantôt enfin après l’absorption de certaines substances (mélanodermie arsenicale) qu’il ne faut pas confondre avec les dyschromatoses cutanées provenant du dépôt dans le derme de substances colorantes formées dans l’économie ou venant du dehors (ictère, argent, absorption prolongée de nitrate d’argent ou bien argyrie locale professionnelle, tatouages, colorations tinctoriales, etc.).
Signalons en dernier lieu les taches pigmentaires de la Xérodermie pigmentaire (voir ce mot) qui constituent l’un des premiers symptômes de la maladie de Kaposi.
Ephélides. Lentigo. Chloasma. — Le lentigo, les lentigines, les éphe'lides sont caractérisés par des taches pigmentaires (taches de rousseur) dont la coloration varie du jaune clair au brun foncé, arrondies, nettement limitées ou plus rarement irrégulières, de la dimension d’une tête d’épingle, d’une lentille ou quelquefois, mais exceptionnellement, d’une pièce de 20 centimes, tantôt peu nombreuses et isolées, d’autres fois abondantes et mêmes confluentes, occupant généralement le front, les joues, le nez, les paupières, le dos des mains, mais pouvant chez les individus à peau fine et blanche, les roux surtout, envahir le visage en entier, le cou, la poitrine, les avant-bras et même les membres inférieurs, ce qui prouve bien qu’elles peuvent se produire indépendamment de faction solaire. Mais il. est certain également qu’elles sont le plus souvent bien plus étendues, bien plus colorées, bien plus nombreuses sur les parties découvertes et exposées à faction solaire,
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ainsi que pendant l’été, qu’elles pâlissent et disparaissent presque complètement pendant l’hiver. Il n’est pas nécessaire cependant de distinguer d’une part le lentigo ou éphélides lentigineuses, et d’autre part les éphélides solaires proprement dites ne survenant que sous l’action du soleil; toutes deux en effet sont des hypertrophies pigmentaires «impies survenant de préférence chez les sujets jeunes, dans l’adolescence et jusqu’à l’âge de 25 à 30 ans même, à peau délicate, fine, blanche, plus fréquemment chez les jeunes femmes, et surtout chez les sujets roux, souvent chez les lymphatiques, les anémiques et les dyspeptiques; mais, dans la grande majorité des cas, le soleil ne fait qu’accentuer, souvent il est vrai d’une façon très notable sans la créer, la pigmentation éphélidienne.
Quant au chloasma, il est constitué par des taches analogues comme coloration à celle ■ du lentigo, c’està-dire tantôt à peine jaunâtre, tantôt jaune foncé, brunâtre même suivant les régions et suivant la cause.
Les taches sont plus ou moins étendues, à bords tantôt nettement délimités, tantôt au contraire diffus, irréguliers. La variété la plus connue est le chloasma utérin ou masque de la grossesse qui survient assez souvent pendant la grossesse, occupant parfois certains points du visage, le front surtout, ainsi que le pourtour du nez, les joues, le menton, d’autres fois envahissant presque tout le visage. Mais le chloasma dit utérin peut survenir en dehors de la grossesse dans tous les cas d’affections de l’utérus ou de ses annexes (aménorrhée, dysménorrhée, déviation utérine, métrites, salpingite, affections ovariennes, tumeurs, etc.). On observe également du chloasma chez les sujets anémiques, chlorotiques, cachectiques, etc.
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Le hdle, ou cJiloasma calorique, est caractérisé par une coloration brune que prennent la face, le cou, la nuque, la poitrine, les mains, les bras, les pieds, les jambes, en un mot toutes les parties du corps qui sont exposées à l’action prolongée du grand air, de la mer, du vent, du soleil, et même de l’air vif et froid. Il disparaît le plus souvent quand les sujets sont soustraits pendant un certain temps à ces diverses influences.
Tkaitement. — Le traitement des nombreuses variétés de mélanodermies, que nous avons signalées, consiste dans la suppression de la cause par tous les moyens appropriés. Toutefois, quand des plaques pigmentées peu étendues persistent, il convient de les traiter soit par fractions, soit totalement comme des éphélides ou comme le chloasma. Malheureusement, le traitement de ces taches pigmentaires est toujours assez délicat et donne lieu parfois à des mécomptes. Il existe en effet des sujets à peau particulièrement sensible, chez qui survient une hypertrophie pigmentaire à la suite de la moindre application irritante ou même après l’absorption de certains médicaments (nitrate d’argent, arsenic, iodure, etc.). Aussi doit-on agir toujours avec précaution, débuter par les agents irritatifs légers et procéder progressivement.
La première indication est de recommander aux sujets prédisposés de ne pas s’exposer longtemps à l’action du soleil et du grand air, de porter des chapeaux de paille à larges bords, des voilettes, des gants. Quand il existera une affection de l’utérus et de ses annexes ou du tube gastro-intestinal, on les traitera avec soin ainsi que l’état général quand il sera défectueux.
Pour guérir les taches éphélidiennes et chloasmiques, pour détruire les couches profondes où se trouve déposé
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le pigment en excès, de très nombreux procédés ont été indiqués. Innombrables en effet sont les cosmétiques, les fards,les pâtes, lotions, pommades dites antéphéliques.
Indiquons d’abord les différents modes de traitement du chloasma ou taches pigmentaires un peu étendues ; ce traitement s’appliquera également aux lentigines, aux éphélides très abondantes.
Le sublimé en solution, en frictions, en pommade, est recommandé par beaucoup d’auteurs. Voici le procédé du Pr Kaposi, très répandu en Allemagne : La partie qui est le siège de pigmentation anormale est recouverte de compresses de tarlatane; puis, le patient étant placé dans le décubitus horizontal, on imhibe ces compresses de la solution de sublimé suivante :
Sublimé. 1 gramme.
Eau distillée j grammes.
Pendant quatre heures, les compresses sont laissées en place et maintenues constamment humides ; au bout de ce temps on les retire et on constate l’existence d’une phlyctène que l’on perce avec une aiguille à sa partie inférieure ; la dermatite aiguë ainsi provoquée est ensuite traitée d’après les règles habituelles par l’application de poudres indifférentes. Elle guérit au bout de huit jours environ ; on trouve alors un épiderme de nouvelle formation, absolument blanc et dépourvu de pigment.
On peut également prescrire des badigeonnages quotidiens ou bi-quotidiens, faits avec l’une des solutions suivantes :
1» Émulsion d’amandes.. dOO grammes.
Teinture de benjoin... S —
Sublimé.. OgqOo.
[GMENTATION
D. BULKLBY
2» Sublimé... i gramme.
. 4 grammes.
Acide acétique dilué. 14 —
Eau de rose. 240
HAUaiAO
3» Sublimé... 0gr,20.
Eau distillée. lOO grammes.
Eau de Cologne... 40 —
Teinture d’eucalyptus.. 6
Chlorhydrate d’ammoniaque... Ogr.eO.
4“ Lotion antéphélique (HABor) :
1 gramme.
I âà 2 grammes.
Lotionner matin et soir avec cette lotion qu’on coupe d’abord, d’eau chaude pour tâter la susceptibilité cutanée.
5» Traitement du D'^ L. Brocq :
Frictions soir et matin avec une solution de sublimé au cinq centième ou au trois centième, puis application pendant la nuit de l’emplâtre de Vigo qu’on enlève le matin. Si la rougeur des téguments est trop forte, on applique pendant le jour un peu de pommade à l’oxyde de zinc ou bien un fard à b'ase de kaolin, par exemple :
Kaolin... 4 grammes.
Vaseline ou mieux lanoline ... 10 —
Glycérine... 4 '
Carbonate de magnésie. 2 —
Qxyde de zinc. 2 —
Sublimé.
Sulfate de zinc...
Acétate de plomb Eau distillée..
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. La desquamation de l’épiderme pigmenté peut s’obtenir encore par l’application de bien d’autres médicaments ; nous signalerons les plus employés.
Le savon noir appliqué pendant huit à dix heures étendu sur un morceau .de flanelle, la teinture d’iode, les acides acétique, phénique, chlorhydrique, lactique, plus ou moins dilués, l’eau oxygénée, les pommades et pâtes, emplâtres et collodions à l’acide salicylique, à la vératrine, au naphtol, au soufre, au sulfophénate de zinc (à 2 0/0), à l’acide chrysophanique, les solutions de potasse ou de soude caustique (de i/2 à 1 0/0), les préparations mercurielles, les frictions avec le jus de citron, les applications de rondelles de citron, le pyrozone (voir ce mot)', etc., etc.
Voici quelques formules ;
Pommade avec :