PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT
occupant de pre'fe'rence le tronc, le cou, et quelquefois mais très rarement les bras. Bientôt le centre de cette plaque desquame très finement, semble affaissé, plissé, jaunâtre, café au lait moins coloré que la périphérie qui est légèrement surélevée, plus rouge et recouverte de squames plus adhérentes, formant à cette plaque {Plaque primitive àeBs.(iCQ)nm collerette généralement caractéristique.
Cette plaque primitive apparait le plus souvent sans aucun phénomène précurseur : elle persiste seüle pendant quelques jours, huit à dix jours environ, puis surviennent soudainement et simultanément d’autres éléments plus petits, soit à l’entour, soit très loin de la plaque constituant Véruption secondaire (L. Brocq).
Celle-ci est caractérisée par l’existence de nombreuses petites plaques rosées qui s’étalent plus ou moins, deviennent squameuses et présentent tous les caractères de la plaque primitive ; elles évoluent généralement et dans les cas typiques de haut en bas (E. Besnier), du cou et de la région presternale vers les régions latérales du thorax, vers les membres supérieurs, puis inférieurs, pouvant quelquefois mais très rarement gagner la face, les mains, les jambes et les pieds ; généralement l’éruption ne dépasse pas l’extrémité inférieure des cuisses en bas, les .poignets aux membres supérieurs, le menton en haut. Mais, dans les cas atypiques, elle peut n’occuper que les membres, ou rester localisée à une région du corps. Le Pityriasis rosé de Gibert en effet, aussi bien dans ses localisations que dans son évolution, ses caractères objectifs, sa durée, présente de très fréquentes anomalies qui en rendent parfois le diagnostic difficile. Tantôt il existe
[TYRIASIS ROSÉ
GIBEHT
une plaque primitive et quelques éléments ayant les mêmes caractères disséminés aux lieux d’élection très discrets, et à peine squameux ; tantôt il existe des plaques très nettement circinées à centre à peine coloré et plissé à périphérie saillante rosée, occupant le voisinage des plis. {Pityriasis circiné et marginé de Vidal dû au microsporon anomœon?) Tantôt l’éruption est très abondante, rouge, enflammée, simulant l’eczéma aigu; on observe des cas de ce genre à la suite d’un traitement irritant, intempestif, après une sudation excessive, un bain sulfureux, une violente émotion, une indigestion^
1 absorption d’un médicament susceptible de provoquer un érythème; tantôt elle simule la rougeole, ou la roséole syphilitique, ou le psoriasis et, surtout, l’eczéma séborrhéique.
La recherche delà plaque primitive est indispensable pour faciliter le diagnostic; malheureusement celle-ci peut avoir disparu.
Le Pityriasis rosé évolue généralement par poussées successives, qui peuvent se reproduire pendant plusieurs semaines; il dure quelquefois cinq, six semaines, d’autres fois cinq, six mois et même davantage. Il ne s’accompagne pas de prurit, sauf quand il survient sur des sujets très nerveux ou atteints de prurit diathésique. Il ne modifie en rien l’état général.
La pathogépie et l’étiologie sont très obscures. Il est possible, probable même, que cette affection est due à la présence d’un élément parasitaire encpre inconnu ; il coïncide fréquemment avec des troubles gastro-intestinaux (Feulard, Jacquet, de Molènes et Costilhes) qui favoriseraient la germination de ce parasite (?). Cette affection pseudo-exanthématique ne récidive jamais (Thibierge).