L. Brocq donne de cette affection la description suivante
La dermatite exfoliative généralisée est une maladie géné~ raie qui ne paraît pas être contagieuse et qui a une évolution cyclique {périodes d’augment, d'état et de déclin). Elle est fébrile dans ses deux premières périodes avec maximum vespéral, et la fièvre y offre le type continu rémittent. Le début est parfois soudain, rapide, plus souvent insidieux; on voit apparaitre une ou plusieurs taches rouges prurigineuses, qui s’étendent et se généralisent à tout le corps en deux ou dix jours. A la période d’état, les téguments dans leur totalité ou leur presque totalité sont envahis par une rougeur intense ; ils sont un peu épaissis, quelquefois même lardacés et comme tendus; quelques jours après Vapparition de la rougeur, Vépiderme s’exfolie, et dès lors commence une desquamation en fines lamelles nacrées, sèches, de dimensions très variables, mais qui ont en moyenne rfe 2 à 3 centimètres de long sur\ centimètre à 1 centimètre iji de large; elles se recouvrent par fois comme des tuiles de toit et reposent sur un fond rouge vif.
Les poils tombent presque toujours en totalité ou en partie : il en est souvent de même des ongles qui sont tout au moins altérés et présentent de profonds sillons transversaux.
A certaines périodes de la maladie et en certains points du corps, surtout vers les plis articulaires, il peut se produire un suinternent plus ou moins abondant d’une extrême fétidité, et,
PITYBIASIS RÜBBA
dès lors, l’éruption simule Veczéma. Quelquefois on voit survenir des bulles pemphigoïdes, des pustules, des furoncles, de la séborrhée, des cônes circumpilaires. Les démangeaisons sont un phénomène presque constant; il en résulte des excoriations et du suintement. Les malades éprouvent aussi assez souvent une sensation pénible et fort intense de cuisson ou de chaleur: ils ont froid dès qu’on les découvre.
Les muqueuses peuvent être prises. Nous avons note des conjonctivites, des coryzas, des stomatites, des phénomènes de nlossite superficielle. Les ganglions sont souvent tuméfies.
Comme complications, nous signalerons des anthrax, des abcès tubériformes ou profonds, de véritables phlegmons, des eschares, de la surdité, de l’iritis, des manifestations articulaires, des complications cardiaques, des paralysies partielles, des paraplégies, de l’obnubilation intellectuelle. Quand elle est bénigne, la maladie évolue en trois ou quatre mois; quand elle est intense en cinq ou six mois; quand elle est prolongée par des complications graves ou par des poussées successives, elte met six à dix mois et même un an pour arriver a la guérison complète. Il persiste souvent pendant longtemps après la disparition de la rougeur et de la desquamation, de la pigmentation marquée des téguments.
La dermatite exfoliative généralisée peut aussi se terminer par la mort, vers le troisième ou le quatrième mois avec diarrhée, épuisement graduel ou complication grave surtout du côté des poumons.
Les rechutes et les récidives sont possibles.
Traitement. — la dermatite exfoliative généralisée est pour nous une maladie générale à cycle défini., une sorte de pseudoexanthème prolongé ; aussi pensons-nous qu’il ne faut pas S'attendre à pouvoir la juguler. On doit seulement s efforcer de prévenir les complications, d'écarter les causes qui pourraient augmenter l’intensité de l’éruption ou aggraver les phénomènes généraux, mettre enfin le malade dans d’excellentes conditions pour que la dermatose dure le moins de temps possible. Comme traitement général, les diurétiques semblent indiqués, mais je conseille surtout d’essayer de soutenir les forces du malade: on prescrira les toniques, les amers, les ferrugineux (vin de quinquina, vin de gentiane, potions cordiales, potions à l’extrait de quinquina, préparations deperchlorure de fer, huile de
foie de morue, etc...). J’ai cru retirer parfois de, bons effets de la quinine et de Vergotine. L’acidephénique à la dose de 20 à SO centigrammes par jour a calmé le prurit dans un cas. Par contre^ la. belladone, le salicylate de soude. Veau de laurier-cerise, le bromure de potassium, ne m’ont donné que peu au point de résultats.
■ITYRIASIS BÜBRA
On a essayé sans succès Viodure de potassium, le sublimé, la strychnine, les divers acides minéraux, Varsenic, l'atropine, le chloral, les diurétiques forts, tels que la digitale, le nitrate et l'acétate de potasse, etc. Allan Jamieson a employé avec succès le tartrate d’antimoine et de potasse.
Au point de vue de l'alimentation, je recommande tout spécialement le régime lacté (2 à 3 litres de lait par jour coupé d’eau de chaux, s'il y a de la diarrhée). On peut faire prendre en même temps du bouillon et des œufs. Quand l’appétit existe, ce qui est fréquent [car l’une des particularités les plus curieuses de cette dermatose est la conservation de l’appétit malgré la réaction fébrile) et quand la fièvre s’est un peu calmée, on donne une alimentation choisie et fortifiante, en ayant soin d’en écarter,tout mets irritant.
Traitement externe. — Ce qui semble le mieux réussir, ce sont des onctions avec du Uniment oléocalcaire pur ou légèrement phéniqué suivies de l’enveloppement ouaté. Aux points où l’inflammation est trop intense, on fait des lavages avec de la décoction de racine d’aunée, ou bien on applique quelques cataplasmes d’amidon.
On a retiré d’excellents résultats des pommades à l’oxyde de zinc et à la calamine, des liniments au lactate de plomb, et du glycérolé au sous-acétate de plomb.
. Pour modérer le prurit, on peut se servir de glycérolé tartrique au vingtième, de vaseline citrique, de vaseline menthée, de pommades à l’acide salicylique au trentième ou au cinquantième, à l’acide phéniqué au quarantième ou au soixantième, à la cocaïne, de lotions à la décoction de feuilles de coca, à l’acide cyanhydrique, à Vacide phéniqué, d’huile de foie de morue, naphtolée ou phéniquée, etc... Les bains permanents nous semblent devoir donner dans ces cas d’excellents résultats.
(L. Brocq, Traitement des maladies de la peau, édition, 1892, page 638 et suiv.)
3“ Dermatite exfoliative généralisée chronique (L.
Brocq).
Elle est caractérisée : 1» par une période de début fort longue pendant laquelle l’affection simule l’eczéma et s’étend progressivement: 2“ une période également très longue d’état, pendant laquelle elle présente les principaux caractères objectifs de la dermatite exfoliative typique susindiqués ; 3» une période de déclin pendant laquelle la desquamation et la rougeur disparaissent peu à peu en laissant une pigmentation brunâtre
PITYEI.
nui ne s’efface que fort lentement. La durée est de plusieurs années. Le traitement est le même que celui de la dermatite exfoliative généralisée subaiguë.
40 Pityriasis rubra de Hébra. Pityriasis rubra chro nique grave, type Hébra, de L. Brocq. Sous ce nom, Hébra et Kaposi décrivent une affection très rare, caractérisée uniquement, depuis son début et pendant toute sa durée, par une rougeur vive, foncée, parfois livide généralisée à la période d’état, et une desquamation fine, furfuracée, en même temps qu’une grande sensibilité au froid, des frissons continuels, un prurit tantôt modéré, tantôt extrêmement violent. Cette dermatose progresse lentement sans rémissions ; la peau, d’abord œdématiée, luisante, tendue, s’amincit, se rétracte, se tend ; de sorte qu’elle paraît trop étroite pour le corps, d’où l’impossibilité pour les malades de remuer, de marcher, d’ouvrir la bouche, de fermer les yeux (ectropions), de se servir de leurs mains dont les doigts sont demi-fléchis. En même temps, les cheveux et les poils s’atrophient et tombent, les ongles s’amincissent, deviennent vitreux, fragiles, friables, quelquefois, au contraire, épais et cassants, mais ne tombent pas ; la nutrition générale s’altère, l’amaigrissement nst considérable, il survient des ulcérations, des eschares, et le malade tombe dans le marasme et meurt avec ou sans pneumonie, diarrhée ou tuberculose intercurrentes, après avoir affreusement souffert pendant plusieurs années.
Traite-MENT. — O'n a essayé vainement l’arsenic, la décoction de Zittmann, les diurétiques, les sudorifiques, les toniques, les alcalins.
Kaposi dit s’être bien trouvé, dans un cas, de l’usage interne de l’acide phénique.
PITYRIASIS BUBRA
Contre le prurit, on pourra essayer toute la série des médicaments antiprurigineux {yoît Prurit et Prurigo). Rationnellement, le traitement interne doit s’en tenir aux indications fournies par l’examen approfondi de chaque sujet.
Localement, on doit agir avec une très grande prudence, la plupart des agents médicamenteux aggravant l’affection. E. Besnier conseille les poudres anodines, les onctions huileuses, les hains prolongés, les enveloppements humides, etc. Kaposi recommande les bains continus, les bains de goudron, la pommade de Wilkinson modifiée, les applications d’onguent diachylon avec toile caoutchoutée, les onctions avec l’huile de foie de morue, avec du goudron, ou simplement de l’axonge ou de la vaseline boriquée. (Voir Traitement de la dermatite exfoliative généralisée subaiguë.)
S» Pityriasis rubra subaigu bénin et Pityriasis rubra chronique bénin. — E. Vidal et L. Brocq ont observé des cas où les caractères objectifs étaient, à de faibles variantes près, ceux du pityriasis rubra, type de Hébra, et qui se sont terminées par la guérison, tantôt au bout de six à sept mois (pityriasis rubra subaigu), tantôt au bout de plusieurs années. Dans quelques autres cas,, l’éruption rouge et desquamante fort prurigineuse évolue avec une lenteur extrême, finit par se généraliser, s’accompagne d’amincissement et de plissement du tégument, mais l’état général, même au bout de nombreuses années, demeure satisfaisant.
En résumé, comme le fait observer E. Besnier, on doit distinguer, dans le pityriasis rubra type Hébra, des formes pernicieuses (Kaposi n’admet que celle-ci)’ des formes graves moyennes et des formes bénignes.
60 Dermatite exfoliative des enfants à la mamelle. —
PLIQXIB
L. Brocq (loco citato) décrit sous ce nom, d’après Ritter von Rittersheim et plusieurs autres auteurs, une dermatose non contagieuse survenant de la première à la troisième semaine de la vie, caractérisée par de la rougeur et de la desquamation, d’abord localisées, puis généralisées du tégument. L’éruption est sèche ou légèrement suintante au-dessous des squames. Aux extrémités, la desquamation se fait par larges lambeaux ; parfois apparaissent des éruptions vésiculeuses ou bulleuses. Il n’y a pas de fièvre ni de complications apparentes, mais la mort survient avec la plus grande rapidité, souvent en une semaine, et dans la moitié des cas. Quand la guérison est sur le point de se faire, la peau pâlit peu à peu, puis la desquamation cesse graduellement. La nature de cette affection est inconnue. Il y aurait lieu de rechercher si elle ne provient pas parfois de la syphilis.
Plique [Trichoma). — On désigne sous ce nom un enchevêtrement des cheveux, parfois aussi des poils de la barbe et du pubis, qui a été observé très souvent dans certaines contrées de la Russie, en Pologne particulièrement (plique polonaise), en raison de 1 état de malpropreté, de misère qui régnait en ces pays. La plique, en effet, ne se rencontre guère que chez les sujets, les femmes surtout, qui, obligés de garder le lit, ou par incurie, ou enfin atteints d’une affection douloureuse du cuir chevelu, négligent de démêler leurs cheveux ; ceux-ci s’enchevêtrent, s’agglutinent, se remplissent de poussières, de malpropretés, de poux, de lentes, de pus, desquames, de croûtes, etc.; au-dessous, le cuir chevelu rouge, suintant, exhale une odeur fétide et présente tous les caractères de la dermite eczématique. Certains auteurs ont fait, à tort, de la
POILS
plique une affection parasitaire; en réalité, ce n’est pas une maladie, mais un état spécial de la chevelure qui disparaît rapidement quand on parvient à démêler les cheveux. Le plus souvent, il est nécessaire de les couper aux ciseaux, puis de traiter la dermite du cuir chevelu comme un eczéma aigu. Quand l’enchevêtrement est trop considérable, il est bon de ramollir les croûtes et toute la masse à l’aide d’huile simple ou salolée à 1 0/0 ou de cataplasmes, puis de savonner abondamment avec de l’eau très chaude. Quand il existe des parasites, on prescrira le traitement complet de la pédiculose du cuir chevelu. (Voir ce mot.)
Poils. Cheveux (affection des). — Les affections du système pileux sont des plus intéressantes et des plus nombreuses. Tantôt parasitaires, tantôt compliquant un certain nombre de dermatoses, elles sont décrites, pour la plupart, dans ce livre, sous des noms variés. (Voir Favus, Pelade, Trichophytie, Trichomycose noueuse (Piedra), Plique, Alopécies, Eczémas, Acnés pilaires. Pityriasis rubra pilaire. Folliculites, Séborrhée, etc., etc.)
Mais il existe deux altérations particulières aux poils dont nous avons réservé la description pour ce chapitre. Ce sont :
A. — L’Atrophie propre des poils, qui comprend :
1° La trichoptilose ;
2° La trichorrexie noueuse (ou trichoclasie) ;
3“ L’aplasie moniliforme intermittente (cheveux moniliformes, monilethrix) ;
4» L’atrophie du pigment du poil (décoloration des cheveux, calvitie, poliose).
B. — L’Hypertrophie des poils (hypertrichose, polytrichie).
■OILS
A. — Atrophie propre des poils.
l» Trichoptilose. — On désigne sous ce nom le fendillement de l’extrémité ou même d’une grande partie de la tige des cheveux (scissure ou fissure des poils, poil ébarbé en forme de plume, dissociation des fibres pileuses du poil).
Cette affection, très fréquente, s’observe surtout sur les cheveux longs, qui ne sont que rarement coupés; aussi la rencontre-t-on de préférence chez les femmes, mais quelquefois également au niveau des poils de la barbe et de la moustache quand ils sont longs, secs et rarement taillés.
Elle coexiste assez fréquemment avec la trichorrhexie noueuse et avec l’aplasie moniliforme, ainsi qu’avec les diverses affections parasitaires ou autres du système pileux, mais peut exister indépendamment de toute altération autre des cheveux ou des poils ; son étiologie est alors des plus obscures et le traitement des plus incertains. On doit rechercher d’abord s^il n’existe pas une affection du cuir chevelu même encore peu développée, susceptible de provoquer le fendillement des cheveux. Dans quelques cas, la trichoptilose nous a permis de découvrir une séborrhée très légère du cuir chevelu qui avait passé inaperçue. Quand l’affection est vraiment idiopathique, le traitement consiste à couper fréquemment les poils au-dessus du niveau de la fissure, ou même, si c’est possible, a les raser plusieurs fois, ou enfin à les avulser si la lésion est radiculaire et à prescrire des corps gras ayant pour but de rendre les cheveux moins secs et moins ternes. (Voir Alopécies et Séborrhée.)
2» Trichorrexie noueuse (trichoclasie). — Cette affection est caractérisée par un éclatement du poil avec des
POILS
nodosités dans sa continuité. Les poils ou les cheveux atteints présentent d’abord des boursouflements plus ou moins espacés, puis éclatent et, ou bien se cassent, ou bien les deux tronçons restent adhérents par leurs fibres séparées, dissociés en pinceau, en balai, mais prêts à se rompre à la plus petite traction.
La trichorrexie peut passer longtemps inaperçue, le sujet constatant simplement que ses poils se cassent, que leur extrémité est en pinceau et qu’un certain nombre d’entre eux présentent les renflements, les nodosités plus ou moins nombreux, plus ou moins espacés que nous avons indiqués plus haut.
L’affection occupe de préférence la barbe ; elle n’est pas rare au niveau des plis génitaux, du pubis (chez la femme surtout), de l’aisselle, mais l’est beaucoup plus au cuir chevelu.
Les différents auteurs ne sont pas d’accord sur la nature de cette affection. Pour les uns, elle serait nettement parasitaire et comprendrait trois types principaux (Sabouraud) :
La trichomycose nodulaire de Juhel Rénoy (voir ce mot) ;
2» La trichorrexie de Behrend;
3» La trichorrexie noueuse pubienne de P. Raymond. C’est à ces deux dernières que s’appliquerait la description que nous venons de donner : à côté de ces trichorrexies parasitaires, il existerait l’aplasie moniliforme intermittente (voir plus bas) ou monilethrix, maladie congénitale et héréditaire non parasitaire.
Pour d’autres, au contraire, il convient de distraire complètement des trichorrexies la piedra ou trichomycose nodulaire qui seule serait parasitaire, et de décrire seulement comme atrophies pi’opres des poils
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la trichorrexie noueuse proprement dite, et l’aplasie ■monili orme, cette dernière « ne constituant pas une affection propre, mais étant le résultat d’une altération fonctionnelle de la formation du poil, qui peut se rencontrer dans plusieurs états pathologiques. (Pelade, xérodermie pilaire, etc.) » (E. Besnier.)
Traitement. — Si l’affection est d’origine parasitaire, le traitement parasiticide devrait la guérir rapidement (Voir Trichomycose nodulaire). En tout cas, on pourra sans inconvénient y avoir recours au moins pendant quelquesjours.
(Lotions de sublimé. Pommades au calomel, pommades au soufre. Lavages à l’êau très chaude, etc.)
Le meilleur traitement, mais auquel bien des malades ne se soumettent que difficilement, consiste dans l’épilation réitérée des poils altérés : si celle-ci est trop pénible en raison du nombre de poils atteints, et si l’affection occupe surtout la barbe, on conseillera au malade de se faire raser fréquemment pendant un certain temps. Après Tépilation, E. Besnier conseille de faire des applications de teinture de cantharides mitigée jusqu’à la sortie du poil nouveau.
3“ Aplasie moniliforme intermittente. — Cheveux moniliformes, Monilethrix, Nodose hair, etc.
Les symptômes de cètte affection sont à peu'près les mêmes que ceux de la trichorrexie noueuse ; ils en diffèrent par les caractères suivants : les poils atteints sont secs, minces, grêles, courts, cassants; ils présentent une suite continue de renflements colorés, séparés d’une façon régulière par autant de points étranglés décolorés, ce qui donne au poil l’apparence d’un chapelet. Dans la trichorrexie, c’est le renflement qui constitue la partie malade; dans Taplasie moniliforme,
POILI
au contraire, c’est l’étranglement qui est la partie atrophiée; le nodule ne représente que le cheveu sain. Le monilethrix est ordinairement localisé au cuir chevelu. Cependant le plus souvent tout le système piloséhacé participe dans une certaine mesure à l’atrophie, dont le maximum est au cuir chevelu. D’après Sahouraud, Hallopeau,Mac Call Anderson, etc.,l’affection est congénitale ; l’enfant vient au monde avec des cheveux normaux, qui tombent vers le deuxième mois et ne repoussent pas ; des cheveux rares, grêles, moniliformes prennent leur place, et persistent toute la vie. En outre, le monilethrix est héréditaire, il existe des observations recueillies chez cinq, quatorze et même dix-sept membres de la même famille en plusieurs générations (Sabouhaüd). Nous avons vu que, d’après E. Besnier, l’aplasie moniliforme, dans la majorité des cas, n’est que le résultat d’une altération fonctionnelle de la formation du poil, qui peut s’observer dans plusieurs états pathologiques (pelade, xérodermie pilaire, kératose pilaire).
Le TBAiTEMENT est celui de la trichorrexie noueuse et de la xérodermie pilaire. Les résultats sont le plus souvent très peu satisfaisants, en raison de ce que cette affection est héréditaire, constitutionnelle, et le plus souvent dure toute la vie. Lailler a dans un cas constaté une amélioration notable, grâce au traitement suivant : épilation répétée suivie d’applications de glycérine et de frictions avec une teinture composée :
Baume de Fioravanti.
Teinture de pyrèthre.
Teinture de capsicum an-
Ammoniaque liquide.
ââ 100 grammes.
6 grammes.
POILS 195
4» Atrophie du pigment du poil. — Décoloration des cheveux, — Canitie. — Poliose.
On donne le nom de canitie à la décoloration des poils qui prennent un aspect gris ou blanc, parfois même blanc d’argent.
La canitie peut être congénitale ou acquise : congénitale, elle est générale (albinisme) ou plus souvent partielle, c’est-à-dire constituée par des mèches de cheveux gris ou blancs disséminées au milieu d’une chevelure plus ou moins foncée.
La canitie acquise comprend la canitie sénile, physiologique, et la canitie prématurée; celle-ci survient parfois de très bonne heure, par suite d’une disposition individuelle dans certains cas héréditaires, oubien après de violentes souffrances, des maladies graves, de grands chagrins. Partielle ou généralisée, elle évolue quelquefois très 7'apidement; cependant on ne saurait admettre la possibilité de blanchir complètement en vingt-quatre heures.
La canitie partielle peut se produire à la suite de certaines affections du cuir chevelu ou de la barbe, la pelade et la séborrhée particulièrement, et est alors persistante ou le plus souvent passagère. De même, celle qui survient après les maladies graves, la fièvre typhoïde', l’érysipèle, ou après les couches, est susceptible de rétrocéder, mais le plus souvent la canitie idiopathique prématurée acquise est persistante, comme la canitie physiologique sénile, et évolue lentement, progressivement, débutant par les tempes, puis envahissant le cuir chevelu, la barbe et- tous les poils du corps. La décoloration pilaire présente au point de vue de l’intensité tous les degrés, depuis la teinte grise à peine appréciable jusqu’à la coloration, très blanche, semblable à
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celle de la neige. Parfois, très rarement il est vrai, il existe sur la tige des cheveux une se'rie d’anneaux noirs pigmentés et blancs décolorés (canitie annelée) sans aplasie moniliforme concomitante.
Les colorations pilaires variées professionnelles sortent, du cadre de la canitie ; il suffit pour les faire disparaître de supprimer la cause.
Tiuitement de la canitie. Teintures. — La variation dans le grisonnement des poils dépend du dépôt inégal de granulations pigmentaires ; il conviendrait de chercher le moyen de régulariser ou d’activer la fonction pigmentaire; jusqu’ici malheureusement nous ne possédons aucun médicament interne ou externe susceptible d’agir ainsi, et il faut nous borner à prescrire des teintures destinées à masquer la décoloration et à donner aux poils une couleur artificielle. Toutefois, quand la canitie prématurée acquise est localisée ou est due à une affection du cuir chevelu, à la pelade par exemple, il convient de ne pas prescrire de teinture, mais de raser plusieurs fois la plaque de cheveux décolorés, et de faire des applications d’acide acétique cristallisable pur ou mitigé; cet agent médicamentenx, en effet, d’après M. E. Besnier et nos propres observations, favorise certainement le processus de pigmentation des poils.
Cosmétiques et teintures. — Il faut savoir que beaucoup des préparations dii commerce, pour ne pas dire la plupart, qui contiennent des sels d’argent, de plomb, de cuivre, d’étain, de mercure, du cyanure de potassium, etc., sont le plus souvent nuisibles. Elles peuvent provoquer en effet des dermites parfois intenses, des altérations sérieuses du cheveu ou des poils, de l’alopécie qui peut être définitive, et même dans quelques
POILS
cas rares, des phénomènes d’intoxication plus ou moins graves. Aussi le médecin doit-il déconseiller l’emploi des teintures aux personnes à peau sensible ou prédisposées aux eczémas. Nous allons indiquer les teintures les plus connues, les plus employées, mais nous passerons sous silence celles qui sont susceptibles de provoquer une irritation vive.
1» Teintures noires et brunes. — Cosmétiques noirs.
Un procédé très simple et inoffensif, mais peu durable, consiste à appliquer la pommade suivante (Gazenave) :
Cire blanche. 12S grammes.
Huile d’olive.. 300
Faites fondre et ajoutez :
Charbon deliègeou depeuplier. 60 grammes.
Les teintures les plus employées pour obtenir la coloration châtain foncé ou noire ont pour base les sels d’argent, dont la solution, suivant son degré de concentration et la durée de l’application, donne une nuance différente allant du brun au noir. On peut employer une solution unique renfermant un sel d’argent. La coloration s’obtient alors par le fait de la réduction du sel d’argent sous l’influence de la lumière, par exemple ;
Nitrate d’argent..... '19s'’,36
Sulfate de cuivre.. 0 88
Ammoniaque... 10 grammes.
Kau.■ ■ - g- - ■ • - • - 1.1 ■ “
Ou bien :
Azotate d’argent cristallisé. 5 grammes.
Eau distillée de roses.. 12S. —
Ammoniaque liquide.■.... Q. S.-
Faites dissoudre l’azotate d’argent dans l’eau de roses, versez peu à peu l’ammoniaque jusqu’à dissolution
POILS
complète du précipité d’abord formé. On passe sur les cheveux ou la barbe une brosse imbibée de ce liquide qui leur fait prendre une teinte brune, puis noire.
Ou bien :
Eau dite Figaro. — (Solution ammoniacale de nitrate d’argent.)
Eau dite du Serpent :
Sulfate de cuivre... Ss^SS
Nitrate d’argent. ... 43 grammes.
Eau. 1,000 —
Ou bien :
Solution ammoniacale de chromate d’argent.
Ou bien (Kaposi) :
Nitrate d’argent.
Acétate de plomb.
Eau de roses..
Eau de Cologne...;..
Avant d’appliquer ces teintures, il faut avoir soin de savonner les cheveux pour enlever la graisse, puis de les laisser sécher pendant environ une heure. L’application faite, comme le plus souvent la peau sous-jacente est également colorée en noir, il faut la laver tout de suite avec une solution de sel marin plus ou moins concentrée.
Plus fréquemment on se sert de deux solutions, l’une renfermant un sel d’argent ou de plomb; l’autre, appelée mordant, destinée à produire, par réaction chimique, la couleur, consiste tantôt en solutions de sulfure de potassium, de sodium ou d’ammonium, tantôt en solutions de tannin, d’acide gallique ou d’acide pyrogallique. En combinant d’une façon convenable la quantité et la con-
1 gramme.
100 grammes.
1 gramme.
POILS
centration des liquides employés, on obtient la nuance que l’on désire.
Exemple :
Flacon 1 ;
Sulfate de cuivre Nitrate d’argent.
Ammoniaque....
Eau,..
Alcool. bOOO grammes.
Acide gallique.. 8 . —
Ou bien (Kaposi) :
Flacon n° 1 :
Nitrate d’argent cristallisé. 8 grammes.
Eau distillée. • • ■. .10 “
Flacon n° 2 :
Foie de soufre.. 8 grammes.
Eau distillée.. 10 —
Ou bien ;
Flacon n° — Solution d’acide pyrogallique à 6 0/0.
Flacon n« 2. — Solution de chromate jaune de potasse dans l’eau, avec addition d’une proportion variable d’eau oxygénée, cette proportion influençant la teinte et permettant d’obtenir toute la gamme, depuis le brun clair jusqu’au noir.
Ou bien :
Flacon n° i. — Solution aqueuse de sulfate de nickel. ■ Flacon n° 2. — Solution aqueuse de-pyrogallol.
Ou bien :
Flacon n° l. — Solution aqueuse de pyrogallol.