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mammaire ou du mamelon, ou de l’aréole, l’hypertrichose des membres, etc.
h’hypertrichose de la face chez la femme est de toutes ces variétés celle qui constitue la difformité la plus désagréable, celle pour laquelle le médecin est le plus souvent consulté. Certaines femmes, en effet, voient apparaître sur la lèvre supérieure, les parties latérales des joues, le menton, le cou, etc., despoils d’abord fins, qui bientôt, à la suite d’épilation, de rasures, de dépilatoires, etc., deviennent plus gros, plus durs, plus résistants, plus nombreux et finissent par constituer une véritable barbe. Le plus souvent, cette difformité leur cause une peine extrême ; elles deviennent tristes, nerveuses, impressionnables, parfois même neurasthéniques, mélancoliques et lypémaniaques. Ainsi que le déclare le Df E. Besnier, cette hypertfichose de la face se développe à plusieurs périodes de la vie chez la femme : la plus grave, celle qui constitue parfois une ‘ véritable barbe abondante, apparaît de quatorze à seize ans à l’âge où la barbe pousse chez l’homme; souvent en même temps il se produit de fhypertrichose sur les hras et sur les mollets : ces jeunes filles sont quelquefois véritablement masculinisées moralement; elles présentent le plus souvent des troubles fonctionnels ou nutritifs, obésité, dysménorrhée, aménorrhée, hystérie, etc. . . J
D’autres fois, vers la trentième annee, beaucoup de femmes qui avaient un duvet plus ou moins abondant de la lèvre supérieure,, ou du menton, ou des branches du maxillaire, voient ces poils follets se transformer peu 'a peu en poils plus volumineux, plus raides, plus nombreux, et se rapprocher de plus en plus de ceux des poils de la barbe de l’homme. •
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Enfin l’hypertrichose peut n’apparaître qu’à la période de la ménopause, et évolue comme la variété précédente.
L’étiologie de l’hypertrichose est peu connue. Nous signalerons seulement l’hérédité, les troubles sexuels, l’abus des dépilatoires, et tous les irritants cutanés.
Traitement. — L’hypertrichose généralisée, qui d’ailleurs est fort rare, est pour ainsi dire au-dessus des ressources de l’art. Il n’en est plus de même des hypertrichoses localisées pour lesquelles le médecin est fréquemment consulté par.les femmes surtout : on peut épiler, couper, raéer, flamber les poils, mais ils repoussent plus épais, plus durs; aussi, pour empêcher la reproduction constante des poils, faut-il détruire la papille. Les très nombreux épilatoires ou dépilatoires qui existent dans le commerce attaquent la substance du poil et le font tomber. Mais non seulement ils ne détruisent pas le bulbepileux, et par conséquent ne s’op- . posent pas à l’apparition de nouveaux poils, mais encore ils irritent la peau, peuvent provoquer des dermites intenses, des cicatrices vicieuses, et le plus souvent même augmentent l’hypertrichose.
Parmi ces épilatoires ou pilivores, nous signalerons les suivants, qui s’emploient surtout sous forme de pâtes :
Le rusma des Orientaux présente la composition suivante. On délaie dans neuf parties de chaux vive une partie d’orpiment (trisulfure d’arsenic); on ajoute un jaune d’œuf ou de la farine de froment, et on fait bouillir avec un peu d’eau, de façon à avoir une pâte qu’on applique en couche mince, avec une spatule en bois, sur les points où sont les poils; au bout de cinq à dix minutes, quand la cuisson commence à être vive, on racle
rapidement avec la spatule, puis on lave la peau à l’eau chaude et on saupoudre avec une poudre inerte blanche (amidon, poudre de riz, oxyde de zinc); ou bien, si 1 irritation est trop vive, on fait une onction avec une pommade émolliente.
Pâte de Bœttger :
Faire passer un courant d’hydrogène sulfure dans un lait de chaux très épais jusqu’à saturation. Puis on prend de ce ;
Sulfhy drate de chaux bien égoutté 20 grammes. et on ajoute :
Glycérolé d’amidon. dO ^
Amidon pulvérisé.
Essence de citron. X gouttes.
F. S. A. Une pâle.
On applique cette pâte sur la région à épilèr, on la laisse vingt ou trente minutes, puis on l’enleve avec une spatule et on lave.
Pâte de Heymann :
Gomme arabique. ® parles.
Ichthyocolle. .
Cochenille..
Curcuma pilé.
Alun.. AAI
Crème de tartre. aa 4
Carbonate de potasse.. )
Faire bouillir pendant une heure dans de l’eau de chaux, filtrer, mélanger le liquide avec SOO grammes de pierre ponce et du blanc d’œuf, pour en former une pâte.
Pâte de Mac Call Anderson :
Sulfure de baryum. 6 grammes.
Oxyde de zinc....•
Carmin.....
Mélanger cette poudre à une quantité d’eau suffisante
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pour en faire une pâte, qu’on ne laissera appliquée que trois à quatre minutes.
Pâte de Duhring :
Craie préparée. 24 grammes.
Sulfure de sodium. 8 —
Triturer avec de l’eau de façon à faire une pâte qui ne restera en place que dix à quinze minutes.
On peut encore arracher les poils à l’aide d’emplâtres agglutinatifs : on les chauffe légèrement, puis on les arrache brusquement et les poils sont avulsés. Ce procédé est douloureux et inefficace.
D’autres auteurs préconisent l’épilation suivie de l’introduction dans la cavité du follicule pileux, soit d’un liquide caustique (acide phénique, acétique ou chromique, potasse caustique, etc.), soit d’une très fine aiguille trempée dans l’un de ces liquides ou bien rougie au feu. ^
Le meilleur traitement radical de l’hypertrichose consiste dans la destruction totale du poil et de la racine par le courant électrolytique. Cette méthode, indiquée d’abord par le D’’ Michel de Saint-Louis, en 1873, qui l’appliqua au traitement du trichiasis, a été depuis perfectionnée par Hardaway, G. T. Jackson, Behrend, Lustgarten, etc. En France, c’est le Dr L. Brocq ’ qui a le mieux étudié cette question, et qui a, pour ainsi dire, vulgarisé ce mode de traitement. C’est à lui que nous empruntons les détails qui suivent relativement aux instruments, au manuel opératoire toujours fort délicat, aux indications et aux résultats de cette petite opération, etc.
1. L. Brocq, Bulletins de la Société médicale des hôpitaux de Paris, mai 4886, avril 1888 : Communication à la société de dermatologie, 3 avril 1891 ; Traitement des maladies de la peau, 20 édition, Paris, 1892, pages 636 et suivantes.
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Brocq se sert d’une pile à courants continus au bichlorure de mercure à vingt-quatre éléments, munie d’un galvanomètre bien réglé. Au pôle positif est reliée une poignée cylindrique recouverte d’une peau de chamois imbibée d’eau salée, que le patient serre vigoureusement dans sa main. Au pôle négatif s’adapte l’aiguille; celleci est en platine iridié et composée de trois parties : to d’un cylindre métallique de 1 centimètre 1/2 de long, de 3 à 4 millimètres de diamètre, taillé à facettes de façon à pouvoir être tenu solidement et légèrement à la fois, roulé entre les doigts et dirigé en tous sens ; 2» d’une tige mince et cylindrique de 2 centimètres de long; 30 d’une partie terminale de 10 à 15 millimètres de long, aussi fine que possible, séparée de la tige cylindrique par un arrêt métallique formant une sorte de bourrelet circulaire. Cette partie terminale est courbée à angle obtus à environ 5 à 6 millimètres de la pointe ; cette courbure peut se faire simplement en prenant la tige entre les mors d’une pince ; elle rend l’introduction de l’aiguille beaucoup plus facile et permet de faire l’opération en certains points où, sans cet artifice, l’introduction est des plus pénibles, à la partie inférieure du menton, par exemple.
Pour éviter toute cicatrice ultérieure et n’agir uniquement que sur le bulbe pileux, ,on a isolé la tige des aiguilles jusqu’à 2 millimètres environ de la pointe, qu agit ainsi seule sur les tissus. Donc, en mettant cette pointe libre en contact avec le bulbe pileux, si ce bulbe est à 3, 5, 7 millimètres de profondeur, les couches superficielles du derme resteront indemnes. M. Chardin est arrivé à construire sur les indications de Brocq une aiguille isolée assez pratique. C’est une tige en platine iridié, de la grosseur et de la longueur des aiguilles
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ordînEiires, montée sur le même cylindre qu’elles. A 2 millimètres de la pointe que l’on fait aussi fine que possible, on use un peu la tige circulairement dans une étendue de 4 à 5 millimètres, de manière à obtenir une sorte de petite dépression. On enroule ensuite dans cette dépression un fil de soie très fin qui recouvre presque entièrement le métal à ce niveau et qui constitue le corps isolant. L’introduction de cette aiguille est parfois laborieuse; il faut lui imprimer quelques mouvements d’hélice. Il est, de plus, malaisé de savoir si la partie terminale libre est bien en contact avec le bulbe du poil. Enfin, on ne peut, quand on l’emploie, saisir l’instant précis où ce bulbe est désorganisé. Aussi doit-on exercer, pendant que le courant passe, des tractions légères sur le poil avec la pince, ou se résoudre à tâtonner et à faire passer un courant de force mesurée pendant un laps de temps rigoureusement déterminé, de façon à pouvoir s’arrêter exactement dès que le poil n’est plus adhérent. Toutes ces difficultés rendent l’emploi des aiguilles isolées extrêmement délicat.
Manuel opératoire. — Le principe de l’opération consiste à faire passer dans l’organisme un courant électrique dont le pôle négatif est constitué par une fine aiguille mise en contact avec le bulbe du poil ; les tissus voisins subissent^dès lors la décoiriposition électrolytique ; quand le bulbe est détruit, on cesse de faire passer le courant.
Pour que l’opération se fasse dans de bonnes conditions,- c’est-à-dire pour que les lésions cutanées produites soient réduites à leur minimum, il faut que l’aiguille soit en contact direct avec le bulbe ; pour atteindre ce but et ne pas le dépasser, on commencera par étudier le volume des poils, leur-direction et, surtout, la
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profondeur de leurs bulbes qui varient suivant les malades et suivant les régions chez un même malade ; puis, on introduira l’aiguille à la profondeur voulue, ce qui sera rendu facile par la présence de l’arrêt ou de la soudure sur la tige.
On doit cathétériser, pour ainsi dire, le follicule pileux et faire glisser l’aiguille le long du poil jusqu’au bulbe sans éprouver de résistance ; si l’on en ressent, c’est que la pointe est à côté du follicule; on la retire alors et l’on tâtonne jusqu’à ce que l’on sente qu’elle s’enfonce, pour ainsi dire, toute seule.
Lorsque l’aiguille est bien placée, on fait passer le courant. Pour cela l’opérée, tient solidement à là main le cylindre mouillé d’eau salée qui constitue le pôle positif, et un aide fait tourner lentement le collecteur de l’appareil jusqu’à ce que l’aiguille du galvanomètre marque le nombre de milliampères (presque toujours de 2 à 3) avec lequel on veut agir. Il s’arrête alors; puis on revient rapidement à zéro lorsque l’on juge que le courant a passé assez longtemps et que le poil est détruit. Quand on n’a pas d’aide, on met d’emblée le collecteur de la machine sur le nombre d’éléments qni correspond à peu près au courant dont on veut se servir. Mais, dans ce cas, il faut que l’opérée ne prenne le cylindre formant le pôle positif qne lorsque l’aiguille est en place, car, autrement, les divers tâtonnements que l’on est obligé de faire pour introduire cette aiguille seraient trop douloureux. Quand l’aiguille est bien placée, on dit à l’opérée de saisir le cylindre ; elle le fait lentement, progressivement, pour ne pas éprouver de fortes secousses.; quand on juge que le poil est suffisamment détruit, on lui dit de lâcher le cylindre, puis on retire l’aiguille.
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Anesthésie locale. - L’opération par elle-même est assez douloureuse en certains points, comme les lèvres, les narines, la partie inférieure du cou, etc., etc. Les badigeonnages et les frictions avec des solutions et des pommades de cocaïne n’atténuent que fort peu les souffrances.
Cependant, Brocq se sert assez volontiers d une pommade ainsi formulée ;
Chlorhydrate de cocaïne,.
Lanoline..
Vaseline pure.
Extrait de violettes.......
0S'',S0 à 1 gramme.
On en frictionne les parties que l’on doit opérer à trois reprises, une demi-heure, un quart d’heure avant la séance, et au moment même où on la commence. Les douleurs ont paru ainsi un peu diminuées.
Les injections interstitielles de quelques gouttes d’une solution de cocaïne au vingtième ou au cinquantième donnent une anesthésie marquée dans un rayon de 1 centimètre 1/2 à 2 centimètres, mais on peut avoir par ce procédé des accidents d’intoxication générale.
Résultats de l’opération. — Dès que le courant passe, on voit se produire autour du point opéré une teinte érythémateuse assez étendue ; puis, au bout d’un laps de temps variable, quelquefois presque tout de suite, il se forme de l’écume blanchâtre autour de l’aiguille; enfin, quand on laisse passer le courant pendant un temps assez long, apparaît un petit cercle d’un brun clair, au-dessus duquel, lorsque l’aiguille est retires, il se développe une vésicule transparente qui jaunit et se trouble dès le soir même, ou tout au moins dès le lendemain. En même temps, les parties opérées se tume-
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fient, et, si l’on a détruit plusieurs poils profonds dans la même région, il survient presque immédiatement un empâtement général constituant une sorte de gros noyau induré.
Toutes ces lésions en apparence si considérables n’ont que fort peu de durée. Quelques heures après, la tuméfaction a disparu en grande partie, sinon en totalité; dès le lendemain, on ne voit plus que de petites vésicopustules ou des points rouges acnéiformes d’aspect qui correspondent aux piqûres.
Force du courant à employer. — Chez les personnes pusillanimes dont la peau est très fine et qui n’ont que peu de poils à détruire, Brocq se sert de courants très faibles, d’une intensité de 1 milliampère, 1 milliampère 1/2. Ces courants sont toujours bien tolérés, même aux régions les plus douloureuses comme les lèvres et le
Mais cette façon de procéder n’est plus pratique quand il s’agit de poils nombreux et volumineux. Il faut alors prendre des courants de 3 à 5 milliampères. Lorsque les poils à enlever se chiffrent par 10 à 20,000, Brocq emploie chez les personnes courageuses et intelligentes ce qu’il appelle la méthode rapide. Il met le collecteur de la machine électrique sur le nombre d’éléments qui correspond à peu près au courant dont il veut se servir; pour les régions à peaufine et délicate, douloureuses, et lorsque les poils ne sont ni trop volumineux, ni trop profonds, il prend des courants de 2 à 3 milliampères; pour les régions dont la peau a déjà été épaissie et abîmée par des opérations antérieures, par des applications fréquentes de pâtes épilatoires ou par des épilations répétées, et lorsque les poils sont volumineux et profonds, il prend des courants de 4 à
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5 ,milliampères. Lorsque l’aiguille est introduite dans le follicule pileux sur lequel on veut agir, on dit à l’opérée de saisir le cylindre qui forme le pôle positif; pour peu qu’elle le fasse avec décision, la destruction s’opère avec la plus grande rapidité ; mais, même lorsqu’elle ne saisit pas d’emblée le cylindre à pleines mains, la destruction se fait bien plus vite que lorsqu’un aide fait tourner lentement le collecteur de l’appareil. Quand on juge que le poil est suffisamment détruit, on dit à l’opérée de lâcher le cylindre ; elle le fait brusquement; on retire l’aiguille, puis on recommence. On n’enlève les poils que lorsque la séance est terminée, parce que l’on gagne ainsi du temps, et parce qu’ils se détachent bien mieux quand il y a déjà quelques minutes qu’ils ont été opérés.
Temps pendant lequel on doit faire passer le courant.
Le temps pendant lequel on doit laisser passer un
courant d’intensité donnée et mesurée au galvanomètre pendant toute la durée de l’opération, varie suivant les qualités de la peau, suivant la région opérée, suivant la profondeur et le volume de chaque poil. 11 est fort difficile d’apprécier le moment précis où le poil est détruit. Si l’on exerce des tractions modérées pendant le cours de l’opération jusqu’à ce que le poil cède et vienne au bout de la pince, on détruit d’ordinaire beaucoup trop les tissus ; si l’on cesse de faire passer le courant dès qu’il se dégage de la mousse autour de 1 aiguille, comme le conseillent beaucoup d operateurs, on ne détruit souvent pas assez. Tout cela est affaire d’habitude, et il est certain qu’un opérateur exercé comprend, d’après les phénomènes qui se passent autour de l’aiguille, quand un poil de grosseur donnée est radicalement détruit.