‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 23 sur 47 · POIL · texte numérisé non relu

POIL

Voici quelques règles que formule L. Brocq pour ceux qui n’ont pas l’habitude de ces opérations : s’il s’agit de poils volumineux placés en des points où des petites traces blanches soient imperceptibles, comme la partie inférieure du menton, on peut faire passer le courant jusqu’à ce que ie poil cède à des tractions modérées, ou tout au moins, s’il résiste trop longtemps, jusqu’à ce qu’il se forme autour de l’aiguille un petit cercle d’un brun clair et lorsqu’il y a déjà de dix à

quinzesecondesquelamousses’estmontréeavec un courant de 4 à 5 milliampères; Dans ce cas, on regarde au bout de dix à quinze minutes si le poil tient encore; le plus souvent il vient sans résistance, ce qui prouve qu’il a été détruit. Sinon on remet son ablation définitive à une autre séance.

S’il s’agit de poils placés en des endroits assez visibles, tels que la partie supérieure du menton, les joues, on opère en exerçant sur eux des tractions assez fortes avec la pince. On doit avoir ainsi quelques récidives, mais on se rappi’oche le plus possible du moment précis où le bulbe est désorganisé.

Enfin, s’il s’agit de poils assez fins et placés en des régions fort douloureuses, délicates, où il faut à tout prix éviter d’avoir la moindre cicatrice, comme la lèvre supérieure, on exerce sur le poil des tractions assez fortes; mais de plus on cesse de faire passer le courant dès que la mousse s’est formée autour de l’aiguille depuis trois ou quatre secondes. On attend ensuite quelques minutes. Si au bout de ce laps de temps le poil ne cède pas à des tractions modérées, ce qui arrive parfois, et si les tissus périphériques né paraissent pas avoir été trop désorganisés, on fait passer de nouveau le courant jusqu’à ce que le poil cède à des tractions

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assez fortes. Si, au contraire, les tissus sont trop atteints, on remet à une prochaine séance la destruction complète du poil. Quand on a une certaine pratique, bn n'a presque jamais besoin d’exercer des tractions avec la pince pour savoir à quel moment le poil est détruit.

En opérant ainsi on peut détruire de trente à soixante poils par séance de vingt à trente minutes de durée. Ce nombre varie selon la'grosseur et la profondeur des poils. Au bout d’une demi-heure ou de trois quarts d’heure d’attention soutenue, l’opérateur abesoin de repos et l’opérée elle-même commence à être fatiguée. Quand on a l’habitude de l’électrolyse, et quand on emploie la méthode rapide susindiquée, on arrive en une demi-heure à détruire cinquante à quatre-vingtdix poils. On peut faire à un même sujet plusieurs séances par jour, pourvu que la région pileuse soit assez étendue pour que l’on ne détruise pas dans une même journée deux poils trop voisins l’un de l’autre.

Ce dernier précepte est de la plus haute importance au point de vue du résultat terminal et doit être regardé comme une règle absolue. Il ne faut jamais détruire deux poils assez voisins l’un de l’autre pour que les vésicules qui se forment après l'opération se rejoignent et deviennent confluentes; car il se développera presque toujours alors des cicatrices vicieuses, des taches blanches, de fortes dépressions cupuliformes semblables à de toutes petites cicatrices de variole ou même, pour peu que la maladey soit prédisposée, de véritables chéloïdes. Toutes ces traces ultérieures peuvent persister plus ou moins longtemps, mais ont une tendance à disparaître peu à peu.

Il est fort difficile d’apprécier le nombre exact de poils qui sont détruits radicalement et le nombre de

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ceux qui repoussent après une première application de rélectrolyse. Il est rare, à moins que l’aiguille n’ait été mal introduite, qu’ils repoussent avec toutes leurs qualités. D’ordinaire, ils sont noirs, déformés, recroquevillés, à extrémité libre terminée en massue. Quand l’opération est faite par une main exercée, on peut estimer à un sur dix environ le nombre de poils qui repoussent. Quand on emploie la méthode rapide, il repousse généralement deux poils sur dix, mais cette proportion est bien compensée par le nombre beaucoup plus considérable de poils que l’on opère en une séance.

Lorsqu’on a enlevé tous les poils volumineux d’une région visibles au début du traitement, on est loin d’avoir terminé sa tâche, du moins dans la majorité des cas. On voit en effet les points opérés se recouvrir d’une nouvelle couche de poils réguliers plus fins que ceux que l’on a détruits, à grosse racine assez profonde : ce sont des poils nouvellement développés de seconde couche qu’il faut enlever pour obtenir la guérison définitive, et l’on doit s’estimer heureux quand d’autres poils nouveaux ne succèdent pas encore à ces poils de deuxième venue.

Il semble donc a priori que l’électrolyse fasse grossir le duvet des régions fréquemment opérées, en y déterminant une sorte d’excitation ou d’irritation. Mais le problème est probablement plus complexe et nécessite d’autres études. D’après L. Brocq, les applications irritantes et humides semblent faire pousser rapidement le duvet ; les poudres sèches et surtout astringentes ont au contraire de la tendance à le fairé tomber ; aussi faut-il conseiller aux malades de se contenter de poudre avec un peu de poudre d’amidon, de sous-nitrate

de bismuth ou d’oxyde de zinc additionnée ou non d’acide salicylique, de borate de soude, etc.

En résumé, ce traitement est radical; mais il ne doit s’appliquer que dans les cas où il est impérieusement indiqué ou exigé par les malades, car il est fort long, onéreux et assez douloureux. (L. Brocq.)

Poireau. — (Voir Femte.)

Pommades. — Préparation destinée à l’usage externe dontles corps gras sont la base. Pour les préparer on se sert de ; axonge, beurre, suif, beurre de cacao, moelle de bœuf, vaseline, lanoline, etc... Si le médicament est soluble dans les corps gras, la pommade s’obtient par mélange ou solution à chaud.— S’il est insoluble, on prépare la pommade par simple mélange, la substance médicamenteuse étant préalablement réduite en poudre fine, ou dissoute, si c’est possible, dans un peu d’eau ou de glycérine. — On prépare encore des pommades par coction avec les plantes fraîches, ou par combinaison chimique (pommade citrine, pommade oxygénée).

Les pommades sont très usitées en dermatologie et de formules très variées. Les meilleures à notre sens sont celles à l’axonge fraîche.

Pompholix. — (Voir Dysidrose.)

Porrigo contagiosa. — (Voir Impéticjo.)

Porrigo decalvans. — (Voir Pelade.)

Porrigo favosa. — (Voir Favus.)

Porrigo furfuracea. — (Voir Trichophytie.)

Porrigo larvalis. — (Voir Impétigo.)

Porrigo lupinosa. — (Voir Fams.)

Porrigo scutulata. — (Voir Fams.)

Poudres. — Les poudres se' divisent en poudres simples et en poudres composées. Il existe plusieurs

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procédés de pulvérisation. Généralement on les prépare par contusion dans un mortier et on passe au tamis.

Les poudres composées résultent du mélange de plusieurs poudres simples. — Sous cette forme, le médicament, étant très divisé, cède plus facilement ses principes actifs.

Poux. — (Voir Pédiculose.)

Prurigo, Prurit. — On désigne sous le nom de Prurigo les affections cutanées caractérisées par un symptôme commun, la démangeaison et des lésions cutanées papuleuses le plus souvent.

Le prurit cutané est un symptôme banal qu’on observe dans une foule d’affections cutanées; mais, s’il existe sans lésion de la peau, on le considère alors comme une maladie essentielle de la peau, due à un trouble de l’innervation cutanée, une dermato-neurose que les auteurs désignaient autrefois sous le nom de prurigo sine materia.

Prurigo et prurit (en tant qu’affection essentielle bien entendu), signifiant tous les deux affection prurigineuse avec ou sans lésion, doivent être toujours accompagnés d’un qualificatif désignant la nature, ou le siège, ou l’étendue de l’affection (prurigo parasitaire, sénile, ictérique, de Hébra, prurit d’hiver, sénile, généralisé, vulvaire, anal, des narines, etc., etc.).

MM. Brocq et Vidal font rentrer le prurigo de Hébra dans le cadre des lichens (licheu polymorphe chronique). En outre, d’après M. Jacquet, c’est le prurit qui serait éruptif; en d’autres termes, les éléments éruptifs seraient toujours secondaires au prurit ; de sorte que le prurigo vrai n’existerait pas. Cette question est aujourd’hui à l’étude, et il n’y a pas lieu de l’ahorder ici. Il

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est incontestable que les affections qui composent ce vaste groupe dermatologique ont toutes un lien commun, l’hyperexcitabilité cutanée : aussi Brocq proposet-il de les ranger dans le groupe des névrodermites, dont il donne une classification très complète et très logique (voir Lichen et consulter Annales de Dermatologie et de Syphilgraphie, 1892, page 1002 et suivantes).

Nous pensons, toutefois, que les termes de prurigo (et particulièrement le prurigo de Hébra, affection fréquente et bien connue cliniquement) et de prurit doivent être provisoirement conservés, avec les significations que nous venons d’indiquer, dans un livre purement pratique.

Nous décrirons donc :

1“ Prurigo de Hébra;

2“ Prurit généralisé;

3» Prurigo des vieillards ; prurit sénile ;

40 Prurit d’hiver ou prurigo de Duhring ;

5“ Prurit ano-vulvaire ;

6“ Prurigo et prurit des parties génitales de l’homme ;

70 Prurit des narines ;

8“ Prurit de la peau des mains et de la plante des pieds;

90 Prurit lingual.

Quant au prurigo parasitaire et au prurigo symptomatique des affections générales, leur traitement est le même que celui du prurit en général (voir plus loin).

10 Prurigo de Hébra. — Le prurigo de Hébra {névrodermite, ou lichen polymorphe chronique de Vidal-Brocq, prurigo mitis et formicans de Willan), est une maladie indépendante, bien individualisée, fréquente, apparaissant le plus souvent dans la première enfance,

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quelquefois cependant plus tard (seconde enfance, jeunesse), ayant une durée très longue, mais qon incurable, ainsi que le prétendent Hébra, Kaposi et d’autres auteurs autorisés. D’après Hébra, il débute généralement vers le huitième, douzième ou quinzième mois par des poussées successives de très petites papules pâles ou rouges, ou rosées (strophulus de Hatdy), Lres, peu saillantes, quelquefois même, perceptibles au toucher seul et donnant la sensation d une râpe, s’excoriant et augmentant par le grattage, apparaissant sur tout le corps, mais avec une prédominance très nette sur le côté d’extension des membres. Ces poussées papu leuses sont très souvent précédées ou accompagnées d’urticaire qui disparaît généralement vers la troisième ou la quatrième année ; bien que très fréquemment associés, urticaire et prurigo sont deux affections distinctes ; on n’est pas autorisé à dire que le prurigo de Hébra est une transformation de l’urticaire, mais la présence de l’urticaire chez un fort jeune enfant doit faire redouter pour l’avenir l’apparition du prurigo de Hébra.

A un degré plus avancé, le prurigo de Hébra se caractérise par l’existence de nombreuses papules excoriées et de lésions de grattage caractéristiques très abondantes, l’épaississement de la peau qui est sèche, rugueuse, tendue, pigmentée, particulièrement sur les régions les plus atteintes (les jambes et les bras et toujours de préférence sur le côté de l’extension), et souvent recouverte de poils follets quand la lésion est ancienne (lichénification ou lichénisation secondaire). Sur la face, au front, aux joues, les lésions sont souvent croûteuses, eczématiques. Dans les différents plis articulaires, au contraire (jarret, aine, aisselle,

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coude, poignet, etc.), la peau est blanche, lisse, souple, intacte. En outre, les ganglions lymphatiques sont hypertrophiés et forment même quelquefois, surtout dans l’aine, de grosses masses noueuses, saillantes, caractéristiques (Hébra).

Le prurigo peut durer toute la vie, évoluant par poussées plus ou moins fréquentes, plus ou moins intenses ou longues, généralement plus fortes 1 hiver, mais pas constamment. Plusieurs fois, chez les enfants surtout, nous avons vu les poussées alterner avec des bronchites intenses, de l’oppression, une toux forte, pseudo-asthmatique, pseudo-croupale. Les récidives sont très fréquentes, mais, bien traité, le prurigo de Hébra peut disparaître. Aussi convient-il de distinguer deux variétés : l’une le prurigo grave, ou ferox (lichen agrius), extrêmement longue, incurable (Hébra), rendant l’existence très pénible, s’accompagnant de démangeaisons violentes, intolérables, qui rendent 1 enfant très nerveux. L’autre, le prurigo mitis, beaucoup plus bénigne, quelquefois localisée aux membres (inférieurs surtout), très curable et bien plus fréquente en France.

Les causes du prurigo de Hébra sont peu connues. H existe plusieurs facteurs étiologiques, mais aucun à titre exclusif. Signalons l’hérédité, l’arthritisme, le lymphatisme, la tuberculose, la nervosité (scrofule irritable de Bazin), la syphilis, les affections survenant pendant la grossesse, les mauvaises conditions hygiéniques, la malpropreté, Valimentation défectueuse. D’après Brocq, le prurigo de Hébra est le résultat d’un métissage d’arthritisme, de lymphatisme et de nervosisme.

Le prurigo de Hébra s’observe un peu plus souvent

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chez les garçons et fréquemment chez les Israélites (comme toutes les dermatoses).

Traitement. — H dépend de l’intensité de la maladie; il est relativement assez facile de produire une amélioration notable, môme dans les cas intenses, mais cette amélioration est généralement des plus instables, très passagère. Aussi, pour Obtenir une guérison définitive, convient-il de continuer le traitement général et les applications locales pendant longtemps après que toutes les manifestations cutanées ont disparu : si l’on cesse trop tôt, elles reparaissent, ce qui a fait dire tà Hébra et Kaposi que l’affection était au-dessus des ressources de l’art.

Traitement général. — Il n’existe actuellement pas de médicament administré à l’intérieur susceptible de guérir le prurigo de Hébra, mais une hygiène alimentaire sévère, un traitement rigoureux de Tétat général du sujet basé sur la connaissance exacte de l’état pathologique du sujet ou de ses ascendants, joints au traitement externe poursuivi très longtemps, donnent de très bons résultats, surtout quand ils sont pratiqués de très bonne heure.

Gomme médicaments internes, il convient de mettre en première ligne Vhuüe de foie de morue, qui doit être administrée en quantité suffisante, c’est-à-dire très abondante (2, 4 à 6 cuillerées à bouche, selon l’âge), à partir de l’âge de trois ans. On doit la faire prendre l’hiver de préférence pendant de très nombreuses années; on prescrira l’huile de foie de morue blanche pure si elle'est bien supportée, ou dans la bière, un jus d’orange, de la citronade. Kaposi recommande de l’ad-ditionner d’iode (iode pur, 0^1,10 centigrammes pour 106 grammes d’huile de foie de morue) ou de phosphore.

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Huile de foie de morue

Phosphore pur.

Gomme arabique.

Sucre blanc.

Eau distillée.

Sirop simple.

Pendant l’été, on prescrira l’arsenic, le fer, le sirop iodo-tannique, les alcalins, le phosphate de chaux, l’acide phénique (4 gramme par jour en pilules (Kaposi); à Os^SO par jour (Aügagneur); le

sulfate de quinine (0s*',20 à 08'’,60) associé à la belladone (2 à 12 gouttes par jour) contre les poussées prurigineuses; la médication sédative du système nerveux (chloral, bromures, valérianate d’ammoniaque), etc. Le séjour à la campagne, les cures de lait, les eaux thermales, qui varient suivant la constitution du sujet (la Bourboule, Luchon, Salies-de-Béarn, Uriage, Cauterets, toutes les eaux salines, sulfosalines, sulfureuses, alcalines, arsenicales); enfin les injections sous-cutanées de pilocarpine sont également indiquées.

Traitement externe. — Quand il existe une vive irritation cutanée, un eczéma suintant ou croûteux, ou une urticaire intense, il convient d’abord de les traiter par tous les moyens appropriés (voir Eczéma et Urticaire) ; puis on traitera le prurigo, la nuit par des applications grasses, copieuses, précédées de lotions calmantes ; le matin par des lotions et des frictions; la journée par des poudres et l’enveloppement.

1 » Application de corps gras : Le soufre, le goudron, le naphtol (Kaposi), l’huile de foie de morue en pommades à la lanoline ou à l’axonge ou à la vaseline, ou à la thilanine (Saalfeld) (baume de soufre, huile de lin

.. 40 grammes.

. 0,01 centigr.

ai IS grammes.

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