PURPURA
Les différentes variétés de purpuras cpii intéressent plus particulièrement le dermatologiste sont les suivantes :
1° Le purpura simplex, caractérisé par l’apparition de petites taches ou traînées hémorragiques sur le corps et particulièrement sur les membres, parfois légèrement papuleuses {purpura papuleux de Hébra), saillantes, correspondant à des follicules isolés, et traversées par un poil, tantôt analogues à des plaques d’urticaire {purpura urticans de Willan), survenant soit accompagnées de symptômes fébriles légers, soit sans aucun trouble de la santé générale, et disparaissant peu à peu au bout de dix à douze jours. Cette variété semble être une des formes de l’érythème polymorphe (voir ce mot), la forme hémaphéique.
2“ La péliose rhumatismale de Schœniein. — Purpura rhumatismal, purpura exanthématique rhumatoïde (A. Mathieu), purpura myélopathique (Faisans).
Ce que l’on a décrit sous ces différents noms renferme une série de faits à peu près semblables et caractérisés par deux ordres de symptômes.
1° Des phénomènes généraux, troubles gastro-intestinaux, fièvre légère, malaise, courbature, lassitude extrême et enfin douleurs dans les grandes jointures, particulièrement au genou et au cou-de-pied, avec ou sans tuméfaction de l’articulation ; 2» des manifestations cutanées hémorragiques (purpura, pétéchies (purpura à très petits éléments), ecchymoses) généralement discrètes, parfois très abondantes, occupant surtout les membres inférieurs, et quelquefois aussi le tronc, et les membres supérieurs, se compliquant dans quelques cas de taches érythémateuses- disparaissant sous la pression du doigt, d’érythème noueux.
PURPUE.
d’œdème, d’urticaire, etc.; elles évoluent généralement par poussées successives accompagnées ou précédées d’exacerbation des manifestations, rhumatoïdes. La Péliose rhumatismale a une durée moyenne de deux à trois semaines ; elle s’observe de préférence chez les sujets jeunes, chez les adolescents fatigués, affaiblis, surmenés, ayant eu une croissance trop rapide ; son étiologie, sa pathogénie, la rapprochent beaucoup de l’érythème polymorphe, ainsi que le purpura simplex.
30 Purpura hémorragique. — Maladie maculeuse de Werlhof. — Cette foi’me se caractérise par l’apparition simultanée de purpura et d’hémorragies nasales, buccales, gingivales, pharyngées, laryngées, intestinales, rénales, pulmonaires, survenant brusquement, sans cause apparente, sans troubles graves de la santé générale, sans intoxication apparente.
4 » Purpuras infectieux primitifs. — Purpura idiopathique aigu. — Typhus angio-hématique de Gomot et Martin de Gimard.
Mêmes caractères que la maladie de Werlhof, mais accompagnés de troubles généraux les plus sérieux (état infectieux, typhoïde, pseudo-rhumatisme, hémorragies abondantes, etc.).
5“ Signalons encore : le purpura du scorbut, le purpura des états cachectiques, le purpura de l’hémophilie, le purpura qui s’observe dans les maladies générales (fièvre typhoïde, variole, rougeole, scarlatine, coqueluche, leucocythémie, septicémie, etc.), le purpura dû à l’absorption de matières toxiques médicamenteuses ou autres (iodure de potassium, arsenic, strychnine, alcoolisme, saturnisme, intoxication par l’oxyde de carbone, etc., etc.), enfin le purpura pulicosa (provoqué par les piqûres de puces).
IPUEA.
Tbaitement. — Nous ne saurions formuler un traitement complet du purpura. La première indication est de rechercher la cause de l’hémorragie cutanée et de la combattre par tous les moyens appropriés.
Si le purpura est dû à l’absorption d’une substance toxique, il convient d’en faciliter l’élimination le plus rapidement possible.
Dans le purpura exanthématique rhumatoïde ou péliose rhumatismale, on prescrira le repos, la vie au grand air, une alimentation reconstituante et surtout la série des médicaments toniques (huile de foie de morue, quinquina, coca, caféine, préparations martiales, inhalations d’oxygène, etc.). On pourra prescrire également avec prudence du salicylate de soude et de l’antipyrine. On ne peut espérer modifier les hémorragies cutanées déjà formées qui, d’ailleurs, se résorbent ' spontanément. Toutefois, on facilitera cette l’ésorption en employant les moyens suivants : compression légère du membre mis sur un plan un peu élevé ; — application de compresses de tarlatane imbibées d’une solution de chlorhydrate d’ammoniaque au centième ou au deux centième (Vidal), — ou d’une solution au vingtième de teinture d’hamamelis virginica; massage, etc. Mais le médicament qui semble le plus indiqué dans les cas de purpura intense, c’est l’ergo- .tine, en potions, en pilules, en injections sous-cutanées.
Injections hypodermiques :
Ergotine.. 0s'',10,
Alcool rectifié... . . l
Glycérine pure.^ grammes.
I à 2 seringues de Pravaz : Pilules avec :
PYBOGALLIQUE
Extrait d’ergo
lodure de fer
I ââ 1 gramme.
En prendre 3 à 5 par jour.
On peut encore prescrire l’eau de Rabel. Le traitement du purpura scorbutique sera celui du scorbut (régime spécial, nourriture végétale, légumes frais, fruits acides, citrons, oranges, raifort, radis, cresson, oignons, moutarde, cochléaria, etc. — Hygiène, vie au grand air, limonade sulfurique, quinquina, perclilorure de fer, gargarismes et collutoires au chlorate de potasse, cautérisation des gencives avec la teinture d’iode, l’acide chlorhydrique).
Pyrogallique (Acide). — C“H^ (OH“) syn. Pyrogallol. — Obtenu par dédoublement de l’acide gallique au moyen de la chaleur : aiguilles cristallines,ou lamelles blanches, inodores, d’une saveur amère et astringente ; il est soluble dans 2parties 1/2 d’eau froide, très soluble dans l’alcool, l’éther; s’emploie en pommade de S à 10 0/0, en solution dans le collodion, la pellicule adhésive, sous forme d’épithèmes, etc... surveiller activement les effets produits par cet agent médicamenteux très employé en dermatologie. Il peut en effet, dans certains cas, provoquer des accidents graves (voir Psoriasis).
Raclage. — (Voir Lupus, Traitement du.)
Radesyge. — (Voir Lèpre.)
Régime. — (VoirEczémas, Traitement général des.)
Résorcine. — Dioxybenzine. —Purifiée,
elle se présente sous la forme d’une poudre blanche cristalline, à saveur sucrée, très soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, insoluble dans le chloroforme et le sulfure de carbone. Antipyrétique, antiseptique, elle est très employée contre les ulcères syphilitiques lupiques et autres. Préconisée dernièrement par M. le D'' Hallopeau contre la pourriture d’hôpital, contre la diphtérie (D' Leblond) et la coqueluche (Dr Moncobvo). — S’emploie à l’intérieur en potion à la dose de 2 à 5 grammes. A l’extérieur en solution de 1 à S 0/0, en pommade de 10 à 30 0/0, en emplâtre, en pâte, etc.
Rhagades. — (Voir Gerçures.)
Rhinophyma. — (Voir Acné hypertrophique.)
Rhinosclérome. — On désigne sous ce nom (Hébra, Kaposi) une affection due à la présence d’un bacille spécial, qui ne semble s’observer que dans les provinces orientales de l’Autriche, le sud-ouest de la Russie, l’Amérique centrale, etc., jamais pour ainsi dire en France, et qui est caractérisée par des plaques.
RHINOSCLÉROME
des plateaux, des bourrelets, des nodosités, des tubercules d’une couleur rouge violacé ou brunâtre, parfois fissurés et croûteux, d’apparence sarcomateuse, débutant par une aile du nez, ou la cloison des fosses nasales qui, sans aucun symptôme inflammatoire, s’épaississent, s’indurent; au bout de quelques mois, l’affection évoluant souvent symétriquement, les ailes du nez semblent élargies, et le nez paraît aplati, .camus; il est dur, cartilagineux, immobile « comme moulé dans du plâtre ». L’épaississement augmentant, les parois se rapprochent, rétrécissent l’orifice des narines et arrivent même à l’obstruer complètement.
Bientôt le processus envahit la lèvre supérieure, le pourtour de l’orifice buccal qu’il rétrécit, les gencives, les arcades dentaires; d’autres fois, il gagne en arrière les cornets, l’arrière-cavité des fosses nasales, le voile du palais, dont les piliers se présentent sous la forme de brides luisantes, blanchâtres, rigides, comme cicatricielles, se rétractent, au point de faire disparaître presque complètement le voile du palais ; celui-ci est également le siège d’érosions arrondies, superficielles, indolores, ne creusant pas en profondeur le plus souvent ; parfois cependant on observe une large perforation du voile du palais.
L’affection peut encore envahir l’épiglotte, le larynx, et produire des accidents graves, de l’œdème glottiqiie, des crises épileptiformes, etc.
Dans quelques cas rares, le rhinosclérome (mauvais mot, puisque le nez peut n’être pas atteint) débute par la muqueuse du larynx.
Bien que n’altérant pas la santé générale, le rhinosclérome est une affection sérieuse en raison de la défiguration et des accidents pharyngés et laryngés qu’il
ÎOSCLÉROME
occasionne. Confondu autrefois avec la syphilis, l’épithéliome, classé ensuite parmi les sarcomes, le rhinosclérome est une affection due à la présence d’un bacille (Bacille de Fhisch) cultivé, inoculé aux animaux (Bah- DDZzi et Pawlowsky). Pour quelques auteurs, ce bacille différerait peu de celui de Fidedlllnder. Il s’observe entre 15 et 40 ans chez l’homme comme chez la femme, dans toutes les conditions sociales. Il évolue très lentement et récidive rapidement après l’extirpation incomplète. Aussi n’existe-t-il pas d’autre tbaitbment que l’extirpation, la décortication complète du tissu atteint; pratiquée au début de la maladie, quand un diagnostic précoce a été fait, elle a réussi dans quelques cas, mais non constamment, tant est grande la puissance de récidive du rhinosclérome.
Il faut, enoutre, combattre le rétrécissement de l’orifice nasal, en le dilatant avec une tige de laminaire ou une éponge préparée, ou bien en le raclant, le curetant ; on a également conseillé les cautérisations avec le thermo ou le galvano-cautère, la potasse caustique, le chlorure de zinc, la pommade à l’acide pyrogallique 10 0/0, les injections interstitielles de liqueur de Fowler, d’acide salicylique, d’acide lactique, d’acide osmique, de sublimé, dans les nodosités des muqueuses palatine ou laryngée.
Le traitement antisyphilitique a donné de bons résultats à G. Pellizzari, mais a échoué entre les mains de Kaposi.
Ed. Lang prescrit des cautérisations des fosses nasales avec de l’acide salicylique, des injections interstitielles d’acide salicylique à 2 0/0, des douches naso-pharyngiennes, avec une solution de salicylate de soude, et O^qSO d’acide salicylique trois fois par jour, à l’intérieur, pendant deux mois.
RUPIA
Doutrelepont a obtenu une gi’ande amélioration avec une pommade à la lanoline et au gublirné.
Quand le larynx est envahi et obstrué, il faut pratiquer le tubage ou la trachéotomie.
Ringworm. — (Voir Trichophytie, teignetondante.)
Rodens (impétigo). — (Voir Lupus.)
Rodent (ulcer). — (Voir Épithéliomes.)
Roséole. — (Voir Érythèmes.)
Rouget. — (Voir Parasites.)
Rupia. — On décrivait autrefois sous le. nom de rupia (rupia proeminens, conchyoïde, escharotica, etc.), des affections très distinctes, caractérisées par des phlyctènes ou bulles isolées plus ou moins volumineuses, renfermant un liquide séro-purulent et purulent se concrétant en croûtes aplaties ou saillantes, noirâtres.
En réalité, il n’existe pas d’affection cutanée idiopathique à.'laquelle on puisse appliquer la dénomination de rupia. Le terme de rupia peut être conservé en raison de son ancienneté, mais doit toujours être suivi d’un qualificatif; on l’emploiera quand on se trouvera en présence d’éléments bullo-pustuleux à développement excentrique et successif, auxquels succèdent des croûtes noirâtres, épaisses, surélevées à leur centre, et continuant à se développer à la périphérie, de sorte que les croûtes semblent stratifiées, superposées, composées de lamelles imbriquées de plus en plus larges, prenant l’apparence de coquilles d’huître (croûtes ^Conchyliformes). Les croûtes de rupia s’observent dans l’ecthyma, la syphilis, la variole, les éruptions pemphigoïdes, etc., etc.
Salicylique (Acide). — C’iPO^ Syn., acide amybenzoïque, aiguilles blanches inodores, à saveur amère, puis âcre, provoquant l’éternuement. * Il est soluble dans 300 parties d’eau, 2 à 3 d’alcool, 2 d’éther. On emploie surtout les sels ou salicylates. Antiseptique énergique, analgésique, antirhumatismal. Dose à l’intérieur de 1 à 4 grammes en cachets, pilules, etc. ; peut amener des troubles digestifs et cérébraux et rendre l’urine albumineuse. A l’extérieur en pommade à
I pour 30, ou 60, ou 100, en solution alcoolique, en collodion pour faire tomber la partie cornée des cors, en poudre désinfectante, en épithème, etc. On l’associe très souvent à d’autres agents médicamenteux.
Salol. — Salicylate de phémylo. Petits cristaux blancs, à odeur de géranium rosat; presque insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, un dix-septième d’éther; il est antipyrétique, antiseptique, anti-rhumatismal. A l’intérieur, de 1 à 8 grammes par jour, sous forme de cachets, il rend l’urine aseptique. A l’extérieur en nature pour saupoudrer les plaies, les pièces à pansements, etc.
II s’emploie aux mêmes doses et de la même manière que l’iodoforme. Gaze salolée, éther salolé à un dixième, collodion salolé, salol camphré, suppositoires, pom-
SARCOMES
mades de 2 à 4 pour 30 grammes. Peut être employé liquide. (Salol liquide. Voir Traitement des gommes scrofulo-tuberculeuses.)
Sarcomes, Sarcomatose cutanée. — La
sarcomatose cutanée'est une affection des plus intéressantes, mais renfermant encore beaucoup de points obscurs. En raison de sa rareté nous exposerons très brièvement ses caractères cliniques, et malheureusement aussi son traitement le plus souvent fort ingrat : le médecin qui voudra trouver une bonne description de cette maladie la trouvera dans l’excellente thèse de notre ami le D’’ L. Perrin (De la sarcomatose cutanée, thèse de Paris, 1886) à laquelle nous empruntons ce qui suit.
D’après Cornil et Ranvier, les sarcomes sont des tumeurs constituées par du tissu embryonnaire pur ou subissant une des premières modifications qu’il présente pour devenir du tissu adulte. Les sarcomes de la peau se divisent en deux grandes classes ;
— Les Sarcomes non mélaniques qui se subdivisent en primitifs idiopathiques, eten secondaires métastatiques. Les sarcomes non mélaniques primitifs comprennent eux-mêmes deux groupes : 1° les généralisés primitifs, qui sont les plus utiles’ à connaître, et 2» les localisés primitifs.
B. — Les Sarcomes mélaniques.
A. — 1° Les Sarcomes non mélaniques généralisés primitifs renferment un certain nombre de faits souvent assez dissemblables qui rendent la description d’ensemble difficile. C’est ainsi qu’on a distingué un type Kaposi, un type hypodermique globocellulaire simple, et de nombreux cas hybrides. Synthétiquement la maladie présente les caractères cliniques suivants :
SARCOMES
Elle débute le plus souvent par les extrémités. Il survient aux mains et aux pieds, du côté de la flexion, une sorte d’œdème dur avec sensation de picotement, de prurit et de tension; puis apparaissent des taches brunes, de petits noyaux infiltrés dans le derme, isolés, arrondis, de consistance assez dure, ayant des dimensions qui varient de celle d’une petite tête d’épingle à celle d’un pois. Parfois on constate d’abord des taches diffuses, pigmentées, cyanotiques, hypérémiques qui se transforment bientôt en des infiltrations de consistance dure, puis peu à peu en noyaux faisant saillie (plaques saillantes mamelonnées de Kaposi).
D’autres fois l’affection débute soit par une tumeur isolée suivie, au bout d’un temps variable, de l’éruption qui se produit sur la peau des membres, soit par des productions morbides plus ou moins nombreuses, apparaissant surtout sur le tronc, la face ou la partie supérieure des membres, sans localisation systématique.
Puis commence la période d’état ou de tumeurs : le nombre des productions morbides est extrêmement variable suivant les sujets et suivant les régions chez le même malade, de trente à un millier et plus. Elles peuvent siéger sur tout le corps; les muqueuses ellesmêmes peuvent être intéressées : mais souvent elles se groupent surtout vers les extrémités et sont d’autant plus rares qu’on se rapproche davantage du tronc (type Kaposi). Les tumeurs, dont le ^volume varie de celui d’un grain de millet à celui d’un pois, d’une noisette, d’un œuf et même d’une mandarine, sont généralement arrondies et sessiles; mais elles peuvent se pédiculiser. Elles sont tantôt violacées, brunes et noirâtres, surtout aux extrémités, tantôt grisâtres ou bleuâtres, tantôt rosées ou orangées ; elles peuvent être isolées ou
.RCOMEf
confluentes, formant alors des plaques plus ou moins étendues, bosselées, mamelonnées, violacées, caractéristiques.
D’après leur siège, le D"- Perrin décrit trois types de tumeurs ; 1" Tumeurs intradermiques faisant une saillie plus ou moins notable au-dessus du niveau des téguments et pouvant pénétrer jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané.
2“ Tumeurs hypodermiques, les plus volumineuses, n’adhérant ni à la peau ni aux muscles, ni aux aponévroses, ni aux os ou aux cartilages.
3« Tumeurs ne faisant pas de saillie notable, petites, nodulaires se découvrant aisément par la palpation.
Les seuls phénomènes subjectifs constatés sont des sensations de brûlures aux extrémités et une gêne plus ou moins considérable des mouvements. Généralement les ganglions ne sont pas hypertrophiés.-
Les tumeurs une fois formées peuvent rester stationnaires, s’affaisser, se décolorer et disparaître, se multiplier par apparition de nouvelles nodosités, récidiver sûr place quand elles ont été extirpées, se pédiculiser, s'ulcérer, se gangrener, etc. A la période ultime, les muqueuses sont envahies, puis la généralisation de la sarcomatose se produit, l’état cachectique se déclare, et le malade meurt dans le marasme ou bien enlevé par une complication. La durée moyenne de l’affection est de deux à trois ans, quelquefois plus, parfois moins (surtout chez les enfants). La mort est la règle, mais on a observé des rémissions.
La sarcomatose cutanée généralisée est probablement de nature microbienne; cependant, les recherches hactériologiques n’ont jusqu’ici donné aucun résultat. Elle se développe ordinairement de 40 à 60 ans, quel-
.ROOMES
quefois, mais rarement, chez les enfants et les adolescents. On ne connaît pas de cause particulière susceptible de favoriser le développement de la maladie, qui s’observe dans la majorité des cas chez des sujets robustes et exempts d’une tare diathésique.
2° Sarcomes non mélaniques généralisés secondaires- — Le Df Perrin les divise en deux groupes, suivant que la tumeur primitive est cutanée ou viscérale.
a. Sarcome cutané primitif localisé. — C’est la forme la plus bénigne des sarcomes de la peau ; elle n’est relativement pas très rare, s’observe à tous âges, chez la femme de préférence ; elle semble exister plus souvent au niveau des extrémités, se développant parfois sur un nævus irrité ou excorié. Le sarcome cutané localisé primitif est constitué par une tumeur plus ou moins volumineuse, dure, rugueuse; la coloration de la peau est normale, si ce n’est quand elle a été irritée artificiellement. D’abord hypodermique et dermique, la tumeur peut végéter longtemps sur place sans se généraliser et peut même guérir complètement quand elle est enlevée à temps, mais elle peut également se généraliser soit spontanément, soit à la suite d’une intervention chirurgicale, et envahir les viscères, parfois même la peau (sarcomatose cutanée généralisée secondaire).
h. Sarcome viscéral ou ganglionnaire primitif; sarcomatose cutanée secondaire. — Le sarcome occupe primitivement un organe ou des ganglions, puis spontanément ou à la suite d’une intervention, la généralisation se fait, probablement par la voie sanguine et non lymphatique. Quand la peau est envahie, des tumeurs de nombre et de volume variables apparaissent qui pullulent rapidement, occupent de préférence le tronc.
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augmentent de volume et sont dures, fermes, indolentes” elles peuvent rester stationnaires, pulluler jusqu’à la terminaison fatale qu’entraînent les lésions viscérales primitives, ou bien diminuer de volume alors que d’autres apparaissent. Il est très rare de les voir s’ulcérer.
B. — Sarcomes mélaniques primitifs de la peau. — Ils sont constitués par des néoplasies renfermant un excès de matière pigmentaire ou mélanine. Ils se développent assez souvent sur une tache cutanée, sur un nævus enflammé spontanément ou artificiellement.
Le sarcome mélanique cutané est caractérisé par une petite tumeur d’abord uniquè qui augmente peu à peu de volume (une petite noix), est dure, arrondie, le plus souvent sessile, brunâtre ou même noire. Au bout d’un temps variable et souvent à la suite d’irritation, d’interventions intempestives, l’affection se généralise et, contrairement à ce qui se passe pour la sarcomatose non mélanique, la généralisation semble se faire souvent par la voie lymphatique. Les tumeurs secondaires qui apparaissent sont également noirâtres, dures, indolentes, isolées ou confluentes : elles pullulent plus ou moins rapidement, sont susceptibles de s’atrophier, de disparaître, en s’affaissant d’abord au centre, ou bien elles s’ulcèrent et donnent lieu à un suintement noirâtre, mélanique. En même temps que les tumeurs secondaires- de la peau ou un peu plus tard apparaissent des tumeurs viscérales; l’affection évolue alors plus rapidement et se termine toujours par la mort. L’intervention chirurgicale donne toujours des résultats défavorables.
Traitement. — Le traitement de la sarcomatose cutanée mélanique oii non mélanique est des plus ingrats. Souvent, en effet, des interventions chirurgicales