‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 33 sur 47 · L. BHOCQ · texte numérisé non relu

L. BHOCQ

Macération de feuilles de jaborandi..

Extrait fluide de quinquina.)

Teinture d’arnica.j

D’ailleurs, tous ces médicaments peuvent être associés dans une formule quand leur composition s’y prête. Exemple : la poudre indiquée plus haut, ainsi que la pommade suivante ;

10 grammes, ââ 20 —

Bichlorure d’hydrargj're.

Chlorhydrate d’ammoniaque..

Eau distillée de laurier cerise.

Eau distillée..

E. BESNIER

Acide salicylique.... 1

Résorcine....> ââ 0S'',,50 à 1 gramme.

Baume du Pérou)

Soufre. 5 à 10 grammes.

Lanoline.) ,.

Vaseline.....[ “

D’une façon générale, et quels que soient les agents médicamenteux employés, il convient de faire le soir une application de la lotion, de laisser sécher, puis d’appliquer la pommade ou le Uniment que le malade gardera toute la nuit. Le matin, il lotionnera de nouveau avec la lotion employée la veille, de façon à net-

SÉBOREHÉE

loyer, à dégraisser la tête. D’ailleurs, il faudra souvent modifier les médicaments en raison de la grande ténacité de l’affection, laver la tête quand les croûtes et les squames se reproduiront, enfin changer de méthode suivant que la séborrhée sera sèche ou grasse, huileuse ou croûteuse. En résumé, voici, selon les différents cas observés le plus souvent, les principales indications de traitement : ,

1» Séborrhée sèche capitis. Pitijriasis capillitii aven alopécie légère et démangeaisons peu intenses. — Si c’est un homme, porter les cheveux courts, lavages suivant le mode indiqué, renouvelés tous les dix ou quinze jours ;lotionner trois fois par semaine le som avec la solution de sublimé indiquée, laisser sécher puis appliquer pour la nuit une couche légère de pommade au calomel ou au naphtol, ou la pommade suivant la formule de E. Besnier. Le matin lotionner de nouveau avec la solution de sublimé ou la solution chaude au polysulfure de potassium, ou la solution alcoolique de naphtol à 1 0/0. Laisser sécher et ne jamais employer de peigne fin pour enlever les pellicules.

Si c’est une femme, ne pas couper les cheveux, prescrire le même traitement, en écartant les cheveux, en faisant des raies; éviter les préparations soufrées, prescrire peu de corps gras si les lésions sont peu accentuées.

2° Séborrhée sèche, intense, avec démangeaisons vives et chute abondante. — Même traitement, mais en renouvelant les applications plus souvent et en augmentant les doses; employer les pommades résorcinées, naphtolées, soufrées; lotionner de temps en temps, en alternant avec la lotion au sublimé ou l’une des lotions suivantes (L. Brocq):

Éther de pétrole, ou bien :

Ammoniaque liquide... 3 grammes.

Alcoolat de romarin... 25 —

Eau de rose... 75 —

Ou bien :

Teinture de romarin..

— dejaborandi.

— de quinine.

■ Acide acétique... 3 grammes.

Borate de soude. S —

Alcoolat de Fioravanti. ) grammes.

Alcool camphré... ) °

Rhum .. 30 à tOO grammes.

3» Séborrhée croûteuse, croûtes graisseuses abondantes. — Bien nettoyer, dégraisser et laver la tête suivant les procédés indiqués, et recommencer souvent, puis employer avec persévérance les lotions et pommades soufrées de préférence, ou au sublimé et au calomel. On peut encore prescrire les lotions alcalines fréquentes (au bicarbonate de soude 1/SO), ainsi que les pommades au napbtol, à fa résorcine, à l’icbthyol (odeur très désagréable). Il est bon de faire en outre, une ou deux fois par semaine, une application d’éther de pétrole ou d’éther et d’acide lactique (quatre parties d’éther pour une partie d’acide lactique) ou d’éther et d’acide acétique (8 d’éther pour 1 d’acide acétique).

4“ Hyperidrose huileuse. — Laver tous les matins la tête avec de l’eau chaude, et l’un des savons indiqués plus haut, ou avec de la décoction d’écorce de chêne ou de châtaignier, bien essuyer et laisser sécher, puis appliquer un alcoolat aromatique renfermant 0,25 à 1 0/0 de naphtol B. Le soir poudrer la tête avec la poudre susindiquée ou' avec un mélange d’amidon et de salicylate de bismuth en proportions

I ââ 30 grammes.

SÉBORRHÉE '31'

variables de 10 à SO 0/0 (E. Besnier). Faire deux fois par semaine les applications d’éther de petrole ou d ether ficéticiuG ou IcLCticjuc-

Dans les cas intenses, le soir avant de poudrer la tète faire une lotion avec une solution de sublime ou d’acide acétique, ou d’ammoniaque, ou enfin de permanganate de potasse. • , ■ j. ; nitn-

•^0 Eczéma séborrhéique circule du cuir chevelu. Détacher les croûtelles grasses, puis lotionner avec la solution de sublimé le soir; appliquer la mut une poinmade au soufre, au calomel, au turbith, au naphtol, a 1 acide salicylique, etc., et lotionner de nouveau le matin, puis saupoudrer avec une des poudres indiquées.

Lassar indique le traitement complique suivant qui doit être exécuté chaque jour :

10 Frictionner vigoureusement la tête avec du savon au goudron pendant un quart d’heure ,

2» Laver à l’eau chaude, puis froide, abondamment; 30 Faire une lotion avec une solution de sublime à 1 pour 500;

40 Essuyer et frictionner avec une solution de

naphtol à 1/200;

50 Répandre sur la tète 23 grammes d huile pheniquée et salicylée à 2 pour 100 ;

2» Tii.utement local des séborrhées des hechons GLABRES. - D’une façon générale, les séborrhées des parties glabres sont modifiées par les mêmes agents médicamenteux que celles des régions pilaires Mais il faudra dans certaines régions à peau fine et dehcate prescrire des doses toujours très modérées, dût-on les augmenter ensuite progressivement et prudemment.

Le traitement varie suivant la forme, le degre et la localisation de la maladie.

;ÉBORBHÉE

La séborrhée sèche, pityriasique, qui occupe assez fréquemment les membres inférieurs, simulant l’ichthyose pilaire, sera notablement modifiée par les lotions alcalinisées chaudes fréquentes et copieuses, et les lotions savonneuses, suivies d’applications de pommades au naphtol B, ou au calomel, ou au soufre, ou à l’acide salicylique, à la résorcine, au tannin. Ces médicaments seront employés isolément ou mieux associés, dans des pommades, dans des liniments, ou mieux, dans des pâtes, que les lavages permettront de détacher.

2° Séborrhée croüteuse. — Savonner fréquemment, essuyer, puis appliquer les préparations soufrées qui ne présentent pas les mêmes inconvénients que dans les régions pileuses. Si toutefois elles ne sont pas supportées, les remplacer par les pommades ou pâtes sus-indiquées; on. peut également employer avec succès les nombreux vernis de Unna (voir Vernis). Pendant le jour, saupoudrer avec les poudres indiquées.

3“ Séborrhée huileuse, hyperidrose huileuse. — Affection très tenace. Même traitement que pour celle du cuir chevelu. Lavages et savonnages fréquents, saupoudrer avec les poudres indiquées et avec la poudre de salicylate de bismuth pur. Essayer la série des corps gras.

Dans les cas où la séborrhée huileuse est localisée et rebelle, Vidal conseille de faire des scariflcations linéaires losangiques de 2 à 4 millimètres de profondeur, en évitant de diviser les téguments dans toute leur épaisseur afin de ne pas avoir de cicatrices, mais en pénétrant assez profondément pour atteindre le réseau vasculaire. Ces scariflcations doivent être renouvelées ' vingt à trente fois, tous les six à sept jours.

SÉBORRHÉE

40 Ecréma séborrhéique circiné ou figuré. — Affection relativement peu tenace, mais très récidivante. Si les téguments ne sont pas trop irrités ni irritables, il suffit de savonner suivant les différents modes indiqués, puis d’appliquer le soir une des pommades soufrées, ichthyolées, au calomel, à l’acide salicylique, etc., et le jour une des poudres déjà mentionnées. Si les téguments sont irrités et si les lésions occupent des régions irritables, il faut faire des lotions chaudes émollientes ou boriqûées, puis appliquer une des pommades, mais ne renfermant qu’une faible dose d’agent actif.

S’il existe des croûtes assez épaisses, on devra commencer par les faire tomber en employant l’une des méthodes que j’ai signalées.

• Dans les formes d’eczéma séborrhéique psoriasiforme,

le traitement est à peu près celui àyxpsonasis (Voir ce mot). Toutefois, en raison de l’irritabilité des placards, il convient de ne prescrire que des doses légères d’acide chrysophanique ou pyrogallique, d’huile de cadeoude bouleau, d’ichthyol, etc.

En outre, il faut supprimer toutes les causes extérieures d’irritation locale, et particulièrement les vêtements de flanelle, de laine, les sous-bras en caoutchouc, les linges imprégnés de sueurs, etc. Enfin, nous avons dit que, d’après Unna, il faut toujours traiter activement le lieu d’origine de l’eczéma séborrhéique qui se trouve souvent dans le cuir chevelu et dans les bords ciliaires pour éviter les rechutes, les récidives, ou la propagation de la lésion aux régions voisines. « Traitez la séborrhée des enfants et vous n’aurez pas plus tard d’eczémas chez les adultes. » (ünna.)

^0 Séborrhée de la portion exposée de la surface rouge des Verres,du nez et delapartie attenante des joues. La

T BOPHULUS

localisation de la séborrhée en ces régions est fréquente, tenace et fort désagréable. Aux différents procédés de traitement que j’ai déjà indiqués (pommades au soufre, au naphtol, au calomel, à l’acide salicylique, au tannin, de préférence à base de lanoline, etc.) j’ajouterai les scarifications linéaires losangiques pratiquées avec le plus grand soin et fréquemment renouvelées. (Pour plus de détails sur le traitement des séborrhées, voir Eczéma et Acné.)

Sparadraps. — Les sparadraps sont des préparations destinées à l’usage externe et constituées par une bande de tissu ou de papier recouverte d’une couche uniforme de matière emplastique. Ces matières emplastiques étaient autrefois toutes à base de savon de plomb et avaient l’inconvénient de rancir et d’irriter la peau.

Aujourd’hui on se sert de masse à base de guttapercha, de caoutchouc, etc. Ex. ; Le sparadrap caoutchouté simple est une excellente préparation très adhésive, non irritante, qui se conserve très longtemps et remplace avantageusement tous les anciens sparadraps. On peut incorporer aux sparadraps la pluplart des agents médicamenteux utilisés en dermatologie.

Spedalsked. — (Voir Lèpre.)

Stéatorrhée. — (Voir Séborrhée.)

Strophulus. — Sous le nom de strophulus, appelé encore vulgairement boutons, rougeurs, feux de dents des enfants, on a décrit toutes les affections de la première enfance caractérisées par des papules rouges ou blanches, prurigineuses, reposant ou non sur une base érythémateuse, confluentes ou isolées, d’un volume variable et ayant une durée généralement courte.

GLANDES 8UD0EIPAEES

Bateman et, après lui, un certain nombre de dermatologistes décrivaient cinq variétés de strophulus ; strophulus intertinctus, albidus, confertus, candidus, volaticus; Hardy distinguait le strophulus simple, ou strophulus de Bateman, et le strophulus pruriginosus qui semble n’être que le premier stade du prurigo de Hébra. (Voir ce mot.) En réalité, le strophulus n’est pas une affection définie. Toutes les éruptions papuleuses, érythémateuses et prurigineuses de la première enfance qui sont sous la dépendance d’une inflammation gastro-intestinale provoquée par une alimentation de mauvaise qualité ou trop abondante, par le travail de la dentition, par la chaleur, ou par une mauvaise hygiène (Éruptions artificielles, sudorales, médicamenteuses. Érythèmes. Urticaire. Prurigo de Hébra. Eczémas de l’enfance, etc., voir ces mots), ont été à tort décrites sous ce terme unique de strophulus qui ne mérite pas d’être conservé.

Sudoripares (Glandes). — 1« Anomalies de la sécrétion de la sueur;

2° Affections des glandes sudoripares.

1“ Sueur (Anomalies de la sécrétion de la). — Elles sont quantitatives ou qualitatives. Si les premières (hyperidrose, anidrose) sont assez bien étudiées, il n’en est pas de même des secondes qui, sauf la bromidrose onYosmidrose et Vérythridrose, sont encore peu connues, sujettes à discussion et ressortent surtout du domaine de la neuropathologie (chromidrose . ou chromocrinie, uridrose, galactidrose, hématidrosé). D’ailleurs, tout ce qui touche à la physiologie et à la pathologie des glandes sudoripares et de leur sécrétion n’est pas encore entièrement élucidé, malgré les nombreux travaux anciens ou récents entrepris à ce sujet. Aussi

GLANDES SUDORIPABES

ne croyons-nous pas devoir insister ici sur Torigine, la composition chimique de la sueur, acide pour les uns (Béclard, Binet, Aubert, Fr. Franck, Kaposi), alcaline pour les autres (Vülpian, Luchsinger, Strads, Thdmpt, etc.), pas plus que sur l’action des nerfs vasodilatateurs et vaso-constricteurs, sur la circulation cutanée et la sécrétion de la sueur, ainsi que sur les rapports plus ou moins intimes qui existent entre le système sébacé et lé système sudoripare.

A. B. G. Hyperidrose. Éphidrose. Bromidrose. — On désigne sous le nom d’hyperidrose l’exagération de la sécrétion normale de la sueur; quelques auteurs allemands l’appellent également dysidrose; mais, en se reportant à ce mot, on verra qu’en France et en Angleterre il s’applique à une affection bien différente. L’byperidrose est symptomatique (hyperidrose des états fébriles, fièvres éruptives, fièvre typhoïde, etc., hyperidrose des cachexies, de la tuberculose, de la suette miliaire ou suette anglaise, suette des Picards, suette du Poitou) ; elle survient alors soit au début, soit dans le cours (sueurs colliquatives), soit à la fin (sueurs critiques) des pyrexies. L’hyperidrose symptomatique peut encore être liée à un trouble fonctionnel ou organique du cerveau, de la moelle ou du grand sympathique. On en trouvera la description dans les livres de médecine générale. U Hyperidrose idiopathique ou essentielle, au contraire, a sa place nettement indiquée dans ce livre. Elle est généralisée ou localisée {Éphidrose). L’hyperidrose généralisée est elle-même physiologique quand elle se produit sous l’influence de la chaleur, du mouvement, de la marche, de la danse, du travail, etc., ou pathologique quand elle survient chez certains sujets prédisposés, obèses, arthritiques, dyspeptiques.

.NDBS SUDOEIPAEES

nerveux, sans cause appréciable ou sous l’influence du plus petit mouvement, d’une faible élévation de température, à l’occasion d’une émotion, d’une colère, d’une contrariété, etc. ; elle est passagère le plus souvent, mais parfois continue, occupant tout le corps, mais surtout les régions que nous allons indiquer en décrivant l’byperidrose localisée. Elle peut se compliquer d’un exanthème que nous décrirons un peu plus loin (Voir Sudamina, Miliaire, dans ce même chapitre), ou d’éruption eczémateuse chez les sujets prédisposés.

h’Hyperidrose localisée ou Ephidrose est fréquente; elle s’observe généralement au visage, au cuir chevelu, aux aisselles, aux plis de l’aine, aux pieds et aux mains. Au cuir chevelu elle se complique fréquemment de séborrhée particulièrement dépilante (voir Séborrhée). Aux aisselles, elle est très fréquente et très abondante; la moindre émotion chez les personnes prédisposées suffit pour la provoquer (hyperidrose des gens nus) (Aübert); elle se complique parfois d’intertrigo, d’eczéma ou d’hydrosadénite ; chez certains sujets, les femmes surtout, et particulièrement les rousses, la sueur exagérée présente souvent une odeur spéciale fort désagréable (bromidrose ou osmidrose).

De même aux pieds et aux mains, surtout aux régions plantaires ou palmaires, l’éphidrose est des plus fréquentes et constitue une affection très pénible, pouvant dans certains cas rendre toute profession manuelle ou la marche impossibles, survenant de préférence chez les sujets jeunes, lymphatiques, dyspeptiques, nerveux, plus ou moins prédisposés aux engelures, chez les jeunes filles chloro-anémiques

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