ULCÈRES CUTANÉS
Si les bourgeons charnus sont exubérants, on les cautérisera arr nitrate d'argent ou au thermo-cautere . on pourra aussi pratiquer le raclage.
Enfin, quand il existera de gros paquets veineux, variqueux, quand l’ulcère sera très étendu avec bords calleux reposant sur des tissus présentant de 1 engorgement chronique, on pourrapratiquer la circumvallation, l’incision circonférentielle de Dolbeau, ou l’opération de Trendelenburg (ligatures multiples sur saphène interne et même sur l’externe combinées avec l’extirpation de grosses tumeurs "
méthode d’Englisch (injections sous-cutanées d alcool destinées à enflammer et à oblitérer les veines variqueuses, mauvais procédé). ^
^ Le repos au lit sera toujours necessaire pendant tous les stades du traitement de l’ulcère de jambe etendu. Les manifestations eczémateuses, inflammatoires, lymphangitiques, devront être traitées en même temps que fa plaie (cataplasmes tièdes, vaseline bonquee pulvérisations émollientes, pâte de
solutions de salicylate de soude de 10 ^ ^5 0/^ additionnées de 2 à 12 0/00 de bicarbonate de soude.
Les hémorrhagies dues à la rupture de varices s arrêtent aisément grâce à l’application d’un pansement iodoformé, ouaté, compressif et le repos au ht.
Ouand il existera de la pachydermie du meinbre variqueux, on aura recours au traitement de 1 elephan-
^‘TgÏÏonrpou?terminer le traitement indiqué par Unna, qui permet au malade de ne pas garder le
Savonner la jambe avec un savon antiseptique ;
20 Faire autour de la plaie un badigeonnage assez
ULCÊ]
ÜTANÉI
étendu avec le mélange suivant que l’on aura fait fondre au bain-marie pour la ramollir :
Oxyde de zinc.,. i
Gélatine pure.’l.' ! j ^^10 grammes.
Glycérine... .. i
Eau distillée........ï grammes.
3“ Pansement de la plaie à l’iodoforme, puis la recouvrir de gaze iodoformeeou de sublime';
4° Appliquer une bande de tarlatane mouillée à deux globes, que l’on entrecroise au-devant de la plaie ;
S» Appliquer une bande de tarlatane sèche en spirale autour du membre destinée à maintenir tout le pansement.
Quand l’ulcère de jambe sera cicatrisé, il faudra, pour éviter la rupture de la cicatrice, faire des lavages antiseptiques fréquents de la région malade, la saupoudrer tous les matins avec la poudre d’amidon, conseiller au malade de porter un bas à varices bien régulièrement appliqué et produisant une compression modérée. Les cicatrices sont quelquefois le siège de poussées bulleuses ce qui vient confirmer l’existence de lésions nerveuses profondes. On les traitera comme les éruptions bulleuses des trophonévroses.
L’ulcère phagédénique des pays chauds (ulcère tropical ou du Tonkin, de Chine, de Mozambique, plaie annamite), etc.,estunulcèredejambequipar auto-inoculation
peut être observé sur d’autres régions du corps ; il semble en effet comme le bouton de Biskra être produit par un agent microbien spécial que l’on trouverait dans les eaux stagnantes. Toutes les plaies des membres inférieurs, très fréquentes dans ces pays exotiques où les indigènes et les émigrants ont souvent un mauvais état général et vivent dans un état de malpropreté assez
■DLCÈRES CUTANÉS
grande, quelles soient dues à l’acné, à l’eczéma, aux piqûres de moustiques, à un furoncle, àl’ecthyma, a la syphilis, à la tuberculose, à un traumatisme quelconque ou surtout aux varices, prennent souvent une extension assez grande et sont susceptibles d’être, envahies par le phagédénisme. Aussi observe-t-on parfois, des plaies profondes, grisâtres, sanieuses, à bords indures, décollés, à sécrétion purulente épaisse, abondante, mal liée, à réparation très lente; parfois, chez les sujets dont l’état général est particulièremant mauvais surviennent des poussées gangreneuses, de vastes décollements et même des nécroses osseuses.
Le traitement local est à peu près le même que celui des ulcères de jambe étendus de nos pays ; il faudra pratiquer des pansements antiseptiques fréquents avec l’acide phénique, le sublimé, l’iodoforme, le salol, etc ; le phagédénisme sera combattu comme dans les cas c e chancre simple phagédénique, par des applications de pommade à l’acide salicylique ou à l’acide pyrogallique au cinquième (L. Brocq). On pourra également cautériser l’ulcère avec le nitrate d’argent, ou l’acide azotique, ou l’acide chlorhydrique, ouleperchlorure de fer, l’alun, le sublimé, l’acide phénique, etc., ou enfin le thermocautère. Le curetage de l’ulcère, suivi d’un pansement antiseptique, donne de bons résultats.
Mais à ce traitement local il faut joindre un traitement actif de l’état général (toniques, extrait de quin-, quina, sulfate de quinine, kola, fer, arsenic, traitement de la diarrhée, delà syphilis, etc., etc.) et recommander aux habitants du pays de se couvrir les pieds et les Ïambes chaque fois qu’ils séjourneront dans les mares ou les rizières, et de désinfecter les pièpes de vêtements ayant été mouillées.
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XJlérythème. — Sous ce nom, Unna a décrit différentes affections caractérisées par de la rougeur, et une cicatrice atrophique consécutive (de ouXti, cicatrice, et spuSïjjAa, rougeur), qui doivent être rapportées à l’acné, à la séborrhée, à lakératose pilaire, au lupus érythémateux (voir ces mots).
Uridrose. — (Voir SMewr.)
Urticaire (Cnidosis). — L’urticaire est une des affections les plus communes de la peau, caractérisée par l’apparition de plaques ou d’élevures rouges, rosées ou blanches, entourées d’une aréole rouge régulières ou non, éphémères, ou plus ou moins persistantes, donnant lieu à une sensation de chaleur, de cuisson, de démangeaison semblable à celles que produisent les piqûres d’orties. Nous n’insisterons pas sur les variétés cliniques (urticaire annulaire, gyratée, circinée, porcelaine, érythémateuse simple, papuleuse, vésiculeuse, bulleuse, œdémateuse, maculeuse, noueuse, géante, tubéreuse, nécrotique, hémorrhagique, etc.), les localisations (toute la surface cutanée, muqueuses labiale, buccale, linguale, palatine, pharyngée, vulvaire, etprobablement aussi nasale, laryngée, trachéale, bronchique, œsophagienne, gastro-intestinale, vésicale, utérine (urticaire interne, endermose de Guéneau de Mussy), la marche, la durée de l’urticaire (urticaire aiguë, chronique, récidivante, persistante, urticaire fébrile). Urticaire pigmentée. (Voir plus loin )
Nous insisterons beaucoup plus sur les causes de 1 urticaire : le traitement en effet dépend presque exclusivement de la connaissance même de la cause de l’urticaire, qu’il faudra s’efforcer de combattre. Quant à la pathogénie de l’urticaire, elle est encore pleine d’obscurité : nous ferons seulement remarquer les nombreux
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points de ressemblance qui existent dans les caractères cliniques et anatomo-pathologiques et l’évolution de l’érythème polymorphe ou multiforme et de l’urticaire.
Les causes dites externes sont les suivantes ; piqûres d’orties, chenilles processionnaires, puces, punaises, poux, mouches, cousins, lepte automnal, orties de mer (actinies ou méduses). Il faut savoir que ces divers agents irritants ne provoquent le plus souvent de l’urticaire que chez des sujets prédisposés arthritiques et nerveux : cette idiosyncrasie joue un rôle capital dans l’étiologie de l’urticaire. Tel individu peut en effet être couvert de piqûres de puces sans présenter a:ucune trace d’urticaire, alors que tel autre n aura été piqué que par une seule puce et présentera des placards multiples d’urticaire disséminés sur tout le tégument ; en outre, Kaposi fait observer avec raison qu’une pression mécanique, un grattage, ou même le simple toucher de la peau chez un sujet en puissance d’urticaire, ou'y étant particulièrement prédisposé, peuvent déterminer une poussée d’urticaire àiieprovoqibéeowfactice. (Voir Autographisme.)
Les causes internes sont multiples.
10 Urticaire ab investis. — Elle est très commune, et le plus souvent sous la dépendance réflexe d’un trouble gastro-intestinal, qu’il faut toujours rechercher, particulièrement chez les enfants qui sont très fréquemment atteints d'urticaire, rjuand ils sont soumis à une alimen-. tation défectueuse (mauvais lait, mauvaise nourrice, alimentation irrégulière ou trop substantielle, etc.).
11 faut encore signaler ici l’influence de l’idiosyncrasie ; certains sujets ne peuvent absorber certains aliments ou liquides, sans avoir de l’urticaire. Innombrables en effet sont les aliments susceptibles de provo-
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quer l’urticaire, sans qu’on puisse invoquer l’influence de l’imagination ou de l’auto-suggcstion. Ce sont les poissons de mer (et même de rivière, mais bien plus rarement), les coquillages (huîtres, homards, écrevisses, crabes, crevettes, moules, etc.), le jambon salé ou fumé, le gibier surtout quand il est faisandé, certains fromages, lés escargots, les champignons, les trulfes, le concombre, les fraises, framboises, groseilles, noix, amandes, la sauce mayonnaise, les épices, les asperges, les choux, la choucroute, le cresson, etc., etc., la glace, le vin hlanc, le champagne, l’alcool, le café, le thé, etc.
2“ Urticaire médicamenteuse. — Elle survient dans les mêmes conditions que l’urticaire ab ingestis. Les agents le plus souvent incriminés sont les suivants : les balsamiques, copahu, térébenthine, le cubèbe, le chloral, l’opium et ses dérivés, la valériane; l’acide salicylique, le salicylate de soude, l’iodoforme, l’antipyrine, l’iodure et le bromure de potassium ou de sodium, le sulfate de quinine, l’acide phénique, l’arsenic, la belladone, le mercure, etc., etc.
3“ Urticaire prodromique ou prémonitoire d’all'ections cutanées, ou bien survenant dans le cours de ces affections (prurigo de Hébra, prurit sénile, dermatite herpétiforme, pemphigus, eczéma, gale, lichen, etc.) ; le lichen urticatus est de l’urticaire des enfants.
Cette variété d’urticaire est très commune, la plupart des sujets atteints d’affection cutanée possédant à un haut degré la prédisposition Urticarienne.
4® Urticaire deutéropathique qui survient au début, dans le cours ou dans la convalescence d’états pathologiques très divers. Signalons particulièrement les dyspepsies gastro-intestinales, les affections du foie, des
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reins, les Itystes htjdatiques {urticaire hydatique de Debove), le paludisme, les fièvres éruptives (urticaire prodromique de la variole), le rhumatisme, les septicémies chirurgicales et puerpérales, les' affections des organes génito-urinaires et particulièrement la blennorrhagie; les vers intestinaux, le diabète, l’asthme, les affections de la moelle épinière, l’hystérie, etc. L’urticaire peut survenir encore à la suite de dépressions morales, d’émotions violentes, peur, colère, traumatisme.
Traitement. — Il comprend trois indications :
1» Rechercher la cause prochaine ou éloignée de l’urticaire et s’efforcer de la faire disparaître ;
2“ Combattre par un traitement interne et externe la manifestation cutanée si prurigineuse (traitement de l'urticaire proprement dit) ;
3“ Prévenir le retour de l’urticaire par une hygiène et une diététique rationnelles.
1° Si l’urticaire est provoquée par les agents externes irritants, dont la recherche est parfois assez difficile, il suffit de supprimer la cause : quand elle est due à l’ingestion dès médicaments ou des aliments que nous avons énumérés, il faut en outre de leur suppression prescrire un purgatif léger, et dans les cas plus sérieux un éméto-cathartique, afin de favoriser l’élimination du principe nuisible absorbé, et recommander au malade de suivre pendant plusieurs jours un régime sévère, diète lactée, si elle est supportée, pendant quarante-huit heures, puis alimentation légère et laxatifs légers répétés quotidiennement (rhubarbe, magnésie, eaux purgatives faibles).
Quand l’urticaire est due à l’une des très nombreuses affections que nous avons signalées, il faut le soigner
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activement. C’est ainsi qu’on devra rechercher avec soin pour les combattre par les moyens appropriés les troubles hépatiques, utérins, génito-urinaires, etc. Mais ce sont surtout les troubles gastro-intestinaux si variés, et si fréquents chez les sujets atteints d’urticaire qu’il convient de traiter. Nous ne pouvons indiquer ici le traitement encore si discuté des dyspepsies, Nous insisterons surtout sur la nécessité de prescrire un - régime rigoureusement surveillé (lait pur ou coupé d’eau de Vichy ou de Vais, Képhir, régime végétarien, . viandes blanches, légumes verts, purées, fruits cuits, compotes. Peu de pain, vin ou bière légère, en petite quantité), de combattre énergiquement la constipation (podophyllin, rhubarbe, magnésie, cascara sagrada, evonymine, huile de ricin, aloès, poudre laxative de Dujardin-Beaumetz, massage abdominal, eaux minérales purgatives; chez les enfants, manne en larmes dans le lait, etc., etc.), de faire avec modération de l’antisepsie gastro-intestinale (cachets de salol, de bétol, de benzo-naphtol, de naphtol associés à la magnésie, au bicarbonate de soude, à la craie ou au salicylate de bismuth) ; enfin de favoriser la diurèse (diurétiques légers, chiendent, eau de Vittel, acétate de potasse à 2 grammes dans une tasse de tisane de
queues de cerises, lait, etc.).
L’urticaire paludéenne sera traitée par le sulfate ou le bromhydrate de quinine à doses assez élevées et continuées plusieurs jours.
L’urticaire survenant très fréquemment chez des sujets dits nerveux, il conviendra de traiter cet état nerveux. Certains auteurs recommandent les douches, qui, dans nombre de cas, augmentent au lieu de diminuer les crises d’urticaire, ainsi que les médicaments
sédatifs du système nerveux, toutefois, L. Bro q recommande le castoreum, le musc, 1 asa fætida et particulièrement le valérianate d’ammoniaque en cap- Lles ou en solution dans la tisane de tilleul additionncc d’eau de fleurs d’oranger (de une à trois d.illerees a soupe) et d’eau de laurier-cerise (une cuilleree a catc;.
Dans ces cas, le repos d’esprit, le changement de résidence,les voyages,suffisent parfois pour faire disparaître des urticaires invétérées.
20 Traitement de l’urticaire proprement dit.
A. Traitement interne. — Les très nombreux me i caments indiqués par les auteurs comme ayant une action efficace dans le traitement de semblent agir bien plus sur la cause meme de 1 emptio nue sur l’éruption elle-même ; c’est ainsi quon a
recommandé particulièrement la quinine, le salicylate
de soude, l’antipyrine (à petites ^oses longtemps continuées) (Nitot). les préparations cales, l’ammoniaque liquide (douze a »
dans un peu d’eau, trois fois par jour) (Hardy). 1 eCoO tine (0S.-.40 à OsqfiO par jour en pilules), la strophantus hispidus (15 à 20 gouttes par jour) (Rif.vt), de rhus toxicodendron, etc., etc.
Les médicaments suivants, qui agissent soit comme modificateurs de l’appareil vaso-moteur, soit comm calmant la démangeaison si vive de 1 urticaire, nous semblent devoir être préférés, surtout quand ils ne provoquent pas une poussée d’érythème ortie medicamenteux. Ce sont l’opium, les bromures, la belladone, l’atropine, l’éther (Vidal), l’esprit de Mindererus, les injections de morphine, etc. Ces.différents médicaments peuvent être prescrits isolés ou combinés.
Schwimmer prescrit les pilules suivantes :
UETTCAIEE
Sulfate d’atropine..
Eau distillée..... )
Glycérine. j
Poudre de gomme adrngantc.
grammes.
Faire dix pilules. En prendre une, deux fois par jour.
L’atropine, en effet, rend parfois de très bons services, mais c’est un médicament dangereux dont il faut toujours surveiller l’effet avec Je plus grand soin.
Brocq donne .les deux formules suivantes de pilules :
Bromhydrate ou chlorhydrate de quinine. Ogr,05
Ergotine. Oêr.OS
Extrait de holladono. 0gi',0üt à OgfjOOâ
Excipient et glycérine. q. s.
Pour une pilule.
De huit à seize par jour, par une ou par deux à la fois.
Bromhydrate de quinine.. 0g'',03
Extrait de colchique. ügr.Ol
Poudre de feuilles de digitale... Og^jOl
Excipient et glycérine.. q. s.
Pour une pilule.
De deux à huit par jour chez les sujets arthritiques et goutteux. Chez les enfants on prescrira de préférence le lactate de quinine.
B. Tkaitement externe. — Il a pour but de calmer la démangeaison et le grattage. C’est donc le traitement du prurit (voir ce mot) que nous aurions à indiquer ici ; mais les sujets atteints d’urticaire ont une peau si capricieuse, si intolérante, que le médecin doit procéder avec la plus grande prudence dans la crainte