‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 37 sur 47 · Formule de l’onguent citrin · texte numérisé non relu

Formule de l’onguent citrin

Axonge ........

Huile d’olive ....

Mercure.

Acide nitrique à 1.42

triohophy:

Ou bien :

Lait de soufre. 10 grammes. '

Alcool de savon de potasse, /

Alcoolat de lavande. j aa 25 —

Glycérine..... 2

Ou encore :

Poudre de Goa..,.

Acide acétique...

Onguent simple ou axonge.

Tilbury Fox.

Créosote......

Huile de cade.

Soufre sublimé .

Bicarbonate de potasse ....

Axonge..

10 grammes.

S grammes.

t gramme.

10 grammes.

30 grammes,

Ces différents procédés peuvent être utilisés dans les différentes variétés de trichophytie cutanée que nous avons signalées; on mesurera la quantité et l’activité des médicaments à l’intensité et à l’étendue des lésions à traiter. Pour les trichophyties palmaires et plantaires, les applications de teinture d’iode doivent être renouvelées plus fréquemment en raison de l’épaisseur des couches épidermiques infiltrées; il faut avoir soin, en outre, de percer les vésicules et les ampoules, qui sont parfois très profondes, avant d’appliquer l’agent de l’exfoliation épidermique.

Dans les cas de teiqne imbriquée dite de Manson, il faut, avant d’employer les parasiticides, calmer l’irritation cutanée, parfois très vive, par les moyens appropriés (émollients de toutes sortes), puis appliquer la teinture d’iode largement, ou mieux, la chrysarobine ou encore le sulfure de calcium, l’hyposulflte de soude,

TEIOHOPHYTIB

(24 grammes pour 180 grammes d’eau), le sublimé et le pommade suivante (Roux) :

Axonge benzoïnée. . ■40 grammes.

lodure de soufre.. ^

D. Trichophytie des ongles. — Onychomycose trichophytique. — C’est une manifestation relativement rare de la trichophytie, malgré l’opinion contraire émise par quelques auteurs. Elle est très rarement primitive ; le plus souvent on t’observe dans le cours d’une trichophytie étendue, particulièrement quand la lésion occupe les mains, parfois chez des enfants très négligés atteints de teigne tondande invétérée, quelquefois enfin quand il existait auparavant une lésion unguéale',(eczéma, psoriasis, syphilis, traumatisme). Elle diffère très peu objectivement de l’onychomycose favique; seul, l’exa,men histologique permet de faire un diagnostique précis; cependant on peut la reconnaître aux caractères suivants : augmentation très notable de l’épaisseur de l’ongle, qui est comme soulevé et se divise en deux couches dont la superficielle est friable, en moelle de jonc. La surface de l’ongle teintée en jaune brunâtre par places est inégale et bosselée ; la lunule est généralement respectée par le trichophyton qui envahit d’abord les bords, puis les couches superficielles de

l’ongle- ■ J -P ■

L’affection peut avoir une durée indefinie, car souvent elle passe inaperçue et peut être la cause d’une nouvelle auto-inoculation; aussi faut-il toujours chez les trychophytiques examiner les ongles avec soin.

Traitement. —Ilfaut d’abord exciser les parties soulevées, puis ramollir l’ongle par la macération avec un doigt de caoutchouc ou avec le savon de potasse, puis

TROPHONÉVEOSBi

produire l’anesthésie locale et pratiquer un grattage une rugination énergiques de l’ongle avec une curelte ou simplement avec un morceau de verre.

On applique ensuite de la teinture d’iode, ou des solutions mercurielles, ou de l’acide acétique, de la résorcine, du perchlorure de fer (Vidal), de la créosote; à notre sens, le mieux est de faire une large application de teinture d’iode suivie d’un pansement occlusif à l’emplâtre de Vigo, fraîchement préparé; renouveler cette application et ce pansement tous les deux jours.

Trichoptilose. - (Voir Poils.)

Trichorrexie noueuse. - (Voir Poils.) Trichotillomanie (Manie d’arracher les cheveux, aboutissant à une variété très rare d’alopécie) — (Voir Alopécie.)

Trophonévroses. - Dermatoneuroses -

D’après le professeur H. Leloir ', les trophonévroses, ou mieux, les dermatoneuroses, c’est-à-dire « toutes les affections cutanées secondaires à une modification du système nerveux central, ganglionnaire ou périphérique constituent une classe de dermatoses des plus intéressantes à connaître, non seulement parce que leur traitement dépend le plus souvent de la connaissance même de leur cause, mais encore parce que, fréquemment leur apparition est susceptible de déceler l’existence d’une lésion nerveuse qui serait passée inaperçue {dermatoneuroses indicatrices).

Cette classe comprend un nombre très considérable

1. P. H. Leloir. Des demialoneurosesindicatrices, in Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, 25 mai 1889 et tZttom^r^e'l890 syphilitiques,

TRQPHONÉVROSEi

d’affections cutanées parmi lesquelles nous signalerons particulièrement les différentes variétés d’anesthésie et d’hyperesthésie cutanées (prurit, dermalgie, etc.), d’anémies et d’hyperémies cutanées (érythèmes, œdèmes, purpuras, etc.), l’urticaire, les nombreux troubles trophiques de la peau ( glossiskîn, panaris nerveux, zona, herpès nerveux, éruptions bulleuses des hémiplégique, des myélitiques, des hystériques, des aliénés, ulcérations cutanées consécutives à des lésions nerveuses, mal perforant, etc.), l’œdème bleu des hystériques (Charcot), la gangrène symétrique des extrémités, les gangrènes du décubitus acutus, certaines sclérodermies, certaines variétés de lèpre, d’eczémas, de lichens, de psoriasis, de vitiligo, d’ichthyose, de kératodermie, de dysidrose, enfin, des lésions des ongles et des poils (pelade, trichorrexie noueuse, canitie, etc.).

Il est de toute évidence que le rôle joué par le système nerveux dans la production de ces affections est des plus importants; aussi, sans aborder la discussion de tous ces faits et laissant de côté leur description clinique et anatomopathologique, qui nous entraînerait hors des limites de ce livre, nous contenterons-nous de conseiller toujours de rechercher avec soin la part prise par le système nerveux dans tous ces processus morbides et d’instituer un traitement approprié qui consistera à modifier l’état névropathique, soit par des médicaments internes, soit par dés médications externes. Parmi les premiers, nous conseillerons particulièrement les bromures, les valérianates, la belladone, la quinine, l’atropine, les opiacés, la strychnine, l’hyoscyamine, l’iodure de zinc, l’arsenic même, suivant les cas; et, parmi les seconds, l’hydrothérapie (voir Lichen), l’électricité sous toutes ses [formes, qui varie-

ront suivant chaque cas particulier, puisque, donnant souventd’excellentsrésultats, elle est susceptible parfois d’aggraver leslésions ; enfin, toute la série des révulsifs (pointes de feu, cautères, vésicatoires, sinapismes, etc.)-

Tuberculose cutanée. — Le lupus ayant été décrit à part, le chapitre de la tuberculose cutanée se trouve considérablement réduit. Il ne reste plus à étudier ici que : 1» les tuberculoses inoculées, accidentelles qui comprennent :

A. — Le tubercule anatomique.

B. — La tuberculose verruqueuse de Riehl et Paltauf.

2° Les ulcérations tuberculeuses de la peau secondaires ou primitives.

3“ Les gommes scrofulo-tuberculeuses.

1“ Tuberculose inoculées accidentelles.

A. Tubercule anatomique. — On désigne sous ce nom une lésion cutanée qui se développe à la suite d’une inoculation tuberculeuse, et dans des circonstances extrêmement variées, au premier rang desquelles il faut placer celle due à une piqûre qui se font en pratiquant l’autopsie d’un sujet tuberculeux, les médecins, étudiants ou garçons d’amphithéâtre (tubercule anatomique proprement dit).

Cette lésion, qui occupe de préférence la main et surtout les doigts, mais peut s’observer en d’autres régions, débute en général par une petite papule rougeâtre au centre de laquelle apparaît un petit point blanc qui se ramollit, s’ulcère, laisse écouler un pus séreux, mal lié, enfin se recouvre d’une petite croûte jaunâtre. Très souvent se développent autour de ce bouton initial d’autres boutons analogues, qui se réunissent et constituent une plaque plus ou moins étendue (Du Castel).

Parfois la lésion débute par un abcès, un panaris ou une ulcération recouverte d’une croûte grisâtre. Le tubercule anatomique complètement développé se caractérise par une infiltration irrégulière verruqueuse de la peau, qui est rouge, livide et recouverte de masses cornées dures, papillomateuses, croûteuses ou squameuses; sur ces plaques apparaissent souvent des petits abcès, véritables petits foyers gommeux suppurant; la lésion, généralement fort douloureuse à la pression, s’étend plus ou moins, évolue en général très lentement, reste longtemps stationnaire, peut guérir spontanément, ce qui est rare, et peut parfois se compliquer de lymphangites gommeuses tuberculeuses du bras, du coude et de l’aisselle, et même de manifestations tuberculeuses viscérales.

Traitement. — Il doit toujours être très actif en raison de la durée de l’affection et des complications qui peuvent survenir. Nous conseillons de pratiquer en une seule séance un raclage ou (on pourrait même dire et) une cautérisation énergique au thermo, ou mieux, au gavalno-ca'utère, après anesthésie locale (voir Lupus), puis de faire un pansement antiseptique et cicatrisant (iodoforme, sublimé, salol ou acide phénique). Si la cicatrice semble défectueuse, on pourra la modifier avantageusement à l’aide des scarifications.

B. Tuberculose verruqueuse de Riehl et Paltauf. — Sous ce nom, ces auteurs ' ont décrit une variété rare de tuberculose cutanée par inoculation, occupant surtout la face dorsale des mains et des doigts, les interstices digitaux, parfois la paume des mains et des poignets,

1. In Vierteljahr. fur Derm. und Syph., 1886, 1" fascicule. Analyse française par Merklen in Annales de Dermat. et de Syph., 1886, page 173 et suivantes.

et semblant ne pas diffe'rer du lupus scléreux, papillomateux (Vidal, Damer). Elle se caractérise par des plaques arrondies ou bien irrégulières, serpigineuses même, dont la dimension peut être fort petite ou atteindre celle d’une pièce de cinq francs ; ces plaques se développent par leur périphérie. Celle-ci est rouge ou jaunâtre, très légèrement infiltrée; au centre, au contraire, la surface est irrégulière, très saillante, bourgeonnante, papillomateuse, croûteuse, et présente des rhagades, des érosions, des orifices d’où la pression fait sourdre des gouttelettes de pus, lésions ayant tout à fait l’apparence des plaques de folliculites et périfolliculites agminées de Quinquaud.

A un certaiu moment, les lésions les plus anciennes s’affaissent, les croûtes qui les recouvraient se détachent, et il ne persiste plus qu’une cicatrice mince, squameuse, ayant un aspect criblé ou réticulé caractéristique, le réticulum tranchant par une teinte blanchâtre sur le fond violacé de la cicatrice.

Cette affection, généralement fort douloureuse à la pression et même au contact, ainsi que le' tubercule anatomique, aune durée extrêmement longue (plusieurs années), l’accroissement des plaqués se faisant d’une façon irrégulière, quelquefois seulement sur une partie de la périphérie, d’où la production de contours serpigineux (Da Castel). Elle reste toujours locale; dans un seul cas est survenue une tuméfaction des ganglions axillaires, après une cautérisation. Elle s’observe le plus souvent chez des adultes vigoureux qui sont par leurs occupations en contact fréquent avec les animaux domestiques ou les substances animales (cuisinières, cochers, bouchers, etc.).

Le traitement est exactement le même que celui du

tubercule anatomique. (Voir ci-dessus. — Voir aussi Lupus.)

2® Ulcérations tuberculeuses de la peau.— Elles sont le plus souvent secondaires, survenant chez des sujets déjà très manifestement phtisiques, et succédant ou non à un traumatisme. Mais elles peuvent se développer également chez des sujets non tuberculeux antérieurement. Dans ces cas, du reste fort rares, elles sont dites primitives, et sont pour ainsi dire la porte d’entrée de la tuberculose.

Les ulcérations tuberculeuses de la peau présentent en résumé les caractères suivants (Du Castel).

Dues dans la majorité des cas à une inoculation secondaire, elles occupent de préférence les régions exposées à ces inoculations; par ordre de fréquence, ce sont : la région anale, les lèvres, le membre supérieur, la verge, la vulve, la face, etc. L’ulcération est le plus souvent unique, mais quelquefois multiple; son étendue, d’ailleurs fort variable, dépasse rarement celle d’une pièce de cinquante centimes ou d’un franc. Sa forme habituelle est circulaire, ovalaire, parfois allongée ou polycyclique quand elle est due à la confluence de plusieurs petites ulcérations. Ses bords sont déchiquetés, taillés à pic, non décollés, présentant des dentelures qui rappellent la forme et les dimensions des granulations tuberculeuses à l’ulcération desquelles l’affection succède. La coloration est rouge livide; la peau qui l’entoure est congestionnée et forme une aréole violacée. Le fond sécrète une faible quantité de liquide séropurulent et est rarement recouvert d’une croûte grisâtre, mince, mollasse et généralement peu adhérente; il est granuleux, hérissé de saillies rougeâtres, véritables petits bourgeons en miniature et de petits

TUBEECULOSE CUTANÉE

points jaunâtres qui sont des granulations tuberculeuses en dégénérescence caséeuse. Ces petites granulations, plus nombreuses au voisinage des bords de rulcération, sont tantôt saillantes et fermes, tantôt ramollies, constituant de petits abcès miliaires, tantôt enfin vidées, formant alors des petites ulcérations excavées, cupuliformes. Les ulcérations tuberculeuses, très peu douloureuses spontanément, le sont au contraire extrêmement à la moindre pression, au plus petit mouvement : cette douleur provoquée est particulièrement vive quand l’ulcération est située au voisinage d’un orifice (lèvres, anus).

Autour de l’ulcération il existe fréquemment des petites granulations tuberculeuses d’apparence pustuleuse, s’ouvrant rapidement et donnant naissance à de minimes ulcérations arrondies qui, en s’agrandissant, arrivent au contact de l’ulcération première et se fusionnent avec elle (Du Castel, loc. cit.).

Les ulcérations tuberculeuses de la peau ont une marche très lente; elles provoquent parfois, surtout quand elles sont primitives, une infection du système lymphatique de la région (lymphangite, adénite tuberculeuses, etc.). Elles sont généralement très rebelles.

Le traitement comprend : 1“ le traitement général de la tuberculose (voir Lupus) et 2“ le traitement local de l’ulcération cutanée. Celui-ci a pour but de rendre l’alïection moins douloureuse, d’empêcherl'l’extension de la lésion, enfin de provoquer la cicatrisation de la petite plaie. Malheureusement il est fort difficile d’obtenir la guérison complète des ulcérations tuberculeuses de la peau.

Si les douleurs sont très vives, on prescrira des pommades à la cocaïne (1 p. 40 ou i p. 50). Les ulcérations

seront lavées avec une solution antiseptique faible (acide phénique, sublimé, acide borique) puis recouvertes de poudre d’iodoforme, ou d’aristol, ou de dermatol, ou de naphtol camphré, ou de salol liquide iodoforme (voir plus loin gommes scrofulo-tuberculeuses).

Si l’ulcération est étendue, le pansement se fera de préférence avec un emplâtre renfermant un des agents susindiqués, ou avec une traumaticine médicamenteuse. Quand la plaie sera bourgeonnante, douloureuse et étendue, il sera bon de l’anesthésier, puis de la scarifier avec les aiguilles électro-caustiques (voir Lupus), enfin de la panser suivant le mode indiqué.

Les cautérisations avec l’acide lactique pur ou en solution à 50, 60 et 80 0/0 donnent parfois d’assez bons résultats. Dans un cas d’ulcération tuberculeuse étendue de l’avant-bras, j’ai obtenu une amélioration notable à l’aide d’attouchements répétés avec la solution suivante : Acide lactique sirupeux pur, baume du Pérou, glycérine ; parties égales.

3° Gommes scrofulo-tuberculeuses. — On désigne sous ce nom des nodosités situées dans l’épaisseur du derme ou de l’hypoderme qui se ramollissent et s’ouvrent a l’extérieur laissant échapper un liquide sanieux, purulent : elles sont dues à la formation d’un tissu gommeux à tendance nécrobiotique renfermant de rares bacilles de Koch. Leur nature tuberculeuse est donc indiscutable ; elles peuvent s’observer à tous les âges, mais particulièrement chez les adolescents ; de même elles peuvent exister sur tous les points du corps, mais le plus souvent à la face le long des branches montantes du maxillaire inférieur et au cou. Cliniquement elles ont été remarquablement décrites par notre maître, le D>- E.Besmer (Dictionnaire encyclopédique des

tubeeoulosb cutanée

sciences médicales, article Gomme). « Elles débutent par des petites infiltrations ou nodosités tuberculeuses correspondant à une tache rouge livide de la peau, indolentes, mais non indolores, et relativement aphlegmasiques. Plus ou moins rapidement, en quelques semaines ou en quelques mois, elles s’élèvent, s’étalent, s’étendent parfois en diverses directions souvent suivant une igne à peu près droite, cheminent de la profondeur du derme vers sa superficie en se ramollissant sur un point ou sui plusieurs points à la fois ou successivement, puis se perforent au centre du foyer de régression, constituant dès ce moment des cavités, des culs-de-sac à tond plus large que l’orifice, à voûte formée par le derme altéré ; il se produit des décollements, des clapiers, des trajets fistuleux, de véritables cavernes dermiques.

■ Les produits éliminés sont du sang, une sérosité louche jaunâtre, sanieuse, du pus ou des produits pyoïdes....

i plusieurs infiltrats, sont voisins, se rencontrent dans leur cheminement ou se juxtaposent, les cavités communiquent par des trajets plus ou moins sinueuxet donnent heu à une agglomération de véritables clapiers... Dans quelques cas, une partie ou la totalité des voûtes ou ponts dermiques disparaît, laissait à la place de la lésion primitive des ulcérations plus ou moins étendues a fond bourgeonnant, blafard, saignant, se recouvrant incessamment de croûtes fines extraordinairement adhérentes et tenaces. Dans quelques cas exceptionnels, il y a en même temps progression excentrique et formation de vastes ulcérations superficielles de forme irrégulière qui appartiennent surtout à la scrofule cutanée serpigineuse maligne ou galopante.

Les gommes dermiques sont superficielles ou pro-

tubebculose cutanée

fondes, isolées ou solitaires, agglomérées en groupes plus ou moins étendus, cohérentes ou confluentes, pisiformes, tuberculoïdes, nodulaires, ecthymatiformes ; d’autres fois, elles s’étendent en nappes plus ou moins vastes ovalaires, olivairés, cylindroïdes, linéaires ; parfois elles coexistent avec des gommes profondes.

Leur marche etleurdiirée sont très variables; mais, ce qui est propre à toutes les formes et à toutes les variétés, c’est la longue durée de la période d’élimination, de décollement, d’ulcération et de cicatrisation, c’est la zone livide qui entoure les collections ouvertes, cest la cicatrice plus ou moins vicieuse qui leur succède, longtemps livide, vascularisée, jamais pigmentée à sa périphérie (E. Besnier).

Traitement. — Le traitement général de la scrofulotuberculose doit être institué dans tous les cas. Quant au traitement local, il varie suivant que les gommes sont indurées, ramollies ou ulcérées.

Quand elles sont indurées, je crois que la plupart des pommades ou emplâtres fondants ou résolutifs n’ont aucune action curatiye certaine : il est préférable de ne pas y avoir recours et de soigner très énergiquement l’état général du sujet.

Quand elles sont ramollies, on peut intervenir plus

activement et pratiquer des injections d’éther iodoforme

(elles sont douloureuses et provoquent parfois des eschares) ou de. naphtol camphré, ou mieux de salol liquide uni à ïiodoforme ou à Varistol (Reynier).

A la température de 40 à 42 degrés, le salol entre en fusion et devient tellement liquide qu’on peut aisément l’injecter avec une seringue de Pravaz ordinaire. Cette liquéfaction persiste au-dessous du degré de température qu’il a fallu atteindre pour l’obtenir ; on peut donc

TUBEBOULOSE CUTANÉE

conserver le corps liquide pendant quinze à vingt minutes; de plus, à cette température, il peut sans danger être injecté; en refroidissant il se prend én masse, se moulant dans le vase où la cristallisation s’est faite. En outre, le salol s’unit non" seulement au camphre, mais encore à d’autres substances. Si on mélange du salol et de l’aristol, du salol et de l’iodoforme, et si I on chauffe, le mélange de ces deux corps devient liquide facilement injectable et se reprend au bout d’un certain temps en masse dans laquelle ces différents corps mélangés sont intimement unis, cristallisant séparément et conservant leurs propriétés respectives*.

Ces injections semblent donc indiquées quand la gomme est ramollie, mais non ouverte ; en effet, leur emploi parait dangereux quand on est en présence de cavités purulentes ouvertes par un orifice étroit. La mape que forme le salol en se refroidissant, ne se dissociant que très lentement, détermine des masses vitrifiées qui jouent le rôle de corps étrangers et qui se trouvent éliminées sans avoir aseptisé la poche.

Le salol liquide iodoformé peut en outre être utilisé comme pansement. En se cristallisant, il forme au-desus des plaies un véritable vernis aseptique adhésif remplaçant avec avantage les traumaticines.

Quand les gommes cutanées ramollies menacent de s’ouvrir, il convient de faire une ponction aspiratrice, • ou plutôt de les ouvrir aseptiquement. Puis, d’après E. Besnier, il faut cautériser la poche largement avec le nitrate d’argent en crayon solide et avec celui de zinc métallique; le bourgeonnement de la plaie sera également cautérisé fréquemment de la même façon.

Gazette des Hôpitaux, n« t07, 19 septembre 1893 : Du salol

TYLOMA

On pourra encore essayer les cautérisations au chlorure de zinc, ou au sublimé, ou au nitrate acide de mercure, suivies d’un pansement à l’iodoforme, au naphtol camphré, au salol en poudre, à l’aristol, etc. Dans certains cas, on pourra cautériser la cavité avec l’aiguille électro-caustique, ou faire un curettage complet de la gomme ouverte (voir Lupus).

Tyloma. Tylosis. — (Voir Cor.)

Ulcères cutanés. — Ulcères de jambe. —

Nous ne pouvons décrire ici toutes les affections générales ou cutanées susceptibles de s’accompagner d’unë perte de substance plus ou moins profonde, plus ou moins étendue (voir Tuberculose cutanée. — Lupus. ~ Diabetides. Mal perforant. — Trophonévroses. — Bouton des pays chauds. — Épitheliome. — Carcinome, etc.).

L’ulcère de jambe est si fréquemment observé, son traitement est si délicat, si ingrat, que nous ne pouvons le passer sous silence, bien qu’il ressorte davantage de la chirurgie que de la dermatologie.

Les ulcères de jambe peuvent succéder à un traumatisme, à l’ecthyma, particulièrement chez les jeunes sujets, être d’origine syphilitique, tuberculeuse, lépreuse, etc., mais, dans la grande majorité des cas, ce soŸit les varices des veines du membre inférieur qui, jointes à l’athérome et aux altérations nerveuses concomitantes, entraînent une diminution telle de la vitalité des tissus du membre, que la moindre érosion, la rupture d’une veinule, un eczéma même léger, suffisent pour produire une ulcération torpide et persistante, susceptible de prendre une extension considérable, et d’être le

ULCÈBES CUTANÉS

siège de complications multiples, dont les plus frequentes sont des poussées lymphangitiques à répétition aboutissant à la dermite hypertrophique, à Féléphantiasis, ou mieux, à la pachydermie (Jeansblme). Aussi convient-il de prescrire à tous les sujets porteurs de varices d’éviter toutes les causes susceptibles de provoquer cette érosion initiale du membre variqueux, de porter un bas élastique aussi bien fait que possible, ne comprimant pas trop le membre, dele remplacer quand ce sera possible par un bandage roulé comprimant méthodiquement, de tenir toujours la jambe dans un état de propreté, d’asepsie absolues, d’éviter ou de supprimer la station debout prolongée, enfin de traiter activement, mais avec une extrême prudence, toutes les poussées d’eczéma. '

Quand l’ulcère de jambe sera constitué (nous n’avons pas à en donner ici les caractères généraux d’ailleurs bien connus), on devra rechercher s’il n’est pas dû a une des causes susindiquées et dans ce cas mstituer un traitement général approprié ; il faut savoir en outre que l’ulcère variqueux lui-même est souvent associe a un état général (syphilis, tuberculose, arthritisme, alcoolisme) qui doit être soigné énergiquement afin d’activer la réparation et d’éviter une récidive prochaine.

Toutefois, chez les sujets âgés, atteints de bronchite chronique, decatarrhe pulmonaire, d’asthme, de goutte, d’affection rénale, et en même temps de vastes ulcères anciens des jambes, il importe de traiter ces ulcères avec une grande circonspection et de suspendre leur traitement quand les accidents pulmonaires ou autres sembleront s’aggraver à mesure que les plaies de jambe diminueront.

ULCÈEES CUTANÉS

Traitement local de l’ulcère de jambe. — Les indications principales sont les suivantes : asepsie absolue de la région, élévation et repos du membre, pansements peu fréquents, avec compression régulière modérée : On a conseillé comme topiques : la liqueur de Labarraque étendue, solutions de sulfate de cuivre 1 à 2 0/0, d’hydrate de chloral à 1 0/0, glycérine, poudres d’iodoforme, d’aristol, de dermatol, de sous-nitrate de bismuth et de sucre, de sesquioxyde ou de sous-carbonate de fer, d’eau-de-vie camphrée.

Quand l’ulcère est enflammé, il faut commencer par déterger ta plaie à l’aide de pulvérisations phéniquées à 2 0/0, ou de sublimé à 1 0/00, ou d’applications émollientes.

Si au contraire l’ulcère est atonique on fera un pansement répété avec la liqueur de Labarraque (eau chlorurée). On peut essayer aussi les scarifications linéaires ou les courants continus. Quand la plaie a meilleur aspect, on applique l’un des topiques susindiqués (pansement sec, ou humide, ou gras), puis on fait une compression modérée à l’aide de bandelettes de diachylon, d’ouate et d’une bande ordinaire ou en caoutchouc qui devra enrouler le pied et la jambe jusqu’au delà du genou. C’est surtout quand la plaie bourgeonne, à la période de granulations, que la cuirasse à l’aide de bandelettes de diachylon imbriquées, appliquée méthodiquement et demeurant en place quatre, cinq à six jours, trouve son indication. Si la cicatrisation est lente à se produire, si la plaie est étendue, on devra alors appliquer un assez grand nombre de greffes dermo-épidermiques de Reverdin méthodiquement espacées et disposées en séries, ou employer la méthode de greffe dite de Thiersch ou enfin l’autoplastie italienne modifiée par P. Berger.

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