MAMELON
méthodes anti-eczémateuses : en dehors des limites de la surface malade, peau absolument saine. ^ 12“ A une époque plus ou moins'éloignée du début, en moyenne de sept à dix ans, il se produit le plus souvent, tantôt à, la surface même et au centre, une ulcération de mauvaise nature, tantôt dans la profondeur un noyau carcinomateux.
Le cancer une fois formé n’offre pas de caractères spéciaux ; il évolue lentement et n’est accompagné d’engorgement ganglionnaire qu’aux périodes ultimes ; il peut alors se généraliser et entraîner la mort. — Î3<> Parfois cependant, forme fruste, lente, stationnaire de la maladie de Paget pouvant guérir sous l’action d’un traitement approprié. » — L. Wickham et E. Besnier.
Traitement. — Quand les lésions seront très accentuées, quand la glande mammaire sera envahie, il faudra nécessairement pratiquer l’ablation totale du sein, qui ne mettra malheureusement pas à l’abri des récidives si les ganglions sont déjà infiltrés.
Mais lorsque l’afl'ection aura pu être diagnostiquée à son début, ou même quand les lésions, bien que déjà anciennes, n’auront pas dépassé le stade eczématoïde, il sera permis d’espérer, sinon guérir complètement (on a signalé quelques cas de guérison), du moins enrayer révolution du mal. Pour obtenir ce but il conviendra d’agir énergiquement. Les parties malades seront mises à l’abri de toutes les causes d’irritation, et tenues dans un état de propreté et d’asepsie absolues; E. Besnier conseille de les laver chaque jour avec du coton hydrophile et de l’eau boriquée tiédie, puis de les recouvrir pendant le jour d’une compresse de lint incisée crucialement au centre, enduite d’onguent de zinc, recouverte d’une couche de coton, purifié, et pendant la nuit de compresses imbibées de solutions capables de stériliser les tissus envahis, salicylées, mercurielles faibles, etc. En outre on fera chaque jour deux pulvérisations de dix à quinze minutes avec des liquides appropriés : solutions mercurielles faibles augmentées selon la tolé-
MÉLANODERMIE
rance; solution de salicylate de soude de 5 à 20 0/00 avec addition de bicarbonate de soude, etc.
On peut également tenter de ramollir et de détacher les concrétions cornées de la première période à l’aide de pommades, ou mieux d’épithèmes caoutchoutés qui s’appliquent très aisément et renfermant de l’acide salicylique, de l’huile de cade, de l’iodoforme, de l’acide pyrogallique, de la créosote et de l’acide salicylique. Chaque fois qu’on renouvellera le pansement, on fera une des pulvérisations indiquées plus haut.
Si l’état corné persiste, on pourra tenter la rugination, suivie de l’application d’une poudre antiseptique et légèrement caustique (iodoforme, aristol, dermatol, salol, chlorate de potasse, magnésie, etc.) maintenue en place à l’aide d’un fragment d’emplâtre de Vigo ou d’épithème antiseptique.
Quand les .lésions seront plus tenaces, plus étendues, quand il y aura des exulcérations plus ou moins grandes, il ne faudra pas hésiter et recourir soit à la cautérisation profonde, soit à l’excision partielle, suivies de pansements antiseptiques. Darier dans ces cas a conseillé des applications de solution de chlorure de zinc au tiers. (Voir Traitement des Épithéliomas.)
Maladie de Raynaud. — (Voir Gangrène.)
Maladie de Surinam. — (Voir Éléphantiasis.)
Maladie des Vagabonds. — (Voir Pédiculose.)
Maladie de Werlhoff. — (Voir Purpura.)
Masque des femmes enceintes. — (Voir Pigment.)
Médicamenteuses (Éruptions). — Voir Érythème.)
Médine (Filaire de). — (Voir Parasites.)
Mélanodermie. — (Voir Pigment.)
MOLLUSCUM
Mélanose lenticulaire progressive. — (Voir Xérodermie pigmentaire.)
Mélitagre. — (Voir Impétigo.)
Mentagre. — (Voir Trichophytie et Folliculites.)
Microsporon furfur. — {Pityriasis versicolore, Microsporon minutissimum, Erythrasma.)
Miliaire. — (Voir Sueur, Sudoripares.)
Milium. — (Voir Acné.)
Milium colloïde. —(Voir Colloïde miliaire.)
Molluscum. — Sous ce nom on décrit deux affections distinctes n’ayant entre elles aucun rapport,
lo Le molluscum vrai, fibroma molluscum, molluscum non contagieux de Bateman.
2° Le molluscum contagiosum ou acné varioliforme de Bazin.
1° Molluscum vrai. — On désigne ainsi des tumeurs généralement multiples, très nombreuses même, recouvertes- d’une peau normale ou rosée, ou quelquefois violacée, télangiectasique, indolores et indolentes, de consistance molle, pâteuse, ou parfois solide au centre; elles ont une base large et comme enchâssée dans le derme, ou au contraire et plus fréquemment elles sont pédiculées; leur volume comme leur nombre est des plus variables ; tantôt elles ont à peine le volume d’un grain de chènevis, d’un pois ; tantôt elles sont grosses comme une noix, une orange, le poing, une tête de fœtus. Quand elles atteignent ce volume, elles ont une large base d’implantation, ou bien semblent repousser devant elles la peau, qui est peu adhérente, flasque, ridée; la tumeur ressemble alors à une bourse, à une poire, à une sorte de panse appendue à la peau, et peut dans quelques cas être en partie réductible comme une hernie.
MOLLU^CUM
Ces tumeurs, avons-nous dit, peuvent être extrêmement nombreuses, plusieurs centaines, deux, trois milliers même, constituant alors le molluscum généralisé, et occupant toute la surface du corps, et même quelquefois les muqueuses des gencives, de la langue, du palais. Elles sont plus fréquentes au cou, sur le tronc, la face, les parties génitales. D’autres fois il n'existe que deux, trois, quatre tumeurs plus ou moins volumineuses, disséminées, siégeant de préférence au cou, à la nuque, aux paupières, à la face, à la poitrine (où elles peuvent simuler un sein flasque et flétri), aux organes génitaux, etc. {Molluscum circonscrit
Quand les tumeurs de molluscum sont très volumineuses, aplaties, pendantes, flétries, présentant des replis multiples, on les désigne sous le nom de dermatolyses. Quand, au contraire, elles sont petites, pédiculées, comme étranglées à leur base, jaunâtres, ridées, elles prennent le nom d’achrochordon ou de pendulum.
Le molluscum dérive de lésions formatives innées quel que soit l’âge de la vie auquel il fasse apparition (E. Besnieb); il co'mcide dans la très grande majorité des cas avec des nævi pigmentaires ou autres. Il peut demeurer très longtemps stationnaire, puis disparaître en laissant à sa place un petit appendice en forme de sac vide quand la tumeur a été volumineuse; mais il n’est pas rare de le voir augmenter peu à peu de volume, et constituer une tumeur non douloureuse, mais des plus gênantes, susceptible de s’enflammer ou de devenir le siège d’une néoplasie (rarement).
Anatomiquement, le molluscum est un fibrome mou. L’étiologie se borne à l’hérédité, la consanguinité et la race ; le molluscum est plus fréquent, en effet, dans la race noire et chez les Asiatiques (Chine, Japon).
MOLLUSCUM
Traitement. — Beaucoup de sujets atteints de molluscum ne réclament aucune intervention médicale, imbus de l’idée fausse que le molluscum constitue une sorte de noli me tangere.
Le traitement est purement chirurgical. Quand les tumeurs sont nombreuses, volumineuses et gênantes, il faut les enlever par excision, galvanocaustique, ligature élastique, etc., en se conformant aux règles de la chirurgie antiseptique. Quand elles sont petites, pédiculées, l’excision simple avec le ciseau, ou le bistouri, ou Télectro-cautère, la ligature élastique ou avec un simplefil de soie, suffisentpour en débarrasser le malade.
2» Molluscum contagiosum de Bateman. — Acné varioli forme de Bazin. — Molluscum épithélial (Virchow). — Verrues sébacées (Hérra). — Tumeurs folliculaires (R. WiLLis). — Élemres folliculeuses (Rayer). — Ecdermoptosis (Hügoier). — Acné tuberculoïde (Devergie). — Acné tuberculeuse ombiliquée (Piogey) . — A cné molluscum (Ghausit). — Molluscum verruqueuxiKxeon). — Épithélioma contagiosum (Neisser). — Condylome sous-cutané et endocystique (Hérra), etc.
On décrit, sous ces noms multiples, une affection caractérisée par des petites tumeurs globuleuses, perlées, légèrement saillantes, presque transparentes, d’une consistance assez résistante, ayant la coloration de la peau, ou bien blanchâtres ou rosées. Elles sont reliées au tégument par une base large ou par un pédicule assez épais, et présentent à leur sommet un orifice plus ou moins visible qui leur donne une apparence ombiliquée, mrioliforme; par cet orifice qui communique avec l’intérieur de la tumeur, on peut faire sortir par pression une petite masse demi-molle, blanchâtre, laissant une cavité peu profonde, rétractée, dont la sur-
molltjscum
face saigne plus ou moins abondamment. Cette masse (corpuscule de molluscum) est constituée par un ou plusieurs lobules blancs, lisses, arrondis, souvent réunis en forme de grappe.
Les petites tumeurs de molluscum contagiosum évoluent très lentement ; ayant atteint un certain volume, elles restent stationnaires, nettement ombiliquées, à orifice central plus ou moins dilaté. Parfois elles s’enflamment, rougissent, et donnent issue, par leur orifice, à un liquide épais séro-purulent, qui se concrète, constitue une croûte peu épaisse, laquelle, se détachant, laisse apparaître une petite excavation exulcérée qui se cicatrise lentement, laissant une cicatrice indélébile. Elles sont le plus souvent groupées au nombre de deux, trois, quatre, quelquefois isolées, solitaires, et s observent surtout sur la face, les paupières, le front, le nez, la nuque, le cou, la poitrine, les organes génitaux. Parfois elles sont très abondantes, confluentes, généralisées (acné molluscum contagiosum généralisé de Leloir et Vidal), constituant des tumeurs mollasses, plus ou moins volumineuses, occupant de préférence lé cuir chevelu, la face, les réglons génitales, inguinocrurales, mammaires, dorsales, etc.
Le molluscum contagiosum ne cause ni démangeaison, ni douleur, sauf quand il est envahi par l’inflammation. Il est plus fréquent chez les enfants et les jeunes gens ril semble que l’eczéma, la séborrhée, l’hyperidrose facilitent l’apparition de cette affection nettement contagieuse et inoculable, ainsi que le démontrent de nombreuses observations, et bien que l’agent de la transmissibilité ne soit pas encore nettement connu (grégarines, coccidies, sporozoaires, Bollinger, Neisser, Darier, Quinquaüd).
■MOLLÜSCUM
Traitement. — Le molluscum étant contagieux, il faut d’abord avertir les malades et leur entourage, refuser l’accès des écoles aux enfants atteints ou les isoler.
Le traitement est purement mécanique. Quand les éléments sont petits, discrets, on peut les vider facilement les uns après les autres en les pressant entre les ongles des deux pouces assez vigoureusement, ou bien entre les mors d’une pince, de façon que tout le contenu s’échappe : la petite plaie saigne alors assez fortement ; on étanche le sang avec du coton hydrophile aseptique, puis on peut cautériser légèrement la cavité avec de l’acide acétique dilué, ou de l’acide nitrique, ou avec un bout pointu de crayon de nitrate d’argent (L. Brocq) et, enfin, on panse avec un petit fragment d’épithème simple adhésif et protecteur.' On peut également procéder à l’énucléation des perles de molluscum contagiosum à l’aide d’une fine curette à lupus, bien tranchante, en réalisant l’éradication d’un seul coup (Besnier); puis on panse suivant le mode susindiqué.
Dans le cas où les petites tumeurs sont petites, mais très nombreuses, on peut également les énucléer successivement par groupes, patiemment, en espaçant les séances pour ne pas mettre à trop forte contribution la sensibilité du sujet. Mais il est préférable dans ces cas de provoquer une exfoliation dermo-épidermique, une inflammation superficielle diffuse à l’aide d’application de savon noir ou de teinture d’iode, ou de pommades ou d’emplâtres à base de mercure, de napbtol, d’acide salicylique, de résorcine, d’ichthyol, d’huile de cade ou, enfin, de solutions astringentes ou irritantes (alun, sublimé, acide phénique, sulfate
MYOOi
PONGOÏDE
de zinc, acide lactique; mélange à parties égales d’acide phénique pur, de chloral, de teinture d’iode, etc.), en ayant soin de subordonner le choix et la dose du médicament à la finesse, à la délicatesse plus ou moins grande de la peau, et à l’âge du sujet.
Enfin, quand les éléments agglomérés constituent des tumeurs très volumineuses, il faut les extirper chirurgicalement et aussi antiseptiquement que possible.
Monilethrix. — (Voir Poils.)
Morphée. — (Voir Sclérodermie.)
Morpion — (Voir Pédiculose.)
Morvan. — (Voir Maladie de Morvan.)
Mousselines. — Les Mousselines-Emplâtres sont des topiques préparés en Allemagne. La substance médicamenteuse est mélangée à un composé agglutinatif inaltérable (gomme élastique dissoute dans la benzine ou oléate d’alumine), puis étendue en couche mince sur une feuille de gutta-percha, préalablement fixée sur une mousseline. On recouvre le tout d’une deuxième mousseline, qu’on enlève au moment du besoin. (Voir Emplâtres et Épythèmes.)
2» Mousselines-Onguents. Pour préparer ces topiques on étend sur une mousseline une couche de pommade (axonge, lanoline ou vaseline), additionnée d’un principe actif (oxyde de zinc, ichthyol, oxyde de mercure, etc.), ils tiennent le milieu entre les colles et les épithèmes.
Moustique. — (Voir Parasites.)
Mycosis fongoïde (ALiuEaT). — Pian fongoïde (Alibert). Tumeurs papillaires multiples fongoïdes de la peau, granulomes (Kôbnbr) . — Lymphadénie cutanée (Démangé, X. Gillot). — Fibroma fongoïde (Tilbury Fox).
— Granulome multiple {O. Smon). —Granulome fongoïde
MYCOSIS FONGOÏDE
(Aüspitz), etc. Sous ces noms multiples on désigne une affection rare de la peau, ayant une évolution spéciale, une durée très longue, se terminant presque toujours par la mort, assez bien connue cliniquement, mais dont la nature demeure aujourd’hui encore des plus obscures et des plus discutées.
Le mycosis fongoïde présente dans son évolution clinique des dissemblances parfois assez grandes, de sorte qu’on a dû décrire plusieurs variétés.
Dans les cas que l’on peut appeler types, on observe dans révolution de la maladie trois périodes bien tranchées cliniquement.
Dans la première période, dont la durée moyenne est d’une, deux et même trois années et plus, surviennent des lésions cutanées très variables d’aspect (urticaire, eczéma sec, furoncles, abcès, plaques érythémateuses, plaques lichenoïdes, etc.), d’abord fugaces, survenant par poussées successives plus ou moins intenses, généralement prurigineuses, s’accompagnant de lésions de grattage polymorphes, d’abord superficielles, puis devenant plus profondes, plus épaisses (période ecsématiforme). Ces lésions occupent surtout le tronc, les plis des articulations, la face, le front, etc. L’état général n’est que fort peu atteint, on constate seulement du malaise, de la faiblesse, de l’anémie, des troubles gastrointestinaux.
La seconde période, ou période de germination, période de mycosis confirmé (Brocq), est caractérisée par une augmentation notable de l’épaisseur de la peau, une infiltration œdémateuse, d’un rouge vif, ou rouge brun, survenant soit sur la peau saine, en apparence du moins, soit le plus souvent sur les plaques eczématiques qui s’agrandissent. On voit alors se former des
MYOOSIS FONGOÏDE
masses légèrement saillantes, irrégulières, bosselées, mamelonnées, dures, susceptibles de disparaître plus ou moins complètement, parfois très rapidement, enlaissant des pigmentées ou déprimées atrophiées, tandis
que sur d’autres points se produisent de nouvelles plaques. A cette seconde période, bien plus courte que la première, succède la troisième ou période de tumeurs. La tuméfaction des plaques, au lieu de rétrocéder, augmente, et des nodosités, des tumeurs irrégulières nombreuses, plus ou moins volumineuses (noisette, noix, œuf, orange, etc.), mamelonnées, lobées, rouges, quelquefois jaunâtres, sessiles ou étranglées à leur base, dures ou flasques, apparaissent, pouvant disparaître spontanément, sans laisser de traces, mais le plus souvent s’ulcérant, se désagrégeant, formant des ulcères fongueux, sanieux, à bords saillants saignant très facilement (mycosis frambœsiforme). En même temps l’état général s’altère; on constate de l’amaigrissement, de l’inappétence, de l’insomnie, des troubles dyspepsiques, une diarrhée abondante, enfin la mort soit par marasme et cachexie, soit par complication (érysipèle, suppuration, etc.). (Période de cachexie de quelques auteurs.) Nous avons déjà dit que cette terminaison fatale était la règle, mais n’était pas constante. Ces différentes périodes de la maladie s’observent généralement consécutivement; mais dans quelques cas simultanément ; on peut en effet constater sur le même sujet des plaques rouges simples, des plaques lichenoïdes épaisses plus ou moins prurigineuses, enfin des tumeurs caractéristiques colorées on non.
Tels sont les principaux caractères du mycosis fongoïde type, tels qu’on les observe le plus souvent. Mais il existe d’autres variétés cliniques importantes et
MYCOSIS FONGOÏDE
multiples dont la description nous entraînerait trop loin. Signalons cependant le mycosis fongoïde à tumeurs primitives d'emblée, survenant sur la peau saine, ou au niveau de plaques rouges eczématiformes, régulières ou en arc de cercle, en éventail; le mycosis fongoïde à lésions circonscrites et non généralisées. Ces variétés constituent les cas mixtes de mycosis fongoïde; signalons encore l’affection considérée par Kaposi comme la véritable Lymphadénie cutanée {Lymphodermia perniciosa) (Voir Lymphodermie], qui semble être une espèce de mycosis, dont le premier stade serait une dermatite généralisée.
La nature du mycosis est encore à déterminer. Lymphadénie cutanée pour les uns, sarcomatose cutanée, ou même espèce du genre sarcome pour les autres, maladie distincte, spéciale, se rapprochant du granulome et du sarcome • lymphadéniques myxoïdes pour Vidal, Brocq, etc., affection terminale d’autres maladies cutanées superficielles (Hardy); néoplasme inflammatoire fongoïde? granulome parasitaire infectieux enfin à parasite encore inconnu (Schiff, Lederman, Hochrin- GER, etc.), le mycosis fongoïde n’est pas encore près d’être complètement élucidé au point de vue de sa pathogénie.
Traitement. — Jusqu’ici tous les médicaments internes se sont montrés impuissants : vainement on a essayé Viodure de potassium à faibles et à hautes doses, le bromure de potassium, les préparations mercurielles, les alcalins, l’acide phénique, etc. Seul, Varsenic, en injections hypodermiques, aurait donné à Kôbner et à Kaposi des résultats satisfaisants (?). Il convient donc de soigner uniquement l’état général le plus souvent très déprimé du sujet, ainsi que les troubles digestifs, la diarrhée, etc. (Préparations toniques, quinquina, kola, fer, Colombo, antisepsie intestinale, salicylate
MYCOSIS EONGOÏDE
de bismuth, huile de foie de morue, sirop d’iodure de fer, hygiène alimentaire, exercice, hydrothérapie tiède, etc.)
Traitement externe. —■ Le prurit, généralement intense, delà première période, seraactivement combattu (voir Prurit, Prurigo). — Malheureusement, la plupart des agents dits antiprurigineux demeurent inefficaces. On pourrait avoir recours aux fomentations avec une solution de cyanure de potassium à 1 p. 200; mais il faut le faire avec la plus extrême prudence, en raison de la grande faculté d’absorption des efflorescences pour les substances toxiques, ainsi que le fait observer E. Besnier. Les éruptions multiformes du début sont également des plus tenaces : le traitement sera approprié à la variété de manifestation cutanée observée.
Quand la période dite de Tumeurs est constituée, le traitement varie suivant que les tumeurs sont ulcérées ou non, discrètes ou cohérentes.
Les tumeurs non ulcérées et discrètes pourront être enlevées chirurgicalement et antiseptiquement.
Les tumeurs ulcérées seront pansées soit avec des solutions phéniquées, en applications ou en pulvérisations, soit avec du coaltar saponiné, ou du vin aromatique, ou de l’eau de chaux, ou de la créoline, ou du phénosalyl, etc. On peut faire des lavages avec ces solutions deux fois par jour et appliquer dans l’intervalle l’une des pommades suivantes ;
Acide pyrogallique à 10 ou 20 0/0. (Vidal.)
Ichthyol, 25 à 50 0/0.
Résorcine, 20 0/0.
lodoforme, 2 à 5 0/0.
Naphtol, 10 à 15 0/0.
Onguent styrax, calomel, 5 0/0, etc., etc.
myxœdèm:
E. Besnier recommande de faire deux fois par jour une pulvérisation phéniquée, puis d’insuffler sur les plaies la poudre suivante :
Sous-nitrate de bismuth. 90 grammes.
Salol. 10 —
et de compléter le pansement par un enveloppement de gaze aseptique recouverte d’une couche épaisse de coton hydrophile maintenue par un bandage. Ce mode de traitement diminue le malaise et le prurit, modifie les plaies et en atténue notablement la mauvaise odeur. L. Brocq préfère le mphtol camphré en pansements et en injections interstitielles dans les tumeurs. Le dermatol surtout, Taristol, le thiol peuvent également être essayés, ainsi que le salol liquide à l’iodoforme ou à l’aristol. (Voir Tuberculoses cutanées, gommes, scrofulo-tuberculeuses.)
Myomes. Dermatomyomes. — Ce sont des tumeurs constituées par des fibres musculaires lisses et souvent aussi par du tissu fibreux (fibromyomes).
Le seul traitement est l’excision.
Myxœdème. — Œdème muqueux de Ord. — État crétinoïde survenant chez les femmes à l’état adulte, de W. Gull.—Idiotie crétinoïde, de Ingals et FletcherBeach. — Crétinisme sporadique. — Cachexie pachydermique de Charcot, Ballet, Bourneville, etc.
Sous ces différents noms, on décrit une affection générale qui n’est pas du domaine de la pathologie cutanée, ayant été confondue, bien à tort, par quelques auteurs, avec l’éléphantiasis, la sclérodermie, caractérisée par une altération profonde de la peau et de l’état général, et est due à la disparition pathologique chirurgicale ou expérimentale du corps thyroïde
MYXCEDÊME
(Voir article de Lannois dans Archives de médecine expérimentale, mai et juin 1889. De la cachexie pachydermique (myxœdème) et de ses rapports avec les affections de la glande thyroïde).
Le traitement rationnel consiste dans les injections de suc de corps thyroïde et la greffe thyroïdienne.
Nævus. — Les nœm sont des taches congénitales pigmentaires ou vasculaires, de volume, de nombre et de siège très variables, qui ne sont jamais étendues à la totalité du tégument; s’ils n’apparaissent parfois que dans les premiers mois de la vie, c’est qu’ils étaient à la naissance si petits, si imperceptibles qu’ils n’avaient pas été constatés. Le plus souvent en effet ils s’accroissent pendant les premiers mois ou les premières années de la vie, pour demeurer ensuite stationnaires, rétrogrades, ou augmenter encore et se modifier à un âge avancé.
Pratiquement ils comprennent deux groupes :
A. Nævi non vasculaires ou pigmentaires ;
B. Nævi vasculaires. Angiomes.
A. Nævi non vasculaires ou pigmentaires.
Ils comprennent :
1° Le nævus spilus ou lisse, caractérisé par une tache café au lait, brun clair ou foncé, ou même noire, à surface lisse, sans aucune altération du tégument; il est quelquefois unique, le plus souvent multiple ; sa dimension est des plus variables ainsi que sa forme qui, dans quelques cas, affecte grossièrement celle d’un objet ou d’un animal (envie 1?) — quelquefois il suit le trajet d’un nerf (nævus nerveux).
NÆVDS
2» Nævus pilosus lisse. — Mêmes caractères que le précédent, mais la peau est recouverte de poils plus ou moins abondants, plus ou moins développés.
3° Nævus verrucosus. — Mêmes couleur, étendue, localisation que les précédents, mais la peau est épaissie, ridée, recouverte de petites saillies dures, noirâtres, verruqueuses, et de poils durs, gros, raides, plus ou moins foncés. Il siège assez fréquemment au cou et au cuir chevelu.
4« Nævus hypertrophique, lipomatode, mollusciforme. — Il n’est autre que le précédent, ayant acquis un développement plus ou moins considérable, formant une tumeur parfois très volumineuse, molle et élastique, pédiculée ou sessile, nécessitant une intervention chirurgicale.
Traitement. — Le traitement ne doit être employé que dans les nævi peu étendus. Les gros nævi hypertrophiques sont, avons-nous dit, du domaine de la chirurgie. Pour les trois premières variétés de nævi, on procédera à leur destruction par des cautérisations ponctuées ou linéaires au thermo ou mieux au galvanocautère, précédées ou non d’une application anesthésiante de chlorure de méthyle au pinceau, ou d’éther, ou .de cocaïne. On pourra encore avoir recours au raclage avec la curette, suivi d’une cautérisation légère avec les acides caustiques, ou le thermocautère, puis d’une application d’emplâtre de Vigo. Ces différents procédés laissent une cicatrice, ce dont il conviendra de prévenir le malade (voir Pigmentation). Pour les nævi hypertrophiques, volumineux, il faut toujours agir lentement, prudemment, et détruire la tumeur par morceaux avec le galvanocautère, ou bien procéder à son ablation avec le bistouri, ou mieux l’anse galvanocaustique.
NÆVÜS
Signalons un médicament nouveau, le Pyrozone (solutions à 50 0/0 de bioxyde d’hydrogène dans l’éther sulfurique), qui, appliqué sur la peau, la décolore et rend bien moins apparentes les taches de nævus pigmentaire simple.
B. Nœvi vasculaires (Angiomes, télangiectasies congénitales).
Ils comprennent quatre variétés (E. Besnier et Boyon).
1“ Les nœvi lisses, plans, taches érectiles, taches de vin, taches de feu, nævus en flamme, etc., constitués par des taches de dimension très variable, de couleur rosée, ou rouge, violacée, noirâtre, bleuâtre, disparaissant plus ou moins complètement sous la pression, mais augmentant avec les cris, les efforts, à bords réguliers, ou, plus souvent, diffus, irréguliers. Ils sont généralement plans, lisses, mais parfois un peu surélevés, saillants, verruqueux. Ils peuvent exister sur toutes les régions du tégument, quelquefois sur le trajet d’un nerf (N- zoniforme) ou sur un seul côté du corps N. hémiplégique) ; mais ils sont plus fréquents au cuir chevelu, au niveau de la région occipitale, et surtout à la face où ils peuvent être étendus, occupant tout un côté de la figure, parfois symétriques ; ils n’est pas rare de les observer sur les muqueuses.
2« Nœvi télangiectasiques, ponctués, stellaires. — Ils sont constitués par une petite ponctuation sanguine surélevée de laquelle émergent en rayonnant des télangiectasies se ramifiant plus ou moins loin.
Ils sont très fréquents (E. Besnier).
3° Nœvi élevés (fongus hématode, tumeur érectile de Dupuytren, nævus tuberculeux. Angiome caverneux (Virchow), etc. — Ils forment de petites tumeurs vasculaires plus ou moins volumineuses et affectant parfois
NÆVUS
la forme d’un fruit (fraise, mûre, framboise, cerise, etc.).
4“ Nævi sous-cutanés. — Ils sont simples, c’est-à-dire laissant la peau absolument intacte à la surface, où le relief est seul accusé, ou mixtes, c’est-à-dire à la fois hypodermiques et dermiques.
Ces quatre variétés de nævi vasculaires, d’angiomes, peuvent disparaître spontanément ou rester stationnaires, mais, très souvent, ils s’agrandissent, se gonflent, deviennent de plus en plus saillants ; ils peuvent également envahir la profondeur, comprimer et modifier les tissus, et se transformer en vastes tumeurs vasculaires décrites par Virchow sous le nom d’angioélé. phantiasis, d’angiome éléphantiasique ou lipomatode qui sont du ressort de la chirurgie.
Traitement. — Il ne devra être institué que si 1 angiome a une tendance à l’extension ou occupe une région découverte, et quand l’enfant aura quelques mois et sera suffisamment robuste. Les différents procédés suivants ont été préconisés (E. Besnier et A. Doyon) :
1» Compression prolongée et patiente à l’aide d’une bandelette de caoutchouc. Elle n’est applicable que pour lespetits nævi vasculaires reposant sur un plan résistant.
2» Destruction chimique superficielle ou interstitielle. — Procédé incertain et parfois dangereux. Les différents médicaments en usage sont les suivants :
Acides acétique, sulfurique, nitrique, chromique, nitrate acide de mercure, potasse caustique en solution de 1/2 à 1/8.
L’éthylate de soude, la pâte de Vienne, l’emplâtre stibié dont voici la formule :
Tartre stibié.
Emplâtre adhésif
fgr.SO
NÆVUS
Les injections interstitielles de perchlorure de fer, de chlorure de manganèse, de teinture dhode, de cantharidine.
Le collodion au sublimé à §, dO, 15 0/0 appliqué quatre à cinq jours de suite.
Tous ces procédés provoquent une inflammation plus ou moins vive, suivie de suppuration et de rétraction des tissus.
3° Vaccination. — Elle donne parfois de très bons résultats quand la lésion n’est pas très étendue ; il faut d’abord que le sujet n’ait pas encore été vacciné, que le vaccin soit parfaitement aseptisé par la nouvelle méthode de Saint-Yves Ménard et Gbambon, que les piqûres soient multiples, rapprochées, qu’elles soient faites sur toute la tumeur en laissant l'aiguille pendant quelques secondes en place pour empêcher la vaccine de s’écouler avec le sang. La cicatrice, quand les piqûres ont été faites régulièrement, est des plus régulières.
4“ Électropuncture. — La cautérisation interstitielle avec le galvanocautère et les fines aiguilles dont on se sert pour le lupus constitue le meilleur traitement des angiomes, et spécialement des nævi télangiectasiques ponctués, stellaires, si fréquents. Comme ces lésions sont très vasculaires, il faut avoir soin de porter l’aiguille au rouge sombre; l’hémorragie est alors nulle ou insignifiante, arrêtée en tout cas par la simple compression ouatée. On peut faire de simples ponctuations caustiques, mais si le nævus est étendu on fera des scarifications galvanocaustiques avec la petite grille employée dans le lupus : quelques séances suffisent pour enrayer un nævus peu étendu.
5“ Électrolyse. — Elle donne également de bons résultats ; elle a surtout été préconisée par Brocq et Duhring.
NAPHTOL
(Voi^a^ticle£tec^ro^^/se.) Brocq recommande d’employer des aiguilles multiples accouplées, que l’on adapte au pôle négatif. Il convient de faire passer des courants relativement peu énergiques que l’on doit interrompre quand la tumeur change de couleur et devient d’un bleu pâle. Besnier préfère l’application des aiguilles au pôle positif, il se produirait alors une eschare plus riche, moins étendue.
6“ Scarifications linéaires, quadrillées. — Préconisées par Balmanno Squire, elles seront employées surtout dans les taches vineuses, simples, étendues. Elles devront être renouvelées très souvent et à distance très rapprochée; faites avec l’aiguille unique, fine; pratiquées avec ou sans anesthésie par la congélation au pinceau de chlorure de méthyle. Elles seront fines, serrées, nombreuses, quadrillées ; après avoir scarifié une région peu étendue, on pratiquera de suite la compression avec de la ouate hydrophile pour que l’hémorragie ne soit pas trop abondante. Dans les cas de tache vineuse à centres érectiles saillants, verruqueux, E. Besnier recommande de cautériser préalablement ces saillies au galvanocautère, puis de scarifier.
Marshall Hall introduit sous la peau une fine aiguille à cataracte, puis la glisse horizontalement de façon à sectionner tous les vaisseaux du nævus.
Naphtol. — ir existe le naphtol œ et le naphtol p, — c’est de ce dernier dont on se sert le plus. H se présente sous la forme de petites lamelles brillantes ; il est inodore, fusible à 122“, très soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine, le chloroforme, les huiles, les alcalis, le camphre (naphtol camphré), presque insolubledansl’eau, 0,20 0/00. Pourle préparer, onfond avec la potasse des sulfonaphtolates de soude ou de plomb.
NOÜEÜX (érythème)
on le purifie par distillation; c’est un antiseptique puissant. — A l’intérieur, à la dose de 2 grammes à 28”,50, sous forme de cachets à0S‘',50; à l’extérieur, en solution alcoolique, en pommade, en huile, en savon, etc.
En dermatologie, on emploie avec succès, contre le psoriasis, le prurit, la séborrhée, le savon de naphtol, et le savon de naphtol soufré contre la pelade.
Névrodermites. — {Yoir Lichens.)
Névromes. — (Voir les Traités de chirurgie.)
Névrose de la peau. — (Voir Dermalgie.)
Nil (bouton du). — (Voir Bouton des pays chauds.)
Noirs (points noirs du visage). — (Voir Acné comédon.)
Noli me tangere. — [Yoir Épithélioma.)
Noueux (érythème). — (Voir Érythème.)
Œdèmes. — Les œdèmes sont du domaine de la pathologie médicale ou chirurgicale. Toutefois il existe trois variétés d’œdèmes dont nous devons nous occuper brièvement ici, ce sont ;
1» Vœdème aigu circonscrit de la peau ;
2“ Le myxœdème (voir ce mot) ;
3“ h’œdème des nouveau-nés.
1“ Œdème aigu circonscrit de la peau. — C’est une affection assez rare de la peau, décrite sous ce nom par Quincke, Riehl, Strübing(œdème aigu angioneurotique), Küssner, Rapin, Courtois-Suffit *, etc., qui, d’après ce dernier auteur, constitue une forme un peu spéciale cliniquement de l’urticaire œdémateuse. Elle est caractérisée par l’apparition, après quelques malaises légers, d’un œdème circonscrit de la peau, aigu, foi’mant des plaques disséminées sur différents points du corps, particulièrement sur le visage, entraînant alors une tuméfaction intense des paupières, des joues, des lèvres. Sur le corps, c’est également au niveau des orifices que l’œdème est développé (vulve, prépuce, pénis, etc.). Ces
t. Courtois-Sdffit, Gazette'des Hôpitaux, 30 août 1890, et Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1889, pages 8S9 et suivantes.
ŒDÈMES
plaques, dont les dimensions sont variables, sont rouges ou rosées, ont des bords nettement limités, ne sont pas douloureuses ni prurigineuses ; tout au plus donnent-elles la sensation d’une tension légère. Elles sont essentiellement fugaces, disparaissent très rapidement, parfois en vingt-quatre heures ; mais le plus souvent, avant même qu’elles aient disparu, d’autres apparaissent sur d’autres points, si bien que cette affection, évoluant ainsi par poussées successives et presque sans interruption, peut avoir une durée très longue ; en outre, elle est souvent récidivante; enfin, dans quelques cas, l’œdème peut envahir les muqueuses internes, le larynx par exemple, et y provoquer des crises d’asphyxie menaçante. Enfin, dans quelques cas, on constate en même temps que l’éruption, un état de malaise, de courbature, d’embarras gastrique plus ou moins accentué.
En résumé, malgré de légères différences symptomatiques, particulièrement l’absence de prurit, c’est à l’urticaire qu’il semble logique de rattacher l’œdème aigu circonscrit de la peau.
Le TRAITEMENT le plus efficace relativement semble donc être celui de l’urticaire (voir ce mot); en effet, cette affection est des plus rebelles. On a essayé sans grand succès l’arsenic, l’iodure de potassium, l’ergotine, le salicylate de soude, l’atropine, etc. On pourra essayer encore l’antipyrine, le sulfate de quinine, l’atropine, l’hamamelis virginica, etc., ainsique les purgatifs et les diurétiques. Il nous semble préférable d’examiner avec le plus grand soin les fonctions gastro-intestinales, et de prescrire une médication et un régime appropriés. Localement, M. E. Besnier conseille les applications locales prolongées de compresses de lint imprégnées
ŒDÈMES
d’une solution de salicylate de soude (2 à 5 0/0) additionnée de bicarbonate de soude (1 à 3 0/0).
2» Myxœdème. — (Voir ce mot.)
3'’ Œdème des nouveau-nés. — Ainsi que le sclérème des nouveau-nés (voir pour plus de détail ce mot) dont elle diffère d’ailleurs, cette affection, qui ressort de la pathologie infantile bien plus que de la dermatologie, s’observe surtout chez les enfants nés avant terme, atteints de faiblesse congénitale, de lésions du cœur ou affaiblis par une affection quelconque (broncho-pneumonie, diarrhée, syphilis héréditaire); sous l’influence des contractions cardiaques, ou du développement incomplet des poumons, il survient une diminution de la chaleur et un épanchement de liquide dans les mailles du tissu cellulaire. D’après quelques auteurs, le froid est une des causes déterminantes fréquentes de l’œdème qui s’observe plus souvent dans les mois d’hiver que dans les mois chauds.
L’œdème débute le plus souvent par les membres inférieurs, les mollets surtout, ainsi qne le sclérème, et envahit les cuisses, les organes génitaux. Il peut rester limité, à ces régions, mais dans les cas graves il gagne les parties déclives, les mains, et peut se généraliser. La peau œdématiée est blanche, pâle, froide, et garde pendant quelques instants l’empreinte du doigt. Quand l’œdème est très considérable, la peau est lisse, tendue, dure, à peine mobile sur les parties sous-jacentes ; parfois les lèvres sont rigides, boursouflées, et la succion est des plus difficiles ; d’autres fois les paupières sont gonflées au point de devenir demi-transparentes.
En même temps, ainsi que dans le sclérème, on observe le refroidissement progressif, les symptômes