‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 3 sur 47 · MALADIE DE PAGET OU DU MAMELON · texte numérisé non relu

MALADIE DE PAGET OU DU MAMELON

de bien reconnaître, surtout à son début, afin d’instituer un traitement énergique susceptible d’enrayer son évolution lente et sa terminaison à peu près constante par épitbéliomatose du sein ou généralisée.

Les caractères cliniques les plus importants de la maladie de Paget sont les suivants ‘ ;

1“ L’affection occupe le mamelon, l’aréole, et peut envahir tout le sein. — Dans quelques cas très rares, on l’a observée au scrotum. — 2“ Début sans cause connue tantôt à la suite d’un allaitement, d’une galactorrhée, d’une irritation banale, d’un eczéma, etc., par des croûtes, des concrétions cornées adhérentes et rebelles siégeant au sommet du mamelon, avec ou sans démangeaisons, brûlures, picotements, élancements, accompagnées parfois d’érythème ou d’exulcérations sous-jacentes. —3° Kétraction précoce du mamelon. — 4» Quelquefois le mamelon reste seul atteint, le stade mamelonnaire n’est pas dépassé et peut être suivi directement de la pénétration intra-glandulaire et de la dégénérescence maligne du sein. — S» Plus souvent, progression excentrique et lente des lésions superficielles ; marché serpigineuse avec arrêts momentanés, mais jamais de régression spontanée. — 6“ La période d’état ne s’observe en général qu’entre quarante et soixante ans. —7“ Lorsque la malade vient consulter, le début réel remonte souvent à une époque éloignée (sept à douze ans en moyenne) — 8» Au sein unilatéralité des lésions en pleine activité. Coexistence fréquente au mamelon opposé des lésions du début (encombrement corné des lacunes du mamelon). — 9“ Stade mammaire proprement dit, forme eczématoïde, caractérisée par des contours polycycliques légèrement surélevés en bourrelet, limitant avec une extrême netteté l’ensemble des lésions ; surface rouge vif, brillante, plus ou moins suintante, légèrement mamelonnée, recouverte par places de squames et de croûtes, dans laquelle on distingue des points excoriés (premier degré), des points exulcérés (deuxième degré) et des surfaces épidermisées pseudo-cicatricielles : induration papyracée superficielle. — 10“ Sensations de brûlure ; prurit par périodes en général peu intense; douleurs au contact. — 11» (Signes négatifs) : pas de vésicules ; peu d’engorgement ganglionnaire ; incurabilité absolue par les

1. Louis Wickham, Contribution à l’étude des Psorospermoses cutanées et de certaines formes du cancer ; Maladie de la peau dite maladie de Paget (Thèse de Paris, 1890).

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