‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 40 sur 47 · URTICAIRE · texte numérisé non relu

URTICAIRE

Poudres. - Après les lotions biquotidiennes, on saupoudrera largement toutes les régions atteintes d’urticaire avec la poudre d’amidon pure ou ren mant 1 à 4 0/0 d’acide salicylique, de o a 10 U/U ue salicylate de bismuth, ou avec la poudre de lycopode, de talc, de sous-nitrate de bismuth porphyrise très finement, d’oxyde de zinc, etc. On Pout mo'anger ces différentes poudres et y ajouter 2 à 3 0/0 de camphre.

Pommades. - Elles sont parfois mal supportées. On peut les appliquer après les lotions, avant le saupoudrage. Il faut éviter de se servir d’axonge qui ne serait pas fraîche, et de médicaments trop actifs et, par conséquent, irritants. Nous recommanderons les formules suivantes :

BESNIER

Vaseline....... 30 grammes.

Se'’ sâîcyUquë oü phénique.. 1

Chlorhydrate de cocaïne.. ...... 1 ^ramm .

Ou bien :

Axongebenzoïnee 40 grammes.

Oxyde de zinc...

Acide salicylique... '*

Essence de menthe ■ ■ ^ ^. ^

Vidal recommande le glycérolé tartrique au ving-

‘'Tjacquet, d’après des recherches récentes, arrive à cette conclusion que « tout élément ortie est le resul a

immédiat, absolu d’une excitation cutanee et qu il

suffit, chez le sujet le plus ufticarie, d envelopper avec du coton cardé, exactement maintenu par une bande, une région quelconque du corps pour y eteindre complètement, pendant toute la durée de l’application, le

URTICAIRE PIGMENTÉE

prurit et l’urticaire elle-même. » En un mot, c’est le prurit qui semble devenir éruptif. Malheureusement, ce traitement par l’enveloppement ne peut se pratiquer sur touté la surface du tégument. On pourra cependant l'essayer dans les cas intenses.

Tels sont les différents moyens employés dans le traitement externe de l’urticaire ; mais, nous le répétons, ils sont très incertains : tel médicament qui semblera agir fort bien au début, deviendra brusquement irritant ; tel autre, qui réussira dans un cas, ne produira que de mauvais effets dans un autre cas, en apparence semblable. C’est que la prédisposition, l’idiosyncrasie du sujet jouent un rôle capital dans la thérapeutique de cette affection.

3“ Les malades qui ont été atteints d’urticaire doivent prendre les plus grandes précautions pour en éviter le retour. Ils éviteront de porter des vêtements trop chauds lourds ou serrés (jarretières, corsets, ceintures, etc.). Ils suivront un régime sévère, d’où les alcools, les coquillages, les mets épicés, seront soigneusement exclus. Ils devront éviter la constipation et faire pendant longtemps usage d’eaux minérales alcalines. Dès qu’ils verront apparaître quelques manifestations dyspeptiques, ils se soigneront et se trouveront bien de prendre pendant quinze jours les cachets au benzonaphtol susindiqués. Enfin ils devront, quand cela leur sera possible, faire une ou plusieurs stations aux eaux thermales suivantes, selon les indications que leur fournira leur médecin : Vichy, Royat, Fougues, Bagnèresde-Bigorre, Néris, Plombières, Evian, Carlsbad, Marienbad, Schlangenbad, et surtout la Bourboule,

Urticaire pigmentée. — Affection très rare, décrite par Nettleship (1869), T. Fox (Xanthelasmoïdea),

UETICAIEE PIGMENTÉE 395

^hn^siex (Urticaire pigmentaire), Paul Raymond (Thèse de Paris, 1888), etc., survenant presque exclusivement dans la première enfance, caractérisée par des poussées successives de plaques d’érythème ortie qüipeisistent quelques jours, puis s’affaissent, et auxquelles font suite des taches brunes, pigmentaires, saillantes ou aplaties. Ces plaques sont arrondies ou irrégulières, ont le volume d’une pièce de 20 centimes ou de 1 franc, sont très prurigineuses et surtout très irritables, se recouvrant sous l’influence de la moindre excitation, de vésicules ou même de petites bulles qui, excoriées par le grattage, se sèchent et forment des croûtelles plus ou moins épaisses. ■

De nouvelles plaques apparaissent par poussées au milieu des plaques pigmentaires; le tégument prend alors un aspect caractéristique (peau tigrée, truitée, peau de léopard). Parfois les plaques brunes ellesmêmes rougissent de nouveau, se tuméfient et se recouvrent encore d’éléments vésiculeux ou bulleux. On a décrit une forme nodulaire, une forme maculeuse et une forme mixte, la plus fréquente (P. Raymond).

L’affection occupe surtout les membres et le tronc, mais peut s’observer partout, même sur les muqueuses (E. Besnier); elle s’accompagne généralement d’adénopathies résolutives et indolentes.

Sa marche est très lente, sa durée moyenne de huit à dix ans. L’urticaire pigmentée n’a aucune influence sur la santé générale ; elle disparait sans laisser de traces; quelquefois, cependant, de petites cicatrices persistent.

Son étiologie est encore inconnue, ainsi que sa nature.

Traitement. — Il est le même que celui de l’urticaire

URTIOAIEE PIGMENTÉE

vulgaire, et particulièrement des formes les plus irritables. Aussi faut-il n’agir qu’avec une extrême réserve afin de ne pas provoquer de poussées. Schwimmer prescrit de préférence l’aconitine à très faible dose. Nous avons déjà dit combien ce médicament était dangereux, surtout chez les enfants. On a également conseillé l’ergotine, la belladone, la valériane, les sulfate et bromhydrate de quinine, en un mot les divers agents employés dans les érythèmes angionévrotiques, parmi lesquels, jusqu’à nouvel ordre, il convient de ranger l’urticaire pigmentée.

Vacciniforme(Hydroa^.-(Voir^^^m2

vagabonds (Maladie des). - (Voir Fedicu

vlrioliforme (Acné). - (Voir Molluscum ) Végétations. - (Voir Verrues et Traites de Chirurgie.) versetures sont des lésions

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tique, gutta-percha, de nitro-cellulose, d oleates.

VEENIS

2“ Solutions alcooliques de baumes, résines, savons oleates ricinés, extraits ; ’

3“ Émulsions alcooliques des solutions alcooliaues susindiquées;

4» Solutions aqueuses de diverses espèces de gommes de gélatine dextrinée, de caséine, de silicates.

Les vernis les plus employés par Unna sont les suivants ;

1°. Vernis au pyrogallol et à la gomme laque :

Gomme laque.

Huile de ricin.

Pyrogallol.

Alcool absolu.

S grammes.

I gramme.

IS grammes.

Vernis à l’acide salicylique, au baume du Canada et au collodion ;

Acide salicylique.

Baume du Canada.

Collodion.

3 grammes.

3° Vernis avec :

Oxyde de zinc.

Huile de ricin.

Collodion.

4» Vernis au zinc et au ricinate de plomb :

Ricinale de plnmb 4

Oxyde dé zinc „

Alcool absoln. . . . . . . g

Collodion. j

Ether.... ^ aa 1

gramme.

VEBBUES

i» Vernis à l’ichthyol, au borax et à la caséine :

Ichthyol. s grammes.

Vernis au borax et.à la caserne, to —

6» Vernis à Tichthyol, au zinc et à la gomme bassoriiie (voir ce mot) ;

Oxyde de zinc.... 2 paries.

Ichthyol...: . 1

Vernis à la gomme bassorme... 7 —

Tous ces vernis sèchent rapidement.

Verrues. — Les verrues ordinaires sont de petites excroissances de la peau, planes ou légèrement acuminées {poireaux), sessiles ou quelquefois pédiculees {molluscmi pendulum), ayant un volume très variable, une coloration blanchâtre, jaunâtre ou parfois noirâtre; elles peuvent être lisses, ou rugueuses, ou crevassées et mamelonnées; elles sont généralement multiples, siègent de préférence sur les mains, les pieds, la face les oreilles, le cuir chevelu, etc. Le plus souvent insensibles, elles peuvent s’enflammer et devenir très douloureuses.

Elles peuvent disparaître spontanément (verrues caduques), sans laisser de cicatrice, ou bien durer fort longtemps (V. persistantes).

Les verrues sont caractérisées anatomiquement par une prolifération de la couche épineuse de Tépiderme (llyperakanthose d’AusPiTz) produisant secondairement des lésions dermiques généralement peu accusées; elles sont contagieuses et transmissibles et produites par uu ou plusieurs agents microbiens exerçant leur action sur l’épiderme {Bacterium porri de Cobnil

400 VERRUES

et BiBÈs et de Kühnbmann). (Verrues mères et verrues filles de Vidal.)

Cliniquement on a distingué de nombreuses variétés de verrues :

10 Verrues congénitales. —Ce ne sont pas des verrues, mais des nœvi verruqueux. — (Voir ce mot.)

2° Verrues télangiectasiques. — Ce ne sont également pas des verrues. — (Voir Angiolceratomes.)

3° Verrues molles. — Végétations.

40 Verrues juvéniles. • — Elles comprennent deux variétés (E. Besnieh).

a. La forme commune, verrues de croissance, verrues vulgaires, décrites plus haut.

b. Verrues planes : elles sont fréquentes et diffèrent des précédentes par leur nombre beaucoup plus grand, leur volume moindre, leur coloration jaunâtre, café au lait, peau de chamois : elles sont généralement petites, aplaties, arrondies ou polygonales, lisses, brillantes, ressemblant beaucoup h des éléments de lichen plan. Elles siègent surtout sur le dos des mains et à la face, particulièrement au front et autour du nez : dans ces régions elles se groupent, peuvent être confluentes et parfois former des « séries linéaires suivant des traces d’excoriation on de grattage » (L. Bkocq).

30 Verrues de l’adulte. Papillomes cornés simples. — Les verrues vulgaires existent, mais sont relativement rares chez l’adulte ; le plus souvent elles se modifient, sont irrégulières, plus étendues, plus cornées, occupent surtout les extrémités des doigts, les zones péri et juxta unguéales, au pouce particulièrement, décollant l’ongle par son hord libre (E. Besnieb). Parfois elles forment des plateaux surélevés, durs, fissurés, entourés d’une zone érythémateuse; quand on arrache la couche

VERRUES

épaisse qui les recouvre, on constate l’existence de saillies papillaires irrégulières, généralement assez vasculaires, affectant des formes très variées, séparées par des sillons plus oü moins profonds, et coiffées d’un revêtement corné qui les accompagne jusqu’à la base : ces lésions, spontanément ou sous l’influence d’un traumatisme, peuvent s’enflammer, présenter des rhagades, des ulcérations, et devenir très douloureuses; elles ont une évolution très lente et ont des alternatives de calme et d’aggravation. Elles s’observent de préférence chez les individus souniis à des travaux manuels irritants (hommes de peine, cordiers, laveurs de vaisselle, ouvriers fabriquant des produits chimiques, ou travaillant dans les raffineries de pétrole) (Deeville et Gdermonprez), etc.

On peut les observer non seulement aux mains, mais encore aux pieds, aux talons, aux fesses, aux avantbras , autour des saillies articulaires, au cou-depied, etc. « Leur permanence, la fréquence de leurs récidives... portent à penser qu’un élément microbien doit intervenir dans leur production » (E. Besnier).

6 ° Verrues séniles. Verrues plates séborrhéiques. — Elles sont fréquentes, et apparaissent peut-être un peu plus souvent chez l’homme que chez la femme vers la cinquantième année, parfois plus tôt, plus souvent plus tard.

Elles occupent par ordre de fréquence la face, surtout le nez et le voisinage du nez, les faces antérieure et postérieure du thorax ; elles sontgénéralement multiples, mais peu abondantes, aplaties, épaisses, jaune sale, noirâtres, quelquefois très saillantes et très développées ; elles se détachent plus ou moins facilement, mais se reproduisent très rapidement ; on constate que sous la croûte, qui est constituée en grande partie par de la

VEEEUES

matière sébacée, la peau est rouge, altérée, les orifices glandulaires dilatés et béants. Ces verrues sont parfois prurigineuses ; il n’est pas très rare de les voir devenir le siège d’une production épithéliomateuse (épithéliome sébacé).

La dégénérescence sénile de la peau et le manque de soins de propreté, joints à l’étiologie générale de la séborrhée, semblent être les deux causes adjuvantes des verrues séniles.

Traitement. — Il importe de répéter ce que nous avons dit plus haut, à savoir que les verrues vulgaires disparaissent assez souvent spontanément. C’est sans doute à cause de cela que certains auteurs, d’ailleurs autorisés, ont cru devoir attribuer une action curative à certains médicaments internes, tels que la magnésie décarbonatée prise à la dose quotidienne de 0g'’,50 à 1 , 2 ou 5 grammes, suivant l’âge du sujet, pendant quatre à six semaines; la teinture de thuya occidentalis (50 à 80 gouttes par jour), l’arsenic sous ses formes variées, etc.

Nous pouvons dire d’ailleurs que ces médicaments ainsi prescrits ne sont aucunement dangereux; on pourra donc renouveler cette expérience qui, pas plus qu’à notre maître E. Besnier, ne nous a réussi.

On a prétendu, également à tort, que la destruction d’une seule verrue suffisait pour amener la disparition des autres.

Le traitement des verrues est purement local.

1“ Verrues vulgaires. — De très nombreux agents chimiques sont journellement employés pour la destruction des verrues, mais il faut avoir soin, pour bien limiter leur action à la verrue seule de décaper autant que possible la verrue, puis de l’entourer de trauma-

VERRUES

ticine ou de collodion ; on applique ensuite le caustique avec un petit fragment de bois; il est préférable de ne pas cautériser trop fortement, quitte à faire des cautérisations plus fréquentes.

Les agents les plus employés sont les suivants : acide acétique cristallisable, acide chromique, acide nitrique fumant, nitrate acide de mercure, acide chlorhydrique, acide phénique déliquescent, perchlorure de fer, pâle de Vienne, solution de Plenck, dont voici la formule ;

Sublimé corrosif. \

Alun. /

Céruse.... > ââ 5 grammes.

Camphre. j

Vin acétique.. /

mélange à parties égales de teinture d’iode et d’acide acétique, etc., etc. On peut encore se servir du crayon de nitrate d’argent après avoir raclé autant que possible la masse dure cornée, ou bien du thermocautère, ou mieux du galvanocautère.

Chez les sujets pusillanimes, on peut insensibiliser, à l’aide de quelques gouttes de chlorure de méthyle, la verrue qui doit être cautérisée.

Un procédé assez pratique est cefui qui consiste à appliquer sur la verrue l’un des collodions suivants, trois à quatre jours de suite, puis à l’arracher après l’avoir ramolli; on recommence une nouvelle série si c’est nécessaire.

Acide acétique..

Acide lactique.

Collodion élastique.

I ââ 1 gramme,

8 grammes.

VERRUES

1 gramme.

agr.so.

Sgi-,50. .

Sublimé.Os^ao à 50 centigrammes.

Gollodion élastique__ 10 grammes.

D’après F. Vigier, le sulfocarbol (Voir ce mot), appliqué une ou deux fois par jour sur les verrues, est très actif et fort peu douloureux.

Signalons encore le suc de certaines plantes, grande chélidoine, euphorbe, figuier sauvage.

2» Vernies planes juvéniles. — Même traitement quand elles siègent sur les mains et ne sont pas trop abondantes.

Mais, quand elles sont confluentes et siègent à la face, on peut avoir recours aux moyens suivants :

Appliquer, jusqu’à ce qu’il se produise une irritation et une desquamation suffisantes, un emplâtre au savon noir de potasse ou au naphtol camphré, ou mieux l’emplâtre salicylé ou résorciné à S 0/0 ou à l’acidè salicylique, ou encore l’emplâtre mercuriel.

Quand on ne peut se procurer ces emplâtres, il faut les remplacer par des pommades à la lanoline renfermant les mêmes médicaments.

On doit, chaque fois qu’on procède à une nouvelle application, laver avec de l’eau chaude et le savon antiseptique, ou au naphtol, ou à l’acide borique, ou à l’acide salicylique. Quand l’irritation produite est vive, il convient de la calmer.

3° Verrms de l’adulte. Papillomes cornés. — On peut employer les mêmes agents caustiques que pour .les

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