‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 41 sur 47 · L. BROCQ · texte numérisé non relu

L. BROCQ

Acide salicylique.,..

Alcool à 90°.

Éther à 62»..

Gollodion élastique.

VITILIGO 405

verrues communes, mais après avoir eu soin de ramollir et d’enlever leur surtout corné (cataplasmes, emplâtres de savon noir, bains locaux, etc.)- On fera de préférence usage du thermocautère, ou bien on les ruginera avec une curette après les avoir insensibilisées avec le chlorure de méthyle au pinceau ; on fera ensuite un petit pansement antiseptique.

Quelques auteurs préfèrent les exciser au bistouri, puis les cautériser rapidement au thermocautère.-

40 Verrues séniles, séborrhéiques. — Quand elles sont superficielles, l’application d’emplâtre salicylé ou •résorciné, ou au savon mou, suffit généralement pour les détacher et les faire disparaître.

Profondes, épaisses, elles exigent un traitement plus énergique ; rugination à la curette suivi d’une cautérisation à l’acide acétique cristallisant, à l’acide phénique déliquescent, au crayon de nitrate d’argent, au thermo ou au galvanocautère.

Verruga. — (VoirPm.)

Vitiligo. — Le vüüigo est une affection acquise bien distincte des leucodermies congénitales, caractérisée par l’apparition successive de plaques bien nettes arrondies, ovalaires ou irrégulières,- de dimensions très variables, lisses, blanches, dépourvues de pigment qui semble se porter du centre à la périphérie, laquelle est, au contraire, brunâtre, hyperpigmentée. Ce n’est donc pas une achromie cutanée, mais bien plutôt une dyschromie, une véritable ataxie pigmentaire. (E.' Besnier). Le nombre des plaques blanches est très variable ; on peut n’en observer qu’une seule ou, le plus souvent, un certain nombre ; elles sont alors disséminées sur toutes les parties du corps, sur les régions velues comme sur les

VITILIGO

parties glabres ; elles existent de préférence sur le dos des mains, sur le tronc, sur le cou; elles sont assez souvent symétriques. Leur surface est souple, lisse, non épaissie, non squameuse, non prurigineuse, non anesthésique ; quelquefois, cependant, la sensibilité est légèrement émoussée. Les fonctions des glandes sébacées et sudoripares ne sont pas altérées ; une anidrose légère s’observe parfois, mais exceptionnellement.

Quand les plaques de vitiligo occupent des régions velues, les poils sont souvent décolorés, mais parfois nortaaaux; quelquefois, dans le cuir chevelu, il sepro-duit des plaques alopéciques ou à cheveux rares et décolorés (pseudo-pelade). Les plaques atteignent, dans quelques cas, une étendue très grande, soit par extension périphérique, soit par la réunion de plusieurs plaques voisines.

L’hyperchromie périphérique, qui est constante, est plus ou moins intense et généralement s’atténue à mesure qu’elle s’éloigne de la plaque décolorée.

Le vitiligo dure très longtemps, évolue très lentement, par poussées successives de pigmentation et de dépigmentation survenant peut-être un peu plus souvent en été {mtiligo ambulant ou intermittent). ■

D’api'ès Arnozan, il existe deux variétés de vitiligo :

10 vitiligo partiel localisé; 2» vitiligo à marche rapide envahissante, qui serait plus particulièrement un vitiligo d’origine nerveuse.

Le vitiligo semble parfois disparaître presque complètement, puis reparaît; on a constaté quelques cas de guérison survenant spontanément au bout de quelques années ; il n’altère jamais l’état général.

Le vitiligo diffère nettement de l’achromie partielle

VITILIGO

qu'on observe dans la lèpre, dans la morphée, dans les dermatoscléroses en plaques, et de l’hyperchromie du chloasma, du xanthelasma, du pityriasis versicolore, de l’urticaire pigmentée, des mélanodermies diverses, etc.

Son étiologie est des plus obscures. Il apparaît plus souvent dans l’adolescence et chez les femmes, blondes surtout, mais on peut l’observer à tout âge et chez les hommes ; il survient, dans quelques cas, à la suite .d’affections débilitantes, impaludisme, tuberculose, goitre exophthalmique, aliénation mentale, affections du foie, des reins, syphilis (surtout) ; ou bien dans des taches pigmentaires (cicatrices, taches hyperchromiques dues à la compression), ou bien associé à d autres affections cutanées (pelade, leucoplasie, maladie d Addison, etc.). . .

D’après Leloir et un certain nombre d’auteurs, le vitiligo serait dû à un trouble de l’innervation, à une névrite périphérique, à une affection des centres nerveux (myélites, tabes surtout dans la période dite pré-ataxique); ce serait donc une des dermatoneuroses indicatrices de Leloir. On Ta vu, dans quelques cas, apparaître après une émotion violente, un choc nerveux, un traumatisme, des injections de lymphe de Koch chez un sujet très impressionnable (Du Castel).

Traitement. - Il faut d’abord examiner avec grand soin chaque malade, chercher à modifier l’état général et, particulièrement, traiter l’état nerveux du sujet

(bromures administréspendantlongtemps, valérianates,

douches froides, révulsifs et frictions excitantes sur la colonne vertébrale, bains électriques, faradisation, courants continus).

E. Besnier recommande encore chez les jeunes sujets

VITILIGOÏDEA

les bains salins, sulfureux, bromo-iodurés et les injections sous-cutanées de pilocarpine. On a encore conseillé le fer, l’arsenic, l’extrait de quinquina.

Traitement local. — Il faut s’efforcer : I» de pigmenter les plaques achromiques. (l’acide acétique pur aurait une certaine action chromatogène (E. Besnier) ; vésicatoires, et particulièrement le vésicatoire liquide de Bidet, en applications légères mais fréquentes, comme dans la pelade; huile de Croton (?), teinture d’iode, ou mieux le mélange suivant :

Teinture d’iodo. |.

Acide phéniquo.. ! ââ 10 grammes.

Cliloral..... )

Solution alcooliquedenaphtolàIOO/0 ou d’acide salicylique à 20 0/0, électrolyse, scarifications. Quand les plaques de vitiligo seront sur une partie découverte, on pourra les masquer par des moyens artificiels ; — 2 “ de dépigmenter les plaques hyperchromiques (acide phénique en solution concentrée à 1/3, I/IO, 1/2; sublimé en solution à 1 p. 250 ou 300; emplâtre de Vigo, pyrozone, etc.). (Voir Pigment.)

Vitiligoïdea. — (Voir Xanthelasma.)

Xanthelasma (Wilson). — Xanthome. — Viti-, ligoïdea (Addison et Gull). — Molluscum sebaceum (Wilson). — Molluscum cholestérique (Bazin). — Fibroma lipomatodes (Virchow). - Plaques jaunâtres des paupières (Rayer).

C’est uneaffection relativement rare, caractérisée par des petites taches, des papules, ou des nodosités jaunâtres, dures, pouvant occuper les diiïérentes régions du corps (peau, muqueuses, viscères), mais avec une prédominance très marquée aux paupières.

On doit distinguer deux variétés da xanthome ;

A. Xanthome vulgaire. — B. Xanthome des diabétiques.

A. Le Xanthome vulgaire présente trois formes cliniques variées, à savoir : 1» le xanthome plan; 2” le xanthome papuleux ou papulo-tuberculeux; 3» le xanthome en tumeurs. (E. Besnier.)

fo Le Xanthome plan ou maculeux est constitué par des petites plaques de volume variable de couleur jaune, jaune chamois, jaune paille, jaune citron, jaune soufre. Ces taches, qui parfois sont elles-mêmes formées par la réunion de petites taches ^isolées, sont plates, unies, non desquamatives, non prurigineuses, souples, ou présentant quelquefois un très léger épaississement

XANTHOME

de la peau. Elles existent surtout sur les paupières, sur une seule ou sur les deux, symétriques ou non, occupant de préférence l’angle interne de l’œil ; mais elles peuvent s’observer également sur les joues, le nez, les oreilles, la nuque, quelquefois aussi sur toutes les muqueuses, particulièrement sur la muqueuse de tout le tube digestif.

2“ Xanthome papuleux. — Les plaques font une saillie plus ou moins accentuée; elles sont constituées par des éléments papuleux, isolés ou agglomérés, formant parfois des petites nodosités jaunâtres, du volume d’un noyau de cerise, dures, assez douloureuses à la pression, semblant enchâssées dans le derme {xanthome papulotuberculeux), occupant rarement les paupières, plus souvent les membres, avec lieux d’élection, qui sont les genoux et les coudes à leur sommet, les doigts, au niveau de leurs articulations, les espaces Interdigitaux, les orteils, les fesses au niveau du pli, la- paume des mains, la plante des pieds (plis de flexion, plis linéaires). Le xanthome papuleux s’observe aussi sur les différentes muqueuses, (bouche, grandes et petites lèvres, etc.) et sur les viscères (xanthome généralisé, xanthelasma. cutané muqueux et viscéral). Ces éléments papuleux, papulo-tuherculeux, sont dans quelques cas systématisés, zoniformes, ou disposés sur un nævus (Kobner).

3® Xanthome en tumeurs. — Il existe de véritables tumeurs xanthomatiques, ayant tous les caractères susindiqués, avec ou sans coloration jaunâtre, ayant les mômes localisations, tumeurs nom breuses, symétriques, isolées ou cohérentes, sessiles ou pédiculées, ayant le volume d’une noix,/i’un œuf, dont le début remonte à la vie intra-utérine, aux premiers mois ou aux premières années de la vie (E. Besnieh).

XANTHOME

Ces trois formes sont assez souvent observées sur le même sujet; elles persistent fort longtemps, sans provoquer de trouble fonctionnel très marqué ; ce n’est que lorsque les tumeurs sont volumineuses ou occupent les articulations, les gaines tendineuses, les tendons, particulièrement aux doigts et aux orteils, qu’dles deviennent manifestement gênantes. Mais, quand le xanthome se généralise et envahit les viscères, le pronostic doit être plus réservé.

Les sujets atteints de xanthome ont souvent, mais non constamment, soit de l’ictère, soit une coloration jaunâtre spéciale des téguments désignés sous le nom de xanthochromie ou xanthodermie, qui n’est pas de l’ictère, ainsi que le prouve l’analyse de l’urme.

L’étiologie du xanthome est assez obscure; il est parfois héréditaire ; on l’observe de préférence chez les sujets directement ou héréditairement goutteux, arthritiques, obèses, syphilitiques, ayant des affections utérines ou surtout des affections du foie, enfin chez les

^TxaSme des diabétiques. - C’est une dermatose assez bien étudiée en ces dernières années, identique au xanthome vulgaire, d’après l’ensemble de ses caractères mais en différant par certaines particularités cliniques assez importantes, ce qui a fait dire a nombre d’auteurs, anglais surtout, que le xanthome des diabétiques était une affection spéciale, distincte du xanthome vulgaire. Cette opinion ne saurait cependant être admise.

Le xanthome des- diabétiques est un xanthome transitoire rémittent ou temporaire, survenant par poussées plus ou moins violentes, susceptible de retroceder et même de disp-araître. Les éléments ne sont pas maculeux; ils sont généralement papuleux, très durs, acu-

XANTHOME

minés, blanchâtres à leur sommet, susceptibles de s’enflammer, prurigineux, douloureux, hyperesthésiques. Il n’existe généralement pas de taches des paupières, ni de taches linéaires des plis de flexion de la paume de la main, si communes dans le xanthome vulgaire : la coloration jaunâtre caractéristique est souvent bien moins accentuée. Enfin, l’ictère manque très souvent et assez fréquemment aussi la xanthochromie.

Tels sont les caractères particuliers au xanthome des diabétiques qui peuvent se rencontrer aussi soit dans quelques cas atypiques de xanthome vrai, soit chez des sujets en puissance de diabète, ce qui indique bien « 1» l’identité des deux affections; 2“ que xanthome et glycosurie ne dépendent pas l’un de l’autre, mais bien d’une même dyscrasie » (E. Besnier et Doyon).

'Traitement. 1“ Interne. — Il ne donne jusqu’à ce jour que des résultats très incertains. Autrefois, E. Besnier prescrivait la térébenthine et le phosphore alternativement; afin de soumettre les tissus préparés par le phosphore à faction de la térébenthine à haute dose, il faisait prendre au malade pendant un mois du phosphore, sous forme d’huile phosphorée dosée à un milligramme de phosphore par capsule et menée progressivement à la dose de six capsules ; pendant le mois suivant, le malade prenait la térébenthine et arrivait progressivement à la dose maxiina de iO grammes d essence en capsules; enfin il recommençait une ou deux nouvelles séries des médicaments pris alternativement. Mais E. Besnier a dû renoncer à prescrire le phosphore, en raison de la difficulté èt du danger de ce médicament pour la peau, le rein, la vessie. Actuellement, il recommande les alcalins (cure de

XÉRODEEMIE PIGMENTAIRE

Vichy) et la térébenthine donnée avec persévérance à dose tolérée'. • ^ ^

H est bien entendu qu’il faut en outre soigner l’état général, l’affection du foiequand elleexiste,etle diabète; il n’est pas rare de constater une disparition plus ou moins complète du xanthome glycosurique, quand la quantité de sucre diminue notablement ou disparaît dans l’urine.

Le TRAITEMENT EXTERNE est presque exclusivement chirurgical et ne peut guère s’appliquer qu’aux lésions xanthomateuses localisées. On pratiquera le raclage, l’excision à la curette, la cautérisation au thermo ou mieux au galvanocautère ; mais il faudra agir avec la plus extrême prudence quand on traitera le xanthome des paupières. Dans ces cas, Stern prescrit des applications de collodion au sublimé à 10 0/0; il se produit une eschare qui, après sa chute, laisse une petite surface excoriée se cicatrisant rapidement.

La paupière reste molle, souple, sans rétractation. Les cautérisations à l’acide acétique, au nitrate acide de mercure (?), à l’acide chromique, à l’acide phénique, l’électrolyse, etc., ont été également préconisées.

Le xanthome glycosurique, hyperesthésique et irrité sera traité par les émollients, les antiprurigineux et les calmants; on devra éviter de pratiquer l’excision ou le raclage. D’ailleurs, on sait qu'il disparaît souvent assez rapidement et spontanément.

Xérodermie pigmentaire. — Xeroderma pig~ mewfosMm (Kaposi). Dermatose de Kaposi (Vidal). Mélanose lenticulaire progressive (Pick). Angiome pigmentaire et atrophique (R. W. Taylor). Liodermie essentielle avec tékmgiectasie et mélanose (Neisser). Atrophoderma pigmentosum (Radcliffe Grocker). Maladie pigmentaire

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épithéliomateuse, lentigo épithéliomateux (Qdinqüaud, Barré). Épithêliomatose pigmentaire (E. Besnier), etc.

Sons ces noms variés on décrit une affection aujourd’hui bien connue cliniquement, quoique assez rare (soixante observations environ), débutant le plus souvent dans les deux premières années de la vie, quelquefois dans la seconde enfance, très rarement enfin dans l’âge adulte (Schwimmer) par des taches rouges ressemblant à des « coups de soleil », puis jaunâtres, pigmentées, brunâtres, fauves, simulant des taches de rousseur, d’abord isolées, puis se multipliant et devenant confluentes ; ces taches occupent de préférence, mais non constamment, les parties découvertes (face, oreilles, cou, nuque, mains, avant-bras, puis épaules, partie supérieure de la poitrine, jambes, pieds, etc.). Puis apfiaraissent des dilatations vasculaires, des télangiectasies ponctuées ou étendues soit sur les plaques pigmentées, soit dans leurs intervalles; la peau devient mince, sèche, squàmeuse, se fendille, se soulève, se casse, se recouvre de pustules, d’excoriations, de croutelles, qui se détachent, laissant des dépressions atrophiques blanches, cicatricielles, analogues à des cicatrices de variole. Diverses lésions secondaires apparaissent, eczématiques, impétiginiformes; enfin, au bout d’un temps parfois assez long, les lésions s’accentuent et l’on voit survenir des tumeurs d’abord petites, puis-plus volumineuses, verruqueuses ou fongueuses, végétantes, ulcéreuses, suppurant plus ou moins abondamment, entraînant, quahd elles sont au voisinage des orifices de la face, des déformations considérables (ectropion, blépharite, kératite, rétrécissement de la bouche et des narines, etc.), tumeurs épithéliomateuses, sarcomateuses, ■ carcinomateuses,

XÉRODEBMIE PIGMENTAIRE

OU angiomateuses, pouvant envahir les organes essentiels et provoquer la mort au bout d’un temps généralement long.

La xérodermie pigmentaire est une affection congénitale due sans doute à une tare héréditaire encore inconnue, peut-être cancéreuse; la consanguinité est observée dans presque toutes les observations qui, très souvent, sont prises sur plusieurs enfants d’une meme famille : quant aux irritants cutanés et particulièrement la lumière solaire, la chaleur, le froid, l’air marin, les vésicatoires, etc., ils ne font que favoriser l’éclosion ou plutôt révolution de l’affection, ainsi, du reste, que les liquides organiques pathologiquement irritatifs, tels que le mucus nasal, la salive, le liquide lacrymal. De là cette indication première dans le traitement si ingrat de cette affection déclarée incurable par Kaposi et plusieurs autres auteurs, d’écarter autant que possible et avec la plus grande énergie tous les agents irritants de la surface tégunientaire, aussi bien chez les sujets déjà envahis par la xérodermie pigmentaire que chez ceux qui, par leurs antécédents de, famille, sont prédisposes à l’affection.

En outre, il convient de traiter les manifestations cutanées dès leur apparition : la sécheresse, la tension, les petites fissures, les manifestations pustuleuses eczémateuses, croûteuses et autres seront traitées par tous les moyens appropriés : il ne faut pas craindre d essayer des moyens énergiques, et particulièrement le calomel, le naphtol, larésorcine, l’acide salicylique, le turbith, l’ichthyol en pommades ou mieux en emplâtres caoutchoutés. Ces emplâtres sont renouvelés toutes les vingt-quatre heures et à chaque pansement il convient de faire soigneusement un lavage antiseptique. Quand

Y A WJ

les tumeurs xérodermiques auront apparu, il faudra le plus rapidement possible les cautériser, les ruginer, les extirper si elles sont volumineuses, puis panser les plaies susceptibles d’être de nouveau envahies par ■ I épithéliomatose avec les agents médicamenteux les plus actifs, tels que l’acide pyrogallique, l’acide chrysophanique, le naphtol camphré, l’acide phénique, l’iodoforme, le dermatol, le chlorate de potasse, etc.

Les différentes complications, conjonctivites, blépharites, kératites, etc., seront traitées par les moyens appropriés.

Quant à la médication interne, elle n’a donné malheureusement jusqu’ici aucun résultat satisfaisant. Néanmoins, en présence d’une affection aussi grave, qui n’a été observée jusqu'ici que dans un nombre de cas relativement restreint, il n’est pas défendu de faire des tentatives et d’expérimenter divers agents tels que l’arsenic et l’iodure de potassium à hautes doses, le chlorate de potasse, le violet de méthylène, peut-être même les injections de liquide .organique suivant le procédé de Brown-Sequard et d’Arsonval.

Xérodermie pilaire. — (Voir Kératose.)

Yaws. — (Voir Pian.)

Zona {herpès zoster, ignis sacer, feu sacré). — Le zona est une affection caractérisée par des groupes de vésicules reposant sur une base érythémateuse, situés sur le trajet d’un nerf, n’occupant qu’une moitié du corps; cette éruption, qui est précédée, accompagnée ou suivie de douleurs névralgiques plus ou moins violentes, a, le plus souvent, une évolution cyclique comme une fièvre éruptive; comme elle, dans l’immense majorité des cas, elle ne récidive pas; elle diffère absolument des éruptions vésiculeuses zoniformes situées également sur le trajet d’un nerf profondément atteint.

Les caractères principaux du zona typique sont les suivants : L’éruption peut débuter d’emblée, mais, le plus souvent, est précédée de prurit, d’un sentiment de brûlure, de douleurs névralgiques (qui datent parfois de fort longtemps), de fièvre plus ou moins vive et d’adénopathie (Barthélemy). D’abord apparaissent sur le trajet du nerf atteint des taches rouges, irregulieres, parfois saillantes, tuméfiées, érysipélatoides, disséminées, d’autres fois aussi rapidement confluentes qui, en quelques heures, se couvrent de vésicules formant des groupes bien distincts, plus ou moins séparés les uns des autres, plus ou moins nombreux. Ces vésicules qui

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sont au nombre de cinq à quinze ou vingt par groupe, sont d’abord isolées, puis, le plus souvent, deviennent confluentes, formant des bulles de volume variable, quelquefois même de véritables phlyctènes : le liquide qu’elles renferment, d’abord citrin, devient trouble, purulent,et,dans quelques-unes,hémorrhagique. Au bout de trois à cinq jours, elles se flétrissent, se sèchent : on ne constate plus alors que des placards de croûtes noirâtres plus ou moins épaisses, reposant sua une base toujours rouge et ne tardantpasà se détacher et à laisser très fréquemment après elles des cicatrices souvent indélébiles, d’abord rouges, puis blanches ou pigmentées. Pendant l’évolution du zona, qui a une durée moyènne de deux à quatre semaines suivant l’intensité du cas, ta fièvre cesse ou diminue, les douleurs sont également moins vives, mais ont une exacerbation nocturne qui produit fréquemment de l’insomnie, et dans quelques cas demeurent très intenses alors même qu’il n’y a plus d’éruption.

Les localisations du zona sont très variées. Dans sa variété clinique la plus fréquente, le zona est unilatéral et occupé le trajet d’un nerf intercostal, formant sur le thorax une demi-ceinture régulière.

Parfois cependant il occupe plusieurs nerfs intercostaux du même côté (zona unilatéral étalé). Baresprung divise les zonas d’après leur localisation correspondant exactement au trajet des nerfs : 1“ zona facial, labial et ophthalmique (assez fréquent) ; — 2» zona occipitocervical; — 3» zona cervico-subclaviculaire; — 4» zona cervico-brachial ; — 5° zona dorso-pectoral (le plus fréquent) ; — flo zona dorso-abdominal ; — 7“ zona dorsoinguinal ; — 8» zona lombo-fémoral ; — 9» zona sacroischiatique.

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La symptomatologie du zona n’est pas toujours aussi nette, et il n’est pas rare d’observer des anomalies nombreuses tenant à la localisation, à la durée, à la marche de la maladie, à l’intensité des lésions, aux complications qui peuvent survenir. Les variétés suivantes ont été signalées : zona abortif (taches érythémateuses, tuméfiées, saillantes, sans éruption vésiculeuse) ;—zona ulcéreux; — zona gangreneux; — zona hémorragique ; — zona double, bilatéral symétrique (moins rare, — zona en ceinture complète) ou non symétrique (très rare); — zona bifurqué; — zona aigu (la fièvre persistant intense pendant toute l’éruption et s’accompagnant de phénomènes généraux sérieux); — zona chronique, ou mieux, prolongé de Leudet; — zona ophthalmique et ses nombreuses et graves complications (voir les traités d’ophthalmologie) ; — zona des muqueuses (face interne des joues, langue); — complications éruptives et éloignées (dermites, lymphangites, abcès, furoncles, anthrax, érysipèle, ulcérations persistantes, anesthésie, hyperesthésie, crampes douloureuses, paralysies musculaires parfois amyotrophiques, etc.).

La pathogénie, la nature, l’étiologie du zona sont encore l’objet de nombreuses discussions, et cependant il y aurait grand intérêt à élucider ces questions pour instituer le véritable traitement du zona. Dermatoneurose indicatrice (Leloir), altération des nerfs vaso-moteurs trophiques ou sensitifs, névrite périphérique, infection primitive (Landoüzy et Barré) ou secondaire à une maladie infectieuse bien déterminée, aiguë ou chronique (Dreyfous-Letulle), etc., le zona s’observe chez les enfants (2 cas chez des nouveau-nés), les adultes surtout, et les vieillards, chez les sujets arthritiques, anémiés, débilités, les femmes enceintes, etc., mais surtout,présentant

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une tare nerveuse quelconque (neuro-arthritisme, neurasthénie, traumatisme nei’veux, ataxie, paralysie générale, affection nerveuse de l’estomac, etc.)- Les causes occasionnelles invoquées (traumatisme, froid, surmenage, émotion, indigestion) ne font qu’exagérerl’état nerveux préexistant, rendent plus sensible encore le locus minoris resistantiœ, et favorisent par conséquent l’éruption zostérienne. Toutefois il importe de faire remarquer, avec E. Besnier, que chez ces sujets la déchéance du système nerveux, quelle qu’en soit l’origine, ne fait qu’accentuer les manifestations douloureuses du zona, mais n’en provoquera pas l’apparition, laquelle surviendra sous une influence inconnue, peut-être extrinsèque, spécifique, épidémique, créant l’immunité, ainsi que le déclarent les auteurs qui rangent le zona parmi les maladies infectieuses primitives ou secondaires à une infection aiguë ou chronique (syphilis, tuberculose, intoxication par l’oxyde de carbone, par les moules, parotidite, amygdalite, blennorrhagie, etc.), et qui prétendent que sa fréquence est plus grande à certaines époques de l’année, au printemps particulièrement, ce qui est fort contestable.

Il est certain que le zona s’observe par séries, qu’il existe à son sujet une constitution médicale régnante, mais qui peut survenir dans tous les mois de l’année, et qui ne se rencontre que très rarement dans un même groupe d’individus. L’hypothèse du zona maladie infectieuse est très séduisante, mais explique bien mal les localisations et l’unilatéralité du zona qui .jusqu’à présent, n’a pu être inoculé expérimentalement. Il est en effet bien difficile de déterminer exactement le mode d’action des agents pathogènes et les lésions matérielles qu’ils produisent sur les filets nerveux terminaux, sur

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les troncs des nerfs, sur les ganglions nerveux ou sur les centres bulbaires et protubérantiels.

Traitement. - II n’existe pas de traitement rationnel proprement dit du zona, puisque la notion de la condition pathogénique précise demeure obscure. Néanmoins il ne faut pas négliger de rechercher parmi les causes que nous avons indiquées celles qui ont pu favoriser l’apparition de l’éruption, de façon à les combattre activement. Si le zona semble évoluer comme une véritable pyrexie infectieuse, on ne pourra espérer arrêter la marche d’un processus à évolution régulière, et l’expectation sera indiquée tant qu’on n’aura pas trouvé l’agent pathogène et le moyen de le détruire. On se bornera à combattre les douleurs et à calmer l’éruption. Mais, s’il existe un état nerveux ou névroarthritique, une intoxication, une maladie infectieuse, aiguë ou chronique, etc., il faudra les traiter parles moyens appropriés.

Cependant quelques auteurs prétendent qu’il existe certains moyens de faire avorter le zona (?). C’est ainsi qu’on a conseillé de mettre un vésicatoire sur le point d’émergence du nerf atteint, de donner des vomitifs, des purgatifs (quand la fièvre zostérienne^ est accentuée), de faire dès le début des applications électriques sur le trajet du nerf, etc. Pour enrayer le zona, on a également recommandé divers médicaments internes, tels que l'arsenic, le phosphure de zinc, la teinture de noix vomique et de gelsemium, etc., etc.

Les agents les plus employés sont ceux qui ont pour but de calmer la fièvre quand elle existe (sulfate de quinine à doses élevées, 0s%60 à 1 gramme, IscSO par jour) et surtout les douleurs si vives qui précèdent, accompagnent ou suivent l’éruption, et qui, occasion-

zonj

nent souvent une insomnie très cruelle. On prescrira donc de préférence les analgésiants suivants : antipyrine, exalgine, bromure de potassium, chloral, aconitine, belladone, valérianate d’ammoniaque, opium sous toutes ses formes, salicylate de soude, sulfonal, etc. Malheureusement ils ne donnent que des l’ésultats insuffisants; il sera préférable de prescrire alors des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine, de cocaïne, de chloroforme (elles sont souvent douloureuses), d’antipyrine (elles sont parfois dans le zona suivies d’abcès ou d’ulcérations ; aussi Besnier conseillet-il de ne pas y avoir recours). Contre les névralgies violentes qui succèdent parfois au zona, particulièrement chez les vieillards, les nerveux ou les gens débilités, et qui sont d’une ténacité désolante, on pourra essayer les cautérisations au thermo-cautère renouvelées souvent au niveau des points d’émergence et sur le trajet du nerf, ou bien les courants continus. Kaposi a obtenu de bons résultats dans un cas de l’emploi méthodique de la liqueur de Fowler (6 gouttes par jour pour commencer, augmenter tous les trois jours de 2 gouttes, jusqu’à environ 30 à 40 gouttes par jour).

Les courants galvaniques ou faradiques pourront également être prescrits pour combattre les parésies ou paralysies secondaires du zona.

Le TRAITEMENT DE l’éruptIon dans les cas moyens qui sont les plus fréquents doit être aussi peu irritant que possible. Nous conseillons de ne pas faire usage du collodion, moyen pourtant préconisé par plusieurs auteurs, ni des médicaments actifs prétendus abortifs, tels que le sulfure de zinc, Ja résorcine, l’acide phénique concentré, etc., etc.

On peut, ainsi que le conseille L. Brocq, ouvrir avec

soin toutes les petites vésicules au moyen d’une fine aiguille flambée, puis saupoudrer avec de la poudre d’amidon ou d’oxyde de zinc et recouvrir avec une couche de coton hydrophile bien maintenue par un bandage, de façon à protéger le placard éruptif du frottement du linge et des vêtements. Ce pansement est renouvelé toutes les vingt-quatre heures.

Si l’éruption est assez intense, s’il existe de la dermite, des érosions, des exulcérations, un suintement abondant, on peut employer l’un des nombreux topiques suivants ;

Vaseline boriquée, cataplasmes de fécule ou de riz. Uniment oléo-calcaire boriqué ou,très légèrement pheniqué et cocaïne, pommade à l’oxyde de zinc, pommade belladonée, baume tranquille, poudres d’aristol, de dermatol, d’iodol, de sous-nitrate de bismuth, d’iodo-. forme, etc. Unna recommande les badigeonnages a l’ichthyol. G. Peroni, de Turin, s’est bien trouvé dans cinq cas de l’euphorène (phényluréthane) en poudre ou en pommade (5 à fO 0/0), qui exercerait en outre une action analgésiante.

Quand les vésicules sont ulcérées, nécrosées, quand il y a gangrène, on peut alors avoir recours à l’acide phénique et au sublimé, soit en solution, soit en pommade, mais à doses modérées, ainsi qu’à l’iodoforme.

Après avoir appliqué ces différents topiques, il faut toujours avoir soin de les recouvrir d’ouate hydrophile, ou mieux, de mousseline, et d’un bandage bien: exactement maintenu. ■

E. Besnier s’est bien trouvé dans quelques cas bénins de badigeonnages astringents avec une solution alcoolique de perchlorure de fer ou d’eau de Botot (Leloir) ; il recommande de renouveler le pansement plusieurs

fois par jour, de n’appliquer les compresses qu’étanchées, de les recouvrir d’une toile imperméable fine et légère et de les maintenir bien appliquées sur les parties malades. Quand celles-ci ont été ainsi pansées avant que la phlycténisation soit avancée, elles peuvent être considérablement améliorées, et l’éruption peut pour ainsi dire avorter. Ma'is ce procédé de traitement humide du zona présente, dans les cas sérieux, un certain danger.

Quand les douleurs sont très violentes, on peut incorporer à ces différentes médications de la morphine, de la cocaïne, que l’on peut également employer sous forme de solutions; pn fait des badigeonnages avec une solution de cocaïne ou des compresses imprégnées de décoction de feuilles de coca (4 grammes par litre d’eau) additionnées de cocaïne (E. Besniek). Quelques • auteurs recommandent dans ces cas les applications de chlorure de méthyle au pinceau, suivant le procédé de Bailly, mais jamais avec le siphon.

Le zona ophthalmique est beaucoup plus difficile à traiter que les autres localisations du zona ; il présente une gravité exceptionnelle en raison des nombreuses complications oculaires qui peuvent subvenir, ainsi que des cicatrices indélébiles le plus souvent, et des douleurs extrêmement violentes qui l’accompagnent.

11 importe de percer les vésicules le plus tôt possible, de faire des pansements antiseptiques fréquemment renouvelés, de faire des lavages fréquents de la conjonctive avec de l’eau chaude aseptique ou boriquée : s’il y a menace de complication, il faut s’adresser tout de suite à un médecin oculiste compétent.

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