Papulose filarienne
11“ Les autres n habitent que temporairement la peau, et surtout les poils et les vêtements. Ce sont les parasites extra-cutanés superficiels (Épizoaires).
1“ Les poux. — (Voir Phthiriase.)
2“ Les puces. — (Pulex irritans.)
3“ Les punaises. — (Cimex lectularius.)
4“ Les cousins. — (Culex pipiens.)
B. Parasites végétaux :
1“ Trichophyton tonsurans. — (Voir Trichophytie.)
2“ Achorion Schwnleinii. — (Voir Favus.)
3“ Microsporon furfur. - (Voir Pityriasis versicolore.)
4“ Microsporon minutissimum. - (Voir Erythrasma.)
Parasites animaux. — Ils provoquent un prurit plus ou moins considérable entraînant des lésions de grattage d’autant plus marquées que le sujet a une peau plus sensible, une constitution nerveuse plus accentuée : en outre, ils déterminent par leurs piqûres, leurs morsures, leur pénétration dans la peau des lésions essentiellement polymorphes qui, par leur intensité, leur localisation, leur évolution, présentent généralement ■ mais non constamment, suivant la nature de chaque parasite, une physionomie spéciale.
A. Dermatozoaires.
Dermanysses des poulaillers, dermanyssus gallinœ —
Ce sont,des petits acariens très abondants dans les poulaillers, provoquant sur les mains et les avant-bras mais quelquefois aussi sur toutes les régions exposées]
PARASITES
une éruption éphémère de petites papules très prurigineuses {prurigo dermanyssique) ; on l’observe surtout chez les filles ou garçons de basse-cour, ou chez les personnes qui plument des volailles.
Traitement. — Lotions phéniquées à 1 0/0, lotions au vinaigre, à l’eau de Cologne, à l’ammoniaque, lotions de sublimé à 1 p. 600 ou pour 1000.
Demodex folliculorum, acare des follicules. — Petit acarien pénétrant dans les follicules sébacés des personnes atteintes d’acné et de séborrhée (voir ^cné). On le trouve dans la substance des comédons extraite par la pression.
Ixodes. — Tiques. — Poux des bois. — Ixodes ricinus. — Ce sont des acariens dont les femelles, quand elles sont fécondées, s’attachent au tégument, enfoncent leur rostre dans la peau comme un trocart (Mégntn), sucent le sang et gonflent au point de former une petite masse arrondie, bulleuse, violacée, très fortement fixée à la peau, se déchirant si on veut l’extraire avec violence ; la tête reste alors implantée dans la plaie, provoquant une irritation dermique des plus prurigineuses. Pour les détacher spontanément il suffit de mouiller la peau avec du pétrole, de la térébenthine, ou de la benzine, ou bien de l’oindre avec de l’huile simple, éthérée, phéniquée ou salolée.
Les argas sont des ixodes indigènes, existant dans certains pays {Argas de Perse, de Tholozan, punaise des moutons) produisant des phénomènes locaux et même généraux parfois assez sérieux.
Œstres. — Un certain nombre de diptères déposent par une piqûre leurs œufs dans la peau, ou sur les plaies ou dans les cavités naturelles (fosses nasales, conduits auditifs et lacrymaux, sinus frontaux, pha-
PABASITES
rynx, etc.). Ces œufs germent, donnent naissance à une larve [œstre), sorte de ver qui, en se développant, produit des petits abcès très douloureux, nombreux, qui parfois sont volumineux, s’ouvrent et provoquent des hémorragies ou des plaies quelquefois profondes, phagédéniques, graves, qu’il convient de panser en pratiquant une antisepsie particulièrement rigoureuse. On peut éviter l’apparition de ces plaies en ouvrant les abcès avec une fine aiguille à scarification, et en injectant à l’intérieur quelques gouttes d’eau phéniquée, o.u de térébenthine ou d’éther iodoformé, qui ont pour but de tarir la suppuration et de détruire les larves.
Pulex penetrans. — Chique. — Puce de sable. — C’est un insecte très petit, jaunâtre, ovoïde, qui vit dans le sable et les hautes herbes sèches et ne s’observe guère que dans l’Amérique méridionale et centrale (Virginie, Mexique, Vénézuela, Colombie, Équateur, Brésil, Paraguay). La femelle fécondée attaque seule la peau et la pénètre au niveau des jambes, des malléoles des pieds et sous les ongles des orteils ; la douleur de la piqûre est à peine appréciable et disparaît rapidement; mais, du 3® au 5® jour, une petite tumeur du volume d’une lentille, d’un pois, apparaît, constituée par l’insecte qui a grossi considérablement par suite du développement des œufs dans l’ovaire. Alors la peau se tuméfie; il survient de violentes douleurs, des phénomènes inflammatoires, des vésicules, des pustules, parfois de la lymphangite, des abcès, et même de la gangrène, de la nécrosé des os, et le tétanos, ainsi qu’on l’a observé chez les nègres. Quand les œufs fécondés se répandent dans les tissus, les mêmes accidents et particulièrement la gangrène peuvent se produire.
Le traitement employé par les indigènes consiste à
PARASITES
retirer l’animal au moyen d’une aiguille chauffée eii ayant soin de ne pas Je crever afin d’éviter que les œufs se répandent, puis à cautériser la plaie avec du tabac. On peut également employer le thermocautère qui détruit l’insecte et les œufs et cautérise la plaie.
Les plaies produites par la puce de sable seront pansées antiseptiquement (iodoforme, aristol, sublimé, acide phénique, dermatol, etc.); l’essence de térébenthine, la benzine, l’éther, le chloroforme en lotions sont également employés.
Dans les pays où se trouve la puce de sable, on devra éviter de marcher pieds nus ; comme moyen préservatif, on devra s’enduire les extrémités inférieures d’huiles essentielles (L. Brocq).
Lepte d automne. — Rouget. — Leptus irritans. — Vendwngeur. — Aoûtat. — Aouti. — Bête d’août. — Punaise des moissons. — Puceron rouge. — Puce des faucheurs.
Le lepte d’automne est un insecte à six pattes très petit, mais visible à l’œil nu, rouge ou rouge jaunâtre : cest la larve du Thrombidion soyeux (Megnin). Il est très abondant en automne, dans les buissons, les champs de blé, les jardins, et surtout dans le centre et dans 1 ouest de la France; il attaqne de préférence, mais non constamment, les jambes et les pieds et se fixe fortement par son rostre dans les orifices des glandes sébacées et sudoripares, à la base des poils, le corps dilaté faisant en dehors une petite saillie rouge ovoïde. L’irritation produite par le rouget est très variable suivant les sujets, tantôt on observe une démangeaison vive, pénible, une sensation de brulûre, de l’urticaire, quelques papules et même quelques vésicules ou pustules; tantôt l’éruption est très étendue, érythémateuse
PARASITES
(érythème automnal) ou vésiculeuse (eczéma aigu) avec phénomènes fébriles passagers.
Tbaitbment. — Quelques lotions avec une solution phéniquée au centième ou à la benzine, ou avec de l’huile éthérée ou le mélange suivant (Kaposi)
sont le plus souvent suffisantes pour détruire le parasite. L’irritation produite sera calmée par une pommade légère à l’oxyde de zinc ou.au soufre et des saupoudrages à l’amidon, à l’oxyde de zinc et au sous-nitrate de bismuth.
Pilaire de Médine. Ver de Médine ou de Guinée. Dragonneau. — La filaire de Médine est un helminthe nématoïde des régions tropicales d’Asie et d’Afrique (Sénégal, Guinée, Arabie, Perse, Inde, Turkestan, etc.), qui pénètre dans l’économie soit par effraction directe de la peau (piqûre d’insectè qui le transporte) soit le plus souvent Tpnv absorption d’eau renfermant despetits crustacés (cyclopes d’eau douce) dont la filaire de Médine serait le parasite.. Ayant pénétré dans l’organisme, le ver se développe, émigre et vient se fixer de préférence dans le tissu cellulaire sous-cutané des membres où il provoque une tuméfaction douloureuse, une inflammation, un abcès à l’ouverture duquel une portion du ver devient visible. Si on l’extrait, on constate que sa longueur est de 0“,50 à 3 et 4 mètres. Parfois cependant la filaire n’occasionne aucune, réaction inflammatoire.
Traitement. — Les nègres emploient lé traitement suivant : Aussitôt que le ver est visible à l’ouverture de l’abcès, ils le tirent avec la plus grande précaution afin d’éviter qu’il se casse, parce qu’alors les jeunes
PABASI'
filaires ou les œufs se répandraient dans le tissu environnant et provoqueraient une inflammation vive ; puis ils l’enroulent très lentement autour d’une baguette, opération qui demande douze, quinze et même dixhuit heures. Dans les pays où existent les filaires, il est indispensable de toujours filtrer et faire bouillir l’eau de boisson.
Cysticerque du tissu cellulaire. — Il a été observé plusieurs fois dans la peau de l’homme {Ladrerie hypo-^ dermique et sous-cutanée). Il existe alors des petites tumeurs, le plus souvent saillantes—grêlons ladriques — hypodermiques ou sous-aponévrotiques, indolores, plus ou moins nombreuses, mobiles, élastiques, assez dures, arrondies, non inflammatoires, ayant le volume d’un pois ou même d’une olive, susceptibles de rester longtemps stationnaires, aboutissant assez souvent à la guérison spontanée par régression ou calcification, quand le cysticerque a cessé de vivre : le contenu est un liquide aqueux, clair transparent, non albumineux, qui renferme le cysticerque avec sa tête de tœnia, sa double couronne de crochets, etc. Le cysticerque peut envahir tous les organes internes, provoquant des troubles graves; l’affection appartient alors à la pathologie interne.
Traitement. — On peut essayer le traitement interne destiné à provoquer la mort du parasite (arsenic à doses assez élevées, acide phénique, salol, salicylate de soude, hydrargyre, iodure de potassium, etc.). Le meilleur traitement de la ladrerie hypodermique est la ponction ou l’aspiration avec une aiguille, suivie d’une injection antiseptique iodée de préférence. On aconseillé encore l’extirpation de la poche, la galvano-puncture, l’acupuncture électrolytique (E. Besnier), etc.
PARASITES
Papulose filarienne, affection extrêmement rare, décrite par Da Silva Araujo, O’Neill et Nielly, caractérisée par des éruptions papuleuses, vésiculeuses, pustuleuses et croûteusés très prurigineuses confondues avec la gale, occupant de préférence les avant-bras, le dos des mains, les cuisses, les fesses,le tronc, etc., et provoquée par des nématoïdRs embryonnaires, filairoïdes, anguillules ou aiguillulides qu’on retrouve dans la sérosité purulente des vésico-pustules. Cette affection très bénigne, sous-dermique, guérit très vite; il suffit de calmer l’irritation cutanée par des émollients, puis de faire quelques applications parasiticides (sublimé, acide phénique, pommades mercurielles, etc).
B. Épizoaires. — Puce commune {Pulex irritans). — Les puces produisent par leurs piqûres de petites lésions purpuriques bien connues {purpura pulicosa) de l’érythème et souvent de l’urticaire.
Traitement. — Quand le corps est couvert de piqûres de puces, on prescrira des bains d’amidon ou vinaigrés (un litre de vinaigre par bain), des lotions le soir avec une solution faible de sublimé ou d’eau de Cologne, ou de vinaigre, d’acide acétique dilué, d’ammoniaque, de borax, de créoline, etc. Le matin, on saupoudrera largement avec de la poudre d’amidon.
Pour se débarrasser de ces parasites, Brocq conseille de s’oindre le corps d’huile de laurier ou d’huile phéniquée à laquelle on mélange un peu de tabac en poudre, puis de prendre au bout de douze heures un bain savonneux.
Punaises des lits {Cimex lectularius). — Elles provoquent de l’urticaire plus ou moins intense, des démangeaisons vives et des lésions de grattage très
PAEASITES
accentuées aussi bien sur les parties pique'es -que sur le reste du corps par voie réflexe.
Tbaitement. — Ainsi que pour les puces, on pourra se soustraire aux piqûres des punaises en faisant des onctions avec de l’huile ou de la vaseline légèrement phéniquée, camphrée, mentholée ou salolée k 1 ou 2 0/O, ou avec la solution suivante :
Éther acétique. S grammes.
Eucalyptol. 10
Eau de Cologne. 40 —
Teinture de pyrèthre . SO —
(en lotions après dilution dans 3 à 6 parties d’eau). On devra mettre dans les lits de la poudre de staphisaigre ou de pyrèthre. Les piqûres seront traitées comme celles des puces. On traitera en outre l’urticaire provoquée.
Cousins (Culex pipiens), moustiques, mouches, abeilles, guêpes, etc.—Tous ces insectes par leurs piqûres provoquent une douleur généralement vive, de la rougeur, de la tuméfaction, du prurit, de l’urticaire. Quand les muqueuses sont atteintes, le gonflement peut être considérable et de graves accidents peuvent se produire.
Traitement. — L’irritation vive produite par la piqûre sera calmee par l’un des moyens suivants : Badigeonnage avec une boulette de coton hydrophile imhibé d’ammoniaque liquide étendue d’eau de Cologne, d’eau salicylée neutralisée, d’eau de chaux, d’éther, de chloroforme, d’eau cocaïnée (cocaïne 1 pour 10), d’une solution de permanganate de potasse (1 pour 300 ou SOO), d’eau sédative commune (E, Besnier).
Eau bouillie.;. iqO grammes.
Sel marin.. g
Alcool camphré... 1 gramme.
Ammoniaque liquide. lo grammes.
PÉDICULOSE, PHTHIBIASE 109
On a conseillé encore ; le collodion salicylé à 1 pour 20, le collodion au sublimé à d pour dOOO.
L’inflammation consécutive sera traitée par les lotions avec une infusion de guimauve, de camomille, de mélilot, de feuilles de noyer, ou la décoction de tête de pavot ou une solution de chloral au 2S0®.
L’odeur du tabac, du pétrole, de la térébenthine aurait la propriété d’éloigner ces insectes si désagréables ; en outre, on pourrait éviter leurs piqûres par des lotions sur les parties découvertes avec l’Eau de Cologne, l’eau phéniquée ou des saupoudrages avec du camphre.
Parésie analgésique. — (Voir Maladie de Morvan.)
Pâtes. — Médicaments peu 'actifs, contenant une grande quantité de gomme et de sucre et d’un goût agréable. Pâtes de guimauve, dejujuhe, pâtes héchiques et pectorales.
On donne aussi le nom de pâtes à des préparations molles destinées à être appliquées sur la peau ou introduites dans les tissus.
Ce sont des caustiques mélangés à des substances inertes. Exemple : Pâtes de Canquoin, pâte de Vienne, pâte du frère Corne, pâte arsenicale, ou bien des préparations plus dures que les pommades analogues à des onguents, mais ne renfermant pas de résine. (Pâtes de zinc, de plomb. Pâte salicylée, résoi’cinée, ichtbyolée, etc.)
Peau ansérine. — Chair de poule.
Pédiculose (Phthiriase). — On désigne sous ce nom les lésions dues à la présence des Poux, dont il existe trois espèces: le pou de tête, le pou des vêtements, le pou du pubis.
110 PBDICDLOSE, PHTHIRIASB '
A. Pou de tête {Pediculus capitis). — Les poux de tètes sont grisâtres, allongés, ont environ deux millimètres de longueur, occupent le cuir chevelu, mais, quelquefois chez les vieillards à longue harhe et à longue chevelure, peuvent envahir la harhe et y demeurer. Leurs piqûres et leurs succions provoquent une démangeaison vive, du grattage, un léger écoulement de sang et de sérum, des petites pustules, puis des croûtes de plus en plus abondantes et épaisses dans lesquelles les parasites pullulent rapidement. Les lésions débutent généralement par la nuque, où les cheveux sont parfois collés, et recouverts de lentes; de là elles gagnent plus ou moins vite t.out le cuir chevelu ; elles varient d’intensité avec la constitution du sujet ; elles sont à peine appréciables chez les sujets bien portants'; mais il n’est pas rare chez les sujets jeunes et lymphatiques de voir survenir des croûtes très abondantes, épaisses, agglutinant les cheveux reposant sur une surface rouge, saignante, mamelonnée {Impétigo granulé, teigne granulée), ainsi que des adénopathies cervicales multiples, des abcès, etc.; chez les sujets eczémateux, on peut observer tous les signes de la dermite eczémateuse artificielle.
Les poux s’observent le plus souvent chez les enfants, les jeunes lymphatiques surtout, ou chez les femmes, en raison de leur longue chevelure qui offre aux poux survenus par hasard une sorte de refuge, particulièrement après un long séjour au lit quand elles n’ont pu se coiffer chaque jour. On peut les rencontrer à tous âges et dans toutes les classes de la société, mais on peut dire que la pédiculose de la tête et des vêtements est surtout une maladie de malpropreté, de cachexie, de misère physiologique et sociale. . : .
PÉDICÜLOSE, PHTHIRIASE 111
Traitement des poux de tète. Deux indications. —
Détruire les poux et les lentes. 2° Traiter les lésions cutanées. — Pour détruire les poux, il faut d’abord, chez les enfants et chez les hommes, couper les cheveux, ce qu’on devra éviter de faire chez les femmes. Puis on savonne le cuir chevelu avec de l’eau chaude et du savon aunaphtol ou à l’acide phénique, ou au sublimé.
S’il existe une irritation vive du cuir chevelu, on la calme par les moyens appropriés (pulvérisations, douches chaudes, cataplasmes émollients, pommades à l’acide borique, au calomel (1 gr. pour 30), aunaphtol, à l’oxyde de zinc, au soufre, ou même à l’huile de cade au vingtième, au dixième ou au cinquième (Brocq) ; puis on prescrit les parasiticides les plus employés, tels que l’onguent mercuriel parfois dangereux, le camphre râpé, la poudre de staphisaigre projetée avec un soufflet dans les cheveux, l’infusion de tabac, la cévadille (Kaposi), le naphtol, le pyrèthre, etc., etc. Kaposi donne la préférence au pétrole : pour prévenir le danger du feu, il le prescrit sous la forme suivante :
l’étrole... 100 grammes.
Huile d’olive. SO —
Baume du Pérou. 20 —
On verse ce mélange abondamment sur la chevelure, on frictionne, puis on enveloppe la tête avec de la flanelle. Au bout de vingt-quatre heures, les poux sont détruits, et les œufs ne se développent plus. On lave la tête avec du savon, on démêle les cheveux. Ce procédé, à notre avis, n’est pas exempt de danger; nous préférons la méthode suivante :
Après avoir nettoyé la chevelure, et calmé l’irritation quand elle existe, faire soir et matin dans tout le cuir che-
112 {PÉDIOÜLOSE, PHTHIRIASE
velu une pulvérisation chaude avec le mélange suivant :
Eau.... 500 grammes.
Acide acétique.. 5 —
Bichlorure d’hydrargyre 0gr,S0 à Ogr.TS.
Pendant la douche, démêler, puis coiffer au peigne ün.
Les douches peuvent être remplacées par des lotions renouvelées soir et matin avec une solution de sublimé de 1 gramme pour 400 grammes d’eau ou de vinaigre. Quand il existe un peu de dermite eczématique, nous préférons les pommades aux lotions. (Pommade avec 1 gramme de calomel pour 30 d’axonge. — Pommade au turhith, au précipité jaune.)
Au bout de deux à trois jours au maximum, tous les insectes sont détruits, mais quelques lentes persistent,, adhérant aux cheveux par leur enveloppe de chitine. Pour les détacher, il faut dissoudre cette chitine, ce que l’on obtient avec l’acide acétique dilué, ou mieux le vinaigre. On doit donc imprégner les cheveux de vinaigre chaud, puis coiffer avec un peigne fin trempé dans le vinaigre. Les lentes glissent le long du cheveu et viennent dans le peigne.
Vidal prescrit le traitement suivant :
1“ Friction sur tout le cuir chevelu avec l’onguent napolitain.
2“ Le lendemain lotion savonneuse.
3° Le surlendemain et pendant deux jours onction avec le glycérolé cadique fort :
Huile de cade vraie.. 50 grammes.
Glycérolé d’amidon à la glycérine neutre.'.. 45 —
Extrait fluide de Panama ou
savon noir. s —
Essence de girofle. q. s.
PfiDICULOSE, PHTHIEIASE
B. Pou des vêtements {Pediculus vestimentorum, corporis, humams). — Il est plus long, plus gros, plus agile que le précédent. Il habite le linge, les vêtements qui recouvrent la peau, et particulièrement leurs plis dans lesquels il dépose ses œufs sous forme de chapelets. Pour le trouver, il faut déshabiller rapidement le Sujet et surprendre pour ainsi dire l’insecte sur la peau se livrant à la succion et n’ayant pas eu le temps de fuir dans les vêtements. Il provoque des lésions {Pédiculose du corps) parfois très étendues et tenaces, particulièrement chez les sujets nerveux, irritables et âgés. Ces lésions sont parfois fort peu aisées à reconnaître en raison de la difficulté de saisir le corps du délit : elles consistent en lésions de grattage, traînées sanguinolentes trahissant l’action des ongles, en papules excoriées, ecthyma, dermites eczématiques, croûtes, abcès, furoncles, anthrax, lymphangites, urticaire, et surtout, dans les cas de pédiculose invétérée, chez les vieillards particulièrement, en un épaississement, en une sécheresse intense de la peau excoriée qui devient jaunâtre, brunâtre, noirâtre même. Cette mélanodermie phthinasique occupe de préférence les lieux d’élection de la pédiculose des vêtements qui sont les épaules, la nuque, les omoplates, les reins, la ceinture, la taille, les fesses, la face externe des cuisses et des avant-bras.
Les poux du corps s’observent dans toutes les classes sociales, et dans les mêmes conditions que les poux de tête. Mais la pédiculose invétérée avec mélanodermie intense ne se rencontre guère que chez les vieillards malheureux et plus , ou moins cachectiques.
Traitement. — L’indication capitale est de soustraire le malade à l’action des poux : pour cela, il faut lui recommander de changer de linge et de vêtements
PÉDICÜLOSB, PHTHIEIASB
plusieurs fois, et de désinfecter à l’étuve tous les vêtements, tout le linge, tous les objets de literie pouvant renfermer des poux ou des œufs. Ces simples soins peuvent suffire. Toutefois, on pourra prescrire encore une série de bains sulfureux et savonneux, des frictions avec une solution phéniquée ou une pommade phéniquée à 1 ou 2 0/0. Quand la peau est légèrement irritée, on conseillera des applications de pommade au naphtol 5 0/0, ou à l’oxyde de zinc et à l’acide salicylique.
Pommade avec :
} ââ 25 grammes.
Oxyde de zinc. 10 —
Acide salicylique. 0gr,60.
Essence de menthe . q. s.
ainsi que des bains d’amidon. Le malade devra, en outre, mettre dans ses vêtements de la poudre de staphisaigre.
On a conseillé encore les lotions au chloral, à l’alcool camphré, à l’eau phagédénique, au pétrole, au soufre, etc. Quant aux préparations mercurielles, telles que bains de sublimé, lotions au sublimé, fumigations cinabrées, etc., il faut en général s’en abstenir, surtout quand on est en présence de sujets âgés, mélanodermiques, cachectiques, présentant tous les signes de la phthiriase invétérée.
C. Pou du Pubis. Pédiculose ou Phthirius inguinalis. Morpion. — Il est gris, pâle, plus petit et moins allongé que les précédents, ayant environ deux millimètres de longueur. Il vit surtout dans Igs poils de la région génitale, mais peut gagner toutes les parties du corps où il y a des poils, le cuir chevelu excepté.
Contrairement au pou des vêtements, il est facile à
PÉDIOULOSE 115
surprendre, la tête enfoncée dans un follicule pileux, la partie postérieure du corps dirigée en haut. Il dépose ses œufs Rentes) comme le pou de tête le long des poils : il provoque un prurit quelquefois nul, souvent modéré, parfois cependant chez les sujets nerveux assez désagréable, s’accompagnant alors de lésions de grattage plus ou moins accentuées.
On observe en outre chez beaucoup de sujets atteints de morpions, particulièrement chez ceux qui sont très velus ou bien ont la peau blanche et fine, des taches bleues, ombrées, macules cyaniques, pouvant occuper toutes les régions, mais surtout l’abdomen et le tronc ; elles semblent être plus abondantes, plus évidentes' quand il existe un état fébrile concomitant, lequel, au contraire, d’après Payne, serait dû à l’introduction dans lacirculationgénérale d’une substance nocive, pyrogène, produite par le morpion.
Le morpion peut, comme les deux espèces précédentes, s’observer dans toutes les conditions; mais, contrairement à elles, il est rare à l’hôpital, très fréquent au contraire chez les jeunes gens de la classe moyenne et élevée. Il a été observé parfois dans les cils comme dans toutes les autres régions pilaires, le cuir chevelu excepté, avons-nous dit plus haut; mais il faut savoir que la phthiriase des cils s’observe le plus souvent chez les enfants, parfois même chez les enfants en très bas âge, l’insecte cheminant de la nourrice au nourrisson. Les cils sont alors collés, agglutinés, et ce n’est que par un examen minutieux qu’on constate que la blépharite ciliaire est due à la présence de morpions.
Tkaitement. — Il faut détruire les morpions, détacher toutes les lentes et désinfecter les vêtements.
PÉDICTJLOSE
Pour détruire les morpions, le remède populaire est Vonguent gris ‘. On commence par savonner avec de l’eau chaude et du savon ' blanc toutes les régions envahies, puis on frictionne avec l’onguent. Au bout de deux heures environ, pour éviter l’irritation cutanée et les phénomènes d’intoxication, on s.avonne de nouveau. Après trois ou quatre frictions, les morpions sont généralement détruits.
On peut remplacer l’onguent gris par les pommades suivantes :
Axonge. iO grammes.
Calomel. I g
Menthol.. i
Précipité blanc.... 3 grammes.
Onguent émollient.. 30 —
Axonze benzoïnée. 40 grammes.
Naphtol B. 4à5 —
Mais les pommades présentent l’inconvénient de tacher les linges, les draps; en outre, il existe des sujets intolérants chez lesquels une seule application d’onguent gris a suffi pour provoquer un érythème intense ou d’autres phénomènes d’intoxication.
Aux pommades nous préférons les lotions : quand les
i. Formule de l’onguent gris :
Pommade mercurielle double.. 126 grammes.
Axonge benzoïnée.. 376 —
Mêlez.
Formule de la pommade mercurielle ou onguent mercuriel double :
Mercure métallique. 600 grammes.
Axonge benzoïnée. 460 —
pédioulos'e-
morpions occupent presque toutes les régions pilaires, il faut conseiller au sujet de prendre un bain de sublimé (10 grammes de sublimé pour une baignoire de bois), mais auparavant de bien se savonner tout le corps. Puis il se fera tous les soirs pendant trois à quatre jours une friction sur les régions envahies, avec la solution suivante :
Bichlorure d'hydrargyre. 1 gramme.
Alcool.... 100 grammes.
Eau. 200 à 300 —
F. S. A. pour l’usage externe.
Besnier recommande des solutions de sublimé moins fortes, en frictions ou en pulvérisations.
Sublimé.. 0sr,01 à 0gr,05.
Eau de Cologne........ 100 grammes.
On peut encore employer les solutions suivantes :
Sublimé.. 1 gramme.
Vinaigre. 400 à 300 grammes.
Alcool à 80°.. 7o grammes.
Acide salicylique. 3
Vinaigre de toilette. 2o —
13 grammes.