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MODE D'ACTION DE LA PENICILLINE

Les auteurs anglais pensaient que la pénicilline rendait les bactéries plus vulnérables à la phagocytose. Mais les expériences de RAMMELKAMP montrent que la phagocytose ne joue qu'un rôle tout à fait secondaire, ou même ne joue aucun rôle, puisque l’activité bactéricide du sang et celle du sérum sont égales après l’administration de pénicilline et que le sérum est dépourvu de feucocytes. \

Dès 1944 NITTI et FAGUET montrent que dans un premier temps le développement microbien est ralenti, et qu’ensuite se produit une lyse progressive qui peut n’être qu’incomplète, car elle atteint de préférence les mi-. crobes en voie de division active, comme l’avaient déjà signalé HOBBY, MEYER et CHAFFEE.

ERIKSEN en 1946, met en valeur le rôle 4e Ja concentration en pénicilline, dans des expériences faites sur deux souches, l’une très sensible : B anthracis, l’autre peu sensible : B paracoli. Lorsque la concentration est élevée une lyse se produit sans qu’elle soit précédée d'aucun phénomène apparent. Quand la concentration est faible ,on observe d’abord une croissance et un faible gonflement précédent la lyse comme cela avait été

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observé pour le pneumocoque et le staphylocoque. Mais tandis que la pénicilline à forte concentration exerce son action lytique, même lorsque les bactéries ne sont pas mises dans des conditions permettant la croissance, à faible concentration au contraire elle n’agit que lorsqu’il y a possibilité de croissance. De toute façon, l’auteur note la présence de bactéries « persistantes » restant indemnes quand Îa lyse est apparue, ou tout au moins, et c’est le cas des souches résistantes de staphy- - Jocoques sur gélose, subissant des modifications non suivies de lyse .

HOLZER, en 1947, insiste sur la formation de cellules géantes et sur les modifications apportées par la pénicilline dans les mitoses. REIZSTOFF explique ces phénomènes par une théorie physico-chimique : la pénicilline attaquerait la surface des cellules, change la perméabilité des membranes, d’où l’apparition d’œdèmes à la phase dite « prébiotique » ; quant à Ja destruction de la cellule, ce serait un processus secondaire.

En 1947 aussi WELSCH étudiant l’action de la pénicilline sur les cultures de staphylocoques dorées d’âges différents (16 à 48 heures) confirme en quelque sorte les résultats d’ERIKSEN sur B. anthracis et B. paracoli, en constatant que l’activité Îytique est plus intense et plus rapide à l’égard des cellules dont la croissance a atteint son maximum.

CHAIN est, plus rigoureux dans ses conclusions, puisqu’il admet que la pénicilline n’agit sur les germes qu’à certaines phases de jeur croissance, et même que les bactéries les plus sensibles peuvent être à certaines périodes

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complètement réfractaires à des doses même fortes de la substance.

PRATT et DUFRENOY étudient l’action de la pénicilline du point de vue cytochimique. Ils soumettent à l’épreuve de sensibilité, par la méthode des cyiindres sur gélose, des $ermes colorés par le rouge neutre et montrent que les cellules filles résultant de la division, diffèrent dans [a répartition de l’appareil vacuolaire. Les solutions vacuolaires qui accumulent les colorants vitaux se trouvent refoulées vers la périphérie des cellules, elles-mêmes œdématiées. Ces vacuoles cessent d’emmagasiner Îes produits qui y sont normalement contenus. Dans une série d’expériences faites sur le staphylocoque doré, ils observent que la pénicilline étant dans le milieu à une concentration bactériostatique, ces germes, en perdant graduellement leur réaction au $ram, voient leur système vacuolaire modifié quant à son caractère et sa répartition.

En 1948 BOIVIN, TULASNE,- VENDRELY et MINCK notent qu’au début la pénicilline n’entrave guère les divisions nucléaires, mais freine beaucoup les divisions cytoplasmiques des $ermes : qu’elle exagère l’hypertrophie normale des cellules en phase de latence sans s’opposer aux divisions nucléaires inhérentes à cette phase. Ceci serait lié à des modifications dans la répartition de l'acide ribonucléique au sein du cytoplasme.

Tous ces faits tendent à montrer des troubles métaboliques graves chez Je micro-org$anisme.

Au point de vue de la biochimie, les connaissances ont progressé moins rapidement que dans le domaine de la morphologie.

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