SENSIBILITÉ ET RÉSISTANCE DES GERMES MICROBIENS A LA PÉNICILLINE
Le plus $rand nombre des $ermes microbiens rencontrés dans les ophtalmies est sensible à la pénicilline qui s’adapte remarquablement aux affections oculaires.
Pour les les ophtalmies humaines le tableau suivant rappelle les germes qui seront soumis utilement à l’action de Îa pénicilline
micro-organismes sensibles :
staphylocoque streptocoque pneumocoque $gonocoque méningocoque
B tétanique Corynebactérium dyphtérioe B. diphteroïdes
les actinomyces
les leptospires Treponema pallidum Fièvre récurrente
Sodoku
Date me
les infections anaérobies de l'œil sont très rares, maïs :
cl. Welchii cl. œdematiens cl. histolyticus V. septique B. subtilis
réagissent à la pénicilline.
Aux germes sensibles communs à l’homme et aux animaux déjà inscrits ci-dessus, s’ajoutent pour les ophtalmies animales :
Corynebactérium pyogènes Agents de la kératite contagieuse des bovidés B. de Schmorl.
Il faut remarquer que bien des ophtalmies animales n’ont pas été encore étudiées à ce sujet et que les staphylocoques et les streptocoques sont de beaucoup les $ermes les plus fréquents et les plus abondants.
La supériorité de la pénicilline sur les sulfamides, est, outre sa faible toxicité, son action sur Îles staphylocoques. Cependant, beaucoup de staphylocoques oculaires paraissent n'avoir aucune sensibilité à la pénicilline (certaines souches du bacille pyogène, d’actinomyces bovis en particulier) se montrent aussi insensibles. Mais de très fortes concentrations voient très souvent céder cette pénicillino-résistance naturelle.
D’après BROWN, les bacilles de WEEKS et de MORAX, de même que le proteus sont sensibles à une concentra-
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tion deux cent quarante fois supérieure à celle qui inhibe le staphylocoque doré. ;
Mais inversement EAGLE montre que vis-à-vis de certaines souches de staphylocoques et de streptocoques, de fortes concentrations de-péniciiline sont nettement moins bactéricides que des concentrations plus faibles. C’est l’exception qui confirme la règle.
Malgré le danger de trop fortes concentrations, danser plus ou moins grand suivant les auteurs, il importe comme le fait remarquer MILLER, d'apporter au lieu d'infection des doses maxima de médicament pour agir efficacement sur les bactéries peu sensibles. *
D'ailleurs ERIKSEN affirme que les bactéries extrêmement sensibles elles-mêmes peuvent produire de la pénicillinase et que dans ce cas, l’action d’une dose déterminée de pénicilline est fortement tributaire de l’impor- tance de l’inoculat microbien.
Enfin, un autre argument en faveur de l’emploi des fortes doses /: la résistance acquise à la pénicilline appa- SA Ld . . ” A raît et se développe lentement ; il y a intérêt, par conséquent, à utiliser des doses largement supérieures aux doses minima nécessaires.
La résistance acquise à la pénicilline est beaucoup moins à redouter que [a résistance aux sulfamides. Les ‘expériences des auteurs anglo-saxons montrent que les générations microbiennes suivant une génération ayant acquis une résistance à la pénicilline, cultivées sur des milieux exempts de péhicilline perdent cette résistance. La résistance est donc essentiellement transitaire. D’au-
tre part elle est assez difficile à acquérir, et il suffit en général lorsqu'on se trouve dans un tel cas de résistance de suspendre le traitement et de le reprendre à des doses très élevées ensuite pour voir la pénicilline retrouver son efficacité.
Le mécanisme de cette résistance acquise est assez obscur. La sécrétion de pénicillinase n’est sûrement pas seule én cause ; l'hypothèse de l’adaptation du $erme à l’antibiote semble plus vraisemblable que celle de l’apparition de mutants demeurant après élimination des souches successives.
Quoiqu'il en soit, la péniciilino-résistance est différente de la sulfamido-résistance. Elle est rare, et comme le dit CHAIN c’est encore à la pénicilline que les $ermes s’accoutument je moins bien, ce qui lui donne une situation privilégiée par rapport aux autres antibiotiques.