CONDUITE DU TRAITEMENT
Après l’étude d’abord des voies de pénétration adéquates, ensuite de la tolérance de la pénicilline et de la meilleure forme d’administration, nous envisageons le traitement qui nous paraît le mieux adopté aux affections du segment antérieur de l’œil et nous employons:
— pour la désinfection oculaire externe :
pénicilline G sodique cris- TASSE Que 1000 U.O.
excipient à base d’hydroune pommade carbure neutre et déshydraté soluble, à l’exclusion d’excipient d’origi-
HET ADI ET 1 gramme
qui est appliquée 6 fois par jour sur le globe oculaire,
dans les culs de sacs conjonctivaux à l’aide d’un tube à canule.
pénicilline G sodique cris-
P rallisée cu nee (60000:
un collyre huie de foie de morue... 1 cc.
qui est instillé 8 fois par jour dans les culs de sacs conjonctivaux à l’aide d’un tube à canule.
— jorsque nous voulons obtenir une concentration de pénicilline suffisante dans la cornée et l’humeur aqueuse :
l'injection \ sous ‘ conjonctivale / sérum physiologique .... 0,5 cc.
pénicilline G sodique cris-
tallisées re RER 50000 U.O.
Nous rappelons pour mémoire la technique de cette injection sous-conjonctivale chez le chien. Immobiliser l’animal en le plaçant en décubitus latéral et en maintenant la tête. Anesthésier l’œil par la butelline. Ecarter Îes paupières au moyen du blépharostat. Saisir avec des pinces en un point aussi éloigné que possible du bord supéro-temporal, un pli de conjonctive bulbaire et injecter à sa base le liquide thérapeutique. D’après Nico- LAS avec un peu d'habitude if est facile et préférable de pratiquer l’injection sans l’aide du blépharostat ni des pinces qui ont l’inconvénient de froisser la conjonctive, ni même de l’anesthésie préalable. La main gauche reicvant la paupière supérieure, la droite tient la seringue de telle sorte que l’aiguille aborde le slobe tangentiellement et pique très obliquement la conjonctive. On reconnaît par transparence que l'aiguille a bien pénétré
le tissu épiscléral et la boule d’œdème que forme le liquide injecté confirme qu’on est en bonne place.
Les injections sont renouvelées toutes les 48 heures. À l'injection sous-conionctivale de pénicilline nous adjoignons l’instillation du collyre à la pénicilline.
On peut aussi associer aux injections sous-conjonctivales de pénicilline l'injection sous-cutanée de vitami-
ne C.
Enfin la pénicilline en poudre peut être employée sur l’ulcère cornéen. II faut signaler que le traitement doit être poursuivi après la guérison apparente. À ce propos SCOBÉE à la suite d’une étude anatomique, physiologique, expérimentale et clinique conclut que la présence de staphylocoques dans les glandes de MEIBOMIUS à la suite de conjonctivites aiguës dues à ce microbe joue un rôle primordial dans le retour de cette affection. Ainsi convient-il, surtout si après la période aiguë, une conjonctive chronique persiste, de continuer les instillations de pénicilline, et même SCORÉE conséille si c’est nécessaire d'ajouter de l’adrénaline au collyre et de masser les paupières afin d’activer le drainage meibomien.
2) OBSERVATIONS recueillies dans le service de Clinique Médicale : Professeur DARRASPEN OBSERVATION N° 1 M. Dufau, 33, rue de Venise, Toulouse.
‘Chien, griffon pie-marron, utilisé à la chasse âgé de 2 ans, pesant 18 kgs ; en bon état d’entretien, entré le 9 jan-
vier 1949 dans les hôpitaux. N° 30.
ps
Examen général : animal de tempérament lymphatique, montrant des signes de sénilité (bien qu’âgé seulement de 2 ans). Démodécie périoculaire et plaque de staphylo-démodécie sous la gorge. Le chien butte sur les obstac'es lorsqu'il chasse. à
Examen oculaire : au cours d’un examen précédent on a noté : perte totale de la vision à l’œil gauche atteint de cataracte, le cristallin de l'œil droit commence à perdre sa ‘Jimpidité.
Aujourd’hui nous voyons qu'après le traitement indiqué au propriétaire la cataracte ne progresse pas dans l’œil droit, mais le chien est atteint d’un entropion aux deux paupières inférieures. Cet entropion a déterminé une conjonctivite aiguë et la procidence des corps c'ignotants.
Le 10 janvier on opère le chien de Fentropion.
Les 11 et 12 janvier on procède à des bains à l’oxycyanure de mercure en solution à 1 pour 4.000, on applique de la pommade à l’oxyde jaune de mercure. Les plaies opératoire, prurigineuses, incitent le chien à se gratter et bien qu’il soit assujetti au port du carcan, il frotte ses yeux contre les barreaux de sa cage, il infecte ses plaies qui se mettent à suppurer. -
Le 13 janvier : les paupières sont tuméfiées, œdématiées très volumineuses, chaudes, très douloureuses. En écartant les paupières, on voit le corps clignotant très -œdématié qui recouvre presque tout l’œil. Une sécrétion purulente s'écoule agglutinant les cils et les poils. La conjonctive présente de gros vaisseaux rouges, le chémosis est très prononcé. La photophobie est intense.
Traitement : instillation de collyre à la pénicilline 7 fois par jour. | :
Le 14 janvier : les paupières sont moins tuméfiées, moins enflammées, surtout à l’œil. gauche.
Le 15 janvier : le chémosis a disparu; la sécrétion purulente diminue d'intensité.
Le 17 janvier : l’état des yeux s'améliore encore; la sécrétion purulente est tarie, le corps clignotant a diminué