‹ Traitement des Affections Pulmonaires Aigües à Pneumocoques Par Le Sérum Antipneumococcique PolyvalentChapitre 4 sur 21 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

«© La pneumonie guérit toute seule », ceci est un adage courant; cependant, le pronostic n’en reste pas moins tou-

jours aléatoire, car, à tout moment de l’évolution de ia ma-.

ladie, peut survenir une complication ressortissant soit à l’atteinte du cœur, soit à une infection qui retentit sur l’état général. ur

Jusqu'à présent, on se contentait d'une thérapeutique symptomatique, d’ailleurs excellente, mais, seule, la sérothéra-

pie antipneumococcique pouvait prétendre à être la théra-

peutique spécifique des affections pulmonaires aiguës à pneu-

mocoques. :

L'emploi du sérum antipneumococcique commence à se répandre de plus en plus, cependant, il semble que ce ne soit guère, jusqu'à présent, que dans la pratique hospitalière. Ïl y aurait un grand intérêt à ce que les praticiens l’emploient couramment en clientèle, de même qu'ils se servent du sé-

rum antidiphtérique ou des autres sérums antimicrobiens. Les résultats qu’il m’a été donné de constater dans le service de mon maître le Docteur Courcoux, à l'hôpital An-

dral, m'ont incité à ‘apporter ma modeste contribution en . faveur de cette thérapeutique.

Qu'il me soit permis, avant tout, de témoigner ici ma profonde reconnaissance à M. Courcoux, qui m’inspira cette thèse, ainsi qu’à M. Cotoni, de l’Institut Pasteur, dont l'extrême obligeance m'a laissé puiser sans réserves dans la riche documentation réunie pour son nouvel ouvrage Sur les « Pneu

mocoques et les affections pneumococciques ».

Nous n’aurons en vue, dans cette thèse, que l'aspect cli-

nique de la question et ne publierons que des observations 4

recueillies RSRARAIERQN à l'hôpital Andral.

LES PNEUMOCOQUES

Un aperçu bactériologique succinct nous est d'abord néces- ï

saire.

Découvert en 1881 par PASTEUR dans la salive d’un en-

fant, le pneumocoque fut isolé en 1883 par TALAMOK dans

LA

« l’exsudat pneumonique ». FRAENKEL l’étudia ensuite minu-

tieusement, le décrivit et lui donna son nom caractéristique (1883-1886). Depuis lors, les travaux se succédèrent à son sujet, et, bientôt, dès r8or, Foa et CARBONE, EMMERICH et Fowirzky, G. et F. KLEMPERER, s’efforçaient de mettre en lumière les propriétés préventives du sérum des animaux in-

fectés avec des pneumocoques.

C’est à la faveur de ces travaux et des nombreux autres qu’ils Suscitèrent, que l’on se rendit compte de l'existence de plusieurs variétés de pneumocoques. Cette espèce n’est pas, en effet, homogène, et comporte un certain nombre de types ou de groupes qui, bien qu'identiques par leurs caractères fondamentaux, ne se différencient pas moins nettement par certaines propriétés.

NÉUFELD, en 1900, remarque que seuls, les microbes virulents, particulièrement pathogènes, sont solubles dans la bile cette coïncidence à peu près constante entre la virulence

et la solubilité dans la bile est démontrée par des expé: riences reprises par MM. NICOLLE et COTONI.

On étudie ensuite les caractères de fermentation : les pneumocoques faisant fermenter le glucose, le lactose, le saccharose et l’inuline et se différenciant ainsi de/leurs très proches parents les streptocoques. (H1ss).

Mais les travaux relatifs à la classification des pneumocoques datent surtout de 1013 et sont dus, pour la plupart, à des auteurs américains.

DocHEZz et GILLESPIE, au moyen d'expériences d’immunisation sur les animaux, trouvent, dans la pneumonie lobaire aigüe, plusieurs groupes qu'ils classent sous les désignations I, II, III (pneumococcus mucosus) et IV (hétérogène). LISTER, un Anglais, la même année, arrive aux mêmes résultats et aux mêmes conclusions.

CHICKERING, en 1914, étudie spécialement le pouvoir agglutinant du sérum des pneumoniques; sauf dans les cas très graves, il trouvé des agglutinines dans le sang chez 73, 8 o/o des pneumoniques. Ces agglutinines apparaissent, en général, au moment de la crise et sont décelables pendant un laps de temps très variable; elles sont strictement spécifiques dans les pneumonies I et II, respectivement pour les pneumocoques des groupes I et II.

HANES (1) montre que le groupe III, prneumococcus mucosus ou Streptocoque de Bonome, est spécifique tout au

(1) Etude des réactions d’immunité du pneumococcus mucosus. Journal of. exp. med. Janvier 1914, p. 38.

moins du point de vue de l’agglutination, seule réaction constatable.

Enfin, dans le groupe IV, les Américains ont fait rentrer .

tout un ensemble d'échantillons non classés dans les trois groupes précédents. Ce type IV est d’ailleurs rencontré rarement chez les pneumoniques, mais isolé surtout dans la la salive d'individus normaux.

Récemment, MM. NicoLLe et DEBAINS (1) ont repris sur de nouvelles bases cette étude des groupes de pneumocoques et de l’agglutination. Ils ont démembré le groupe IV des auteurs américains et démontré que, par un artifice de préparation (2) on peut faire rentrer chacun de ses représen- tants dans les trois groupes précédents.

Sans doute existe-t-il d’autres types de pneumocoques, mais ils ne présentent pour nous qu'un intérêt relatif, car les variétés dont il a été parlé sont de beaucoup les plus fré- - quentes sous nos climats. |

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