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porte. Aussi, croyons-nous qu’il faut l’éliminer, presque per-
sonne, d’ailleurs, ne l’utilisant encore maintenant.
VOIE INTRATRACHÉALE. — On sait, d’après les recherches de BESREDKA, que la muqueuse pulmonaire absorbe facilement les sérums injectés. L'efficacité de ce mode d'administration ne peut être mise en doute, car il porte les anticorps spécifiques au contact des pneumocoques présents dans l’intérieur des alvéoles, en même temps qu’il a une action générale par suite de la rapide absorption du sérum par le poumon.
La voie intratrachéale a été utilisée dé diverses manières. Les uns avec RÉNON, MIGNOT, SERGENT, injectent le sérum par voie laryngée suivant la technique de CANTONNET. D'autres, RENDU, BOSSAN, recommandent la voie intercrico-thyroiïdienne.
La voie trachéale n'est pas dangereuse et la clinique l’a montrée efficace; mais elle exige l'emploi d’un laryngoscope et, pour cela, le praticien devra posséder une certaine expérience technique. De plus, cette instrumentation complique passablement la pratique de ville. Il est, en outre, parfois impossible d’avoir recours à cette méthode chez un malade fatigué et dyspnéisant qui, souvent, ne peut supporter l'introduction de la-canule.
Quant au procédé de Mendel, qui consiste à pratiquer l’injection laryngée sans miroir laryngoscopique, il nous semble absolument aléatoire. Les discussions récentes prouvent er effet que, très fréquemment, la totalité ou, tout au moins, la plus grande partie de l'injection ainsi pratiquée passe dans l’œsophage.
VOIE INTRAVEINEUSE. — [a voie intraveineuse a été préconisée par nombre d'auteurs. Les Américains emploient fréquemment cette voie, mais seulement pour le sérum I dont ils injectent, toutes les huit heures. 00 à 100 centimètres cubes, jusqu’à ce que la température tombe à la normale et s'y maintienne.
En France, CRUVEILHIER (1) et TRUCHE ont recommandé la même voie; mais SACQUÉPÉE (2) insiste surtout sur ce mode d'administration.
Il va sans dire que cet auteur recommande de parer, autant que faire se peut, à toute éventualité fâcheuse. A cet effet, il faut s'assurer que le malade n’a pas reçu antérieurement d'injection de sérum, pour éviter le choc anaphylactique; s’il y a sensibilité anormale à certaines substances ou quelques antécédents pathologiques tels que l’asthme, la tendance à l’urticaire ou au rhume des foins, SACQUÉPÉE conseille de ne pas employer la voie d'injection intraveineuse capable de causer des accidents sériques ou des troubles hémoclasiques.
Par contre, d’autres auteurs, tels que MAURICE RENAUD (3) provoquent délibérément le choc thérapeutique par l'injection intraveineuse de sérum additionné d’une petite quantité d'adrénaline (1/2 milligramme). D'après M. Renaud les bons résultats seraient dus tant au choc colleïdo-clasique qu’à
(1) Annales de l’Institut Pasteur, juillet 1910.
(2) Paris Médical, 4 juin 1921. p. 445.
(3) Bulletin et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux, 23 juin
l'action spécifique du Sérum: l'emploi de sérum autre qué le sérum antipneumococcique ne donne pas, en effet, une sédation aussi complète et aussi nette.
D’après notre expérience clinique, il nous semble que la voie intraveineuse ne soit pas sans dangers. Quelques précautions que l’on prenne, en effet, on ne peut jamais être certain qu'il n’y aura pas de choc anaphylactique et si, dans le milieu hospitalier, on est outillé pour parer à toute éventualité et mettre en œuvre tout ce que comporte un pareil cas, il n'en va pas de même en clientèle de ville. De plus, l'obligation de faire toutes les huit heures une injection intraveineuse, ainsi que le conseillent certains auteurs, rencontre pour la même raison un insurmontable obstacle.
Pour toutes ces raisons, la voie intraveineuse ne doit pas être appliquée chez tous indistinctement, mais doit demeurer une méthode d'exception. Il ne la faut employer que dans les cas graves, chez des sujets jeunes et résistants. On ne doit pas la pratiquer chez le vieillard ni chez les malades dont les reins ou le foie peuvent n'avoir pas une intégrité parfaite. (1) ;
VOIE INTRAMUSCULAIRE. — Après avoir expérimenté successivement les voies d'injection que nous avons indiquées précédemment, nous utilisons, dans le service de mon maître le Docteur Courcoux, à l'hôpital Andral, la voie intramusculaire de préférence à toute autre. Cette injection
(1) Courcoux. — Bull. Soc. Méd. Hôp. 9 février 1922 et la Clinique = avril 1922.