RATES
* d’abord comme mousse, puis comme matelot. Pendant douze
ans, il a fait le tour du monde, et à plusieurs reprises, est allé en Chine, en Cochinchine. dans les Indes, etc. [Il prétend néanmoins n'avoir jamais été malade. et surtout n'avoir pas eu de fièvres intermittentes. Depuis neuf ans, il habite Paris et
travaille comme chauffeur dans une raffinerie ; mais depuis
deux ans, à cause de sa maladie, ne pouvant plus être chauf. feur, il est employé à nettoyer les chaudières.
C’est un homme de petite taille, mais bien musclé et d’apparence robuste : il est pâle et amaigri. Les artères du cou sont animées de battements violents ; dans le creux sus-claviculaire droit on perçoit à la main un frémissement systolique le long de l’artère sous-clavière qui est sinueuse. Le cœur est énorme et ses battements ébranlent toute la paroi antérieure du thorax ; on sent sa pointe battre dans le sixième espace à 17 cm. de la ligne médiane, au-dessous de l’aisselle. On constate, en outre, un deuxième foyer de battements, visibles, dans le second espace intercostal droit, à 6 centimètres de la ligne médiane, tandis que la matité cardiaque s'étend de 2 centimètres audelà de ce point. La palpationide la région précordiale permet de découvrir tout le long du bord droit du steruum un frémissement intense, au deuxième temps. À l’auscultation, on perçoit au niveau du foyer aortique un double souffle intense rapeux (dont le second est le plus accentué), qui s'étend à toute la région précordiale, principalement le long du bord droit du sternum et qui se prolonge dans le dos, tout le long de l’aorte.
la pointe, les battements sont sourds, éloignés, non accompagnés de souffles. Au niveau de la sous-clavière droite, on entend un souffle systolique, rude, vibrant, très intense ; on le perçoit du reste à l'aorte abdominale, à la fémorale et au niveau de la plupart des grosses artères. Les radiales sont très sinueuses, sans être indurées, le pouls régulier, fort, bondissant, est synchrone des deux côtés et bat 80 fois à la minute. Les poumons sont normaux; le foie est légèrement abaissé; sa matité remonte en haut au quatrième espace et en bas elle déborde de
BAT VRpe
deux travers de doigt le rebord costal. La rate est un peu volumineuse ; elle mesure 12/18 centimètres. L’estomac n'est pas distendu, néanmoins les digestions sont très pénibles et accom- : pagnées de crampes d’estomac, de renvois et d’aigreurs. À la palpation du ventre, on sent l’aorte battre fortement.
Le malade se plaint d’éprouver, outre les crises d’angine de
. poitrine, de pénibles douleurs lombaires. Il rend dans les
24 heures environ 1,500 grammes d’urine, de densité 1022 qui contient un peu d albumine, et pas de sucre ni autre élément anormal. :
Du 9 février su 8 juin, on a pratiqué au malade neuf injec-
tions sous-cutanées, chacune de 200 centimètres cubes d’une
solution stérilisée de gélatine (contenant 2 grammes par 100 centimètres cubes de sérum artificiel). Les premières ne furent suivies d'aucun accident local ou général ; mais quatre heures après la dernière, il eut quelques frissons, des douleurs dans toutes les jointures et sa température monta à 39° On appliqua localement des compresses humides et on administra 2 grammes d’antipyrine ; le lendemain matin la température
‘était redevenue normale et tout rentra dans l’ordre. Ces injec-
tions gélatineuses n'étant suivies d'aucun changement du côté de l’aorte, on se décida à les suspendre.
Pendant le séjour à l'hôpital, grace au repos et aux bons soins, l’état général du malade s’améliora ; la pâleur du visage diminua et il prit de l'embonpoint.
Se croyant guéri, le malade quitte l'hôpital le 4 juillet, mais nous est ramené de nouveau le 21 juillet avec des phénomènes intenses d’urémie. Pâle, les yeux excavés, il s’agite dans son lit, se plaint d’oppression et gémit constamment. Il rend dans les vingt quatre heures à peine 300 grammes d'urine, ayant 1.031 de densité. ne renfermant pas de sucre, mais contenant beaucoup d’albumine (plus de 3 grammes par litre). On lui fait prendre des purgatifs drastiques (eau-de-vie allemande, lavements des peintres) ; mais la quantité des urines baisse de