‹ Traitement des AnévrismesChapitre 29 sur 58 · DUR TP · texte numérisé non relu

DUR TP

plus en plus et, à partir du 24 juillet, et jusqu’au 27, jour de la mort, il n’a plus rendu une seule goutte d'urine.

Le 26 juillet, le pouls devient extrêmement rapide, ditficile à compter ; il est faible, tandis que la veille au soir il était très fort et bendissant ; le cœur bat régulièrement 240 fois à la minute et soulève fortement la poitrine à chaque systole. La langue est sèche, le malade est agité et demande constamment à boire ; les pupilles sont très rétrécies. Pour le calmer, on fait au malade une injection sous-cutanée de 0,02 centigrammes de morphine. et on lui administre ensuite 40 gouttes de digitaline Perir ; il s’endort et, le soir, le pouls s'était relevé, était redevenu assez fort et ne battait que 160 fois à la minute.

Le lendemain matin, le malade entrait en agonie avec pouls imperceptible et râles trachéaux. Il est mort dans la soirée,

A l’autopsie, on trouve un cœur énorme, pesant (vide de sang) 1.070 grammes; le ventricule gauche, rempli d’une grande quantité de caillots, a des parois très épaissies. La valvule mitrale est intacte, tandis que l’orifice aortique est dilaté et ses valvules sigmoïdes manifestement insuffisantes, car elles sont un peu épaissies et indurées au niveau de leur bord libre. Le ventricule droit est. lui aussi, volumineux et ses parois sont hypertrophiées ; l'oreillette droite contient un caillot ancien, adhérent à la pointe de l’auricule. et duquel se sont probablement détachés les caïllots qui ont déterminé les trois infarctus du poumon droit.

L’aorte présente. au niveau de la crosse, une dilatation uniformément répartie sur toute la circonférence du vaisseau, ayant le volume d’un fort poing d’adulte. et qui s'étend depuis lies valvules sigmoïdes jusqu'à l'embouchure de l’artère sousclavière gauche.

La face interne de l’aorte, au niveau de cette dilatation, est tapissée de plaques légèrement saillantes, gaufrées et con: fluentes ; des plaques semblables recouvrent toute la face nterne de l’aorte, mais sur la portion thoracique et abdominale

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de ce vaisseau, elles ne sont pas confluentes, comme au niveau de la crosse. mais espacées et disposées sur deux lignes parallèles à l’axe du vaisseau.

Des coupes, faites au niveau de ces plaques, montrent que ce n'est pas seulement l’endartère quiest atteint, comme dans l'artério-selérose, mais la paroi est épaissie dans son ensemble ; le périartère surtout prend une grande part au processus et au niveau de ces plaques. l'aorte adhère fortement au tissu conjonctif qui l'entoure, lequel est épaissi et induré. Cette adhérence est surtout prononcée au niveau de la concavité de la crosse, le plexus cardiaque est compris dans un tissu ferme, de consistance fibreuse.

[l est à remarquer que le reste du système artériel est absolument intact; les artères de gros et moyen calibre, quoique légèrement dilatées, ne présentent pas la moindre trace d’athérome. Les plaques d’artérite de la crosse se prolongent dans l'origine du tronc brachio-céphalique sur l’étendue de 2 centimètres, et, à ce niveau, le vaisseau présente une dilatation du volume d'une amande; quant à l'artère sous-clavière droite, qui pendant la vie était le signe d’un frémissement systolique considérable, elle est intacte dans toute son étendue.

Les cavités pleurales sont intactes ; tandis que les deux poumons sont congestionnés et œdématiés ; sur la coupe. on voit sourdre des orifices bronchiques une quantité considérable de mousse blanche. Le poumon droit présente en outre au niveau de son lobe inférieur, trois petits infarctus récents.

À l’ouverture du ventre, on ne remarque rien de particulier ; l’estomac et l'intestin sont intacts ; le foie pèse 1.250 grammes, il est mou et très congestionné ; la vésicule renferme une bile épaisse et très colorée. Le pancréas est normal ; la rate de même, elle pèse 155 grammes. Les reins ont un aspect normal, ils pèsent chacun 165 grammes ; leur surface est lisse, leur couleur pâle, blanchâtre, la substance corticale n’est pas diminuée d'épaisseur et la capsule se laisse facilement détacher. Les

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artères rénales sont normales et intactes. La vessie renferme un peu d’urine.

Les capsules surrénales et les testicules ne présentent rien de particulier à signaler.

A l’ouverture du crâne on constate que les artères de la base sont, elles aussi, intactes ; rien à noter du côté de l’encéphale et du bulbe. |

Examen microscopique. — Sur une coupe transversale de l'aorte, comprenant à la fois une partie saine et une partie altérée de ce vaisseau, on constate que :

a) Au niveau de la partie saine, les tuniques du vaisseau sont intactes. Néanmoins, à mesure que l’on approche de la partie lésée, on trouve entre les tuniques moyenne et externe, des capillaires sanguins entourés d'un amas plus ou moins considérable de cellules conjonctives jeunes à noyaux petits, se colorant fortement.

b) Au niveau des parties lésées, Je périartère acquiert une épaisseur considérable (trois fois plus grande qu’au niveau de la partie saine). Les faisceaux conjonctifs qui le constituent sont volumineux, épais, nombreux ; il y a là, la formation d’un véritable tissu fibreux. Les capillaires sanguins de cette tunique, et principalement ceux du voisinage de la tunique moyenne, sont nombreux. dilatés, sinueux et entourés d’une grande quantité de tissu conjonctif jeune.

La tunique moyenne du vaisseau est, à ce niveau. considérablement diminuée d'épaisseur ; elle est traversée de part en part, de nombreux capillaires sinueux, entourés d'une grande quantité de cellules conjonctives jeunes ; de sorte que, par places, cette tunique a; pour ainsi dire, complètement disparu.

Au même niveau, la tunique interne est boursouflée et fait saillie à l’intérieur du vaisseau. Elle paraît constituée par une masse amorphe contenant à peine quelques rares noyaux.

La topographie des reins est normale. Le tissu conjonctif n’est pas épaissi, les vaisseaux sanguins sont intacts ; il en est de même des glomérules.

50 au =

et forme une mince bande de protoplasma, bien limitée du côté

de la lumière du tube ; ce protoplasma légèrement granuleux. : contient des noyaux petits qui se colorent bien. La lumière de ge

ces tubes contient un magma amorphe, co LE çà et là, à la surface de l’épithelium.

Les tubes excréteurs ne présentent rien de particulier à

signaler, ils ne contiennent pas de cylindres.

IX. — cas OÙ LA MÉTHODE EST APPLIQUÉE AVEC SUCCÈS Dans les observations qui suivent, on verra les heureux effets des injections sous-cutanées de sérum gélatiné ; nous les analyserons après avoir donné les obsertions. HER E

OBSERVATION III / | VERT (Lancereaux et Paulesco. C.-R. Acad. de méa. et Journal de médecine interne, octobre 1898.)

Anéorysme de la crosse aortique, traité par des injections sous-cutanées de gélatine. Guérison.

Ch... Louis, chauffeur, âgé de 48 ans, entre dans notre ser-

vice le 16 mai 1898. Huit mois auparavant, un matin, pendant une pituite, le malade ressent tout à coup un craquement au ni-

veau de l’angle formé par le sternum et la clavieule droite, et

crache un peu de sang; depuis lors, de temps à autre, il éprouve à cet endroit des douleurs profondes et d’intensité modérée ; mais depuis deux à trois mois, il ne peut plus faire aucun effort, |

Les tubes sécréteurs sont dilatés, leur épithelium est aplati

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