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malade. réglée à l’âge de 15 ans, s’est mariée à 19, et dans l'espace de quatre ans, elle à eu trois fils sans aucun fait nouveau. Le dernier naquit l’an dernier, le 12 juillet, sans qu'il y ait eu dans l’enfantement rien de notable.
Vingt jours environ après l’accouchement, au dire de cette dame, elle commença à éprouver un malaise et une sensation de lourdeur, accompagnés de palpitations, dans la région om bilicale. Elle consulta alors sa sage-femme, qui, après l'avoir examinée, pensa, comme elle nous le dit, à un anévrysme. et conseilla à sa cliente de voir un médecin.
Deux jours plus tard, notre estimable collègue et ami. le D' Carlos Audueza, fut appelé auprès de la malade. Il diagnostiqua : anéorysme de l'aorte abdominale.
Ce fut quatre jours après, que notre cliente se confia à nous. À l’examen, nous rencontrâmes une tumeur dans la région ombilicale, très appréciable au toucher, de la dimension d'une grosse noix, pulsatile. avec des mouvements d'expansion bien
marqués ét un bruit de souffle caractéristique. Le diagnostic
s'imposait, et nous confirmâmes celui de notre collègue Audueza.
Nous procédâmes donc, le jour suivant, à l’application des injections de sérum gélatineux à 2 0/0 d’après la méthode Lancereaux-Paulesco, usant de l'appareil le plus moderne pour cet objet.
Le 9 août, avec la meilleure asepsie possible, nous pratiquâmes dans la région du flanc droit la première injection de 100 grammes, qui produisit, quelques heures plus tard, un frisson intense, une.fièv:e de 390 centigrades et des vomissements d’abord alimentaires, et ensuite giaireux et bilieux. Nous crûmes à quelque indigestion, et nous indiquämes un remède approprié. Le jour suivant tout était calme.
Le 12, nous fimes la deuxième application dans le flanc opposé, toujours avec l’asepsie la plus rigoureuse, et, même ainsi, la malade présenta, environ trois heures plus tard, un frisson intense, une fièvre de 39° 1/2 centigrades et des vomis-
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sements tenaces, qui nous firent différer la troisième injection jusqu'au 19.
Successivement nous pratiquâmes des injections le 24 et le 28 du même mois, toujours avec les mêmes résultats : vomissements, frisson et fièvre. $
Au mois de septembre, nous injectâmes du sérum gélatineux les 197, 7,11, 18, 22, 26 et 30. avec des phénomènes semblables à ceux que nous avons décrits, sauf que le frisson manqua plusieurs fois, et que la fièvre fut peu intense (38° centigrades).
En octobre, nous fimes trois injections jusqu’au 17, date de la dernière.
Nous fimes donc 15 injections à notre malade, et toutes amenèrent le vomissement.
Nous faisons remarquer qu'outre la rigoureuse asepsie, comme nous l’avons déja dit, nous employions du sérum gélatineux venu exprès pour nous de la pharmacie Fournier, de Paris, par conséquent insoupçonnable.
Notre ami et collègue. le docteur Santiago Rodriguez vit avec nous la malade, après la deuxième injection gélatineuse ; à cette date. comme nous le fimes remarquer à notre habile collègue, les mouvements du sac anévrysmal avaient perdu un peu de leur force ; ils étaient cependant très sensibles, mais le souffle caractéristique persistait dans toute son intensité, comme le constata notre collègue d'observation.
Cet ami confirma notre diagnostic et nous encouragea à poursuivre le traitement.
Les mouvements d'expansion de la tumeur et son bruit de soufflet disparurent lentement et progressivement, de manière que déjà au moment de la douzième injection, ils n'élaient plus perceptibles et que tout se réduisait, dans le champ de l'obser vation, à l’existence d’un cordon dur, avec des battements iso-
chrones à ceux du pouls radial.
Deux mois exactement après la dernière injection gélatineuse, lorsque déjà nous avions déclaré notre cliente remise, nous dûmes la montrer de nouveau à notre collègue, le docteur
Santiago Rodriguez, la malade étant neurasthénique et inquiète de sa santé. Un examen attentif et minutieux nous prouva que l’anévrysme était parfaitement guéri.
Maintenant. Auit mois après avoir fint son traitement, la dame qui est l’objet de ces lignes est en bonne santé et se livre à ses occupations habituelles.
Nous oublions d’ajouter à cet exposé que le traitement par les injections de sérum gélatineux a été secondé efficacement par la tranquillité presque absolue de la malade (elle devait allaiter son enfant). et par le régime lacto- végétarien. comme le conseillent les auteurs.