OBSERVATIONS DE BRULURES DU DEGRE MIXTE
OBSERVATION N° 8. — Le 19 juin 1938, entre à la clinique le petit G..., âgé de 2 ans, qui en marchant à reculons, est tombé dans une bassine d’eau bouillante. À son arrivée, il est très choqué, pâle, a un pouls à 140, une température à 39°. Les surfaces brülées comprennent tout le membre supérieur gauche, la presque totalité du dos, les deux fesses et le tiers supérieur des cuisses. Ce sont des brûlures du deuxième degré, avec quelques îlots de lésions au troisième degré et, au niveau des cuisses, une large zone érythémateuse du premier degré.
Après excision des phlyctènes et ablation des lambeaux cutanés qui se laissent détacher aisément, le petit malade subit une irradiation d’infra-rouge pendant une
heure. On le porte ensuite dans son lit où il repose, sans pansement, sur des draps stérilisés. On le réchauffe et on essaie de lutter contre le choc par des injections de sérum et de l’adrénaline.
La nuit se passe presque calme et, le lendemain, on pratique deux irradiations d’une heure, une le matin, l’autre le soir, traitement qui sera celui de chaque jour. Les alèzes étaient imprégnées d’un suintement assez important, mais déjà on constatait la formation de croûtes jaunâtres sur toute l’étendue des surfaces irradiées.
Le soir du deuxième jour, brusquement, le malade présente une crise de pâleur avec hyperthermie : la température est à 40° 2, la respiration stertoreuse, les pupilles dilatées, le pouls incomptable : on a l’impression de mort imminente. Grâce à des injections de sérum, d'insuline, d’adrénaline et de strychnine, l’état s’amélicre rapidement, bien qu’il survienne une incontinence des matières et des urines qui persistera une quinzaine de jours.
Entre temps, les surfaces brûlées se sont recouvertes d’une croûte épaisse, brunâtre, dont l’évolution se fait moins rapidement vers la guérison, sans doute parce que le petit malade ne peut rester longtemps couché sur le ventre. En effet, alors que les doigts et la main sont guéris à partir du sixième jours, ce n’est que vers le dixième jour que les croûtes commencent à tomber au niveau du dos, laissant une surface rosée, lisse, régulière. Le vingtième jour, enfin, tout le dos est guéri ; il ne reste plus à se cicatriser que la pointe des fesses et une partie du membre supérieur, répondant à la face interne du coude et à la proportion voisine du bras et de Pavant-bras.
Le retard de la cicatrisation en ces points s’explique de la façon suivante : pour les fesses, il est dû à l’infection qu’a entraînée l’incontinence des matières et des urines ; pour la face interne du coude, il résulte du fait
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que pendant l’irradiation on n’a pas remarqué tout d’abord que cette partie brûlée ne recevait pas les rayons, cachée qu’elle était par la proximité du tronc. On se trouve dene, chez ce petit malade, en présence dune évelution différente, suivant le traitement. La partie irradiée a guéri en mcins de trois semaines, celle qui n’a pas subi les infra-rouges a évolué suivant les
données classiques et a demandé plus de deux mois À se cicatriser. :
Remarquons d’ailleurs que, partout, la cicatrisation fut parfaite et, qu’en aucun endroit, il n'existe de cicatrice adhérente, rétractile, douloureuse.
Telle fut l’évolution de cette grave brûlure, évolution qui fut d’ailleurs entreccupée d'incidents dus à l’atteinte profonde de l’état général. Après la erise de pâleur avec hyperthermie signalée dès le début apparurent d’importants abcès localisés aux deux cuisses et qui furent incisés le 12 et le 29 juillet. Cette abondante suppuration explique l’état fébrile continu du petit malade jusqu’à la fin de juillet. Après l’euverture du second abcès, la fièvre tomba définitivement et la guérison se fit sans autre incident.
OBSÉRVATION IN IX. — M... ,23 mois entre le 26 février pour de vases brülures provoquées la veille par une panade bouillante. Ces brûlures occupent toute la partie gauche de la figure, débordent d’ailleurs sur la moitié de la partie droite, s'étendent sur le cuir chevelu, le cou et présentent des lésions du deuxième degré et du troisième degré. Au niveau du thorax, où la panade est restée pendant une demi-heure, on trouve une vasté brûlure profonde du troisième degré occupant la moitié antérieure gauche du thorax, toute la région axillaire et la partie correspondante de la face postérieure du thorax gauche. Sur la figure, sur la tête et le cou, se trouvent de nombreuses et abondantes phlyctènes, alors
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qu’au niveau du thorax, les tissus sont durs, jaunâtres et parcheminés. Dès son arrivée, la petite malade, très fatiguée, a un mauvais état général : la température est à 40° On institue aussitôt deux séances d’une heure d’infra-rouges, ainsi que le traitement général de sérum adrénaline et insuline.
27 février — La température est à 38°2, l’état général meilleur. Le lendemain, malgré une température toujours très élevée, aux environs de 39°, la petite malade a un état général très satisfaisant, des urines abondantes, claires, sans albumine ni sucre.
1° mars. — Les creûtes qui recouvrent la face se soulèvent en partie, laissant une surface un peu suintante. À ce moment, on met au niveau du thorax, où se trouve une véritable cuirasse, de grands pansements humides pour essayer, en quelque sorte, de décaper cette région.
4 mars. —— Les croûtes de la face sont enlevées sous le pansement humide et les rayons sont pratiqués pendant trcis heures au lieu de deux. Une ascension thermique, que nous regardons comme un fièvre de rayons, ncus fait diminuer la durée de l’irradiation, ce qui permet la chute de la température à 38°5. D’ailleurs, malgré la fièvre précédente, l’état de la malade reste toujours satisfaisant.
8 mars. — Ablation de toutes les surfaces escarrifiées, sauf au niveau de la région occipitale et de la face où se produit un dépôt irrégulier de croûtes volumineuses et confluentes, alors qu’au niveau du thorax, les croûtes sont beaucoup moins épaisses.
10 mars. — La température monte à 40°, sans raison, et on ncte dans la région occipitale une suppu-
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ration abondante. A la face, les croûtes sont toujours
épaisses, la partie postérieure du thorax est lisse, vernissée, sans croûte.
12 mars. — Diminution considérable de la température. La face, le cou et le cuir chevelu sent recouverts d'une surface vernissée très mince et sèche. Dans ces différents endroits, la cicatrisation est terminée le 16. Au niveau du thorax qui, seul, reste à cicatriser, ainsi que l’creille, les rayons permettent, malgré l'intensité des brûlures d’chtenir très rapidement une diminution considérable de la surface brûlée, de telle sorte que deux mcis après la brûlure, toutes les surfaces grave-. ment atteintes étaient cicatrisées. Au niveau de la face, la cicatrice, d’abord souple, devint rétractile autour de l’œil gauche et de la commissure gauche de la bcuche ; au niveau de l'oreille, une perte de substance importante donna une cicatrisation disgracieuse. Quant à la cicatrice de la région axillaire, elle fut également
inesthétique, gênant assez notablement l’abdurtion du bras.