‹ Traitement des brûlures: par les rayons infra-rougesChapitre 24 sur 25 · INCIDENTS · texte numérisé non relu

INCIDENTS

Ils sont pratiquement négligeables, mis à part, bien entendu, les suintements hémorragiques plus ou moins importants, mais qui sont observés seulement

lorsqu'on emploie de mauvais appareils.

Une de nos malades, après la chûte des croûtes, éprouva, lors de l’irradiation, une douleur légère pendant une demi-heure, douleur, d’ailleurs, que nous n’avons jamais observée ultérieurement. Nous l’indiquons seulement pour être complet.

Il faui enfin noter «la fièvre des rayons», pour savoir n’y attacher aucune gravité. Les brûlés, soumis au traitement, présentent, en effet, souvent une température élevée, 39°, voire plus. Et cependant. par un contraste qui ne peut manquer de saisir, Pétat général est parfaitement conservé, le pouls n’est pas rapide, le faciès est normal, la diurèse est normale sans sucre, sans albumine, et les malades s’alimentent comme si rien m'était, Les enfants qui ont présenté cette fièvre étaient, malgré cette haute tempéraiure, très gais et s’amusaient volontiers. Nous avons observé cette fièvre chez notre brûlé de l'observation n° 1.

Voici donc exposée la technique du traitement telle que l’a mise au point le docteur Gautier et qui. comme toute méthode, est susceptible de subir des

modifications de détails dans son application, les

none

résultats remarquables qui sont dans nos observations cliniques, les incidents, enfin, qui, à vrai dire, ne comptent pas.

Nous nous proposons, dans un dernier chapitre, de dégager les avantages que présente la méthode du traitement par les infra-rouges sur le tannage. Nous prenons cet élément de comparaison, car le tannage constitue actuellement le traitement jusque-là le plus

. intéressant et le plus efficace.

Avantages sur le tannage. — Sans condamner ia méhode du tannage qui a réalisé un tel progrès dans la thérapeutique des brülures, il est cependant permis de mettre en parallèle ses actions successives au cours de l’évolution d’une brûlure, d’une part, et les

actions des infra-rouges, d’autre part.

1° Il existe d’abord des contrindications, que Pierre Duval et Mourgues Molines ont judicieusement résumées dans leur rapport aux Congrès Français de Chirurgie de 1937 : pas de tannage à la face ; pas de tannage des brûlures antérieurement traitées par les corps gras. Enfin, certains auteurs ne veulent pas tanner les régions articulaires des membres où les mouvements fendillent et craquellent les croûtes.

Les infra-rouges, eux, peuvent être appliqués à la face, en quelques régions que ce soit, et sur une brülure traitée antérieurement par les corps gras. Plu-

sieurs de nos observations le prouvent de Ia façon la

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plus formelle, sans qu’il soit besoin de plus y insister, qu’il s'agisse de suif, d’huile gomenolée, etc... Notons seulement qu’au niveau des plis de flexion, il faut veiller à une bonne extension. Ainsi, par exemple, au niveau du pli du coude, chez une de nos malades, on faisait, par une extension, craqueler la croûte qui s'était d’abord formée sur un bras un peu fléchi, puis on appliquait l’irradiation sur cette surface et la cicatrice présentait, par la suite, une élasticité parfaite qui permettait le jeu normal de Particulation.

En suivant l’ordre chronologique des événements, on observe :

Avec les infra-rouges, une disparition presque instantanée de la douleur. Ce n’est pas le cas pour le tannage où l’on doit parfois faire de la morphine, ce qui n’est pas toujours très indiqué pour le rein du brûlé. Cette analgésie est d’ailleurs définitive et entretenue par les séances ultérieures.

La lutte contre le choc est plus aisée puisque les infra-rouges réchauffent le malade, suppriment la douleur et diminuent considérablement l’exhémie. Nous connaissons, en outre, leur action si importante sur le syndrome humoro-tissulaire. Et par là-même, ils luttent plus efficacement que le tannage, contre l’éntoxication.

Une supériorité se manifeste également à la période où l'infection est à craindre : en effet, le

tannage aboutit à la formation d’une croûte très

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épaisse, très dure, et l'infection <«sous-crustacée » peut s’observer. Avec les rayons, rien de semblable, puisqu’en eux-mêmes ils sont anti-infectieux, caractère d’ailleurs sur lequel les auteurs qui ont parlé d’infra-rouges n’ont pas insisté. Enfin, il n’est pas rare d'observer sous la croûte épaisse du tannage, une absence d’épidermisation. La cause essentielle de ces effets est surtout l’application de ce traitement à des brülures trop profondes.

Et nous en arrivons à une série nouvelle d’avantages :

Il s’agit des brûlures du troisième degré où le traitement coagulant échoue le plus souvent.

Dans ces cas, le traitement par les infra-rouges réussit. Certes, les délais de guérison sont plus longs que pour une brûlure du deuxième degré. On se rappelle à titre d'exemple, le petit malade de l’observation I, dont la partie gauche du dos, et certaines parties du bras gauche, présentaient précisément des brûlures du troisième degré. Enfin, la cicatrisation n’aboutit jamais à des proliférations exubérantes qui

nécessitent des interventions chirurgicales variées.

En résumé, l'intérêt du traitement par les infra-

rouges est variable suivant létendue de la brülure :

En cas de petites brûlures, c’est un intérêt de rapidité, mais le maximum d'intérêt est réalisé pour les brülures étendues du deuxième degré qui guérissent

rapidement avec une cicatrice parfaite.

D et

En cas de très grande brûlure, l’action des infrarouges est toute aussi remarquable sur la douleur et surtout le choc. Pierre Duval et Mourgues Molines font remarquer dans leur rapport au Congrès de Chirurgie Française de 1937 que toute brûlure dépassant 25 % est fatale. De plus, dans certains cas, les malades peuvent mourir à la suite d’un syndrome « paleur-hyperthermie», comme l’a fait remarquer Rudler. Nous avons observé ce syndrome chez plusieurs de nos malades, aucun n’a succombé. De plus, pour les brûlures très étendues, au-dessus de 25 %, il est permis de penser qu’une balnéation prolongée par les rayons infra-rouges puisse abaisser le taux de mortalité qu'ont fixé Pierre Duval et Mourgues Molines.

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