CHAPITRE III
Technique de son eraploi.
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Après avoir étudié le résultat produit sur les brûlures superficielles par les applications locales d'acide pienque et avoir sommairement indiqué la théorie de son action, il nous reste à parler de la technique de son emploi. Nous rappellerons, car le fait a une grande importance, que c'est dans le traitement des brûlures superficielles que ce topique peut donner de bons résultats, etque le bénéfice obtenu est d'autant plus remarquable que le topique est appliqué au moment de l’accident, en tout cas à un moment aussi rapproché que possible et autant que faire se peut avant l'apparition des phlyctènes qu'il empêche alors de se produire.
Il y a donc intérêt à ce qu'aucun autre traitement n'ait été appliqué, en particulier les corps gras qui peuvent empêcher le contact intime de la brûlure et de l'acide picrique.
S'il existe déjà des phlyctènes, il faudra, comme dans la plupart des traitements classiques les ouvrir avec précaution sans les déchirer pour donner issue à la sérosité épanchée. Cela fait, la plaie lavée si elle est souillée avec des solutions antiseptiques habituelles, le chirurgien appliquera le pansement trinitrophénique.
Peut-être serait-1l possible d'employer l'acide picrique à l'état de paillettes ou à l'état pulvérulent ; nous n'avons pas l'expérience de ce procédé qu'en cas d’urgence extrême nous serions disposé à instituer.
Nous nous sommes arrêté à la solution saturée d'acide picrique obtenue par. addition à de l’eau bouillante d’une certaine quantité d'acide picrique en paillettes dont on sépare l'excès par décantation. On obtient ainsi une solution d’un beau jaune doré que l’on peut laisser refroidir dans un vase obturé d'ouate : cette solution peut donc être parfaitement aseptique.
Notre choix est justifié par la faible solubilité de l'acide picrique,par l'absence detoxicité du médicament, ses propriétés caustiques sont nulles, enfin la facilité avec laquelle le praticien peut extemporanément préparer sans pesée, sans éprouvette,etc.…,la solution à saturation, nous ont paru des arguments suffisants pour l'adopter. C'est elle que l'on est toujours certain de trouver toute préparée dans les laboratoires où les acciüents sont fréquents et nous voudrions la voir figurer
ere en quantité nécessaire pour y plonger un homme entier le cas échéant, dans les ateliers et mines où les explosions de gaz ou de corps détonants sont fréquentes.
Des compresses de tarlatane préalablement bouillies et débarrassées de leur apprêt, en cas d'urgence des linges quelconques, pourvu qu'ils soient propres, mouchoirs, etc., plongés dans l'eau bouillante, sont imbibég de la solution picriquée dont on exprime l'excès.
Les compresses picriquées sont alors appliquées en plusieurs épaisseurs, comme dans un pansement humide, sur la surface du membre brûlé, dépassant légèrement les limites de la brülure.
Pendant les premières années, M. Thiéry recouvrait les compresses de taffetas gommé pour maintenir l'humidité du pansement : la guérison paraît en être légèrement retardée, si bien qu'il y a certainement intérêt à supprimer le taffetas gommé et à appliquer seulement une couche d'ouate ordinaire maintenue par une bande de tarlatane roulée. C'est d'ailleurs : affaire d'appréciation; de deux cas l’un : ou bien la brüûlure est traitée au moment de l'accident, alors que les phiyctènes ne se sont pas encore soulevées, et que la plaie peut être considérée comme non infectée : le premier mode de pansement (sec) est alors le meilleur; ou bien la plaie a été tardivement traitée alors que ia suppuration est déjà chose faite : on peut alors appliquer le pansement humide dans toute sa teneur, surtout s'il y a inflammation locale et lymphangite, mais toujours pour revenir au pansement demi-sec dès que les phénomènes inflammatoires auront disparu.
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Le membre est alors mis au repos et le pansement laissé en place : point n'est besoin de le renouveler souvent; si la plaie reste aseptique, le pansement rare sera appliqué.
En général on pourra le renouveler au début tous les trois jours, puis le laisser en place quatre, cinq ou six jours et plus encore si l'épiderme et le derme sont bien imprégnés d'acide picrique.
Il faut éviter avec soin d'écorcher l'épiderme par les tractions exercées sur le pansement lorsqu'il s'agit de le renouveler : l'irrigation avec des tampons imbibés de ia même solution préviendront cet accident : la rareté du pansement permettra de respecter ce précepte.
Telle est la pratique très simple et à la portée de tous que nous avons vu suivre : on comprend de quelle importance est cette simplicité dans un traitement qui doit souvent, par nécessité, être appliqué d'urgence par des personnes étrangères à l’art médical.
Quant aux débris épidermiques abondants et croùteux qui survivent à la brülure, il faut n’en pas hâter la chute et laisser la peau se desquamer spontanément : autrement on risquerait de léser l’épithélium jeune et fragile déjà produit sous l’amas crustacé d'épithélium mortifié.
L'exposition à l'air nous parait un moyen sûr d'augmenter la résistance et la vitalité de l’épithélium nouveau.
La cicatrice, s'il y a cicatrice, est peu accusée,
Eos souple, peu rétractile et réunit par conséquent les meilleures conditions de guérison totale.
Le nombre des pansements destinés à assurer cet heureux résultat est toujours très limité.
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