‹ Traitement des Brûlures Superficielles Par la Solution Saturée d'Acide PicriqueChapitre 26 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Applications diverses de l’acide picrique en petite chirurgie.

LA

Après ces divers chapitres, où nous avons essayé de démontrer l’action tout à fait remarquable de l'acide picrique sur les brûlures aux premiers degrés, nous voulons dire quelques mots de l'extension dont son emploi nous paraît susceptible.

De ses diverses propriétés, nous en retiendrons deux surtout, qui, ajoutées à son action antiseptique, nous paraissent avoir une grande valeur, et être susceptibles d'applications nouvelles ; ce sont: son action analgésiante et la dessication qu'il produit au

niveau des tissus lésés en fixant les éléments épidermiques. :

L'anatomie pathologique des froidures est trop peu différente de celle des brûlures, pour qu'ik ne soit pas

permis d'espérer des résultats favorables du traitement de ces lésions par l'acide picrique, et bien que les circonstances ne nous permettent pas d'appuyer notre dire sur des faits, nous ne doutons pas que le chirur- gien n'en retire les meilleurs effets (1).

Le traitement de cértains sphacèles, du sphacèle humide principalement, doit aussi sans doute en bénéficier puisque la fixation des tissus amène un état de durcissement peu favorable à la pullulation des microorganismes.

Il en sera de même chaque fois, que pour une cause quelconque (vésication, tourniole, etc.) l'état anatomi-

que de la lésion produite par les brülures dites au second degré sera réalisé : l'acide picrique transformera en un revêtement résistant la pellicule fragile qui représente la couche cornée soulevée ; il s'opposera à l'exsudation séreuse, et agira par antisepsie : il nous semble bien plus que les corps gras, le topique de choix du pansement des vésicatoires, lorsqu'il y a pour une cause quelconque intérêt à guérir rapidement la plaie produite par la vésication : un vernis (collodion, etc.) dans la composition duquel entrerait pour une large part l'acide picrique, serait un topique des plus précieux à réserver à cet usage.

(1) Voyez la note post-scriptum de la page 95. F, 13

Enfin les brûlures des muqueuses, pour lesquelles les topiques divers ont tant d'inconvénients, pourraient être aussi justiciables de ce traitement : la muqueuse buccale seule aurait à soufirir de l’amertume prononcée du médicament : ce serait un bien faible inconvénient que des recherches ultérieures pourraient sans doute supprimer. ;

Ainsi donc, 1l résulte de ces applications que nous ne faisons qu'indiquer, que l'acide picrique, héroïque dans les brûlures superficielles, a droit à une large part en petite chirurgie.

A l'exemple de Curie et de Chéron, nous avons essayé de l'appliquer au traitement de plaies en vue de l'épidermisation des surfaces granuleuses ; notre observation V a rapport à un cas de ce genre, et montre les bons résultats qu'on en peut espérer ; cependant il ne faut pas tomber dans l'exagération et faire de l'acide picrique une panacée universelle : même dans les plaies granuleuses il constitue une précieuse ressource, favorable, je crois, à l'épidermisation de la plaie, mais il faudrait des recherches plus nombreuses et plus étendues pour préciser une supériorité contestable sur les autres topiques antiseptiques actuellement connus.

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