‹ Traitement des cancers du maxillaire inférieur (Epithéliomas du plancher de la bouche, de la joue, de l'amygdale, propagés au maxillaire inférieur) Radium- Rayons X- ChirurgieChapitre 15 sur 57 · DIAGNOSTIC DES CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES CANCERS DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR

Il n'y a pratiquement aucune confusion possible, en présence d’un de ces cancers : Le diagnostic est évident.

L'aspect des bourgeons reposant sur base indurée, le suintement sanglant que détermine leur contact, l’âge toujours avancé des malades -— ces cancers se développent pour ainsi dire uniquement chez l’homme et se voient entre 50 et 60 ans, exceptionnellement avant 40 ans — l’adénopathie enfin, tout permet un diagnostic à distance.

L’ostéo-sarcome ulcéré ne présente aucune ressemblance même lointaine avec le cancér du maxillaire, car l’ulcération est en réalité un éclatement par usure, provoqué par une tumeur de volume considérable et fluctuante ; les téguments gardent toute leur souplesse. D'ailleurs c’est une tumeur des jeunes, entre 15 et 30 ans, bien que cependant il s’en voie à tout âge.

Les ostéomes, chondromes ou fibromes du maxillaire, lisses, réguliers, entourés de parties molles absolument saines, sont encore plus spéciaux.

Les cancers secondaires du CA (si l’on méconnaît l’épithélioma primitif, sein, thyroïde, rein, prostate), ne peuvent faire croire qu’à un ostéo-sarcome ; l’épulis, qui se voit entre 15 et 30 ans, est une noisette pédiculée, lisse, rose ou brunâtre, qui ne saigne pas, n’infecte pas les ganglions, et ne peut prêter un instant à confusion.

; À Les nombreuses formes de fumeurs d’origine dentaire, enfin, tumeurs aussi des jeunes sujets, de 20 à 30 ans, n’ont

rien de voisin avec le cancer, quoiqu’elles soient ellesmêmes des néoplasies épithéliales.

Cependant, nous nous étendrons un peu sur l’épithélioma adamantin, degré ultime de ces tumeurs d’origine dentaire, dérivant en effet de la transformation des débris épithéliaux inclus dans le maxillaire, restes des formations épithéliales qui ont fourni les dents. Les caractères communs à toutes les tumeurs d’origine dentaire, et à l’épithélioma adamantin par conséquent, sont l’enkystement et une bénignité relalive, et l’épithélioma adamantin, ne ressemble pas au cancer.

Plus fréquent chez la femme que chez l’homme, survenant entre dix el trente ans, quoiqu’on puisse le voir à tout âge, il ressemble à la maladie kystique des mâchoires ; comme elle, il se développe lentement et sans douleur, el ne se manifeste guère que par une tuméfaction bientôt énorme, uniformément dure d’abord, puis bosselée. Téguments normaux, muqueuse souple, absence d’adénopathie, de douleur, d’autres troubles fonctionnels que la gêne mécanique apportés par le volume que la tumeur finit par prendre, bon état général : tout concourt à montrer la bénignité, relative, de ce néoplasme. La lenteur d'évolution, qui se chiffre par années, souligne ce caractère essentiel, et mieux encore la guérison obtenue par une résection économique, ou même le simple évidement.

L'aspect macroscopique de ce néoplasme n’est pas Moins caractéristique, car il reste enkysté dans le maxillaire, ce qui est loin de ressembler au cancer ! I1 se montre à la coupe, formé d’un tissu blanchâtre renfermant souvent de petits kystes, qui établissent trop bien la parenté et la transition avec le kyste multiloculaire ou maladie kystique de la mâchoire ; cette parenté, d’ailleurs, n'est-elle pas mieux établie encore par ce fait, non exceptionnel, qu’un kyste multiloculaire insuffisamment enlevé peut récidiver en épithélioma adamantin ? L’histologie, enfin, quand elle est typique, montre, dans un tissu fibreux plus ou moins abondant, des amas épithéliaux à type adamantin.

L’épithélioma adamantin ne ressemble donc en rien au cancer ; cependant et c’est pourquoi nous nous étendons sur lui, des erreurs ont pu être commises à son sujet, et des observateurs de bonne foi, mais insuffisamment avertis, ont pu prendre des cas d’épithéliomas adamantins pour des cancers véritables. Cette confusion a étécommise, soit à la suite d’une récidive (apanage, théoriquement, des tumeurs malignes), qui n’est pas exceptionnelle, soit à cause de la possibilité d’une formule histologique de cancer pavimenteux lypique.

Mais ces récidives sont le signe d’une malignité toute relative, car elles gardent les caractères d’enkystement de la tumeur initiale, les téguments non envahis sont refoulés, et une guérison durable est encore facilement obtenue. ë

La formule histologique d’épithélioma pavimenteux typique avec globes cornés est, par contre, un détail intéressant qu'il faut connaître.

On sait que les débris paradentaires dont la transformation donne lieu aux tumeurs épithéliales d’origine dentaire, peuvent être divisés en trois groupes, ainsi que Malassez l’a décrit le premier, d’après le siège el l’aspect des cellules qui les composent. On sait, en particulier, que si le groupe profond est fait de cellules ayant l’aspect étoilé des cellules de l'organe adamantin, et si le groupe moyen est fait de cellules polyédriques, le groupe superficiel, situé tout près du bord de la gencive, est normalement constitué de cellules pavimenteuses. De même, les épithéliomas adamantins forment trois groupes qui dérivent de ces trois sortes de cellules, et c’est ainsi que des épithéliomas adamantins certains, reconnaissables en particulier à leur bénignité, peuvent présenter, par place ou uniformément l’aspect histologique de l’épithélioma pavimenteux à globes cornés. On conçoit l'intérêt qu'il y à à connaître ces faits quand on dépouille les observations de la littérature médicale. On rencontre, en effet, des cas donnés de bonne foi de cancers récidivés (dont la nature maligne est soi-disant affirmée par le microscope), qui guérissent par une opération restreinte ou mettent quelques années à récidiver encore, sans toutefois entraîner ni cachexie, ni douleurs, ni troubles fonctionnels très marqués !

En dehors de ces tumeurs de la mâchoire, rien à la langue ou à la joue n’existe qui puisse être confondu avec le can- - cer. Au niveau de l’amygdale, aucune confusion n’est possible non plus avec un l{ymphadénome, localisation à ce niveau d’une maladie générale, ou avec un sarcome.

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